lundi 18 mai 2009
L'oeil macro de Celleci.

J'adore. Couleurs... formes... perspective... détails.
Pour en voir plus, suivez le lien.
Voili, voilou.
jeudi 7 mai 2009
Le premier jour...

Un film de Rémi Bezançon.
Avec : Zabou Bretman (dans le rôle de Marie-Jeanne Duval, la mère), Jacques Gamblin (dans le rôle de Robert Duval, le père), Pio Marmaï (dans le rôle d'Albert Duval, l'ainé), Marc-André Grondin (dans le rôle de Raphaël, le cadet), Débirah François (dans le rôle de Fleur, la benjamine)...
Pitch : Le chien de la famille Ulysse, meurt le jour du départ de la maison de l'aîné des enfants, Albert, qui part vivre seul dans un studio sous les toîts prêté par le grand-père alors qu'il va faire ses études de médecine. C'est là qu'il rencontre Prune, celle qu'il épousera quelques années plus tard, alors qu'il sera devenu chirurgien plastique; celle dont il se séparera ensuite, devenu alors un médecin urgentiste... Multipliez ce parcours par cinq : un pour chacun des membre de cette famille française, et vous obtenez une démonstration sensible et pertinente de la logique d'une vie, déterminée par les grandes décisions, les rites initiatiques, et les évènements bouleversants qui la jalonnent.
Mon (humble) avis : Franchement excellent ! *****
La structure narrative, en cinq parties, qui correspondent à cinq journées importantes, cinq événements déterminants de la vie de chacun des cinq membres de la famille, ne découpe absolument pas l'histoire elle-même en cinq morceaux déconnectés les uns des autres. Le point de vue a beau changer à chaque fois, passant d'un personnage à l'autre, les liens tendus entre eux, font qu'ils sont tous au coeur de la vie de celui dont le changement de vie est expliqué. Une belle démonstration des liens inéluctables au sein d'une famille, chacun se construisant en fonction des autres, avec ou contre les autres, les enfants se détachant peu à peu ou brutalement de leurs ascendants, parfois douloureusement, difficilement. Les cinq jours choisis sont chronologiques mais le film ne l'est pas : il emprunte au retour en arrière et même à la fantaisie, les souvenirs générants parfois des actions au présent, et la logique de construction est plus argumentative que narrative, comme si chaque partie était une démonstration de la problématique de la vie de chaque personnage, sans pour autant négliger les transitions, ce qui donne à l'ensemble une vraie cohérence, une vraie fluidité, qui porte le spectateur pendant deux heures, sans qu'il ne s'en rende compte.
En fait d'un film sur la famille, ce sont toutes les étapes importantes de la vie d'un individu dans nos sociétés qui sont abordés, comme si le thème central était l'initiation : l'anniversaire oublié, la première fois d'une fille avec un garçon, la mort du chien, le départ du foyer du premier enfant, crise de la cinquantaine de la femme, crise du couple et tentation de l'adultère, reconnaissance et malentendu du père avec le fils, qui se reproduit de génération en génération,...etc... les enjeux sont autant psychologiques et mis en perspectives, que sociologiques et descriptif d'un état. Certains thèmes sont plus propres à la société française : le grand fléeau des années 80-90 ayant été la cigarette dont le père n'arrivera pas à se défaire. Rien n'est oublié, et l'enchaînement des tensions qui s'accumule se fait à un tel rythme, et de façon tellement évidente, que jamais le scénario ne tombe dans l'invraissemblance, sauf peut-être quand le grand-père meurt le jour du mariage du fils aîné... c'est peut-être un peu too much pour le même jour : une coïncidence tragique un peu pathétique.
Et puis la musique aide aussi : des anthologies du rock qui marquent la vie des parents comme des enfants, mais aussi quelques morceaux jazzy et de variété, habillements choisis pour ponctuer cet arc-en-ciel d'émotions intenses par lequel passent les cinq personnages, le tout fondu dans la musique originale du film composé par l'exquis Sinclair. Un régal, d'une harmonie rarement atteinte dans le cinéma français (sauf peut-être par -M- dans Ne le Dis à Personne, de Guillaume Cannet, 2006).
Les personnages sont basés sur des clichés, mais ils n'y restent pas collés, ils prennent du relief, du volume, de la personnalité, de la sensibilité, ce qui permet à tout un chacun de s'y reconnaître et d'être touché à la fois. Quant à la réalisation elle-même, avec des séquences accélérées, un montage visuellement impressionant, créant des liens, des parallèles et des transitions forts de sens, une caméra placée où il faut pour respecter l'idée des points de vue qui changent, mais sans jamais que le spectateur ne se sente exclu du coeur de l'événement. Les costumes, la direction photo se font le témoin de toute une époque, la génération new wave (la fin), puis grunge, et ainsi de suite... fin des années 80 jusqu'à 2000. Toute l'adolescence et la vie de jeune adultes des trentenaires d'aujourd'hui.
Le film nous concerne presque tous, puisqu'il s'adresse à la génération des parents soixantes-huitards, leurs parents encore un peu réacs, même quand ils connus la deuxième guerre mondiale et la résistance (le personnage du grand-père), et surtout leurs enfants, nés dans les années 70. Il ne fait pas l'économie de quelques repères historiques : les western de notre enfance à la télévision, l'affaire Clinton-Lewinsky et la tache de sperme sur la robe de Monica aux infos...
Ce film crie, pleure, rit, chante et murmure chaque cri, chaque larme, chaque rire, chaque mélodie, chaque secret de nos vies, de la naissance à la mort, en passant par les rencontres, la maladie, les crises de nos existences. Ce film touche quelque chose en nous, ce film touche une vérité. Et il peut sembler fou d'imaginer que son idée, son scénario, sa structure, son ambiance, son titre... tout puisse être né d'une chanson d'Etienne Daho, Le premier jour du reste de ta vie, qui ferme ce ballet de révolutions personnelles, au générique final.
A voir, si ce n'est pas déjà fait !
Voili, voilou.
Mes 100 films préférés : la liste !
Vendredi 3 avril 2009, en réponse à la demande d'une de mes plus fidèles lectrices :
"D'ailleurs si un jour tu as du temps, et tu ne sais pas quoi écrire sur ton blog (mmmh même si ça ne doit pas arriver souvent), penses à la liste de tes 100 films préférés, tu te souviens de ce défi lancé la dernière fois ?" (Caroline, par email, vendredi 3 avril 2009)
Oups ! J'avais complètement oublié. Alors c'est décidé, je commence la liste, et je la complèterai au fur et à mesure que des titres me viendront :
NB : les numéros d'ordre ne sont pas vraiment pour classer les films mais pour les comptabiliser. Ceci-dit, je vais les écrire comme ils me viennent, et sans doute mes films préférés préférés de chez préférés vont me venir en premier !
1- ? (celui que je n'ai pas encore fait)
2- Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Michel Gondry, 2004)
3- Magnolia (Paul Thomas Anderson, 1999)
4- 21 grammes (Alejandro Gonzales Inarritu, 2003)
5- Into the Wild (Sean Penn, 2007)
6- Fight Club (David Fincher, 1999)
7- Paris Texas (Wim Wenders, 1984)
8- Yellow Submarine (The Beatles, 1968)
9- Vertigo (Alfred Hitchcock, 1958)
10- La Science des rêves (Michel Gondry, 2006)
11- Traffic (Steven Soderbergh, 2000)
12- The Game (David Fincher, 1997)
13- Pulp Fiction (Quentin Tarantino, 1994)
14- Carnet de voyage (Walter Salles, 2003)
15- La Cité des Dieux (Kátia Lund et Fernando Meirelles, 2002)
16- Tigerland (Joel Schumacher, 2000)
17- Inland Empire (David Lynch, 2006)
18- Ouvre les yeux (Alejandro Amenabar, 1997)
19- Jacky Brown (Quentin Tarantino, 1998)
20- Bienvenue à Gattaca (Andrew Niccol, 1997)
21- The Truman Show (Peter Weir, 1998)
22- The Hours (Stephen Daldry, 2002)
23- Pride and Prejudice (Joe wright, 2005)
24- Orange Mécanique (Stanley Kubrick, 1971)
Wouf ! ça fait suer... je continuerai quand je serai plus inspirée... mais voilà un bon début qui devait vous occuper un bon petit mois si vous n'avez pas encore vu ces 23 films là !
Dimanche 12 avril 2009, la suite :
Comme me le rappelle si bien à propos mon amie Seng Chanh, il y a aussi :
25- Bound (frères Wachowski (ceux qui ont fait Matrix, mais avant qu'ils ne fassent Matrix, en 1996),
26- Dark City (Alex Proyas, 1998),
27- Gladiator (Ridley Scott, 2000)
28- Blade Runner (Ridley Scott, 1982)
29- True Romance (Tony Scott, 1993)
30- Inside Man (Spike Lee, 2006)
31- Les Nerfs à Vif (Martin Scorsese, 1991)
32- Les infiltrés (Martin Scorsese, 2006)
33- Aviator (Martin Scorsese, 2003)
34- Taxi Driver (Martin Scorsese, 1976)
35- Le Grand Saut (frères Coen, 1994)
36- Arizona Dream (Emir Kusturitza, 1993)
37- Brazil (Terry Gillian, 1985)
38- O'Brother (frères Coen, 2000)
39- Big Fish (Tim Burton, 2003)
Mardi 5 mai 2009, re-la suite !
Vu récemment :
40- Le premier jour du reste de ta vie (Rémi Bezançon, 2008)
Et qui m'a fait penser à (un bon film français en appelle d'autres...) :
41- Jeux d'Enfants (Yann Samuell, 2003)
42- Ne le dis à Personne (Guillaume Canet, 2006)
43- Irréversible (Gaspar Noe, 2002)
44- La Haine (Mathier Kassovitz, 1995)
45- Sur mes lèvres (Jacques Audiard, 2001)
46- Ceux qui m'aiment prendront le train (Patrice Chéreau, 1998)
47- Roman de Gare (Claude Lelouche, 2001)
48- Le Scaphandre et le Papillon (Jullian Schnabel, 2006)
49- Before night falls (Julian Schnabel, 2000)
50- Le Péril Jeune (Cédric Klapisch, 1995)
51- Peut-être (Cédric Klapisch, 1999)
52- Paris (Cédric Klapisch, 2008)
53- Chacun cherche son chat (Cédric Klapisch, 1996)
Voili, voilou.
(to be continued...)
mercredi 29 avril 2009
Qui reconnaîtrait le roman de SF...???
Oui, c'est ça. Le titre de ce livre que j'ai adoré est bien "Un bonheur insoutenable", de Ira Levin (1969). Le héros s'appelle Coupeau, enfin, c'est son surnom. Son vrai nom est : Li RM35M4419. L'ordinateur central, lui, s'appelle UniOrd, ou Uni... Un livre incontournable si vous aimez la SF.
Merci Tatiana !!!
Voili, voilou.
mardi 28 avril 2009
Qui reconnaîtrait le roman de SF que j'ai adoré et dont je ne me souviens pas du titre...???
J'ai lu... oui, ça m'arrive. Enfin. Pas ces jours-ci non plus. Cela date déjà de l'été 2006, où j'ai passé plusieurs semaines chez ma grand-mère en Dordogne. J'ai lu alors un livre de science-fiction que j'ai adoré, et je suis, comme d'hab, incapable de me rappeler le titre, alors peut-être pourrez-vous m'aider à l'identifier !
Voici en bref l'histoire : le héros est un homme. Il vit dans une société où les Hommes n'ont pas le droit d'exprimer leurs émotions, ou du moins les réprimes en prenant des comprimés, pour que leurs comportements sociaux soient conformes. Le monde n'est plus qu'un seul état administré par un ordinateur central. Les lieux ont été dépersonnalisés : les villes portent des numéros, comme par exemple Africa1027. Le héros a quelque chose de différent des autres : son grand-père qui a participé à la construction du grand ordinateur qui contrôle la vie de tout le monde, lui a transmis le secret de la liberté (quelques souvenirs qu'il garde de lui), et cette liberté en germe dans sa mémoire va être le déclencheur de sa rébéllion progressive. D'abord pendant ses études il va sympathiser avec un individu déviant : il dessine. Puis il va rejoindre un groupe de rebels : des gens qui se réunissent en secret pour lire alors que c'est interdit. Et finalement il va organiser une révolution, d'abord en s'enfuyant sur une île pour échaper à la société, et sa surveillance avec sa petite amie et quelques autres, puis en organisant una attaque terroriste contre le grand ordinateur central...
Voilà, c'est tout dont je me rappelle : je n'ai pas l'ombre du souvenir d'un détail qui pourrait permettre de googleiser ces indices et retrouver le titre, comme par exemple le nom d'un personnage, du grand ordinateur, etc...
Et, non, il ne s'agit pas de :
- Farenheit 451, de Ray Bradbury,
- ni Le Meilleur des Mondes, d'Aldous Huxley,
- ni 1984, de George Orwell,
- ni même Bienvenue à Gattaca, qui n'est pas un livre, mais un film !
...enfin... je crois. ^_^
Alors si vous reconnaissez ce livre, merci de m'en faire part !
Voili, voilou.
dimanche 12 avril 2009
L'Homme et la Mer.
Homme libre, toujours tu chériras la mer!
La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais a plonger au sein de ton image;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets;
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, O frères implacables!
L'Homme et la Mer, de Charles Baudelaire
Merci Daniel, du compliment (avoir dit que ma photo te faisait penser à ce poème que je ne connaissais pas et qu'à la découverte j'aime beaucoup...)
La photo a été prise vendredi soir dernier, entre 22h et minuit, sur la plage de San Juan del Cabo, dans le Parc National Tayrona (sur la côte Caraïbe, près de Santa Marta, en Colombie)... petit paradis terrestre où j'ai passé quelques jours de vacances, trop courts mais bien mérités, à dormir dans un hamac, bercée par le vent, sous les caresses des rayons de la Pleine Lune sur mon visage, la peau salée de mes journées passées à me baigner, et à sécher au Soleil, comme un iguane, qui à chaque fois que la température de son corps augmente trop, se replonge dans l'eau fraîche, avant de se remettre à faire la sieste sur un rocher... J'ai aussi lu (oh!)... lu un livre, je veux dire (oh!)(une pièce de théâtre, précisément : Les Mains Sales, de J.P. Sartre)..., et puis j'ai marché trois heures dans la jungle, pieds nus, sur la terre de mes ancêtres amérindiens... Tous les jours je mangeais du poisson ou des crevettes... un vrai régal... Je ne me suis presque pas rendue compte que la plage principale où la plupart des gens restaient, était noire de monde, pour cause de Semaine Sainte (parmi les rares semaines de vacances des Colombiens, alors ils vont tous sur la côte prendre le Soleil !), tant j'étais dans mon monde.
Voili, voilou.
lundi 30 mars 2009
Aux grands maux les grands remèdes.
Comment soigner la grippe tropicale colombienne (pléonasme), un truc qui ressemble étrangement à la dengue sauf que c'est contagieux et pas transmis par les moustiques : fièvre, courbatures, vertiges, sensations de faiblesse musculaire, douleurs dans les articulations, maux de tête lancinants... Eh bien rien de tel que les remèdes de grand-mère :
- faire infuser de la menthe, ou du tilleul, ou les herbes locales : yerbabuena ou cidron,
- y ajouter le jus d'un citron vert,
- y dissoudre une grosse cuillère à soupe de miel de propoléo,
- éventuellement, agrémenter le tout d'une petite lampée de rhum ou de whisky.
- ingurgiter une tasse de cette décoction deux ou trois fois par jour pendant trois ou quatre jours, et le tour est joué ! Vade retro satanas les microbes !!!
L'ingrédient secret c'est la propolis :
C'est un matériau recueilli par les abeilles
à partir de certains végétaux. Cette résine végétale est utilisée par
les abeilles comme mortier et anti-infectieux pour assainir la ruche.
Elle est récoltée pour ses propriétés thérapeutiques. (Wikpedia)
Ses propriétés thérapeutiques :
- antibiotique (bactéricide et fongicide),
- cicatrisant,
- anti-inflamatoire,
- analgésique,
- anesthésiant,
... et j'en passe.
Bref, presque toutes !
Composition : la propolis recueillie dans la ruche est constituée globalement de :
| résines et baumes | 50 à 55 % |
| cire | 30 à 40 % |
| huiles volatiles ou essentielles | 5 à 10 % |
| pollen | 5 % |
| matières diverses | 5 % |
La propolis contient également beaucoup d’autres éléments comme des acides organiques, de très nombreux flavonoïdes, des oligo-éléments, de nombreuses vitamines.
Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Propolis
Voili, voilou.
Retour en Colombie.
Petit extrait d'un email que j'ai reçu et que j'ai beaucoup aimé, d'un français ayant voyagé récemment en Colombie, après ne pas y être venu pendant 40 ans.
" Je suis arrivé à Barranquilla le samedi 21 Mars un peu avant minuit, j'ai pris un taxi. Persuadé que le chauffeur me truciderait après m'avoir délesté de tout mon argent et de ma Carte Bleue. J'ai décidé de parler avec l'assassin et de mettre en pratique ce qu'il me reste d'espagnol. Apprenant que je venais de Montpellier, le meurtrier m'a demandé si je connaissais Valderrama le joueur de foot Colombien qui a joué à Montpellier. J'ai dit oui bien sur, même si je ne suis pas très calé en football. Cet espèce de bandit m'a ensuite confié qu'il appréciait beaucoup les philosophes français, de Descartes à Henri Poincaré et qu'il les relisait souvent. La, j'ai trouvé que ça démarrait fort. Finalement il m'a laissé la vie sauve devant l'hôtel et ne m' a réclamé que le prix de la course."
(Serge, un lecteur de mon blog)
Voili, voilou.
jeudi 4 décembre 2008
La complicité du bout des doigts.
Je publie ici cet article écrit par ma sœur sur sa page de Facebook et relatant un concert auquel elle a assisté parce que premièrement, son récit, très fort et imagé (bien qu'il s'agisse de musique) m'a fait pleurer, me donnant l'impression d'y être, mais aussi parce que je trouve que c'est merveilleusement écrit. Mélomanes... lisez pour une fois !
La musique est un language universel. Ca, ce n'est pas nouveau!
Nous sommes le 3 décembre 2008, j'arrive à l'Artchipel à Basse-Terre
pour un concert qui fait l'ouverture du Guadeloupe Festival... Je sais
que ça va être bon. Ce n'est pas possible autrement. A l'affiche ce
soir: duo de piano avec Alain Jean-Marie et Mario Canonge... La couleur
est annoncée. Ce soir, il y a de la Musique dans la salle, c'est sûr...
Est-ce que pour autant je m'attendais à vivre ça?
Arrivée des artistes sur scène: 20h40.
Les pianistes installés en vis à vis entament un échange fin et subtil sur une composition du martiniquais, "Divini".
On se cherche encore un peu, le temps de prendre ses marques et de dépasser le petit trac du début.
Je suis tout de suite éblouie par leurs jeux respectifs que je connais individuellement.
Il se passe quelque chose. Au delà des nuances, au delà de l'exactitude
et de la synchronisation des mélodies, au delà de l'improvisation...
Ils se parlent. Pas besoin de se regarder. L'échange est Musique.
J'observe Mario Canonge, que je vois pour la première fois dans cette
attitude posée de retrait. Je vous assure qu'à la fin de ce premier
morceau, il était encore assis sur son tabouret!
Le mélange est harmonieux, le respect est grand.
Quand pour le deuxième titre ("Anna Maria" de Wayne Shorter) je laisse
l'ambiance me pénétrer, j'ai l'impression de me retrouver au milieu de
ces notes légères et aériennes, au milieu de ce dialogue.
Ils ont accordé leurs respirations. Chaque accent, chaque soupir de la Martinique répond à celui de la Guadeloupe...
Il y a comme une sensation de filiation. Le père et le fils.
Comment ne pas remarquer la légendaire tempérance, le calme absolu
d'Alain Jean-Marie, droit derrière les touches blanches et noires, qui
donne à peine l'impression de les effleurer.. cette grâce incroyable et
distinguée de celui qui intériorise... face à l'énergie du plus jeune,
un Mario Canonge déroutant dans son attitude, freinant sa vigueur,
calmant ses élans de génie, dans le plus grand respect de celui qui lui
fait face...
Impossible de ne pas y voir une complicité totale.
Les unissons sont parfaits. Les deux instruments mélangent leurs personnalités.
L'écoute est telle entre les deux musiciens, qu'il est parfois
difficile de distinguer les notes de l'un et de l'autre. Ils
s'écoutent... et ils aiment ça. Indéniablement. Le plaisir est là,
partagé, entre eux, et avec nous.
Bien sûr qu' ils se parlent! La musique est un langage!
Mais peut-on imaginer une entente aussi belle? Mario répond à Alain ce
qu'il a certainement envie d'entendre, mais pas par politesse, pas par
gentillesse, ou par manque de caractère! Non, il a la réponse à toutes
ses questions parce qu'ils pensent pareil!
Le public émerveillé écoute religieusement, se laisse emporter,
passivement dans ce chant d'oiseaux à la tombée du jour... Une coda
improbable où se mêlent des mélodies improvisées qui rappellent les
variations des plus beaux classiques...
Je pourrais raconter ainsi le concert entier, morceau par morceau...
"Péyi mwen jodi", les reprises de Dizzy Gillespie, "Plein Sud", "Vallée
heureuse", "Morena" etc... Ca serait bien inutile, car l'important est
plutôt de comprendre l'ambiance qu'ils ont créée ce soir...
Les caractères se sont affirmés, quelques fois détaché l'un de l'autre,
mais sans jamais desservir le dialogue! Tour à tour, ils étaient le
support nécessaire à l'expression de l'improvisation, l'épaule solide
que l'on attend quand on s'engage, quand on prend un risque.
Chacun des musiciens a interprété en solo trois oeuvres. J'avais
pourtant l'impression que celui qui était parti dans les coulisses
était toujours sur scène. Ils ont joué l'un pour l"autre ce soir.
Imprégnés du jeu et des compositions de l'autre.
C'était un pur moment de bonheur. De la magie sonore. Aucune rivalité.
De l'humilité plutôt!
Alain dans le rôle du père, de celui qui guide, qui apprend, qui
transmet gardait souvent une tessiture médium et grave, comme sa place
dans la vie... tandis que Mario, le fils, avec son touché articulé et
rythmique laissait plus aisément ses doigts se promener dans les aigus.
Chacun à sa place. Le Guadeloupéen, profondément jazz, déstructure les
mesures avec un phrasé sûr de lui, toujours aussi doux et fort à la
fois, à la manière de l'Homme qui sait, celui qui a l'expérience de la
vie, celui qui peut enfin se poser et savoir attendre. Le Martiniquais
commence à danser (un peu) sur son tabouret, le bout des chaussures
s'envole au rythme de ses inventions, il s'échappe et revient, le
tempérament est latin...
Le final est grandiose sur "Lésé palé", le fils a grandit et je ne sais
plus qui entraîne qui dans la création. Un tourbillon de notes, de
virtuosité, d'adresse, de perfection... Une mélodie à l'unisson,
l'ajout des talents, du génie et de la générosité à la fois...
Fin du concert: 22h13
Ce soir, il y avait deux hommes sur la scène.
Moi, j'ai entendu un accord parfait. Une seule âme, un seul corps...
Et j'ai vu les différents âges de la vie.
J'ai vu les couleurs qui s'y associent. Le rouge carmin, le bleu indigo, le jaune soleil, le blanc aussi...
J'ai vu deux personnes partager et se respecter.
J'ai vu deux personnes s'entendre et s'écouter.
Et je suis heureuse car moi aussi je les ai entendues et écoutées.
Ce soir, j'étais au Paradis pendant 1h33.
Je garderais cette sensation en mémoire pour apprendre à la cultiver.
Messieurs Jean-Marie et Canonge...
Merci d'avoir été ce soir...
Merci d'avoir choisi cette route...
Merci de parler le même langage...
Puissions-nous nous parler avec nos "phrases en mots", comme eux ce soir, avec leurs "phrases en notes"...
Djool.
Et un merci du plus profond de mon coeur à Alain Jean-Marie qui a choisi d'interpréter en troisième oeuvre solo "In a sentimental Mood"... ce soir c'était vraiment ma fête..
jeudi 13 novembre 2008
La France vue par... les français !
Voici un diaporama qui a été largement diffusé par internet et que vous avez très certainement déjà vu. En le revoyant ces jours-ci j'ai eu envie de le compléter, car il y a une région qui manque dans ce panorama culturel de la France et de ses préjugés : les DOM/TOM ! Et particulièrement les DOM, qui sont des départements et régions françaises, administrativement, politiquement, institutionnellement, légalement, et j'en passe. Alors voici ma version de "La France vue par...", made in gwada. Pour la traduction des légendes en créoles, se reporter au dessous de l'image !
Traduction en français de la légende, de haut en bas et de gauche à droite :
- "vizion lé zantiyè tini dè péyi la fwans" = "Les France vue par les Antillais",
- "ka fè fwèt tou boneman" = "il fait vraiment froid !"
- Bretagne (Bwètayn): "Sintwa, couzin é zansèt" = "Saintois*, cousins et ancètres"
(* Les Saintois sont les habitants d'une petite île située au sud de la Guadeloupe (Les Saintes), comprise dans son archipel, et qui est essentiellement peuplée de descendants de bretons et de normands ayant voyagé dans les antilles à l'époque des colonies dans l'espoir d'y faire fortune ou enrôlés de force sur les bateaux pour travailler la terre avant que ne soit institutionnalisé l'esclavage (sur la photo ci-contre la baie des Saintes et son Pain de Sucre, considérée par le Club des Plus Belles Baies du Monde comme la troisème plus belle baie du monde...))
- Paris (Panam): en rouge (la banlieue), "nèg zagonal, fanmiy an mwen" = "noirs de l'hexagone, ma famille), dans le cadre (paris-même), "zétid, travay, lajen, el koté an pé kouté mizik apéyi an mwen" = "études, travail, argent, seul endroit où je peux écouter la musique de mon pays" (notament sur Mediatropical, 88.1FM, radio antillaise qui n'émets qu'en région parisienne),
- Nantes et Bordeaux (Nant/Bowdo) : "la siyè a fwon an nou pati pour mété lajen an poch a yo" = "là où la sueur de notre front a servit à leur mettre de l'argent dans les poches" (villes qui se sont considérablement enrichies du commerce triangulaire et de l'esclavage),
- "ka fè fwèt an péyi a blan-la" = "il fait froid dans le pays du blanc",
- "Sid" = "le sud"... zone très étroite où la température est tolérable pour les antillais, et encore, en été !
- Toulouse et Montpelier (Toulouz/Monpelié) : "zétid" = "études" (universités les plus prisées par les antillais, pour le climat principalement... régions où les communautés antillaises sont donc importantes, même si les antillais, après leurs études, restent moins faclement vivre en France quand ils ont fait leurs études dans le sud, que quand ils les ont faites à Paris (alors la plupart ne reviennent pas aux antilles)),
- Corse : "zanmi indépendentis" = "amis indépendantistes",
- en bas : "yo pa menm pwen la penn mété lé zantiy si kat a yo la : mi sé kon sa yo ka konsidéré nou !!!" = "ils n'ont même pas pris la peine de mettre les antilles sur leur carte: voilà comment ils nous considèrent !!!" (ce qui traduit l'impression parfois justifiée des antillais que les DOM n'existent pas pour le reste de la France).
Je demande milles excuses aux spécialistes du créole qui vont lire ces mots pour mon ignorance de ma langue maternelle : si seulement elle nous était enseignée à l'école !
Voili, voilou.











