mardi 5 mai 2009
Coup de gueule par blog interposé : arrested development*.
Réflexion et informations : Décroissance et détravail : posologies à la crise ?
A lire sur le blog de Laurent Dupin, journaliste web (Serial Worker), sur le thème de la décroissance, du détravail, du rôle des médias dans tout ça, du rapport travail-économie-environnement-humanité. Très intéressant. Beaucoup de points de vues : un interview radio d'un lutteur de croissance Vincent Cheynet, interview vidéo du Pr Serge Latouche qui définit la croissance, et des dizaines de liens, de lectures, de références pour en lire plus sur ce sujet.
Voili, voilou.
* Arrested development : rappellez-vous ce groupe de hip hop des années 90... textes engagés, prônant
le retour à la nature et à la simplicité, ils créent un véritable mouvement
musical à cheval entre le funk, le rap et les rythmes tribaux africains.
Ecoutez sur Deezer : People everyday.
vendredi 3 avril 2009
Conflit social en Guadeloupe : je ne sais pas.
En réaction au mail d'une de mes plus fidèles lectrices sur ce blog :
"Comme beaucoup de gens je suis bien contente que tu recommences à
écrire sur ton blog, j'étais persuadée que tu avais finalement mis à
exécution tes menaces de te couper complètement du monde
informatico-webien! Au moment même du conflit social en Guadeloupe où
tu aurais eu tellement de chose à expliquer, partager, protester!
J'étais un peu blasée de ne pas te lire à ce sujet..." (Caroline, par email, vendredi 3 avril 2009)
Le conflit social en Guadeloupe ? C'est, je l'ai déjà expliquée, l'une des raisons de mon envie de retour au pays natal... mais, surtout, cela a été la raison principale de mon silence sur le blog. Oui, j'ai été très occupée par mes cours particuliers et mes projets à l'Alliance, mais surtout je me suis sentie frustrée de ne pas être en Guadeloupe pour vivre ces événements avec elle, sa population, de ne pas partager cette action, ces changements,... et par dessus tout, de me sentir tellement bien intégrée à une réalité toute autre et si différente en apparence, si lointaine, que je n'arrivais même pas à lire et m'intéresser à tous les articles et autres réactions que tout le monde m'envoyait alors sur ma boîte email pour précisément partager avec moi cet événement. Je les ai tous stockés dans un dossier, j'en ai lu un dixième, et je n'ai pris connaissance de la plateforme du LKP* que quand un élève de ma classe à l'Alliance Française m'a interrogé sur le conflit social en Guadeloupe, dont il avait entendu parler sur TV5, et qu'il voulait que je lui explique : il en savait plus que moi et j'ai été incapable de lui dire quoique ce soit. J'avais sciemment ignoré ce qui se passait, alors que Maman et Julie m'en parlaient tous les jours sur le chat de Gmail : Julie qui crevait la dalle parce que son atelier de lutherie n'a pas tourné pendant tout ce temps, et Maman qui devait gérer les tensions dans le personnel de l'institution dont elle est chef de service et dont le directeur a trop longtemps hésité à assumé la situation pour finalement décider du chômage technique afin d'effacer les dissencions entre grévistes et non-grévistes, l'institution ne pouvant plus fonctionner normalement de toute façon. Alors je me suis forcée à me documenter, j'ai replongé dans la floppée de mail reçus et classés sans être lus, et j'en ai acquis une compréhension superficielle, factuelle, pour pouvoir au moins comprendre ce que d'autres en disaient. J'ai même organisé un de mes cours de conversation avec un de mes élèves du lycée français sur ce thème et à partir d'articles trouvés dans le NouvelObs.com (ils ont fait tout un dossier sur le conflit), j'ai même donné les documents récupérés aux personnes qui me questionnaient, et s'adressaient à moi légitimement parce que je suis guadeloupéenne, et c'est en partie ce qui m'a poussé à organiser le projet sur la Guadeloupe à l'Alliance Française pour la fête de la Francophonie, utilisant l'activité comme prétexte à partager et vivre par procuration tout ce qui me manque : la Guadeloupe et ses multiples facettes culturelles, historiques, environnementales, etc... Car sur le conflit je n'avais et je n'ai toujours rien à dire. Que dire quand on a pas vécu les choses, quand on ne sait pas ? Parler du conflit israelo-palestinien sans savoir (sans avoir vu ou vécu, c'est-à-dire sur la base des points de vues et informations diffusés par la presse), quand on est ni israelien, ni palestinien, cela reste un exercice intellectuel facile et auquel la plupart des gens succombent. Mais allez parler dune part de vous-même dont vous ignorez tout ? Croyez moi, cela déchire intérieurement, cela blesse, que de réaliser qu'on ne sait pas, et que tout ce qu'on peut dire c'est ce qu'on a lu dans un article, ou ce que untel nous a dit. Que du descriptif, et encore, récolté par les médias et les témoignages des proches qui l'ont vécu. Moi je n'y étais pas. Je ne sais pas. Et ça me fait mal. En fait je me suis sentie complètement déconnectée d'une partie de moi même à ce moment là : comme si j'avais raté quelque chose, comme si je n'étais pas là où je devais, incapable de me sentir concernée, incapable de m'impliquer à distance, incapable de prendre position, de porter un avis... Moi qui avait toujours imaginé ce type de mouvement pour la Guadeloupe : analyse en profondeur d'une situation économique et sociale, mais aussi politique, réflexion sur une histoire, remise en question profonde, revendications déterminées et justifiées, action radicale et efficace. Mais là encore, j'ai l'impression d'être à côté de la plaque : je fantasme sans doute une mobilisation quasi révolutionnaire et idéale, qui a pu ou aurait pu être le lieu de débat, d'éducation, de transmission culturelle... alors que si ça se trouve, cela a juste été une grève comme toute les autres, où les profiteurs sont ceux qui protestent contre la "profitation"... En fait je n'en sais rien. Et il faut que je sache. Je veux savoir. Un cyclone social est passé sur la Guadeloupe, une vague rumeur m'en a apporté l'information, il faut que je sache, que je vois de mes yeux, que j'aille voir moi-même ce qu'il en est.
Voili, voilou.
mardi 16 décembre 2008
La Parole en Soi / La Palabra por si misma.
PALABRA
En francés, significa al mismo tiempo :
- "mot" : unidad
léxica y semántica que representa un objeto o un concepto de manera
lingüística, escrita o oral. En semiología : el significante (relativo
al significado).
- "parole" : facultad de hablar, aptitud oratoria,
empeño que hace alguien de su fe y probidad en testimonio de lo que
afirma, promesa u oferta, derecho, turno para hablar en las asambleas
políticas y otras corporaciones... (Dico de la Aca. Real Española).
La palabra "palabra" está íntimamente relacionada con una concepción moral definida a través de las expresiones siguientes :
- Faltar a su palabra ("Manquer à sa parole"),
- Palabra de honor ("Parole d'honneur"),
- Ser o no un hombre de palabra ("Être un homme de parole"),
Evoca
un uso negativo de la palabra, la posibilidad del ser humano de usar de
la palabra de una mala forma : "Las palabras son mentiras" (que se
traducirá en francés por "La parole est mensonge"). El error es
inherente a la palabra : por el aspecto finito de su definicion, a
diferencia con el pensamiento, la polisemia de la palabra, sus
conotacciones, su interpretacion por el destinatario del mensaje,... y
todos los factores paralinguisticos que interfieren en el mensaje. La
retorica (ciencia del discurso) es la dimensión de la palabra que la
aleja de su verdad, del concepto filosófico de Verdad en lo absoluto.
Por el contrario, la palabra, en psicología, es revelador del inconsciente, como en las expresiones siguientes :
- No encontrar palabras para expresar algo,
- Ser un hombre de muy pocas palabras,
- Cuando las palabras rebasan el pensamiento...
Lo
que uno dice, o no dice, las palabras que elige instintivamente para
expresarse, revelan su estado psicológico, un lado de su identidad que
a veces uno mismo no conoce. Es el fenómeno del "lapsus". En este caso,
la palabra le permite al individuo llegar mas allá de su verdad. Si
esta abierto a recibir esos signos significantes, tal vez, puede llegar
a la Verdad en lo absoluto.
Igual, elegir las palabras adecuadas (el uso retorico de la palabra), tomando en cuenta su función simbólica en el inconsciente (el uso psicológico), puede permitir tomas de conciencia relevantes ! La lingüistica tiene su aplicación en psicología.
[Source : texte originellement publié dans le groupe La Palabra del Dia, sur Facebook]
De la necesidad de la Guerra.
P : ¿Si te dicen que te salgas de clase si no quieres trabajar, y no quieres trabajar, te sales? (pregunta de David Zombie, martes 16 de diciembre, 9h05am)
R : Analisis del caso.
La situación inicial:
Te acuerdas, David, que lo he hecho el año pasado como profesor de tu clase de noveno: "Que los que no tienen interés en esta clase salgan ! (en lugar de molestar a los que quieren trabajar)" Porque es mi concepto de la enseñanza a alumnos que llegan a los quince años sin conciencia de su interés por su propia educación : es una posición puramente humanista. El que no esta dispuesto a recibir conocimientos no puede recibirlos y no se le deben imponer. Seria una forma de violencia psicológica. Uno tiene que estar involucrado en su proceso de aprendizaje y, también, estar consiente del interés que saca de esta oportunidad para desarrollarse intelectualmente, culturalmente, personalmente.
Perspectiva idealista:
Igual, elegir de salir (ilusión de libertad: porque el ignorante es esclavo) o de quedarse (por cobardía, por sentido del deber, por miedo de asumir su ganas de salir, o de enfrentar el profesor, sus padres, la sociedad...), es una cuestión de responsabilidad personal del individuo frente al colectivo. Y unos lo hicieron cuando he hecho la propuesta. Para mi fue prueba de coraje y responsabilidad. Y como, yo, en mi propuesta, era sincera (sin ironía), no pasó nada a los que salieron. Ni la "conseillère principale d'éducation" y "le proviseur adjoint" (el director de secundaria) lo supieron.
Y de todas maneras, yo no tenia ningún interés que lo supieran porque mi propuesta les hubiera parecido irresponsable de parte de un profesor, que sobre todo, haciendo esta propuesta, se descarga de su responsabilidad social implícita : mantener el grupo quieto durante unas horas, ejerciendo una forma de control sobre su cuerpo y su mente, para dar la ilusión que se les enseña algo; guardando las ovejas, para condicionarlas a obedecer y reaccionar de manera conforme a las expectativas de la sociedad (la meta profunda y el papel real de la escuela).
Alternativas pragmáticas :
PERO, si el profesor que hace la propuesta lo hace de manera irónica, mejor no salir, porque el va a interpretar tu salida como una provocación (respuesta a la suya), y usar de sus recursos de autoritarios (castigo) para reimplantar en su posición de autoridad... y eso se llamaría abuso de autoridad. El profesor se siente ofendido por el acto de provocación del alumno, siente su autoridad a veces floja (por eso usa de ironía) desacreditada y en peligro (particularmente con la presencia del grupo que asiste a la escena), y entra en un proceso totalitario, de uso de sus medios educativos (ahí actúa el ego del profesor, el mismo que usa de ironía, y no su profesionalismo educativo).
De pronto, aún en caso de provocación al profesor (propuesta irónica, que no es una real alternativa al trabajo), se puede aprovechar la propuesta y salir, no solo para disfrutar del día y de la oportunidad de no trabajar, sino también para demostrar la ironía del profesor y su hipocresía, de una cierta forma, y que él se dé cuenta de los limites de su autoridad, y de su forma de ejercerla. Pero, en este caso, tienes que prepararte a enfrentar su respuesta, después, que puede ser mucho mas violenta, y con consecuencias sobre tu situación escolar, y tus relaciones con la institución escolar en general.
El consenso social y el peligro:
Después de un acto de esta magnitud, uno debe asumir las consecuencias. Responder a una provocación por otra provocación es declarar la guerra. A veces la guerra es una necesidad. A veces no vale la pena arriesgar su tranquilidad individual social para desestabilizar el consenso colectivo social. Eso, uno lo evalúa con respeto a sus intereses y recursos.
Mi respuesta:
Mi ideología no me deja alternativa. Como alumna, que el profesor hubiese sido sincero o hipócrita, escondiéndose detrás de la ironía, yo hubiera salido. Mi carácter tan poco me deja alternativa: siempre he preferido la provocación, la guerra, la violencia y la inestabilidad mi tranquilidad.
jeudi 20 novembre 2008
Lettres à un ami qui est au séminaire.
Vendredi 26 septembre 2008, de Buenos Aires.
<< Tu dis que tu es un "rejeton" de Dieu... mais ne crois-tu pas qu'il vaut mieux venir à Dieu tardivement après avoir expérimenté d'autres réalités, pour mieux les comprendre, pour mieux comprendre les Hommes, et être conscient de ce que Dieu peut apporter aux Hommes, et du pourquoi on s'engage dans une telle voie, que de s'engoufrer prématurément dans un chemin que le manque de maturité ne permet pas d'apprécier à sa juste valeur ? Il me semble qu'une conversion comme la tienne est bien plus forte et plus profonde : en tout cas elle a du sens à mes yeux. Tu ne verras jamais surgir dans ton chemin éclésiastique des frustrations charnelles ou matérielles, parce que tu as vécu ses excès et que tu sais ce qu'elles peuvent apporter d'auto-destruction, tu sais qu'elles ne sont pas essentielles, ces tentations auxquelles nous succombons tous (même s'il se peut que ton choix puisse être aussi une façon de te choisir des garde-fou extérieurs pour ne plus retourner à ces excès qui t'ont blessés)... De plus tu sais ce que peut et ne peut pas l'Eglise : tu l'as observé de l'extérieur. Tu connais ses limites. Tu auras toujours plus de recul, et ton engagement de ce fait me semble plus mesuré et plus durable. Mais bon... ce ne sont que des projections, des hypothèses,... tu me diras si je me trompe ou non.
Pour ce qui est du Vatican et de ses richesses, je pense quand même que cela a été très longtemps un instrument de pouvoir au service de quelques hommes qui n'avaient pas grand chose à voir avec Dieu : le massacre au nom de Dieu et la conversion de force des peuples d'Amérique, les Croisades, l'Inquisition, les guerres de pouvoir entre la Papauté et les Rois d'Europe, l'hypocrisie du pardon des péchés à ceux qui payent, le refus d'éducation même religieuse aux pauvres, en professant la messe dans une langue qu'ils ne connaissaient pas, pour mieux manipuler les foules, l'usage du jugement dernier et de la mythologie chrétienne pour terrorriser les masses ignorantes, fabriquer des générations de "coupables", coupable d'avoir été tentés, d'avoir péché... et cette, excuse du mot, "putain" de culpabilité judéo-chrétienne qui nous tire tous vers le fond parce que les sociétés dans lesquelles nous vivons sont toutes imprégnées de ce conditionnement moral sans même savoir d'oú il vient...
Enfin, la religion reste un bel instrument d'éveil, et la parole du Christ est à mes yeux un des jalons culturels et spirituel des plus importants de l'histoire de l'humanité, si seulement il n'avait pas été autant perverti par les Hommes.
J'espère que l'Eglise Catholique d'aujourd'hui sait se repentir de ses erreurs passées pour ne pas les reproduire, qu'elle sait lire librement et spirituellement ce texte si précieux qu'est la Bible, sans l'interpréter de façon interessée, qu'elle sait remettre en question ses mécamismes moraux et socio-culturels dans l'intérêt des croyants qu'elle guide, qu'elle va évoluer vers plus de spiritualité...
Sinon, pour ma part, je lui pardonne tout, à elle et aux Hommes qui l'ont utilisées, à bon ou à mauvais escient. Je me dis que Jésus, s'il avait pu voir tout ce qui a été fait ensuite de sa parole, tournerait sept fois sa langue dans sa bouche... mais il n'y a pas de regrets à avoir : il fallait que l'Humanité vive ces épreuves pour prendre conscience profondément de sa voie et de ses limites. Les erreurs sont nécessaires pour se construire, pour les hommes, comme pour une institution comme l'Eglise Catholique. Très sincèrement, je pardonne à l'Eglise et à ses hommes toutes leurs erreurs.
Et comme ce sont les hommes qui font l'Eglise, et non l'inverse, je suis fière de savoir qu'il y en a au moins de bon à l'intérieur pour sauver les autres... Je suis fière de ton engagement.>>
Jeudi 20 novembre 2008, de Pereira.
<< L'image de ton professeur, "Le bocal à Jésus", c'est joli... mais il ne s'agirait pas d'être des "Jésus en bocal", enfermés à l'étroit dans des principes moraux à regarder le monde à travers une fenêtre en verre panoramique sans pouvoir y participer... n'est-ce pas ?
J'adorerai de savoir plus de tes nouvelles découvertes : raconte moi, si tu as le temps. J'ai du mal à t'imaginer comme Julien Sorel au séminaire de Besançon qui découvre les conflits de pouvoir dans le clergé (Le Rouge et le Noir de Stendhal)... On est plus on 19ème siècle ! Ca ressemble à quoi l'Eglise catholique vue de l'intérieur eu 21ème siècle ? Stratégies publicitaires pour recruter des nouvelles brebies ? Audit par une société de communication pour restructurer l'image de Dieu ? Politique de transparence des comptes de la société pour fidéliser le client et le mettre en confiance ? Ou bourrage de crâne à coup de développement personnel pour intégrer au chemin religieux les bénéfices des nouvelles techniques de la plus grande découverte du 20ème siècle, qui a priori aurait dû provoquer la mort de Dieu : la psychanalyse !??? Je suis très ironique dans ma formulation, mais tu sais que je suis sincèrement curieuse de tout ça...
Tous les chemins mènent... non pas à Rome (ou au Vatican)... mais à Soi, et à l'Autre à travers Soi, ou inversement, c'est au choix, et donc à l'Homme en soi, son essence divine (pléonasme ?), et donc, symboliquement, à Dieu, non ?
Je t'embrasse comme je t'aime, toi, mon prochain, malgré nos différences, ou plutôt grâce à nos différences... >>
Voili, voilou.
mercredi 12 novembre 2008
Obama, Obama, quand tu nous tiens !
Je publie ici le message de mon ami Charlie, suite à notre débat sur Obama. Il m'envoie un texte d'un grand écrivain antillais, Raphaël Confiant (sur Wikipédia!... oui, il y a des écrivains antillais sur Wikipedia...), qui en plus d'exprimer des idées proches des miennes (ce dont je suis flâtée), mérite le détour pour ses qualités littéraires (la différence entre lui et moi, certainement...).
En réponse à Charlie, je dirai juste que mes projets d'écriture sont en chantier, mais en bonne voie pour aboutir... à suivre...
<< Salut Miss, ka i ka fêt an péyi la?
Bon d'habitude, je ne relais pas les courriels que je reçois aussi intéressant soient-ils sauf que là il mérite le détour.
Je te le transmets tel que je l'ai reçu. C'est une missive de Raphael Confiant. Après l'avoir lu, je me suis dit que tu devrais peut-être envisager d'écrire un bouquin (manifeste, traité, nouvelle, roman-photo... ce que tu veux), tant certaines de ces idées rejoignent les tiennes.
Bonne lecture Miss.
Shawlee
Un texte qui mérite d'être lu... sacré CONFIANT !! Très juste en tout cas.
Le neg kont neg traditionnel de notre funeste intellectuel !
" il y a des gens qui croient que l'Histoire commence avec eux ou avec leur génération.
Moi au contraire , j'ai toujours à l'esprit l'idée simple, que j'ai pris un train en marche, et que le train lancé bien avant que j'y monte, continuera sa route longtemps après que je serais moi-même descendu du wagon...." (Aimé CESAIRE, un autre écrivain antillais sur Wikipedia)
L'OBAMANIA, MALADIE INFANTILE DU NOIRISME
vendredi 24 octobre 2008
par Raphaël CONFIANT
Les rues sont soudainement envahies de voitures qui klaxonnent à tout va. Des gens, femmes et hommes mêlés, poussent des hurlements de joie. Ils dansent, battent des mains, se trémoussent, brandissent des drapeaux américains. Un cri puissant s'élève de partout :
« OBAMA, PRESIDENT ! OBAMA, PRESIDENT ! »
Nous sommes début novembre. Les résultats de l'élection présidentielle US viennent de tomber : Barack Obama, le candidat démocrate, a battu à plate couture son adversaire, le républicain Jonh MacCain. Qui hurle ainsi sa joie ? Où se déroulent ces scènes d'hystérie collective ?
A Fort-de-France (Martinique), à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), à Cayenne (Guyane), à Sarcelles (France), à Notting Hill (Angleterre), à Ouagadougou (Burkina-Faso), à Rio (Brésil), à Nouméa (Kakaky), etc...
Les « Noirs » du monde entier exultent : un des « leurs » vient d'être élu à la tête du pays le plus puissant du monde. Le pays le plus puissant et le plus riche qui ait jamais existé sur terre : l'Empire américain. ***
Six mois après cette euphorie.
Ti Sonson de Fort-de-France continue à chercher un « djob » à dix euros pour s'acheter son seul repas de la journée : un sandwich à la morue. Il remarque que des branches débordent sur la rue, des branches d'un bel arbre planté dans le jardin d'une maison bourgeoise. Il sonne prudemment, prêt à proposer ses services. Personne ne répond. Sauf un berger allemand qui vient lui montrer ses crocs à la barrière et qui bondit comme un fauve en cage. Ti Sonson tourne les talons.
Milo de Sarcelles s'est levé à quatre heures du matin, comme d'habitude. Il s'est lavé vite fait, a enfilé son uniforme de facteur, a embrassé ses deux enfants et sa femme encore endormis, et s'est jeté dans les bras de la nuit froide. Natif de Vieux-Habitants (Guadeloupe), il n'a jamais pu s'habituer, malgré vingt ans de vie en « métropole », au fait qu'il fasse nuit noire le matin la moitié de l'année et cela jusqu'à 9h au cœur de l'hiver. Il a renoncé à remplir des demandes de mutation pour rentrer au pays. Alors, il serre les dents et se dirige vers le centre de tri postal pour une nouvelle rude journée de travail.
Boubakar regarde son champ de coton d'un air las. Une fine poussière rouge monte depuis les confins de la plaine, parsemée ici et là de buissons d'acacias. Dans l'enclos, quelques chèvres commencent à s'agiter, réclamant leur pitance matinale. La récolte approche à grand pas. D'ici une petite dizaine de jours, toute la famille, grands-parents compris, se mettra à la tâche, du lever du soleil à trois heures de l'après-midi. Les cotonniers sont magnifiques cette année. L'or blanc s'étalera sur des nattes dans toutes les cours des cases. Mais aussitôt, Boubakar ressent un grand poids sur les épaules. Entre découragement et accablement. Le coton se vend mal, très mal, sur le marché mondial. C'est en tout cas ce qu'est venu dire le préfet du district l'autre jour. Comme l'an dernier, Boubakar gagnera juste de quoi ne pas crever de faim, sa famille et lui.
Mario Freitas do Amaral, dit « Fredo », descend prudemment l'escalier en colimaçon de la favela. Il regarde, inquiet, à droite et à gauche. Cela fait près de quinze jours qu'il s'est terré chez lui. Dans cette cabane faite de planches de récupération et de feuilles de tôle qu'il a accroché au flanc de la colline. Fredo n'a pas peur des narcotrafiquants. Il craint la police ! Cette police qui, au nom de la chasse à la drogue, n'hésite pas à tirer sans sommation dans les ruelles tortueuses de la favela, surtout si le suspect est noir ou mulâtre. Soudain, devant lui, sur un petit ponton, il aperçoit deux corps allongés. La tête fracassée. Il frémit. Hésite à continuer son avancée. Puis, prenant son courage à deux mains, serrant les dents, il fait un pas, deux pas, puis quatre. Bientôt, il peut les regarder, ces deux cadavres : il s'agit de ceux de son jeune frère Zé et de leur cousin Roberto.
Paul cherche le joint qu'il avait cru avoir caché sous son oreiller. Enfin son oreiller ! Disons, le morceau de bois entouré de haillons qui lui sert de repose-tête lorsqu'à la nuit tombée, il regagne son bidonville. Nouméa est une ville blanche entourée de bidonvilles noirs. Kanaks plus exactement. Paul avait quitté sa montagne boisée du Nord à la recherche d'une existence qu'il s'imaginait plus facile. Là, une fois loin du pouvoir des anciens et du poids de la coutume, il pensait passer rapidement son permis de conduire et s'établir comme chauffeur de taxi. Paul n'a jamais pu réussir le code. Chaque fois, une question vicieuse dans laquelle il était question d?autoroute et de verglas, le faisait chuter. Il a donc fait portefaix, maçon, balayeur de rue, docker occasionnel, jusqu?à ce que découragé, il finisse par confier sa vie à « l'herbe qui fait rêver »?
Ti Sonson de la Martinique, Milo de Sarcelles, Boubakar de Ouagadougou, Fredo de Rio de Janeiro et Paul de Noumea avaient hurlé leur joie le jour de la victoire de Barack Obama. Ils s'étaient jetés dans les rues comme des centaines de milliers d'autres « Noirs » à travers le monde, avaient chanté, bu jusqu'à plus soif, s'étaient congratulés, avaient cru qu'une « aube nouvelle se levait pour le peuple noir », selon les mots, répétés en boucle sur toutes les chaînes de télé du monde, d'un pasteur évangéliste afro-américain.
Ils y avaient cru le premier jour. La première semaine. Le premier mois. Ils y avaient cru de toutes leurs forces. Mais voilà ! On était six mois plus tard et rien, strictement rien, n'avait changé dans leur existence. Ti Sonson tirait toujours le Diable par la queue à la recherche d'improbables « djobs ». Milo se faisait rudoyer, comme si de rien n'était, par son chef d'équipe au centre de tri postal de Sarcelles. Boubakar attendait, résigné, les maigres revenus de son coton. Fredo, désormais seul au monde, depuis l'assassinat de son frère et de son cousin, avait trouvé refuge dans la « colle », l'une des drogues dures les plus destructrices. Quant à Paul de Nouméa, il songeait sérieusement à quitter définitivement la ville où il risquait de finir clochard pour s'en retourner dans sa tribu.
Cette petite fable vise à démontrer que l'Obamania qui sévit à travers le monde dit « noir » relève d'un infantilisme absolument incommensurable. D'une puérilité à nulle autre pareille. Et le plus affligeant, ce n'est pas que des Ti Sonson, des Milo ou des Fredo croient que l'élection d'un président yankee changera quelque chose à leur vie juste parce qu'il a la peau noire. Non, le plus affligeant, c'est que des intellectuels opportunistes aux Antilles, en France ou en Afrique se soient employés tous ces derniers mois à nous faire avaler ce qu'ils savent pertinemment être une sornette !
Tristes individus?
Car, en fait, qui a à gagner à l'élection de Barack Obama ? Quelles catégories de gens y ont intérêt réellement ? Pour ma part, je n'en vois que 3. Une aux Etats-Unis ; deux hors des Etats-Unis. A savoir :
- aux Etats-Unis : les Noirs américains.
- hors des Etats-Unis : l'ethnie Luo du Kenya
- et la petite ville japonaise appelée Obama.
La victoire d'Obama serait, en effet, une immense victoire pour les Noirs américains, la récompense du combat bi-séculaire qu'ils mènent pour obtenir la pleine égalité avec leurs compatriotes blancs. Certes, comme pour Ti Sonson ou Fredo, la situation du chômeur noir de Chicago ou de l'ouvrier agricole de l'Alabama ne changerait pas du jour au lendemain, mais en instaurant, par exemple, la couverture médicale universelle, Obama soulagerait des millions de pauvres parmi lesquels les Noirs sont majoritaires. N'oublions jamais que régulièrement des gens meurent à la porte des hôpitaux de cette soi-disant plus grande démocratie du monde parce qu'ils n'ont pas les moyens de payer leurs frais d'hospitalisation ou telle opération chirurgicale délicate ? En abolissant la peine de mort, Obama rendrait aussi un fier service aux Noirs lesquels constituent 45% de la population carcérale des Etats-Unis alors qu'ils ne représentent que 12% de la population globale. Bref, dans divers domaines (emploi, éducation, justice etc.), l'élection d'Obama serait une bénédiction pour les Noirs étasuniens. Je serais l'un d'entre eux que je serais pro-Obama à 200%.
Deuxième bénéficiaire, si l'on peut dire, d'une éventuelle victoire d'Obama, à l'extérieur des Etats-Unis cette fois-ci : l'ethnie Luo du Kenya. Le père d'Obama appartenait, en effet, à cette dernière, qui est la troisième par ordre d'importance numérique de ce pays et qui, bien évidemment, à cause du tribalisme, se retrouve mise de côté au plan économique, politique et social. Les deux ethnies majoritaires - les Kikuyus et les Luyas - se partagent la totalité du pouvoir tout en s'entre-massacrant régulièrement comme on a pu le voir ces dernières années. Si donc un demi-Luo, en l'occurrence Obama, était élu président du pays le plus puissant du monde, nul doute que la place de cette ethnie au sein de la société kenyane s'en trouverait du même coup revalorisée. D'autant qu'en cas d'attaque contre les Luos, Obama pourrait donner à tout moment de la voix.
Troisième et dernier bénéficiaire d'une victoire d'Obama : la petite ville japonaise dénommée « Obama », ce qui en japonais signifie « petite plage ». Dès l'annonce de la candidature de Barack, les habitants de cette ville, à moitié sinistrée économiquement, sont devenus les plus grands fans du candidat démocrate, montant des clubs de sports, des associations ou des manifestations pro-Obama. Ils lui ont écrit pour lui demander de venir visiter leur ville, obtenant une réponse au bout d'un an. Il est sûr en tout cas que si Obama-homme gagne, Obama-ville gagnera aussi. Déjà, au Japon, Obama-ville est devenu un spot touristique très prisé.
A part donc ces trois catégories de gens (les Noirs américains, l'ethnie Luo du Kenya et les villageois japonais d'Obama-city), on a beau regarder les choses sous toutes les angles, on ne voit vraiment pas en quoi l'arrivée d'un « Noir » à la Maison blanche changera quoi que ce soit au sort des « Noirs » à travers le monde. Oublie-t-on qu'un « Noir », Colin Powell fut déjà, et cela des années durant, chef de l'US Army, l'armée la plus puissante du monde ? Oublie-t-on aussi qu'une « Noire », Condoleeza Rice », est encore pour quelques mois le numéro 2 des Etats-Unis, le secrétaire d'état aux affaires étrangères disposant, dans ce pays, de davantage de pouvoir que le vice-président lequel passe son temps à inaugurer les chrysanthèmes ? Alors, on nous dira que Powell et Rice sont républicains alors qu'Obama est démocrate, oubliant que la différence idéologique entre ces deux partis a l'épaisseur d'une feuille de papier. La preuve : le « républicain » Powell vient de déclarer qu'il soutient le « démocrate » Obama ! En Europe ou ailleurs dans le monde, cela passerait pour une trahison : il n'y a qu'à voir, par exemple, les hurlements provoqués par le ralliement de certains socialistes à Sarkozy. Aux Etats-Unis, la prise de position de Powell n'a choqué personne. Là-bas, d'ailleurs, il y a des républicains « progressistes » et des démocrates « réactionnaires », c'est dire !
Qui peut croire un seul instant qu'Obama transformera l'Empire en grand frère amical pour les autres nations du monde ? Qui peut croire qu'il réussira à mater le Pentagone, l'US Army, la CIA, Wall Street etc... bref, tous les appareils d'état permettant à ce pays de dominer les autres ? Soyons sérieux ! Obama est un Yankee, un Afro-Saxon, et la différence entre lui et un Anglo-Saxon est quasi-nulle. S'il nous fait tant d'effet, c'est certes parce qu'il est beau et intelligent, mais aussi parce qu'il a face à lui un vieillard buté et pas sexy pour un sou. Il aurait eu comme adversaire un Blanc beau et intelligent comme lui que la donne aurait été complètement différente.
Pour nous donc qui ne sommes pas des Etasuniens, seule la politique étrangère des Etats-Unis nous intéresse. Qu'il crée la couverture médicale universelle aux Etats-Unis ou qu'il y fasse abolir la peine de mort, fort bien ! Mais en quoi cela nous intéresse-t-il, nous qui ne vivons pas là-bas ? Or, force est de constater que ce qu'Obama a donné à voir de sa future politique étrangère est des plus inquiétants. Son alignement tous azimuts sur la politique criminelle de l'entité sioniste, sa volonté de faire bombarder les zones tribales pakistanaises sans l'autorisation préalable des autorités de ce pays, ses piques régulières à l'égard de Fidel Castro et de Hugo Chavez, le fait qu'il n'ait jamais visité aucun pays des Caraïbes et d'Amérique du Sud etc..., tout cela démontre qu'Obama, en politique étrangère, ne sera guère différent de ses prédécesseurs. Ni mieux ni pire.
Nous qui ne sommes pas Etasuniens n'avons rien à attendre de l'Empire car à aucun moment de l'histoire humaine on n'a vu d'empire généreux envers le reste du monde. La vocation de tout empire est de dominer. Et que ce soit avec le beau sourire d'Obama ou le vilain rictus de MacCain, cela reste : une domination. Point barre.
Pour finir, je reviens aux soi-disant intellectuels noirs qui portent Obama aux nues comme s'ils votaient aux élections américaines. En fait, au lieu de retourner aux Antilles et en Afrique pour y apporter leurs connaissances ou leur talent, ils préfèrent demeurer planqués en Europe dans l'attente qu'un jour, eux aussi, accéderont au pouvoir. Le strapontin de la dame Rama Yade les fait saliver comme pas possible. Le même strapontin qu'avait occupé un certain Koffi Yamgnane il y a vingt ans.
En attendant, qu?est-ce qu'ils s'imaginent ? Que ce sont les « métros » aux Antilles et les toubabs en Afrique qui développeront leurs pays à leur place ?
Imposteurs et plaisantins, va !
Raphaël CONFIANT"
mercredi 5 novembre 2008
Obama, noir à l'extérieur...
Obama, président noir et démocrate d'une démocratie pas si démocratique qu'il n'y parait... Tout ce qu'on peut souhaiter c'est qu'il soit bien intentionné (à l'égard des états-uniens et du reste du monde), conscient du jeu qu'il a dû jouer pour arriver là, et qu'il ne gâche pas l'image positive qu'il vient de construire, pour tous les noirs-états-uniens (qui sont en majorité Républicain, et se convertiront peut-être en masse au parti Démocrate), parce que dans le fond, tout ceci n'est qu'une mascarade, n'est-ce pas ?
Parce qu'il ne faut pas rêver... ce ne sont pas les citoyens
états-uniens qui ont choisi un noir-états-uniens directement en votant
pour Obama. Je vous rappelle que le président des Etats-Unis est élu à
la proportionnalité des résultats des élections des grands électeurs :
députés et sénateurs (même les gouverneurs, maires et chefs de police
qui sont élus aussi directement ne pèsent pas dans la balance), et en
fonction du "poids électoral" de chaque état par sa population. Les
états-uniens auraient-il choisi un président noir et démocrate s'ils
avaient été libres de le faire ? Rien de moins sur. En fait Obama a été
élu par une ribambelle de députés et de sénateurs bien WASP qui
l'utilisent (pourvu qu'il en soit conscient) comme marionnette d'un jeu
électoral bien complexe. D'ailleurs, avec un tel système électoral pour
les présidentielles, ce sont tous les présidents des Etats-Unis qui
occupent cette place de marionette, à commencer par Reagan, président
pendant huit an, et ex-acteur de western bien ringards et conformistes,
héros des années d'expansion économique aux Etats-Unis et grand porteur
du modèle du self-made man, col blanc à Wall Street qui réussit avec
l'argent, pour l'argent, par l'argent... dans un American dream qui
ressemble étrangement au "Travail, Famille, Patrie" de nos années
fascistes en France sous Pétain pendant le régime de Vichy.
Dans l'histoire des élections présidentielles aux Etats-Unis (depuis
1824, depuis que l'on compte les résultats du vote populaire, même si
on ne le prend pas en compte), de nombreux présidents ont été élus sans
la majorité des votes du peuple états-uniens (étant donné que le vote
n'est pas exprimé pour le candidat aux présidentielles, mais pour
l'élection des Grands Electeurs qui ensuite sont le relais du choix
entre Démocrate et Républicain). Cela a été le cas de Bill Clinton les
deux fois, mais aussi George Bush la première fois (la fois où il a
triché en Floride contre Al Gore...), Jimmy Carter était juste
(50,05%), Nixon était dedans (43%), même Kennedy n'était pas dans le
coup (49,72% des votes populaires, mais de toute façon ils s'en sont
débarassé autrement...), et puis aussi Truman, Wilson les deux fois,
Harisson, Cleveland les deux fois, Garfield, Hayes, Buchanan, Taylor,
Jackson la première fois... le plus fort étant Lincoln, qui a été élu
en 1860 avec 59% des voix des grands électeurs mais 39% de celles du
peuple... Et que serions-nous si la Guerre de Sécession n'avait pas eu
lieu, l'esclavage n'avait pas été abolit, et les Etats-Unis n'étaient
pas devenus un état fédéral (et donc riche, grand, uni, et puissant)
???!!! Obama n'aurait peut-être jamais été candidats... Au total, sur
45 élections présidentielles depuis 1824, 17 présidents ont été élus
sans la majorité des votes populaires, plus du tiers...
Obama au moins à ça pour lui : il obtient la majorité des votes populaires... C'est déjà ça !
Et puis, revenons à nos moutons (à notre brebis noire, Obama), avant
tout il faut relativiser. Pourquoi un candidat démocrate noir ? Le
parti Démocrate a choisi d'être politiquement correct en faisant ce
choix, et de manipuler les esprits, l'opinion publique en se fabriquant
une belle image médiatique de tolérance et de multiculturalité, en
choisissant un afro-américain charismatique (un bon Oncle Tom, qui sert
fidèlement des valeurs WASP) pour candidat. Les élections c'est un
show. Il ne faut pas l'oublier.
Vous me direz, les Républicains auraient choisi comme "noir de service"
Colin Powell en 1996 (qui a renoncé à être candidat de son plein gré),
ex-chef d'état major des armées et acteur de la Guerre du Golf, d'abord
il aurait perdu face à Bill Clinton, réélu en 1996 sans l'ombre d'un
doute, on aurait pas eu l'affaire Monica Lewinski qui mine de rien a
discrédité pour un moment les démocrates aux yeux des états-uniens,
portant peut-être même encore l'opprobre dans l'inconscient collectif
sur la possible candidate démocrate femme qu'était Hilary Clinton, et
on aurait peut-être échappé à George Bush en 2000 et en 2004, à la
Guerre d'Afganistan, celle d'Irak, et de bonnes parties de rire avec
toutes les conneries qu'il a dite...
Et puis si les Démocrates ne l'avaient pas fait, les Républicains
auraient eu plus de mal à le faire, ce choix d'un candidat noir. En
1996 ceci dit, face à Colin Powell potentiel candidat républicain, les
démocrates n'avaient pas encore eu l'idée, eux, de choisir un noir.
Alors que les Républicains, eux ils ont aussi Condoliza Rice... qui est
à George Bush, ce que Lucette Michaux-Chevry, sénateur-Maire de la
ville de Basse-Terre, ex-présidente du Conseil Général de la
Guadeloupe, et ministre de la Francophonie sous le gouvernement de
Jacques Chirac, premier ministre de François Mitterand pendant la
coalition de 86 à 88, est à Jacques Chirac lui-même, longuement
Président de la République Française, avant de prendre sa retraire en
Corrèze avec une réserve de bière Corona pour regarder les matchs de
l'équipe de France ! C'est à dire un autre faire-valoir politiquement
correctement "femme et noire". Le must du politiquement correct.
Encore une fois c'est la loi des quotas (d'intégration forcée) et de la
discrimination positive qui gagne, comme à Hollywood, où il a fallut
des lois pour que les minorités ethniques soient visibles sur les
écrans... D'ici que le Président des Etats-Unis, soit élu pour son
talent (et que ce soit un noir, reconnu pour son talent), comme Denzel
Washington (2001), Jamie Foxx (2004), Forest Whitaker (2006), ou même
Hale Berry (2001) ont obtenu des oscars pour leurs rôles au cinéma...
je crois qu'il ne faut, encore une fois, pas trop rêver !
Bon d'accord, je suis peut-être injuste dans mon ironie et mon
exagération, mais sincèrement, je ne pense pas que les états-uniens
auraient eu le COURAGE de choisir Obama, s'ils avaient eu le choix,
s'ils avaient été libres, et vivaient dans une vraie démocratie. Je
vous rappelle que les "forces du mal" sont toujours plus actives et
déterminées que les résistants, les humanistes, les tolérants, les
révolutionnaires, les rêveurs, les Jedis... (d'où la nécessité de
s'activer un peu... petits Jedis qui me lisez... la Révolution n'attend
pas).
Enfin, la seule chose qu'on y gagne, c'est un président démocrate, ce
qui est à priori et par définition un peu moins pire qu'un président
républicain... je veux dire, pour le Reste du Monde (nous), car par
définition, la politique Démocrate, à l'opposé de la politique
Républicaine, c'est plus d'interventionnisme étatique dans la politique
sociale et économique intérieure (une sorte de socialisme qui ne
s'avoue pas parce que "Vade Retro Satanas, les communistes c'est des
sorcières!"), et moins d'interventionnisme militaire dans la politique
internationale (ce dont le Moyen Orient, l'Afrique, qui sait, la Chine,
et même Chavez, bref... tous les endroits où il y a du pétrole et de la
concurrence économique pour les Etats-Unis, doivent se réjouir...).
Alors moi je dis, vive la démocratie, et pourvu qu'elle existe un jour !
lundi 28 juillet 2008
Arrêtez de réfléchir... Réalisez vos rêves... Achetez à crédit !
L'affiche dit texto : "Arrêter de penser, réaliser vos rêves, achetez une voiture"... à partir de 150 réals par mois, pendant une infinité de mois... Asi es america latina... Mais dans le fond, qu'est-ce qui interpelle le plus ? L'endettement inéluctable de populations démunies et dont les espoirs sont tournés vers le mode de vie occidental dont regorgent les novelas incipides dont elles s'abreuvent à longueur de journée ?... Ou bien la crudité du message qui ne se voile pas la face : "le système va te niquer et il ne le dit en pleine face" ???...
Voili, voilou.
jeudi 22 novembre 2007
Paraitraît-il qu'il faut passer l'éponge...
Esclavage, la vérité dérange
envoyé par hopto
Mais après tout... à quoi bon en faire toute une histoire... ce n'était pas bien grave vette histoire d'esclavage, et puis c'est fini depuis bien longtemps,... qu'elles conséquences cela peut-il bien avoir aujourd'hui ???!!... Et qui s'en soucie encore ?...
No comment, comme dirait Serge.
Voili, voilou.
lundi 19 novembre 2007
Pendant ce temps là...
...dans un pays "dit" démocratique bien connu.
Manif à Nanterre
envoyé par rue89
Cela faisait longtemps que je n'avais pas poussé de coup de gueule...
Ca, c'est fait !
Voili, voilou.
