Qui m'aime me suive...

Carnet de route.

lundi 18 mai 2009

La petite dissertation de philo du lundi matin.

Je sais : j'ai tout raté, j'aurai dû étudier la philo. Non pas que je sois capable de faire de vraies dissertation de philo comme on l'attend des lycéens au baccalauréat, parce que d'un point de vue méthodologique le texte qui suit manque à plusieurs des critères exigés (aucune référence à des philosophes, aucune citation, peu d'exemples), mais juste parce que j'aime ça, me prendre la tête avec des questions qui n'ont ni queue ni tête, qui n'ont bien sûre pas de réponse absolue, comme la plupart des questions importantes, heureusement, et que j'ai une certaine facilité à tartiner des pages de baratin qui ne servent à rien et ne changeront pas le monde. Est-ce que je ne viens pas de définir la philosophie ?

AVERTISSEMENT AUX ÉLÈVES : tout élève de terminale de France ou de n'importe où dans le monde qui lirait ce travail peut naturellement s'en inspirer (piquer des idées qu'il n'aurait pas déjà eu), mais je déconseille vivement d'en reproduire des extraits (si votre prof trouve comme vous mon article sur internet, vous êtes cuits, pris en flagrant délit de plagiat), et je ne recommande même pas d'en utiliser le plan parce que je ne suis même pas sûre qu'il réponde à la question (je ne suis pas prof de philo et je n'ai pas étudié la philo, pas officiellement).

AVIS AUX PROFS : Par contre, si quelque prof de philo ou philosophe qui trainerait sur mon blog avait le courage de lire cette pseudo-dissertation, j'attends impatiemment vos notes et commentaires ci-dessous, avec plaisir !

SUJET :
Existe-t-il un besoin de religion ? (Voilà un sujet qu'il est intéressant !)

PROBLÉMATIQUE : Le besoin consiste-t-il vraiment en la religion ?

La religion est-elle un besoin ou répond-t-elle à des besoins ? La religion n'est-elle pas plutôt un outil de pouvoir qui détourne les hommes des réponses qu'ils pourraient trouver en eux en ayant une vie spirituelle plus qu'une vie religieuse ? Le réel besoin n'est-il pas plus spirituel ?

PLAN (soit-disant détaillé et que je n'ai pas pu m'empêcher de rédiger !!!) :

I - Tout d'abord, les religions répondent à un besoin (le besoin de réponses sur l'essence et le devenir de l'humanité) et sont donc l'expression d'un besoin inhérent à l'Homme (Qui suis-je ? d'où viens-je ? où vais-je ?... dans quel état j'erre ? (dans quelle étagère ? hahaha!)

a) La religion exprime a priori le besoin qu'ont les hommes de trouver des réponses à des questions angoissantes : l'origine du monde, de l'homme,... mais surtout, l'angoisse suprême, l'angoisse de mort : qu'en est-il de la vie après la mort ? et pourquoi vivre si c'est pour mourir ?... Question qui a des répercussion directe sur un autre principe fondamental, la Vie : quel est le sens de la vie ? à quoi sert-elle ?... Et sur la façon de mener cette vie : comportements sociaux, valeurs morales... et comment atteindre ce qui préoccupe le plus l'individu conscient de toutes ces questions existentielles : comment mettre fin à cette angoisse et vivre heureux ? (quête du bonheur) La religion, comme une solution fortuite, apporte les réponses à toutes ces questions, et anéantie d'entrée ce questionnement pourtant nécessaire à la construction d'un individu. Elle est un besoin parce qu'elle répond à de très nombreux besoins, à commencer par la dimension philosophique de l'être (ses questions sur lui-même et le monde).

b) Mais elle répond aussi à un autre besoin inhérent à l'Homme : le lien social, tel qu'il permet sa survie. La religion fournit tout un appareil de valeurs morales, de pratiques cultuelles, culturelles, sociales, et parfois même économiques, qui rassurent l'individu, le relie aux autres, lui donne le sentiment d'appartenir à une communauté, de ne pas être seul, d'exister, d'avoir des repères, des principes sur lesquels s'appuyer pour orienter et justifier ses choix. La religion est un ciment entre les hommes, et répond à leur besoin de se reconnaître en autrui, de trouver des proches, ou des semblables, avec qui partager des intérêts culturels. La religion a donc une fonction sociale et culturelle qui opère suivant le mode de l'identification, de la reconnaissance, et génère une certaine paix, une certaine harmonie entre les hommes, jusqu'à un certain point...

c) Et surtout, elle canalise les comportements individuels dans un cadre collectif uniforme. Elle est un vecteur moral primordial. Peu de religions échappent aux concepts de Bien et de Mal. Elles définissent presque toutes des limites du comportement moral, social, culturel acceptable, des normes. cf. les 10 commandements. Certains de ces principes reposent sur le bon sens, et le respect du principe de vie : "tu ne tueras point", et permettent à l'individu de se structurer psychologiquement, affectivement, de trouver des repères qui conduisent au respect, par chaque individu croyant, de la vie, de lui-même, des autres. La religion c'est donc la loi suprême, la loi divine, celle qui ne fournit pas d'explication, mais qui permet à l'individu qui a peu de ressources intellectuelles ou culturelles de s'intégrer aux normes d'une société, et de ne pas franchir les limites qui l'exclurait de la communauté des hommes. Elle est un vecteur de conditionnement moral nécessaire pour les hommes qui ont peu d'éducation. Elle leur permet de censurer leurs pulsions de mort, leurs pulsions violentes, par de simples principes acceptés par la majorité et véhiculés par la religion et assénés à coup de sermons le dimanche à la messe.

Cependant beaucoup des principes moraux de la religion sont très connotés culturellement et aboutissent à des dérives, qui font qu'au lieu de permettre la paix et l'harmonie entre les hommes, la religion génère directement des discriminations, des violences, de l'intolérance et des guerres.

II - Plus qu'un besoin de chacun, la Religion est un outil de pouvoir, dont seuls les puissants ont besoin, pour mieux dominer les hommes, en s'appuyant sur leurs faiblesses : avoir besoin de réponses, de lien social, de limites morales, de repères... et ce, parce que trop d'hommes sont ignorants et crédules.

a) La religion c'est la loi autoritaire dans sa dimension la moins humaniste et la moins humaine. La fonction morale de la Religion est relative à un lieu, une époque, une culture. Ses écrits doivent être contextualisés pour être relativisés, or ils sont trop peu étudiés, trop peu expliqués, et comme le principe de la religion est d'offrir des croyances, elle opère comme un cortège de lois que les hommes suivent aveuglément, et qui servent souvent des intérêts complètement politiques, et une minorité éduquée et dominante. Exemple : les hommes, pour mieux écarter les femmes du pouvoir et de leurs fonctions essentielles dans la société, pour les isoler dans le foyer, la maison, et les réduire à des fonctions reproductives, éducatives, utilisant la culpabilité de leur probable sensualité pour les rendre responsables de la tentation, du péché (le sexe), anciennement dans la religion chrétienne (de cela il ne reste plus que le machisme et des sociétés en majorité patriarcales), et toujours de nos jours, dans l'islam fondamentaliste des talibans par exemple. La religion hiérarchise les rapports entre catégories et sous-catégories de la société, elle exclue et divise plus qu'elle ne réunit et relie. Et ce au profit des puissants et des savants (ceux qui ont le pouvoir et le savoir, et qui sont moins dupes des croyances religieuses, n'utilisant la religion que comme un instrument de pouvoir). C'est principalement à eux que bénéficie la religion, et ce sont eux qui en ont besoin, pour dominer. Et les exemples sont nombreux dans l'Histoire chrétienne : inquisition, croisades, missions d'évangélisation, esclavage, colonisation, etc...

b) Et puis il faut être crédule pour croire. Le religion, non pas comme outil de pouvoir, mais comme religion en soi, c'est-à-dire "vérité de la parole de Dieu révélée", comme croyances, choses sainte, sentiment religieux, pratiques, ne répond aux besoins que des plus démunis (intellectuellement, culturellement) et des plus nécessiteux (socialement, économiquement). Car pour qu'elle soit l'outil efficace de pouvoir des puissants, des savants, des dominants, mal intentionnés qui plus est, encore faut-il que les gens croient, ou veuillent croire, et c'est bel et bien le principe de la religion. La religion ne fonctionnerait pas, ni à apaiser les angoisses d'un individu, ni à relier les membres d'une communauté, ni à réfréner certains des instincts nuisibles de l'homme à l'égard de la vie, si elle ne profitait pas de l'ignorance des hommes, et n'allait pas jusqu'à entretenir l'obscurantisme en diffusant des dogmes, pour mieux contrôler les individus. Et d'ailleurs, dans ce cas, ne peut-on pas dire que parfois, la religion exprime le besoin des individus de ne pas se poser de question, de rester dans l'ignorance pour garantir un faux bonheur, une illusion de bonheur, sans risque ??? Comme une sorte de soumission volontaire à Dieu ?

c) Mais si l'un des besoin de l'homme est indéniablement le bonheur, et qu'il semble que la religion parvienne du moins superficiellement à y répondre, qu'un autre est la vérité, et qu'à ce besoin-ci, la religion prétend la détenir (la vérité), satisfaisant ainsi à quelques unes des quêtes les plus essentielles de l'Homme, il en est une qui lui échappe : la liberté. La religion, opérant comme la loi et comme autorité, est un ensemble de contraintes morales, de limites, un cadre bien défini, proposant des réponses toutes faites, et peu justifiées, des dogmes, et qui ce faisant, ne permettent pas à l'individu conscient d'exercer son activité favorite : penser par lui-même, comprendre, décider, juger, exercer son libe-arbritre, se construire, se positionner, dicerner ce qui lui est favorable ou pas suivant ses propres critères, exercer son esprit critique sur ce que propose son environnement, ou autrui, au sujet des questions qu'il se pose, faire face seul, et comme un être unique, entier et autonome, aux émotions, aux peurs, aux doutes, aux pensées, aux opinions qui l'animent et le traverse... Bref, si la religion est un besoin, ce dernier est d'ordre primitif et instinctif, car l'homme en pleine possession de ses facultés intellectuelles et psychologiques, éveillé à ses dimensions sociales, politiques et même spirituelles (mystiques), ne peut pas se contenter de croire. La religion est incompatible avec un des instinct inhérent à l'Homme : la liberté.

Et la Religion sans limitation de liberté, ce n'est plus la religion, mais la Spiritualité.

III - Finalement, il ne faut pas confondre Religion et Spiritualité : dépouiller la religion de ses lourdeurs morales, de ses connotations culturelles, de sa récupération par le pouvoir, de ses superstitions,... et autres abus, reviendrait à en garder l'essentiel, la spiritualité, et peut conduire à une nouvelle posture, éveillée et mystique : la liberté de croire.

a) L'humanisme et les Lumières ayant fait leur œuvre pour critiquer, dénoncer les abus des Religion, lutter contre l'obscurantisme, réfléchir sur la nature de l'Homme, ses droits, ses devoirs, les sociétés contemporaines, informer, éduquer les hommes dans leur plus grand nombre, désormais il pense, il réfléchit, et parfois même, il adopte des pratiques, des valeurs, des conceptions qui pourraient être assimilées à la religion, ou qui sont empruntées à la religion, mais il fait ce choix en toute liberté, l'assume, et peut le remettre en question à tout moment, parce que son besoin ultime, fondamental, c'est d'être cohérent avec lui-même, digne, et de se sentir libre de construire son bonheur. Tout n'est pas mauvais dans la religion, et l'intention première, dans le recours à la religion, était d'exprimer un besoin qui demeure, mais qui ne peut pas se définir par le mot "religion" avec tout ce que cela implique de nos jours, après des siècles d'extrémismes religieux de toutes sortes, et qu'il serait plus prudent de dénommer "spiritualité". La danger de l'athéisme total (dont je ne pense pas qu'il puisse exister), est de réduire la vie à sa matérialité, et d'enfermer ses principes de fonctionnement et d'évolution dans des explications trop cartésiennes, bien trop rigides et limitées, pour exprimer la complexité, la subtilité, le mystère de la vie. Aussi est-il possible d'exercer une réflexion spirituelle, plus que intellectuelle ou scientifique, basée sur l'expérience matérielle et émotionnelle d'un individu, enrichi préalablement par tout un environnement culturel, intellectuel et artistique (un individu éduqué de façon humaniste), et acceptant le pendant trop souvent nié de la Raison, l'intuition. C'est ce qu'on pourrait appeler l'exercice libre et critique, de la spiritualité, par un individu conscient et éclairé.

b) Car ce besoin existe bel et bien : l'Homme a besoin de se sentir relier à un Au-delà, appelez-le comme vous voudrez. Il ne peut se limiter de façon durablement satisfaisante à sa dimension matérielle, physique : répondre à des besoins primaires (uriner, s'alimenter, se reproduire, déféquer,...), ou secondaires (cueillir, pécher, chasser, cultiver,... travailler... se marier, avoir des enfants, s'attacher affectivement,...). Il a en lui un instinct supérieur, qui le pousse à dominer (s'enrichir, accumuler, soumettre, voler, mentir, tuer...), mais aussi à se dépasser (transmettre, perpétuer, partager, créer, inventer, découvrir, comprendre...), et ce mouvement irréversible, qui complexifie les rapports entre les hommes et son mode de vie (la plus évidente preuve matérielle de cette réduction de nos sociétés à sa dimension matérielle étant l'argent, indexant la valeur de toutes choses), le conduisent aussi irrémédiablement, à transcender toutes choses : l'Art en est l'expression la plus vérifiable, l'Amour aussi d'une certaine manière en est une résultante, et sa dimension spirituelle s'exprime tout naturellement dans son imaginaire, ses rêves, ses désirs... Les formuler le conduit simplement à accepter sa dimension irrationnelle, à assumer sa dimension spirituelle, à investir pleinement toutes ses dimensions, n'en niant aucune, à trouver un équilibre entre matière et esprit.

c) De plus, la désaffection des religions dans les sociétés occidentales a entrainé de façon indéniable une perte de valeurs et de repères, qui montrent bien qu'il y a un besoin. Alors, bien sure, il s'agit avant tout d'un besoin d'éducation, de diffusion des savoirs, et surtout d'apprentissage des outils critiques et de constructions personnelles, ambitions très coûteuses et inégalement réparties dans les sociétés contemporaines, mais les institutions qui sont censées assurer cette formation critique défaillent tout autant que ne l'a pu la religion, préférant la facilité d'un conditionnement rapide, efficace et dès le plus jeune âge, par l'école par exemple, au risque pourtant nécessaire pour la construction d'un individu et de sociétés pacifiques, d'un apprentissage libre et volontaire des éléments culturels, historiques, politiques, sociaux, ou moraux qui permettront à tout individu de savoir qui il est, pourquoi il est, et quel sens il peut donner à son existence, c'est-à-dire répondre aux questions qui agitent et angoissent toute esprit humain et que nous posions déjà en préambule de cette réflexion : qui suis-je, où vais-je, d'où viens-je... dans quel état j'erre ? C'est l'objet de la philosophie, trop peu ou trop tardivement présente dans l'éducation institutionnalisée par l'école, mais c'est aussi le propos de la spiritualité, une spiritualité libre de religion.


Conclusion ?

En fin de compte, si, indéniablement il existe un besoin de religion, y répondre par la religion, n'est pas le choix le plus approprié, car dans le fond, ce besoin de religion, révèle un besoin plus profond, plus complexe, plus subtil : le besoin de repères, de valeurs, de réponses à des questions existentielles angoissantes et inévitables. C'est un peu le propre de l'homme que de se poser des questions sur l'essence de toutes choses, et lui offrir la religion comme remède à ces maux, est un cadeau empoisonné, qui finalement le prive de liberté, et l'éloigne du bonheur, et de la vérité dont il a avant tout besoin. Sans compter que la religion est instrumentalisée au profit de minorités averties ou en position de force et qu'au bout du compte, la religion en pratique aboutit à l'inverse de la conception du monde qu'elle décrit, prône et promet : elle fait couler le sang pour elle et ceux qui l'utilise. Alors il semble qu'il faille débarrasser la religion de ses lourdeurs, de ses implications matérielles, morales, sociales, économiques, politiques... pour n'en garder que la dimension la plus strictement spirituelle, qui elle peut véritablement être un guide pour l'individu, et non pas un guide pour le rassurer dans une monde plein de vérités et de certitudes, mais au contraire lui permettre d'accepter l'incertitude, l'impermanence, le méconnaissance qu'il a de lui-même et du monde, tout en lui permettant de croire en une chose, une seule : lui-même. Car tout individu est libre et capable de se construire lui-même, de se construire un réel heureux et satisfaisant s'il le décide, de construire le monde à son échelle, de le changer, de lui donner un sens, et même de partager, communiquer et transmettre cette dimension spirituelle de son être, la plus précieuse, à autrui, et ce parce qu'il aura su s'ouvrir à toutes ses dimensions : matérielle, émotionnelle, intellectuelle et spirituelle, qu'il aura su respecter tous les besoins inhérents à l'Homme. En effet, l'idéal pour que l'Homme réussisse à se défaire de tout ce qui le conduit à la destruction et l'auto-destruction, et donc qui l'enferme dans l'angoisse existentielle, est sans doute qu'il se libère de tout besoin, à commencer par celui de religion. Et la question ne serait plus alors "existe-t-il un besoin de religion ?" mais "existe-t-il un réel besoin d'exister ?", et exister n'implique-t-il pas, d'emblée, une négation de l'être, quand être, tout simplement, permet de vivre libre de toutes nécessités, et donc de toutes choses qui puissent nous éloigner du bonheur ? Mais peut-être la question est-elle plus spirituelle que philosophique.

Voili, voilou.

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La Palabra del Dia, origine des mots : RELIGION.

Je me rappelle des mots de mon père, dans la voiture, alors que nous revenions de la première communion de la fille d'une cousine à moi, il y a quelques années, suite à mes critiques sur la superficialité de ce rite, où la plupart des jeunes ne voient qu'une occasion de recevoir des cadeaux, les parents une façon de montrer qu'ils ont les moyens de recevoir tout le monde chez eux, et d'entretenir une image respectable (mes enfants suivent la religion), festivités dont la spiritualité est presque absolument absente... Mon père m'avait dit que l'origine latine de "Religion" était "relier", mais il semble que cette question de l'origine étymologique du mot "religion" soit un sujet polémique et qu'il y ait bien des hypothèses possibles, et des dizaines de significations associées, pour beaucoup assez impressionnantes de vérité et pourtant souvent contradictoires entre elles !

Il me semble que beaucoup de ces sens connotés par étymologie se justifient (dans l'ordre qui m'arrange) :
1) une définition presque neutre de la religion par son étymologie :
- religion = croyances > évidemment ! Avoir une religion, c'est croire en quelque chose, par définition (dimension spirituelle).
- religion = pratiques religieuses > dimension matérielle de l'adhésion à une religion, dimension rituelle, sociale, culturelle, cultuelle.
- religion = sentiment religieux > la Foi ?! Indissociable de la religion.
- religion = chose ou signe saints, sacrés, de culte > c'est le principe.
2) la connotation positive ou bénéfiques de la religion par son étymologie :
- religion = engagement > choix, acte volontaire, social, philosophique ou spirituel, vis-à-vis de soi et d'une communauté.
- religion = conscience > dimension morale positive, cerner les limites du Bien et du Mal, pour soi et pour autrui, permet la vie en société, et aussi à chacun de trouver sa place, non seulement dans la communauté à laquelle il appartient, mais aussi dans son existence : conscience de soi et du monde (la religion apporte les réponses qui permettent d'évacuer l'angoisse de mort)
450px_Religious_syms3) les connotations négatives ou nuisibles de la religion par son étymologie :
- religion = obligation > quand il adhère à une religion, l'Homme se soumet à des règles, des pratiques, des valeurs morales; parfois même, ses choix sont conditionnés par ce cadre, il n'est pas libre, et ne le sait même pas, parce qu'il a été éduqué et formé par ce contexte religieux prégnant, qui plus que spirituel, a des implications culturelles, sociales, politiques, morales lourdes, qui permettent au puissants (ceux qui ont le pouvoir, parmi lesquels la hiérarchie cléricale et papale) et aux savants (ceux qui savent la vérité et surtout les incertitudes) de contrôler les individus ignorants et asservis que constituent la masse, le peuple, en leur donnant l'illusion de la paix et du bonheur.
- religion = crainte des dieux > outil de pouvoir le plus puissant pour humilier, manipuler et asservir celui qui croit; concept indissociable de la fameuse "culpabilité judéo-chrétienne" et des concept moraux très orientés politiquement et culturelles de "Bien et de Mal" dans les religions monothéistes dont nous sommes même sans le vouloir ou sans le savoir (cf. le jugement dernier et la menace de la colère de Dieu et de l'errance éternelle au purgatoire et aux Enfers).
- religion = superstitions > le must de la crédulité nécessaire pour croire. La religion n'est utile et ne fonctionne que quand l'individu est crédule (parce que s'il est un tantinet critique il se rend bien compte qu'il y a anguille sous roche) et/ou qu'il manque d'éducation (pour avoir cet esprit critique). "La Religion est l'opium du peuple" (Karl MARX), n'est-ce pas ?
Mais heureusement l'humanisme et les Lumières sont passées par là (enfin, pas partout) et les Hommes vont enfin pourvoir adopter non pas des religions, mais avoir une vie spirituelle.
4) les acceptions les plus fortes symboliquement :
- religion = relier > même si cette explication étymologique est erronée, et bien qu'elle constitue une sorte d'idéalisation de la religion, c'est celle que je préfère : la religion consisterait à relier l'Homme à Dieu, et relier les hommes entre eux (fonctions véritablement spirituelle, et fonction sociale indéniable).
- religion = relire, reprendre...> c'est bien l'explication qui me convainc le moins, mais bon, elle fait sens : la religion ne fait-elle pas une synthèse morale, culturelle et sociale des mœurs établies par des sociétés pour les uniformiser, n'agit-elle pas comme une Loi qui fixe les limites aux individus ? "Tue ne tueras point, tu ne voleras point, etc..." (les 10 commandements) C'est la Loi, sans justification empirique, sans réflexion philosophique, sans recourir ou faire confiance en l'Homme, son bon sens, son libre arbitre, sa conscience, son esprit critique. Elle se veut universelle, alors que sa source est particulière, spécifique à une culture, une époque, un lieu. Il doit lire le texte, l'appliquer à la lettre, le reprendre comme modèle pour sa vie. C'est l'apprentissage par imitation, sans comprendre, qui s'appuie sur l'ignorance, le désespoir et le besoin irrémédiable de bonheur des hommes, et qui s'impose par une autorité (celle de Dieu) qui terrorise plus qu'elle ne réussit à se faire respecter pour sa compétence, son expérience, ses savoirs. Et puisqu'en plus cette autorité est abtraite, pas de risque qu'elle soit renversée, contestée, assassinée, remplacée... Dieu... c'est qui celui-là ? Pourtant : "Dieu est mort" (Friedrich NIETZSCHHE).

Qui avait dit que le 21ème siècle serait spirituel ou ne serait pas ? Ou bien avait-il dit "religieux, mystiques" ???...
cf. la polémique sur cette citation controversée de MALRAUX : une réponse complète, contradictoire et qui ne tranche pourtant pas, sur le site Le Guichet du Savoir.

SOURCES : l'article "Religion" sur Wikipedia à la rubrique étymologie :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Non_religieux#.C3.89tymologie
(punaise ! même Wikipedia deviendrait intéressant ???!!!

Voili, voilou.

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mardi 31 mars 2009

Réflexion : l'Amour et l'Imagination par défaut.

Extrait d'une lettre écrite à un ami. Dans la suite du concept de sphère, et d'amour moteur de transcendement personnel, d'apprentissage spirituel.

Pour ce qui est de l'amitié, je crois que les liens sont parfois surnaturels, et bien au-delà des différences culturelles, ce qui permet de les transcender, et précisément de s'ouvrir à d'autres sphères que celles que nous nous construisons par l'expérience, l'éducation, les valeurs, le milieu, la religion, les pratiques socio-culturelles, dans lesquelles nous grandissons. C'est la plus grande force de l'homme, avoir le désir et la capacité de se dépasser sans cesse, d'aller au-delà des frontières de sa perception, de sa douleur, de son jugement. Ce n'est pas toujours possible, mais il y a en chacun une étincelle de ce mouvement positif vers autrui, qui heureusement parfois suffisant pour compenser le rejet, la peur, le dégoût d'autrui, qui n'est autre que le rejet, la peur, le dégoût de ce que nous reconnaissons de nous-même en autrui, soit le rejet, la peur, le dégoût de nous-même. Et cette énergie positive vers autrui, qu'il nous faut apprendre à exprimer et cultiver, repose ni plus ni moins que sur l'amour et l'imagination :
- l'amour infini et divin que nous avons chacun en nous, mais qui demande une telle confiance pour être exprimée dans la juste mesure, au moment exact, dans les circonstances adéquates, et vers la personne désignée, sur le support requis... que la plupart du temps il s'éparpille, se gaspille et se répand comme une plaie, n'importe où, n'importe comment, dans l'excès ou l'abus, sans toucher la cible, et blessant plus que ne réconfortant, affectant même sa source, son émetteur,
- et l'imagination qui nous permet d'enrichir notre sphère personnelle dans une interaction avec autrui...

Voili, voilou.

Réflexion : quand le bourreau est la victime.

Extrait d'une lettre écrite à un ami.

J'ai toujours pensé qu'il était plus facile pour l'opprimé de se libérer de sa situation de victime en refusant que soient répétés les abus, en se positionnant hors de prise de tout bourreau, et en pardonnant à celui qui l'a offensé, qu'il ne l'est pour l'oppresseur d'assumer ses erreurs, reconnaitre la douleur de celui qu'il a offensé, se remettre en question, mettre fin à sa position confortable de domination, et se pardonner à lui-même pour sortir du rapport de force et d'exploitation dans lequel il a trop longtemps grandi. C'est la force de l'esclave sur la maître, si bien expliqué par la théorie de la dialectique du maître et de l'esclave de Hegel.
Mais c'est aussi la conclusion que je tire de ma douloureuse expérience de viol, programmée depuis longtemps pour être victime, dans mon rapport sans limite à autrui, et vulnérable au désir de l'autre plus que sensible au respect de moi-même, à ma dignité la plus intime. La violence de l'agression permet à la victime de changer, comprendre, grandir (même si elle peut aussi rester sur le trauma et ne jamais le dépasser, le reproduire et le transmettre), alors que l'agresseur peut ne jamais se rendre compte du mal qu'il a fait, parce qu'il n'en souffre pas... au contraire, sa violence est souvent l'expression défensive des traumas qu'il a lui-même subit et n'a pas su dépasser.
Mais là je m'éloigne un peu du point de départ qui était la colonisation. Ceci-dit, je pense que ce genre de comparaison entre l'échelle socio-historique (le comportement inconscient du collectif) avec l'échelle psychologique humaine de l'individu, est presque toujours valable pour comprendre les mécanismes de l'humanité, ou plutôt ses dysfonctionnement.

Voili, voilou.

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jeudi 6 novembre 2008

Séquelle : leçon de physique des solides (la Sphère et le Cube en question).

La suite de la "séquelle" précédente, "la Mémoire nécessaire", elle même suite de Revoyez King Of The World, mais aussi séquelle de "Nous ne vivons pas dans un Cube mais dans une Sphère", lui même extrait des commentaires suivis de "Obama, noir à l'extérieur...". Comme quoi les associations d'idées, cela peut mener loin... comme dans une pièce de Samuel Becket. Vive le Pouvoir de l'Imagination !! Ou plutôt, l'Imagination au Pouvoir !!!

... La révolution est perpétuelle, et elle est circulaire.

Et elle n'est possible que si nous acceptons le fait que nous vivons dans une sphère : essayez de tourner autour d'un Cube (faire une révolution), vous allez vous tapez aux angles... essayez de faire tourner un Cube, il finira par tomber sur une de ses faces, quand il perdra la force centrifuge que vous lui avez impulsé, et il la perdra inéluctablement parce que ses angles et ses arrêtes vont s'opposer à l'air qui s'appuie naturellement sur ses faces... forces de frottement, ralentissement, chute.

Et la force centrifuge, impulsée à une sphère (qui tendra à être parfaite à la surface, parce que nous élarissons notre regard... donc subissant une force de frottement minimale en réaction à son mouvement), peut très bien faire voler cette sphère, si elle est légère (si nous cessons de nous attacher à des images fixes, mais acceptons le mouvement perpétuel). De sa révolution sur elle-même et vers le monde, elle sera portée par la force centrifuge et la force centripète de notre regard sur le Monde, dans une spirale d'évolution... Elle s'élèvera, dans un mouvement naturel. Elle décolera de cette lourde réalité à laquelle nous nous attachons en vain, par peur de voler, de nous jeter dans le Vide, vers le Plein que nous sommes, ici et maintenant.

Certainement, à suivre... vu que le mouvement est perpétuel...

Voili, voilou.

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Séquelle : la Mémoire nécessaire.

La suite de "L'Autre n'est qu'un miroir du Soi. Acceptons de le regarder pour réfléchir sur Soi." (Revoyez King of The World, film documentaire, 2007)

Retenons un peu les leçons de l'Histoire, rappellons-nous des blessures profondes qu'elles nous ont procuré, pour ne pas oublier nos erreurs. Gardons la mémoire du pire et du meilleur : du pire pour ne pas reproduire (comme notre instinct de survie, devenu instinct de domination, nous y porte), du meilleur pour trouver la force d'agir dans le sens de nos bonnes intentions.

Gardons la mémoire de nos philosophes aussi, ceux qui ont écrit pour leur époque, mais pour nous aussi : gardons et relisons cet héritage précieux de leur réflexion. Les philosophes des Lumières, les Encyclopédistes... ceux qui ont écrit dans les moments durs de l'Histoire de l'Humanité Occidentale : Inquisition, persécution des Protestants, "découverte" et massacre du "Nouveau" Monde (de l'Autre), Colonisation, Esclavage,... et les changements et Révolutions qui s'en suivirent, fort heureusement.

A suivre...

Voili, voilou.

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Nous ne vivons pas dans un Cube mais dans une Sphère.

Extrait d'un commentaire de l'article précédent "Obama, noir à l'extérieur...", qui a sucité moulte réactions. Le débat est là, et au passage, je partage avec vous cette digression pseudo-philosophico-spirituelle qui me tient à coeur.

<< Renverser l'ordre des choses (les changer, les révolutionner) commence par prendre conscience du regard que l'on porte dessus, c'est à dire de l'interprétation qu'on y donne, par mécanisme culturellement conditionné, parce que "c'est comme ça", parce que "tout le monde pense que", parce que le Bien et le Mal doivent être incarnés pour définir un environnement politique, économique, social ultra-rationnel, où enfermés dans un Cube, nous voyons les coins de notre Espace, et nous regardons par le cadre (la fenêtre) que nous voulons bien "choisir" dans la plus fatale des illusions d'avoir des repères spatio-temporels.

Non. Nous ne vivons pas dans un Cube. Non nous ne choissons pas, quand nous regardons par l'une des six fenêtres de ce Cube. Nous répondons juste aux réactions attendues d'un système de pensé ultra-rationnel qui nous rassure, parce qu'il offre des limites à un Monde qui en fait est profondément incertain, illimité, perpétuellement changeant. Nous nous limitons à ce cadre, nous regardons la Vie comme un tableau dans un musée, comme une image fixe, avec un point de vue, une subjectivité donnée, et nous perdons 90% de l'information.

     "Si la Terre était carrée,
     Les enfants auraient des coins pour se cacher,
     Mais comme elle est ronde,
     Nous devons faire face au Monde."

     (poème écrit par ne petite fille dont je ne me souviens plus du nom)

Oui, nous vivons dans une bulle de savon qui peut exploser à tout moment, dans une bulle qui nous transporte dans des sphères magiques, et dans des sphères obscures. Oui, vivre dans cette sphère, dont nous sommes chacun le centre, nous oblige à reconnaître notre subjectivité (chacun sa sphère de perception, la réalité vraie ne nous étant pas accessible). Oui, vivre dans cette sphère, donne le vertige, parce qu'il n'y a pas de frontière, du moins, ne sont-elle pas perceptibles... Oui, vivre das cette sphère, nous oblige à élargir notre vision des choses, parce que si nous regardons droit devant nous, nous sentons bien qu'il y a autre chose autour, dans les limites de notre champs visuel, et en dehors de ce champs, et même derrière nous... Oui, vivre dans cette sphère nous oblige à nous sentir tout petit, pas grand chose, humblement, vivre dans cette sphère nous donne notre place dans le monde... Oui, vivre dans cette sphère, et accepter d'élargir sa vision des choses, nous conduit à accepter l'infini, l'absence de limite, l'absence d'horizon, de perspective, de fenêtre, de cadre... Vivre dans cette sphère nous oblige à accepter l'incertitude, le vide (partout) et le plein (là où nous sommes, ici et maintenant). Vivre dans cette sphère nous oblige à accepter le mouvement perpétuel, et à nous mettre en mouvement. >>

Voili, voilou.




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