lundi 7 décembre 2009
Les colibris me mangent dans la main...
Oh oui ! Je n'aime pas... j'adore les randonnées d'observation ornithologiques, même si on doit partir très tôt le matin. On marche tranquillement, on fait des photos, on écoute, on cherche du regard dans les branchages des êtres multicolores qui toujours se dérobent à nos yeux... on écoute, on touche, on respire, on prend le temps... et le temps passe sans qu'on s'en aperçoive... on déconnecte, on s'extirpe de l'espace-temps... on retrouve notre rythme profond et intrinsèque, l'essentiel. Hier, dimanche, pour ma deuxième sortie d'observation ornithologique (la première c'était le samedi de la semaine dernière au jardin Botanique de l'Université Technologique de Pereira, avec des profs et des élèves du lycée français), nous sommes allées Céline et moi, accompagnée de Monsieur Peña, un passionné d'oiseaux et de photos, au lieu dit "La Suisse", jusqu'à la cascade Los Frailes. Départ pour Céline, Annouck et moi (Annouck est une prof de primaire qui est arrivée cette année), du terminal de chivas à 6h pour la Florida, puis la Florida/La suiza à pied. En chemin M. Peña nous rejoint en voiture accompagné de sa femme et la tante de sa femme.
Puis nous prenons 4h aller/retour pour faire une marche qui normalement aller/retour ne dure pas plus d'1h. Nous n'avons pas vu énormément d'oiseaux, car il a fait rapidement trop beau et chaud pour qu'ils sortent en nombre, mais nous en avons vu quelques uns magnifiques. Alors, personnellement, je ne serai jamais de ceux qui les reconnaissent et connaissent leurs noms vulgaires et scientifiques dans quatorze langues, mais je me laisse transporter avec délice par leurs chants, mais aussi par toutes les autres mélodies, toutes les autres couleurs, toutes les autres sensations de la Nature. La cascade Los Frailes en plus est de toute beauté, et après la marche, rien de tel que de se laisser rafraîchir par les embruns de l'eau qui se jette du haut des 68 mètres de la montagne. Je ne me suis pas baignée à la cascade parce qu'il y avait à peine 30 cm de profondeur et un vent glacial à cause de la paroi très haute... mais au retour, je n'ai pas pu résister de me tremper dans l'eau froide de la rivière que cette même cascade alimente.
A 13h nous étions en voiture (une dans le coffre, à tour de rôle, car nous étions six pour cinq places dans un break), et redescendions vers la civilisation. Une halte sur la route pour déjeuner dans un resto familial très amusant : tout en bois, avec vue sur la vallée, et au sol jonché de copeaux de bois. Puis M. Peña (William) nous a emmené chez lui, voir et photographier les colibris, car derrière sa maison il a installé une dizaine de mangeoire qui distribuent de l'eau sucrée, et après les avoir regardé, appris à reconnaître le mâle et la femelle des cinq espèces qui viennent à cet endroit là, et bien d'autres oiseaux du quartier (pourtant résidentiel), il a proposé à Céline et moi de mettre une mangeoire dans notre main pour voir venir les colibris y manger. Impressionnant : le vent produit par le vol des colibris qui s'approchent par à coup de nos mains et donc de notre visage... le bourdonnement de leur vol, le contact avec leurs pattes sur la paume des mains quand ils se posent pour boire l'eau sucrée... Un souvenir inoubliable. Cela a été difficile de partir, mais vers 18h nous nous sommes décidées.
Céline et moi avons pris le bus à Combia pour Pereira. Quand William nous a déposé à l'intersection d'oú ils partent, il y en avait un qui prenait le départ, alors nous avons couru pour monter dedans (oui, j'ai couru, au moins 150 mètres, voire plus... même pas fatiguée, une vraie surprise pour moi), sans regarder où il allait, pensant qu'ils allaient tous à Pereira, et voilà que le bus nous a fait faire une visite "touristique" de tous les quartiers rives droite de Pereira : des endroits que je ne connaissait pas, relativement pauvres, avec des "alumbrados" (mise en lumière des maisons pour Noël) tous plus magnifiques les uns que les autres... Au bout d'un moment, le bus a fini par arriver à un endroit que nous connaissions : l'entrée de Dos Quebradas, de l'autre côté du Viaduc (fierté de la ville de Pereira, qui est actuellement tout en lumière pour Noël), alors nous sommes descendues là, nous nous sommes fait une petite séance photo de nuit du Viaduc, puis nous l'avons traversé à pied, sommes descendues faire quelques courses au supermarché en contre-bas, et sommes enfin rentrées chacune chez nous, pour ma part en taxi.
Ce fût une journée très riche : se lever très tôt un dimanche matin et partir sans réveiller les colocs (un vrai défi parce que les portes chez nous ne ferment pas, elles claquent ! quelque soit la délicatesse dont on fait preuve), la marche, les oiseaux de toutes les couleurs, les photos, la cascade, le déjeuner dans le resto de copeaux de bois, le trajet en voiture dans le coffre, les colibris qui viennent me manger dans la main, le bus qui nous perd dans les quartiers pauvres, les photos avec un appareil à 600€ (pour moi, plus pour Céline) dans un quartier tout aussi pauvre, la traversée du Viaduc à pied... Wuf ! Que d'émotions !!!
Voili, voilou.
jeudi 3 décembre 2009
La tête comme une pastèque...
La pression monte dans la cocotte minute. Je vais bien, tout va bien (comme dirait Danny Boon), mais je me sens comme anesthésiée par le stress... Enfin, je dirais plutôt le trac.
Je cours tellement à droite et à gauche, entre mes cours, des traductions que je fais pour avoir plus de sous (si je veux aller me balader à droite et à gauche les longs week-end comme celui qui vient... c'est un peu ric-rac), la piscine, les courses (fini le riz et les pains au lait du boulanger en face : j'ai enfin fait de vraies courses pour me nourrir normalement), la cuisine pour les "fêtes à la maison", et surtout, les mille et une démarches pour ma demande de visa afin de trouver des infos, les recouper, les comprendre, me procurer les documents adéquats, les faire traduire officiellement (je pourrai le faire moi-même...), les faire apostiller, oú, quand, comment, combien, avec ou sans rendez-vous... et la demande de visa ? je la dépose oú ? Au Ministère des Relations extérieures à Bogotá ? Ou dans un consulat à l'étranger, et auquel cas il faut que j'envisage une halte à Miami sur le chemin du retour de Guadeloupe en janvier prochain ? Je deviens folle.
Hier soir, pleine lune, gros bug. Je voyais un ami, qui lui aussi a ses préoccupations, ses démarches à faire, ses projets (ou pas), et là, j'étais plus capable de rien, comme diraient les québécois. Pas capable. Je me suis sentie absente, éteinte... je l'écoutais, et réagissais en décalage, ou pas comme j'aurai voulu, alors que j'aurai aimé être là pour lui, pour le soutenir, l'aider. Bref, je suis rentrée chez moi, je me suis couchée, et j'ai essayé de me détendre. Il n'y a pas de problème, que des solutions. J'en ai mis en oeuvre quelques uns ce matin, pour progresser sur le front, mais là, je sens qu'il va me falloir des vacances. Et pas des vacances comme celles qui arrivent : trois semaines en Guadeloupe à jouer les guides pour les deux amis que j'y emmène. Non.
Des vrais vacances : non pas à ne rien foutre (et à tourner en rond comme les presque cinq mois passés en Guadeloupe entre juillet et novembre), mais à m'occuper de ce dont j'ai envie : mon projet d'expo avec Céline, les quatre contes qu'il me reste à écrire pour le projet de méthode d'initiation à la grammaire par la lecture,... prendre le temps, aller nager plus souvent, sortir à la ville pour marcher... bref, souffler, retrouver un rythme naturel, doux, simple... parce que en ce moment, il est plutôt frénétique. Et du coup, j'appréhende des choses qui me semblait simple, agréables, porteuses d'ouverture, d'espoir, évidente... Comme aller à Medellin ce week-end voir un ami. Comme obtenir ce p*****n de visa "temporal especial para oficios o actividades de cáracter independiente". Comme repartir en Guadeloupe quelques semaines à Noël, par plaisir (accompagner des amis avec qui je veux partager mon intérêt pour mon île natale), et aussi par nécessité (les vacances de Noël c'est saison morte pour moi comme prof de français, et puis de toute façon je n'ai qu'un visa de tourisme pour l'instant, il faut absolument que j'obtienne un visa de travail pour rester et vivre ici légalement).
Partir. Pourquoi est-ce que j'ai aussi peur à chaque fois de quitter la Colombie ? Pourquoi est-ce que j'ai si peur de ne pas pouvoir y revenir ? Pourquoi est-ce que cela me fait si mal, rien qu'à l'idée de partir... même si c'est juste pour un mois ???
Bref. La pression monte et je sens que la cocotte minute va exploser. Vivement que je sois soulagée du doute qui subsiste quant à la possibilité de pouvoir vivre libre ici en Colombie. Vivement que j'ai mon chez moi, ma ferme dans les bois, que je m'y retire, pour y vivre tranquillement, loin du tumulte et de l'agitation de la ville, cette ville où les gens courent pour rien dans tous les sens, et où moi-même je me retrouve à courir, pour survivre. Vivement que je passe à la phase "action directe" de mon plan révolutionnaire pour "vivre libre"... parce que déjà, "ça tourne"...
Enfin. Ceci dit, tous les signes sont favorables, les rencontres sont enrichissantes, les idées grandissent, germent, commencent à sortir de terre, les choses se précise, l'action se met en route... pour le mieux, dans le meilleur des mondes.
Voili, voilou.
lundi 30 novembre 2009
Et une semaine de plus !
Les semaines se suivent... et ne se ressemblent pas.
Cette semaine a été marquée par la grippe, tropicale : maux de tête, courbatures, en plus du nez qui coule tout le temps, bouché la nuit, vous obligeant à respirer par la bouche, ce qui vous dessèche le fond de la gorge, et je vous passe les détails digestifs. Mais cela ne m'a pas empêcher d'aller nager deux kilomètres jeudi à la piscine dont l'eau très fraîche le matin avec Céline... ni même de faire toutes les démarches que j'avais à faire, et encore moins d'assurer mes quelques cours particuliers à domicile.
Oui, les affaires reprennent, mais vraiment tout doucement. En semaine j'ai un ou deux cours par jour, le vendredi l'après-midi est presque complète, et les week-end sont encore complètement libres : samedi ET dimanche. Total, 8 élèves différents, 11h de cours, 285.000 pesos par semaine... C'est pas la panacée !
Alors, je vivotte... je n'ai pas encore fait les courses une seule fois. Enfin, non, j'achète des petits pains à la boulangerie en face de la maison, et un week-end j'avais acheté un gros sac de riz que je n'ai pas encore fini. Alors mon alimentation se résume à des petits déjeuners, à toute heure de la journée : pain trempé dans du thé; et de temps en temps du riz avec les restes qui traînent au fond du frigo.
Ceci dit, cette semaine, je vais toucher mes allocations chômage, et je vais enfin pouvoir : rembourser mes dettes (à Nicolas et Virginie surtout), payer mes loyers en retard, participer enfin à la vie de la communauté (factures, courses, etc...), et avancer plus vite dans mes démarches de demande de visa.
Car en effet, cela a été ma principale activité la semaine dernière : lutter sur le front de ma demande de "visa temporal especial para oficios o actividades de caracter independientes". J'avais écrit une lettre le samedi d'avant, je l'ai faite relire par des amis : elle est maintenant formulée et présentée à la colombienne. Une amie, Natalia (la joaillière) m'a donné les coordonnées d'une femme qui travaille dans les consulats colombiens et qui m'a donné des conseils et des informations, très gentillement. J'ai appelé le Ministère des Relations Extérieures à Bogota et j'ai obtenu des réponses à la plupart de mes questions. J'ai laissé quelques documents à l'Alliance Française pour qu'ils en fassent la traduction officielle en espagnol (deux diplômes et l'attestation de travail du lycée français, qui est aussi une lettre de recommandation fort élogieuse) : 135.000 pesos (45€). Ensuite il faudra que je fasse apostiller les documents par le Ministère des R.E. : 45.000 pesos (15€). Ce que je ferai quand je passerai sur Bogota dans quinze jours avant de prendre l'avion pour la Guadeloupe où je vais passer les vacances de Noël et de Nouvel An avec Céline et Nicolas. Je dois aussi faire des photos d'identité, et des photocopies de mon passeport, mais a priori, avec toutes ces pièces, mon dossier sera complet et recevable. Il se peut que j'y ajoute une lettre de recommandation du directeur de l'Alliance Française, et je pense recueillir les signatures des parents de mes élèves qui souhaitent que je puisse donner des cours particuliers à leurs enfants, en toute légalité. Le seul hic, c'est que la demande de visa en elle-même, déposer le dossier et attendre la réponde, ne peut se faire que dans un consulat à l'étranger, quand c'est la première demande. Alors il a fallut que j'imagine un stratagème. Le plus simple je crois, ce sera de faire une halte d'une semaine à Miami quand je reviendrai de Guadeloupe en janvier. Car le délais au consulat de Colombie à Miami pour l'obtention d'un visa est de quatre ou cinq jours ouvrés. Le prix par contre, c'est le même partout et que celui de travail comme employé : 205$US, soir 137€ environ. Au total, cela fait presque 200€ de frais, sans compter l'aller/retour dans un consulat de Colombie à l'étranger... J'espère qu'ils vont m'accorder ce visa pour au moins deux ans. Ceci dit, ensuite, je pourrai faire la demande de renouvellement auprès du Ministère des R.E: à Bogota. Croisons des doigts pour que cela fonctionne !!!
A part ça, avec Céline, on s'est enfin décidée et organisée pour monter une expo de nos photos. Finalement je ne vais pas cuisiner pour 300 personnes pour la fête de fin d'année de l'Alliance Française (mon menu était trop coûteux), mais je n'abandonne pas l'idée de cuisiner un jour pour des groupes, des événements, faire traiteur occasionnel ou table d'hôte sur réservation. Par contre j'ai trouvé un petit boulot de traduction espagnol/français pour une agence de tourisme qui veut publier son site en plusieurs langues et s'adresse essentiellement aux touristes européens. Payé cette fois ! (j'avais déjà fait un travail de traduction en juin dernier pour l'office du tourisme de Pereira et de l'Eje Cafetero, mais c'était bénévole et pour une vidéo dont je devais enregistrer la voix en français, et cela ne s'est jamais fait) Je pense à publier un blog ou un site pour présenter toutes mes activités : cours, traduction, cuisine... histoire de faire un peu de pub.
Pour finir la semaine, j'ai l'espace d'un instant l'espoir de pouvoir partir en vadrouille à Medellin pour le week-end, mais l'ami que je voulais aller y voir est en pleine période de partiels... alors cela attendra le week-end suivant. Finalement, samedi matin très tôt, je suis allée oberver les oiseaux avec un groupe d'élèves et de profs du lycée français au Jardin Botanique de l'Université Technologique de Pereira (un bout de forêt préservé au milieu de la ville parce que inconstructible à cause du dénivelé des collines et d'une rivière qui y coule, et où on ne rentre que sur réservation pour des visites guidées). Puis avec Céline tout l'après-midi on a établit notre stratégie pour monter notre expo. Et le dimanche, nous voulions monter au sommet de l'Alto del Nudo (une colline qui surplombe Pereira), mais au moment de partir, nous l'avons vu couvert de nuages, alors nous sommes allés au sud, à Cerritos, une zone à la sortie de la ville dans la direction de Cartago et Cali, où il y a plein de petites collines, et un carrefour aménagé avec des boutiques de vendeurs d'ananas (fruit entiers, fruits découpés dans des timbales prêts à être consommés, jus d'ananas, alcool d'ananas, etc. ...). Evidement, nous avons mangé... de l'ananas, puis nous sommes montés sur une colline qui visiblement est le rendez-vous des promeneurs, malgré les barbelés qui ferment le terrain, car nous y étions pas moins d'une vingtaine (couples, familles, jeunes venus fumer de l'herbe...). Nous sommes restées là-haut, à faire des photos, discuter, regarder le soleil se coucher, puis nous sommes rentrées chez nous, tranquillou.
Voili, voilou. Encore une semaine super fructueuse, en démarches, en projets, en rencontres, en festivités...
mardi 24 novembre 2009
Busy Life !
C'est fou comment les choses se mettent en route toutes seules et combien je peux être productive depuis mon arrivée ici.
Je suis arrivée à Bogota mardi 10 au soir : après avoir perdu plus d'une heure à passer la douane parce que huit avions arrivaient en même temps à l'aéroport El Dorado de Bogota (ete encore, tout le monde passait au vert par les portiques de contrôle des bagages...), une soirée bière avec Javier.
Mercredi 11 : petit-déjeuner avec un français touriste depuis trois semaines en Clombie qui logeait dans mon hôtel et qui m'a filé tout son répertoire de contacts et offert un petit déjeuner complet... Puis déjeuner avec Gaby, une amie rencontrée à Tayrona à Semana Santa cette année : nous déjeunons dans le resto de la Fondation que gère sa mère et dont l'objectif est de favoriser l'insertion sociale et professionnelle de mères seules souvent amérindiennes et victimes de la guerilla ("desplazadas"), ayant dû trouver refuge dans la capitale, en les formant aux métiers de la restauration (service, cuisine) de haut de gamme. Après-midi avec un de mes anciens élèves qui était parti faire une 1ère S en France et se retrouve du coup à faire sa terminale au lycée français de Bogota (il n'y a que la section ES au lycée français de Pereira) : longues discussions passionnantes autour d'un café. Je parle trop. Et le soir même je prends le bus pour Pereira, après avoir passé près de deux heures ans un taxi et les embouteillages entre mon hotel et la gare routière. Deux heures agréables et fructueuses puisque le chauffeur du taxi, une cinquantaine d'année, me raconte sa vie, l'éducation qu'il a donné à ses enfants (il est veuf), et me démontre la nécessité de l'idéalisme en action pour changer le monde (à commencer par la Colombie). Il prêche une convaincue, mais cela fait toujours du bien de rencontrer des gens comme ça qui ont la "chispa" (étincelle)... ça rassure. On est pas seuls.
Jeudi 12, arrivée à Pereira au petit matin. Des derumbes (glissements de terrain) et embouteillages sur la linea nous ont retardés : 1h de retard. Je fais le voyage à lutter contre le sommeil, agrippée à mon sac qui contient deux appareils photos, deux disque durs, ma flûte traversière, tous mes diplômes, mon Ipod, et j'en passe et des meilleures (mais j'ai déjà raconté ça, non ?)... et au petit metin c'est mon téléphone portable que je venais juste de recharger de 10.000 pesos, un appareil tout pourri, tout moche et sans intérêt, que je perds, ou qu'on me vole, allez savoir.
Jeudi à Pereira : journée rangements, nettoyage du linge, installation dans ma chambre, tri,... Déjeuner à la Merienda avec Céline : les bons sandwichs chauds dans du pain français et écrasés comme des paninis... Miam. Retrouvailles avec le Juan Valdes Café : un nevado de café avec crème chantilly que je ne réussis pas à terminer. Je fais couper la ligne du téléphone qui m'a été volé (les 10.000 pesos ne profiterons à personne) et je me rachète une puce (et donc un numéro de téléphone, parce que du coup, le Tigo ayant expiré, et le Comcel volé, je n'ai plus rien... et les cartes de visite que je m'étais faite faire avec ces coordonnés n'ont plus trop de sens). après-midi dans le parc en face de chez moi : under the rain with Mister Rain (ça aussi je l'ai déjà raconté).
Vendredi 13 : je passe pas journée à passer des coups de fils aux élèves qui m'avaient demander de les contacter à mon retour. Quelques cours se mettent déjà en place. le soir il y a une fête chez des amis : un couple franco-colombien de profs du lycée français qui habitent juste à côté de chez nous. J'y rencontre quelques uns des nouveaux profs de cette année, dont un aue j'avais déjà croisé à des fêtes ici et qui avait déjpa travaillé au lycée français, prof de math, marié à une colombienne, et un autre que j'avais déjà rencontré sur un bateau entre Leticia et Manaus. Il avait plutôt accroché avec Clémence et Adriano, et moi j'avais autre chose en tête à ce moment que de socialiser (j'étais troublée par mon départ de Colombie...), alors c'est comme si je le rencontrais pour la première fois. Et puis il est un des nouveaux prof de français du lycée alors il va bien falloir que sache comment il procède pour m'occuper de ses élèves en cours particuliers à domicile. Couchée pas tard car le lendemain départ très tôt pour la montagne.
Samedi, dimanche, lundi, je vous ai déjà raconté : huit femmes dans la montagne.
Mardi 17 : début des activités avec trois cours en un jour. Mercredi pas de cours. Jeudi pas de cours. Mais mercredi je rends visite à Guillaume la haut sur sa colline dans sa finca où il vit en ermite. Je le sors en ville, au Bristol : on mange une picada et on boit des bières. Contrairement à la rumeur qui s'inquiète pour lui parce qu'il ne vit pas comme tout le monde, à travailler, gagner de l'argent, voir des gens, etc... je le trouve bien dans ses baskets. Jeudi je vais à la piscine avec Céline : reprise tranquille, je fais 1,5km quand Céline en fait 2. rendez-vous avec Yai, une amie plasticienne qui fait des mosaïques magnifiques. Elle me propose une idée folle : faire un dîner pour 300 personnes à l'Alliance Française le 4 décembre prochain, au menu spécialités françaises, elle veut un devis. J'accepte : cela reste à étudier. Soirée photos de la montagne chez Anne-Sophie, une des nouvelles de primaire : bonne ambiance entre femmes... ça change.
Vendredi 20 : après-midi de cours, soirée de fous chez Valérie et Bernard qui depuis qu'ils habitent dans la maison qu'ils se construitent, élèvent des vaches, font des yaourts maisons (que Nicolas et moi leur achetons), et tuent un veau pour faire un barbecue géant avec les amis. La viande est délicieusement assaisonnée, le rhum, la bière, le vin coule à flot, après minuit ça dégénère sur la piste de danse... salsa, merengue, disco, rap... il y en a qui se déchaînent. Une soirée folle du genre oú les gens deviennent fous jusqu'à la folie...
Samedi 21 : réveil tardif. Rédaction au réveil d'une lettre de demande de visa temporaire spécial pour travailleurs indépendants en Colombie : un brouillon à corriger, améliorer, faire lire... L'idée c'est déposer ma demande au ministère à Bogota lundi 14 décembre avant de repartir en Guadeloupe (juste pour les vacances de Noël). Ménage à deux (Virginie et moi, Nico le fait depuis trois semaines presque tout seul). Coup de fil d'un ami : je le rejoins. Retrouvailles autour d'une bière dans une taverne obscure du centre. Je passe une heure dans un supermarché aux heures de pointe à noter les prix des ingrédients pour faire le devis du menu que j'ai composé pour le dîner à l'AF. Puis en fin d'après-midi je rejoins Céline, ma photographe préférée (accessoirement prof de SVT au lycée), nais aussi Natalia, ma joaillière préférée, et Jonathan, son futur mari lui aussi joaillier, dont c'est l'anniversaire en retard, au Crep's & Waffle, l'un des derniers endroits cultissime de Pereira que je n'avais pas encore revu... Au Crep's (pour les intimes) on sert surtout des dessert : crèpes, glaces et waffles. Mon choix : crocantino de chocolate, obligé : un cylindre de glace au chocolat fourré de chocolat fondant, roulé dans les pépites de praline chocolatées, surmonté de crème chantilly et posé sur un lit de chocolat noir et blanc... Miam ! La prochaine fois, j'essayerai un truc que je ne connais pas (c'est tout le temps ce que je dis...).
Dimanche 22, j'emmène Zombie, Miguelito mio et Guillaume au Charco Negro. J'ai pas beaucoup de sous en poche, mais la veille j'ai acheté de quoi faire une salade de riz qu'on partage tous ensemble. Et puis c'est plutôt Z qui nous emmène car il a la voiture... on y met un peu d'essence... Il pleut quand on arrive mais on sort envers et contre tout et la pluie s'arrête pour nous. Je lui la seule à me baigner dans l'eau glacée... Z y met un pied et je m'amuse à l'éclabousser, mais pas plus. Après-midi très douce au bruit de l'eau : la cascade est plus puissante que d'habitude et l'eau un peu boueuse, sans doute à cause des pluies des jours précédents en amont.
Dimanche matin, et lundi matin : travail hyper efficace pour le projet de livre pour enfant que j'écris pour Elodie, une ancienne élève du Lycée Brassens à Courcouronnes (oú j'ai travaillé 4 ans comme aide éducatrice) qui prépare un BTS Edition. Elle m'a choisie comme auteure pour un projet dont elle a eu l'idée originale, idée à laquelle j'ai adhéré dès le départ : écrire des histoires qui permette de mettre en situation les enfants dans la découverte de la grammaire. Je réussis à finir l'écriture du mode d'emploi, de la quatrième de couverture, je fignole le parcours d'exos qui suit les corrigés, prépare les corrigés des exos, corrige encore le texte de la première histoire (il y en aura cinq en tout), et voilà. Ça, c'est fait !
Lundi 23, après-midi de cours à domicile, avant et après, discussions créatives et négociations avec ma joaillière préférée...
Conclusion, mardi 24, matinée libre, et je n'ai rien d'autre à faire que d'écrire sur ce blog si longtemps laissé à l'abandon, pour vous raconter tous ces bons moments passés ici... Vraiment, la vie ici est un régal.
Ceci dit, j'ai un cours dans 35 minutes et je n'ai pas encore pris ma douche. Andréa habite à cinq minutes, mais faut pas exagérer.
Merci tout spécial à André pour ses si beaux commentaires sur ce blog...
Voili, voilou.
mardi 17 novembre 2009
Je reviens d'où jamais personne ne revient...

Je reviens d'où jamais personne ne revient... et évidemment, vous vous doutez que je ne suis pas vraiment revenue. Mon coeur, mon esprit, mon âme sont restés là-haut, perchés à 3900m d'altitude, quelque par entre les maisons des paysans du Bosquet, et la Laguna del Otun, tant désirée et jamais atteinte. En décembre dernier, j'étais montée jusqu'au Bosquet alto avec un ami : quatre jours de marche sous la pluie et dans la boue, trois nuits sous la tente et dans le froid, un après-midi à errer sur le plateau du Bosquet à chercher la sortie (ou l'entrée) vers la Laguna del Otun, en vain, découvrant au passage des étangs couverts de lentilles d'eau dans la brume et les barbelés... paysages mystiques et expérience déterminante qui devait à jamais rester gravée dans ma mémoire. Eh bien j'y suis retournée, à la montagne, sans mon guide attitré, mais avec un autre guide, d'un autre genre, très différent, que j'aime aussi énormément. Nous étions huit femmes dans la montagne, cette fois. Les sept autres s'étaient déjà réunies et organisées, et l'une d'elle, mon guide, m'a proposé de me joindre à elles, alors que je débarquait à peine chez moi, à Pereira. Samedi matin, je me retrouvais à 6h30 à la gare routière des Chivas (gros camion 4x4 de fabrication locale et aux décorations très colorées), à deux quadras du parque La Libertad oú tout est encore fermé, mon sac à dos posé à mes pieds, buvant un tinto, en attendant Céline, celle qui m'avait embarqué dans cette aventure. Départ à 7h, 1h30 de chivas jusqu'au Cedral, 2h20 de marche jusqu'au refuge de la Pastora où nous laissons la plupart de nos affaires pour que des mules les porte là-haut, puis encore 5h de marche tranquille jusqu'à la maison des paysans qui ont monté nos sacs avec leurs mules et qui nous attendent pour dîner, coucher et petit-déjeuner, au Bosquet du bas. Il a fait beau toute la journée : juste une petite averse au moment du déjeuner sur l'herbe (un sandwich et une pomme vite avalés, chassées de la clairière par la pluie). Vers 17h, nous arrivons après nous être un peu égarées : à faire des photos, à discuter, nous sommes montées trop haut sur le chemin principal et avons raté l'entrée qui mène chez nos hôtes. Je rencontre là les autres : trois que je connais, trois que je découvre. Nous dînons ensemble en face du coucher de soleil droit devant nous au fond de la vallée : patacon, riz, pomme-de-terre, oeufs brouillés, fromage et aguapanela pour se réchauffer. Nous partageons deux pièces pour la nuit : cinq dorment au sol sur des matelas, trois potentiellement ronfleuses dorment dans une autre pièce, deux sur un lit, l'autre sur des tapis de sol. Le deuxième jour, réveil matinal, brossage de dent, remballage des affaires dans les sacs (qui vont redescendre à dos de mule le jour même d'où ils sont partis la veille), petit-déjeuner qui tient au corps (beignets de farine sucrés, riz, oeuf brouillé, fromage et café avec panela), puis 8h, c'est reparti pour un tour. El Bosquet bajo - El Bosquet alto : la pente est raide à travers champs, mais quel ravissement de retrouver l'école, la chapelle où nous avions déjeuner le deuxième jour lors de ma première expédition jusqu'ici, cette fois-ci dans le soleil, et non cachée dans la brume, laissant voir les collines environnantes, les champs de pomme-de-terre fleuris, les vaches,... et pas seulement le chemin boueux qui l'est toujours. El Bosquet, grâce à nos guides bien expérimentées (Céline et Isabelle) nous allons tout droit vers le portillon du champs où commence le chemin à la Laguna del Otun. Pas d'erreur possible, cette fois. Et là commence la montée sans fin : nous traversons un champs, puis une allée boisée, puis la végétation change, l'oxygène se raréfie, nous atteignons le paramo... et à chaque virage chaque petit col, j'espère voire apparaître la Laguna,... une petite descente, et c'est la Lagune del Mosquito qui apparaît, encore un effort, et à 12h nous sommes assises dans les rochers qui surplombent la Lagune vers le mirador. Pic-nic très bref, séance photo de groupe. Et hop, c'est reparti : la route est longue jusqu'à la Pastora. Pastora-Laguna del Otun, en théorie 7h d'ascension (pour moi 9h, tranquillement), or il reste à peine 5h de soleil pour tout redescendre au milieu des cailloux et des rochers glissants et dans la boue. Les lampes de poche sont restées dans les sacs qui eux sont déjà redescendus à la Pastora. Il faut y arriver avant le coucher du soleil. La montée est une épreuve qui apporte satisfaction quand on atteint son objectif, la descente est une épreuve bien plus ingrate, qui tente de vous retenir tout là-haut... Les filles descendent en courant. Je descends tranquillement, avec Céline qui m'attend de temps en temps dans un virage en prenant des photos d'oiseaux, et en guettant un gros mammifère sauvage des prairies qui ressemble à un fourmilier, la Danta. En repartant de la Laguna, nous croisons une bonne quinzaine de personne, dont une famille qui a dormi comme nous chez les agriculteur du coin et qui y retourne dormir le soir suivant, et un groupe de touriste de Bogota, qui est parti très tôt de la Pastora, et espère y retourner le jour même (en l'occurrence, une folie pure, étant donné leur condition physique très moyenne, le dénivelé de 1000m, les difficultés respiratoires liées à l'altitude, leur peu d'équipement, ne serait-ce qu'en eau et en choses à grignoter pour se donner de l'énergie,...). Céline et moi prenons tout notre temps : nous nous arrêtons même chez une fille du coin qu'elle connaît et qui nous offre une tasse d'aguapanela, puis cette dernière nous indique un raccourci par la forêt, moins caillouteux mais plus boueux, et surtout étroit au milieu des arbres, ce qui me fait penser aux sorcières et aux esprits résidents de ces montagnes. Une petite pause à 18h à Peña Bonita, la dernière étape de la descente après El Bosquet, El Jordan, Peñas Blancas... puis nous terminons la dernière heure à la lumière de la lampe frontale de Céline, que je porte, et qui attire les insecte, mais nous évite bien des chutes et des blessures. Nous retrouvons les autres à la Pastora, le refuge, oú nous attendent matelas, couverture, vêtements secs et chauds dans nos sacs à dos. Elle finissent de dîner : nous ne pouvons avaler qu'une soupe, et au lit ! Le troisième jour est tranquille : réveil sans réveil, brossage de dents, habillage, rangement du sac à dos que nous allons porter cette fois, petit déjeuner toute ensemble, et puis il faut remettre les pieds blessés et endoloris dans les chaussures toutes mouillées... Dernière heures de marche tranquille, à flâner entre les libellules et les chants d'oiseau. La chiva du Cedral repart à 11h. Les filles y sont à 10h. Céline et moi à 10h30. Les bogotanais se font attendrent. petit stress au départ parce que je crois avoir perdu mon opinel. Je le retrouverai quelques heures plus tard en dépliant mon sac à la maison... (shame on me). Deux heures de chiva jusqu'à Pereira. Mes pieds refusent de retourner dans mes chaussures. C'est pieds nus que j'embarque dans la chiva et que je prends la taxi avec Virginie et Aurélie. 14h on est à la maison : douche pour tout le monde, la machine à laver tourne tout l'après-midi, petite partie de Scrabble avec Nicolas qui est resté au chaud et au sec tout le week-end, petits cubes de fromage de vache cuit à El Bosquet là-haut, mais le fromage du Bosquet a meilleur goût quand on le mange à El Bosquet... mangé ici dans la vallée, il a un goût de nostalgie.
Voili, voilou.
jeudi 12 novembre 2009
Une prophète est née.
Aujourd'hui je suis devenue prophète en mon pays. J'avais dit : "Soon, en un aguacero de loco con Miguelito mio, in the rain with Mister Rain... ♥" (message publié sur le mur facebook de mon Miguelito il y a quelques jours...) Et aujourd'hui la prophétie s'est réalisée. Alors que nous venions de festoyer nos retrouvailles au pied d'un arbre dans le parc en face de mon immeuble, buvant des bières, grignotant des chips, nous racontant nos vies, nos rêves, le soleil disparaissant dans les nuages et derrière les montagnes, mon Miguelito mio et moi fument chassés de notre jardin d'Eden par les premières grosses goutes d'un aguacero de loco, nous poussant à rejoindre l'avenue toute proche, armés de parapluies bien inefficaces, pour nous protéger du déluge... c'est trempés jusqu'à la moelle que, quelques chansons plus tard, nous rejoignîmes l'avenue où après un bon quart d'heure de bras tendus en vain pour arrêter les bus, Mister Rain réussit enfin à monter dans celui qui devait le ramener tout mouillé dans son foyer douillet. Je l'avais écrit sur son mur quelques jours plus tôt, et c'est arrivé, pour notre plus grand bonheur ! I love you Mister Rain, under the rain.
Voili, voilou.
Arrivée à Pereira.
J'informe ceux qui
avaient mes numéros de téléphone en Colombie que plus aucun n'est
valable : le Tigo est périmé (j'ai laissé passer les quatre mois de délais pour le recharger), et le Comcel m'a été volé dans le bus à
mon arrivée à Pereira. FUCK Flotta Magdalena : je suis sûre que c'est
les gars du bus qui l'ont gardé quand ils l'ont trouvé car ils l'ont éteint, technique classique...!!!, en supposant qu'il ait glissé de ma poche, comme cela arrive souvent... Ou peut-être était-ce le mec chelou à côté de moi qui a profité de la seule demi-heure où j'ai dormi sur la fin pour me le voler... en effet, j'ai résisté au sommeil du mieux que j'ai pu (j'avais dans mon sac avec moi deux appareils photos réflex, ma flûte traversière, mes deux disques durs externes, mon Ipod, mes diplômes, tous mes papiers...) et le bus a été ralenti par un embouteillage nocturne sans doute lié à un dérumbe sur la route entre Ibague et Pereira, alors il s'arrêtait et redémarrait toutes les quinze minutes... Conclusion, j'ai perdu tout mon répertoire téléphonique, et je ne suis pas joignable
! Il y a bien mon email, MSN et Facebook pour me joindre, mais comme je
n'ai pas d'ordi... je ne risque pas de me connecter beaucoup. Quelques
uns ont la chance d'avoir mon numéro de téléphone fixe : ils peuvent
essayer, peut-être que je serai à la maison ! Précision : je ne pense
pas me racheter de puce de téléphone portable... j'y réfléchie... on
verra...
Sinon eh bien mes 24 heures express à Bogota m'ont quand même permis de voir trois amis avec qui j'ai passé de très bons moments... et à mon arrivée à Pereira à 6h du matin il faisait 17°C, juste ce qu'il me fallait !
Voili, voilou.
lundi 15 juin 2009
Le Quotidien : comment gérer de façon optimale les contrainte spatio-temporelles ordinaires.
Voici les données du problèmes :
- une chasse d'eau dont le bras du flotteur ne remonte pas tout seul, ayant pour conséquence que l'eau coule et se gaspille dans le cuvette une fois que le réservoir est plein,
- une bouteille d'eau de un litre et demi que je remplis systématiquement après la vaisselle pour la ranger au réfrigérateur et toujours avoir de l'eau fraiche pendant les repas,
- une vaisselle qui donner envie de pisser parce que l'eau coule et qu'en plus vous avez bu presque toute la bouteille d'eau pendant le repas...
Il faut donc : faire la vaisselle, remplir la bouteille et la ranger dans le réfrigérateur, aller pisser et remonter le bras du flotteur pour que l'eau ne se perde pas, et le tout sans attendre que la bouteille se remplisse, ni que le réservoir des toilettes ne se remplisse, afin de ne pas perdre de temps, car le temps c'est de l'argent.
Allez ! C'est facile !!!
PS : Nicolas connait la solution : tu n'as pas le droit de jouer !!!
Voili, voilou.
jeudi 11 juin 2009
Aujourd'hui : paf !
Hier, je me suis levée tôt pour corriger vite les examens de fin de module de mes élèves de l'alliance française, histoire de bien profiter de la journée : midi, café avec Céline à la terrasse du Juan Valdes,... 14h, déjeuner avec Natalia chez elle pour qu'elle ne perde pas son français... 16h, cours particuliers. Mais bon. J'étais un peu déphasée, parce qu'au lieu d'aller chez Sofia comme tous les mercredi à 16h, j'ai débarqué chez Suzana... je me croyais jeudi... j'avais même pris les activités pour Suzana... Conclusion j'ai sauté dans un taxi à 3500 pesos pour faire les 800mètres qui séparent l'immeuble de Suzana de la maison de Sofia... bref... A 18h j'avais fini. Je suis passé déposer mon paquet de copies à l'alliance et pour une fois j'étais libre car le groupe avec lequel je continue c'est des nouveaux et ils ne commencent que mardi prochain. Je suis donc rentrée à la maison, et là, après avoir dîner d'un croque monsieur, comme je me faisais un peu chier (juste quelques discussions sur MSN), j'ai accepté l'invitation de Javier (un ancien élève du lycée qui a joué dans le film qu'on a fait l'année dernière, fait la musique du film, et actuellement étudiant en Droit) d'aller boire un verre en ville. 21h15 on a essayé un nouveau bar en haut de la circumvalar, Don Lorenzo, dans un quartier presque résidentielle, dans une maison... jolie cour intérieure avec bar en gwada, mais bof... peu mieux faire. En tout cas, le margarita était léger, et la téquila paf que j'ai pris ensuite m'a assassinée ! Je ne suis pas faite pour boire... décidément. Je voulais rentrer chez moi vers 22h30 (à cette heure là j'ai parlé de rentrer chez moi) et je ne sais pas comment, je suis rentrée à minuit et demi. C'est qu'après on a changé de bar. J'ai arrêté de boire, mais Javier a beaucoup parlé. Et puis il a fallu que je mange quelque chose pour amortir la téquila paf qui faisait paf dans ma tête. Enfin, ce matin, idem qu'hier, réveil à 6h30, mais j'ai pas de copies à corriger. J'apprends qu'un volcan a explosé lundi dernier à Pasto dans le sud de la Colombie, par une copine avec qui je discute sur MSN et qui elle, est en Guadeloupe, tout comme la semaine dernière j'ai apprs avec une semaine de retard qu'un avion avait disparu dans l'Atlantique... Je suis complètement déphasée. Hier je croyais qu'on était aujourd'hui. Aujourd'hui j'ai cru un instant qu'on était hier. Il est 10h du matin, je viens de dormir deux heures de plus. J'ai encore la tête toute paf. Et la seule chose qui m'importe c'est de savoir si je vais réussir à profiter de mes derniers instants libres ici en Colombie, parce que putain ! ça va trop me manquer... Je pars le 30 juin de Bogota pour Pointe-à-Pitre, et mes semaines s'improvisent : des cours disparaissent (départs prématurés en vacances), d'autres appararaissent (des nouveaux élèves, des révisions pour le brevet, pour le bac), mes week-end de travail se réorganisent presque tous les jours au gré des convenances des uns et des autres. Je ne sais plus où donner de la tête. Pourtant il ne se passe pas grand chose. Tout est calme. J'ai juste tellement peur de louper quelque chose. Et la seule chose qui m'importe c'est que les nevados soient dégagés le matin... Qu'est-ce que c'est beau la chaîne de montagne quand il n'y a pas un nuage dessus... ça va me manquer.
Voili, voilou.
lundi 8 juin 2009
Ça, c'est fait !
Jeudi dernier j'ai acheté mon billet d'avion pour la Guadeloupe. Un aller simple. Je n'avais pas assez d'argent pour le retour... Ça a été très dur, psychologiquement, de n'acheter que l'aller... Mais bon. Il faut que je sache ce que je veux... Si je veux revenir, comme je le dis et le pense, je reviendrai. Ma vie est ici, en Colombie, maintenant, et d'ailleurs je dois avouer que cela me déchire le cœur, rien qu'à l'idée de partir. Très forte émotion lundi dernier, quand j'ai réalisé que je partais... et que tant de choses allaient me manquer... Ça va être dur. En fait, c'est déjà dur. Comme l'année dernière, quand je suis partie, quelque mois, au Brésil et en Argentine. J'avais à peine passé la frontière, que je me sentais mal... j'ai été comme ça pendant presque dix jours, jusqu'à l'expédition dans la forêt amazonienne qui m'a littéralement régénérée... Enfin.
Sinon eh bien finalement l'Alliance Française ne va pas fermer pour vacances de mi-année, je vais garder mon groupe intensif jusqu'au 25 juin, et mes cours particuliers ne décroissent pas vraiment : au contraire, j'ai encore de nouveaux élèves, et certains demandent plus d'heure pour préparer les examens... Je ne vais donc pas avoir beaucoup de temps libre à passer avec mes amis avant de partir... ça aussi ça me fend le coeur...
Mais bon, j'ai quand même envie d'être en Guadeloupe !
Hier soir, je suis encore allée me baigner dans ma cascade préférée (j'y vais toutes les semaines maintenant), et un ami m'a fait découvrir une montagne que je ne connaissais (c'est pas c'qui manque par ici) : magnifique, avec une vue panoramique, sur les nevados derrière, sur les collines cultivées à gauche, la vallée en face, et la ville au fond, et les collines de pins à droite... Wouhou ! On a passé un tellement bon moment qu'après j'étais complètement inspirée : au restaurent, le soir, on a écrit un scénario, en deux heures, sur le set de table.
Voili, voilou.
Voili, voilou.
