samedi 3 mai 2008
Salamalek colombiennes...
- Hola, bien o que ?
- Bien...
- Que mas ?
- Bien, y usted ?
- ... Como le va ?
- Bien gracias.
- Y que ha hecho ?
- Nada.
- Como estuvo ?
- Bien.
- Como le fue ?!
- Bien, gracias.
- Como ha ido ?
- Bien.
- Que se cuenta ?
- Nada... Todo bien.
- Y como manecio ?
- Bien, gracias...
- Como le acabo de ir ?
- Todo bien, gracias....
(une demi heure plus tard...)
- Entonces ?
- ...
lundi 3 décembre 2007
Petit lexique (agaçant) des expressions auquelles on finit par s'habituer... (5ème partie)
Cinquième (et dernière ?) partie d'une longue série de découverte linguistique, au coeur de la Colombie profonde. Mais peut-être en trouverais-je d'autres à vous expliquer, quand ma connaissance de la langue et de la culture colombienne sera plus subtile... Si Dios quiere!
Tranquilla... - Adjectif favori des colombiens... qui dit tout du rythme auquel il font les choses, et de leur degré de non-stress permanent... Enfin, ici il y a la guerilla et les meutres qui pèsent comme menace perpétuelle, alors il vrai qu'il vaut mieux prendre la vie avec philosophie, et rien ne sert de stresser pour une queue interminable au supermarché, une attente trop longue auprès d'une administration, ou un retard inacceptable à un rendez-vous... n'est-ce pas ? Toujours est-il qu'on prend facilement le rythme local... enfin, perso, c'est fait. C'est aussi le mot qu'ils emploient pour accepter vos excuses quand vous avez fait une erreur ou que vous exprimez une inquiétude, ou celui qu'ils emploient quand vous essayez de leur mettre la pression... Alors, tranquille !!!
A horita. - La réponse presque systématique à toute
vos requêtes. Ne signifie absolument pas "oui j'arrive"
contrairement à ce que l'on pourrait penser, mais plûtot, "cours
toujours... bois d'l'eau pour que je vienne, ou que je fasse cela pour
toi"... enfin, là, c'est mon expérience personnelle qui parle, avec
Marcos particulièrement, l'électricien qui fait des travaux dans la maison depuis
deux mois, et qu'on a déjà attendu de longues et nombreuses après-midi... Toute
l'essence de la ponctualité légendaire des colombiens est contenue dans cette
expression. Variante : "Un minutico".
Mañana, si Dios
quiere. - J'ai
lu dans la copie d'une de mes élèves : "la Colombie est un état
laïque, alors pourquoi l'Eglise se mèle-t-elle toujours de ce qui ne la regarde
pas ?"... L'auteur de ce coup de gueule voulait alors défendre le
droit à l'avortement dans un exercice d'argumentation. Eh bien elle ne croit
pas si bien dire. Dieu et le Peuple sont les protagonistes les plus invoqué
dans ce pays en politique, et ce n'est pas un hasard : le Peuple croit
aveuglément en Dieu, alors pour le convaincre de voter pour vous, il faut qu'il
soit convaincu que vous croyez en Dieu, au minimum, voire même que vous êtes
l'élu de Dieu, pas corrompu (contrairement aux autres), qui saura lui promettre
monts et merveilles, et le sauver... La deuxième question après "comment
t'appelles-tu ?", c'est "quel est ta religon ?",
et quand vous n'en avez pas (genre, comme tous les profs du Lycée Français de
Pereira), on vous regarde ébahit, huluberlu... "No puede ser !"
(C'est pas possible) Bref, les colombiens ponctuent toutes les phrases de "Ave
Maria", "Si Dios quiere"... et il faut croire que rien ne
se passe ici bas sans la volonté de Dieu, et que Dieu ne veut pas grand chose,
parce qu'on attends toujours que notre électricien préféré (Marcos), finisse
son travail à la maison...
Enfin, il se peut qu'il fasse durer les travaux pour les beaux yeux de Virginie, qui plus est le trouve à son goût (scoop), mais bon, rien n'est prouvé...
Voili, voilou.
vendredi 30 novembre 2007
Petit lexique des expressions qui continuent d'agacent (4ème partie).
Aujourd'hui je vous ai gardé le must de l'hypocrisie politiquement correct... mais bon, ce n'est pas une spécificité colombienne (l'hypocrisie et la politesse excessive), juste un travers humain.
¿Me haces un favor? - Le summum de la supplication : "Peux-tu
me faire une faveur ?"... En gros, "j'ai un truc à te
demander, et tu ne peux le refuser, bien que cela risque d'être très
contraignant pour toi, et de plus, je sollicite ton approbation avant de
t'avoir exposer de quoi il retourne". Culpabilité judéo-chrétienne,
quand tu nous tiens ! Généralement je réponds : "ça dépend..."
Que pena con usted ! - Ici on ne dit pas "Lo
siento", quand on est désolé. On ne dit "Quelle peine
!", qui signifie à priori plutôt, "Que vergüenza !" (Quelle
honte !, c'est-à-dire, "Quelle honte pour moi même de vous avoir ainsi
offensé !"). Mais bon, généralement, le ton sur lequel c'est dit
signifie plutôt l'inverse.
Permiso. - Pour passer devant quelqu'un dans la rue (utlisation la plus logique), quitter quelqu'un, pour quitter la table, sortir de la salle (utilisations plus inatendues), "Si vous le permettez...". Les colombiens demandent la permission pour tout. Même quand ils vous manquent de respect hostensiblement... genre vous leur adressez la parole, et avec un petit "Permiso", ils s'esquivent fortuitement.
... et qu'est-ce qui reste ?
Je vous ai gardé le meilleur pour la fin... la prochaine fois !
Voili, voilou.
mardi 27 novembre 2007
Petit lexique des expressions qui agacent vraiment (3ème partie).
Même les mots les plus courts, sont chargés de sens. Et ils sont si courts, qu'ils sont utilisés parfois comme de véritables ponctuations.
¡Chevere! / ¡Vacano ! - C'est comme "Génial ! Super ! Extra ! Géant ! Méga !"... Ce sont les exclamations superlatives typiques d'ici. Et alors, quand quelque chose ou quelqu'un est "Super Chevere", alors là, c'est le top du top.
¡Eso! - Exclamation qui permet d'exprimer que
ce qui vient d'être dit est exactement ce qu'on voulait dire, ou du moins qu'on
l'approuve fortement. Sorte de "c'est clair !". (Et qui
ferait une bon slogan pour le célèbre réseau de distribution d'essence... Du
genre : "Esso ? Eso !")
Listo. - Le cri de fierté du colombien qui a fini
ce qu'il devait faire, qui a réglé ou conclu une affaire, et qui veut le faire
remarquer à toutela Terre. Il utilise le même cri pour se débarasser de vous quand vous lui tenez la jambe
pour lui demander un service ou vous raconter votre week-end... "Listo
! C'est que c'est bon, c'est fini. Ainsi s'achève notre discussion. J'ai autre
chose à faire moi..."
... pues... - Paraîtrait-il que l'abus de "pues" est spécifique de la région (on dit alors que c'est "paisa", d'ici, de la montagne, typique de la région du café). Cela veut tout et rien dire à la fois (d'après Word Reference : "car, puisque, donc, eh bien..."). C'est un peu comme une respiration dans l'expression orale colombienne, même quand il ou elle s'exprime en français. Exemple : " L'auteur utilise la focalisation... pues... la folcalisation interne... parce que, pues... il veut qu'on se sente, pues... proche de son personnage, pues..." Et là, généralement j'arrête le massacre : "Oui, oui, c'est ça, très bien, pues."
La suite au prochain numéro (et oui... y'en a encore !)
Voili, voilou.
samedi 24 novembre 2007
Petit lexique des expressions qui finissent par agacer (2ème partie).
Encore quelques expressions qui font mon quotidien depuis que je suis ici en Colombie, et qui sont bien révélatrice de la mentalité...
Bien pueda. - Aucune traduction possible en français. Qui a dit
que le fair-play était anglais, et que le savoir vivre français était excessif
en formules ampoulées ?! Les colombiens les surpassent ! "Bien
pueda", c'est un peu le "Je vous en prie." sauf
qu'aujourd'hui en France, plus personne ne dit "Je vous en prie", et
qu'ici en Colombie, tout le monde utilise "Bien pueda".
souvent utilisé pour dire "Entrez!".
¡Con mucho gusto! / Para servirle. / ¡A la orden! - Dans mon ordre de préférence (de ma préférée à ma détestée) : "Avec beaucoup de plaisir", "Pour vous servir", "A vos ordres"... Les trois expression presqu'en tête de file des plus répétées par les colombiens, surtout quand vous êtes étranger, touriste, gringo... et que vous fréquentez les taxis. Nous, pour rigoler, on se le dit tout le temps entre nous, et de préférence en cumulant les trois, c'est plus drôle.
¿Me regalas un cafesito? - Littéralement cela se traduit par : "Tu m'offres un café ?"... et non, cela ne se dit pas à son ami, par qui on essaye de se faire offrir un café en terrasse, mais bien au serveur de la terrasse... qui, si la scène ne se déroule pas en Colombie, risque de répondre : "Que! Regalarle un cafesito ? El cafe se paga, señor! No esta gratuito!" (Quoi ! Vous offrir un café ? Le café se paye, Monsieur ! Il n'est pas gratuit !). Une faon de demander sans avoir l'air de demander... encore une formule hyper trop polie... sans compter le diminutif systématique, qui essaye de diminuer l'impact de la demande... Ici, tout est petit : "le café (cafesito), l'eau (aguita), le pain (pansito)",...
¿Como le puedo
colaborar? - La
question qui agace, quand vous allez à La 14 (La Quatorce) le grand
supermarché local du coin), et qu'en plus du fait que les rayons ne suivent
tout simplement aucune organisation rationnelle (il ne s'agit même pas de
stratégie commerciale pour vous faire consommer à ce niveau, car vous pouvez
trouvez le même produit en trois endroits différents du magasin, et aucun
emplacement qui soit justifié par un regroupement thématique)... et que dans
chaque allée, devant chaque produit, une jeune fille très apprêtée et bien
poudrée, wonderbra en position d'attaque, vous demande la sempiternelle
"Como le puedo collaborar?" (Comment puis-je vous aider?)...
alors qu'un supermarché, le principe, c'est "self service". Je sais
bien que tous ces petits emplois font vivre les colombiens et limitent les
ravages du chômage, mais bon... Résultat : on est jamais retourné à La 14, sauf
pour la papeterie, car on y trouve des trucs qu'on ne trouve nullepart
ailleurs, et qu'aucune vendeuse ne traîne dans tout l'étage de la papeterie (le
supermarché s'étend sur cinq ou six étages).
La suite au prochain numéro (Quand y'en a plus, y'en a encore !)
Voili, voilou.
mercredi 21 novembre 2007
Petit lexique des expressions qui finissent par agacer (1ère partie).
Les colombiens sont extrêmement polis, et cela frôle parfois le ridicule. Ils ont tout un atirail d'expressions toutes faites, qu'ils ressassent à longueur de journée. Mais qui pense quoi ? Allez savoir. Les colombiens ne disent jamais "non", et rarement ce qu'ils pensent franchement... mais s'ils ne veulent pas vous rendre service, ou ne sont pas d'accord avec vous, ils vous laisseront attendre des heures le jour oú ils vous ont fixé un rendez-vous, ou vous laisseront parler des heures, relançant la conversation par quelques expressions bien balancées, ou juste un son d'approbation. Dans le champs des expressions colombiennes ultra galvaudées, j'ai ressencé les suivantes :
"¿Que màs?" - Ça c'est le "Quoi d'neuf?" local. Ici on ne dit pas "¿Que tal?". On répète "¿Que mas?" à longueur de journée, même si on a déjà croisé la personne trois fois dans la matinée (genre, en salle des profs ' chaque interclasse).
¿Comò te fue? - Les colombiens sont toujours soucieux de votre bien-être. Cette question (Comment c'est allé?) est souvent suivie d'une longue série de salamalek, quand elle n'est pas juste lancée comme ça, au hasard, sans que son auteur n'écoute même vore réponse. Toutes ces manières pour saluer finissent généralement, quand vous êtes pressé, fatigué, énervé, mal luné, pas attentif... par provoquer des échanges complètement incohérents et unitiles (sans que jamais personne ne s'en aperoive), du genre : "Salut ! - Bien merci. - Comment c'est allé ? - Comment va ? - Merci. - Bonne journée - Bonjour." Le Bonjour à la fin, c'est quand vous traduisez le "Bon après-midi" que vous voulez dire, par "Buenas Tardes" qui ne sert pas à souhaiter quelque chose au départ, mais à saluer à l'arrivée. Mais personne ne s'en plaind !
...Quoique les Colombiens se moquent peut-être en cachette... mais l'ironie, je m'en rends compte ici, est une exception culturelle française, la faute à Voltaire.
Que este bien. / Que se vaya bien. - Littéralement : "Que tu sois bien ! Que tu ailles bien !" Dans la même veine du soucis d'autrui, quand on quitte son prochain, on lui souhaite tout ce qu'il y a de mieux sur la planète, et cela se résume souvent à l'une de ces deux formules, distribuées allègrement... et en fin de semaine, le vendredi, cela devient souvent : "Que descanse bien!" (Que vous vous reposiez bien), "Que disfrute bien!" (Que vpus en profitiez bien)... et j'en passe et des meilleures. Je n'ai pas hâte de passer le jour de l'an ici : qu'est-ce que ce doit être à la période des voeux ?!! Je vais encore être à court d'idées... Déjà qu'en France je ne savais pas où me foutre quand tous mes collègues m'adressaient verbalement les voeux les plus fantastiques et les plus longs de la Terre quand nous revenions au travail en janvier après les vacances !!!
La suite au prochain numéro !
Voili, voilou.
