Lundi 4 juin 2007 au soir je suis allée regarder le quatrième match de hockay de la Stanley's Cup au Bar Le Normand avec une copine. La salle était pleine et tous avons siroté quelques bières et panachés devant le match. Et à chaque pause (et Dieu sait s'il y en a des pauses dans un match de hockey... entre les vraies pauses, remplies de pub, et celle que la chaîne fait en plein milieu d'une période), ma copine sortait fumer une cigarette, parce que ici aussi il est interdit de fumer dans les lieux publics... À la deuxième pause je l'ai accompagnée dehors, bien qu'il pleuvait, et nous nous sommes abritées sous le porche de l'immeuble mitoyen du bar. Nous discutions des avantages et inconvénients de l'achat d'une voiture de sport quand un type c'est tapé l'incruste sous le porche sa clope à la main. Il portait une casquette avec écrit dessus "Maturité". Nous avons trouvé ça étrange, et quand il a engagé la conversation avec nous, reconnaissant notre accent français, parce que disait-il, il avait vécu en France, à Nantes, pendant quatre ans, ma copine l'a taquiné sur ses manières peu raffinées et sa casquette humoristique.
En effet, il lui demande texto : "Qu'est-ce que tu branles ici ?" Il faut que je vérifie dans mon Phrasebook de poche du Québecois si le verbe "branler" a une signification ordinaire ici, mais pour quelqu'un qui a vécu en France, il aurait dû se douter que le mot est on ne peut plus vulgaire chez nous... Bref.
Il nous a un peu questionné sur ce que nous faisions, et a été très surpris de savoir ma copine est en doctorat et amatrice de hockey. Il a alors révélé qu'il était auteur, qu'il avait fait l'Ecole Nationale de Théâtre du Canada, ajoutant force détails sur les critères très sélectifs d'admission, et a fini par nous apprendre qu'il écrivait certe des pièces de théaêtre mais surtout qu'il avait eu la chance d'être édité par Acte Sud en France, à Marseille (c'est presque s'il connaissait l'adresse des bureaux), pour un roman intitulé "L'affaire couiner"... J'ai été interloquée par ce titre absurde que je n'est même pas compris dans un premier temps... mais il a bien confirmé, "couiner" comme un porc... en ajoutant : "délicate affaire" !
Il nous a même raconté qu'il est indien, et pour le prouver il nous a montré son tatouage de plumes sur le bras droit... Il serait de la tribu des montagnais, les seuls qui ne se sont pas battus contre les français, parce qu'ils se sont battus contre les anglais !
Nous sommes rentées ensuite pour ne pas rater le match, et quand les Ducks ont eu gagné, à la grande satisfaction ma copine, elle a cherché du regard le fameux Patrick Pouffe dans la salle qui se vidait et il avait disparu.

De retour à la maison, nous avons toutes les deux fait une recherche sur Google pour savoir s'il avait dit la vérité. Et le premier résultat de la liste le voici :
« Communiqué de la Sureté du Québec,vPatrick Plouffe arrêté à Sherbrooke le 16 août 2004, Recherché depuis avril 2004 pour harcèlement criminel et pour avoir tenu des propos indécents à caractère sexuel, Patrick Plouffe, 24 ans, a été arrêté le dimanche 15 août par les policiers de la ville de Sherbrooke. Plouffe, qui était en liberté illégale, était au volant d’un véhicule volé au moment de son arrestation. » (cliquer ici pour voir l'original) Le pire c'est qu'il y a une photo, mais que personnellement je serai incapable de dire si c'est bien le gars auquel j'ai parlé sous ce porche...
ps3_SubventionÀ part ça aucune trace de son roman édité soit-disant chez Acte Sud... Par contre il y a bien un Patrick Plouffe, auteur et metteur en scène, qui semble-t-il s'est illustré dans plusieurs festivals québecois avec une pièce intitulée "Au Bout du Wrench".
Mais il y a aussi un Patrick Plouffe, président de l’unité syndicale de la section locale 8990 du puissant Syndicat des Métallos (FTQ), interviewé dans un article de l'Aut' Journal publié sur internet.
Et un Patrick Plouffe beaucoup plus jeune qui fait partie d'une association qui s'appelle No Man'z Lan et qui organise des soirées étudiantes dans un Cégep (faculté)de Granby Haute-Yamaska (allez savoir où ça se trouve...).
Et aussi un Patrick Plouffe associés à Jean-Claude et Daniel... Plouffe aussi (ses frères ?), propriétaires de la chaîne de magasins Métro (supermarchés)... qui viennent d'inaugurer un nouveau magasin à Sherbrooke (lire sur le site de Métro).
C'est fou qu'il ait autant d'homonymes, non ? Avecun patronyme aussi... enfin, quand il m'a dit comment il s'appelait j'ai failli "ploufer" de rire...

Plouffe, plouffe... lequel de ces Patrick Plouffe avont nous rencontré ? Où bien ne font-il qu'un ? Le mystère Patrick Plouffe reste entier à ce jour...

Voili, voilou.