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Il y a eu les deux mois de vacances : à galérer pour réunir trois francs six sous en donnant quelques cours particuliers, puis les deux semaines bien méritées de break au bord de la mer, côté Pacifique (c'est chouette, super sauvage, loin de tout, mais c'est quand même pas aussi ressourçant que la mer Carïbe qui manque toujours autant). Puis il y a eu la rentrée scolaire comme prof de français au lycée français : beaucoup de travail, mais quel bonheur, d'avoir enfin trouvé mes marques, de me sentir enfin capable de changer les choses, d'appliquer mes stratégies pédagogiques, même dans une institution aussi figée que l'Education Nationale. En plus j'ai dû assumer la fonction de prof de philo pendant un mois et demi : cela a été un vrai plaisir, mais une grosse charge de travail en plus pour moi. Finalement un collègue est arrivé il y a quinze jours : il est breton, comme toi !!! Et puis j'ai dû mettre fin aux cours et diverses responsabilité que j'avais à l'Alliance Française, car en acceptant le contrat au lycée, j'ai obtenu un autre type de visa, qui me lie exclusivement au lycée, et m'interdit toute activité professionnelle pour d'autres entreprises. Là je suis en vacances, depuis vendredi midi. Et je devais avoir besoin de sommeil car j'ai fait deux énormes nuits, entre vendredi et aujourd'hui. Ce qui est bien c'est que j'ai déjà pris le rythme au lycée : préparartions et corrections sont à jour, donc ce sont de vraies vacances. Dès que je serai payée mardi, je pars quelques jours à la mer, Caraïbe cette fois, et puis je commence déjà à penser comme tous les profs de l'Education Nationale : c'est quand les prochaines vacances scolaires ? le prochain pont ? Ceci dit, en semaine scolaire, et même les week-end normaux, je travaille sans discontinuer, alors les vacances sont bien méritées. Je pense depuis un moment déjà reprendre mes études (en philosophie), l'écriture et le cinéma, mais je pense que ce sera plutôt documentaire et anthropologie.

Côté jardin, moi je fais pousser du basilic, du thym, du romarin, du persil et de la ciboulette sur mon balcon. Et avant hier soir j'ai planté des graines "papaye" que m'a donné un ami de Bogota (pour la beauté de la plante évidemment...). Je suis allée deux jours dans la capitale pour rendre visite à deux amis français qui vivaient ici et se sont exilés pour un meilleur salaire au lycée français de Bogota (non pas qu'ils vivaient mal ici), et j'en ai profité pour voyager au retour avec presque douze kilos de fromage à raclette que m'avaient commandé tous les amis d'ici Pereira : près de Bogota il y a un suisse qui le fait lui-même, il est délicieux.

A part ça, pour l'instant mes préoccupations sont plutôt matérielle : changer d'ordi, car le vieux PC que m'a refilé Julie il y a un an et demi et qui a déjà 6 ou 7 ans menace de me clamser dans les doigts d'une seconde à l'autre. Mais je n'ai vraiment aucun motif de me plaindre : le salaire de prof au lycée est confortable. Petit à petit je rembourse mes dettes. Et très vite je vais pouvoir faire des projets, des vrais. Evidemment, ils sont déjà faits dans ma tête, mais disons que je vais pouvoir plus facilement passer à l'action, comme je le fais déjà dans mon activité de prof au lycée, avoir toute la satisfaction que cela apporte de voir comment les rêves en actions, cela fonctionne, ce n'est pas un leurre, ni une illusion. Bien sûre, il y a les choses tristes de la vie : les blessures, les séparations, les incompréhensions, mais je crois qu'il faut apprendre à prendre tout cela avec philosophie, distance, apprendre à relativiser. Tout contient un enseignement, et rien n'est un drame dans l'absolu.

Il me semble que nous avons le devoir de faire essentiellement ce que nous désirons, au-delà évidemment de ce que nous sommes obligés d'assumer, mais qui finalement n'est pas tant que ça, quand on s'organise bien. Je crois que j'ai trouvé ce compromis : faire ce dont j'ai envie, et accepter ou intégrer comme naturel ce que je suis obligée d'assumer afin de ne pas le vivre comme une contrainte. C'est ça, finalement, la liberté, non ? C'est la vie sans contraintes (les contraintes étant converties en devoirs), c'est une vie de devoirs assumés, compris et inclus à la vie, au point qu'ils se confondent avec nos désirs accomplis et nos rêves réalisés.

Voili, voilou.