jeudi 7 mai 2009
Le premier jour...

Un film de Rémi Bezançon.
Avec : Zabou Bretman (dans le rôle de Marie-Jeanne Duval, la mère), Jacques Gamblin (dans le rôle de Robert Duval, le père), Pio Marmaï (dans le rôle d'Albert Duval, l'ainé), Marc-André Grondin (dans le rôle de Raphaël, le cadet), Débirah François (dans le rôle de Fleur, la benjamine)...
Pitch : Le chien de la famille Ulysse, meurt le jour du départ de la maison de l'aîné des enfants, Albert, qui part vivre seul dans un studio sous les toîts prêté par le grand-père alors qu'il va faire ses études de médecine. C'est là qu'il rencontre Prune, celle qu'il épousera quelques années plus tard, alors qu'il sera devenu chirurgien plastique; celle dont il se séparera ensuite, devenu alors un médecin urgentiste... Multipliez ce parcours par cinq : un pour chacun des membre de cette famille française, et vous obtenez une démonstration sensible et pertinente de la logique d'une vie, déterminée par les grandes décisions, les rites initiatiques, et les évènements bouleversants qui la jalonnent.
Mon (humble) avis : Franchement excellent ! *****
La structure narrative, en cinq parties, qui correspondent à cinq journées importantes, cinq événements déterminants de la vie de chacun des cinq membres de la famille, ne découpe absolument pas l'histoire elle-même en cinq morceaux déconnectés les uns des autres. Le point de vue a beau changer à chaque fois, passant d'un personnage à l'autre, les liens tendus entre eux, font qu'ils sont tous au coeur de la vie de celui dont le changement de vie est expliqué. Une belle démonstration des liens inéluctables au sein d'une famille, chacun se construisant en fonction des autres, avec ou contre les autres, les enfants se détachant peu à peu ou brutalement de leurs ascendants, parfois douloureusement, difficilement. Les cinq jours choisis sont chronologiques mais le film ne l'est pas : il emprunte au retour en arrière et même à la fantaisie, les souvenirs générants parfois des actions au présent, et la logique de construction est plus argumentative que narrative, comme si chaque partie était une démonstration de la problématique de la vie de chaque personnage, sans pour autant négliger les transitions, ce qui donne à l'ensemble une vraie cohérence, une vraie fluidité, qui porte le spectateur pendant deux heures, sans qu'il ne s'en rende compte.
En fait d'un film sur la famille, ce sont toutes les étapes importantes de la vie d'un individu dans nos sociétés qui sont abordés, comme si le thème central était l'initiation : l'anniversaire oublié, la première fois d'une fille avec un garçon, la mort du chien, le départ du foyer du premier enfant, crise de la cinquantaine de la femme, crise du couple et tentation de l'adultère, reconnaissance et malentendu du père avec le fils, qui se reproduit de génération en génération,...etc... les enjeux sont autant psychologiques et mis en perspectives, que sociologiques et descriptif d'un état. Certains thèmes sont plus propres à la société française : le grand fléeau des années 80-90 ayant été la cigarette dont le père n'arrivera pas à se défaire. Rien n'est oublié, et l'enchaînement des tensions qui s'accumule se fait à un tel rythme, et de façon tellement évidente, que jamais le scénario ne tombe dans l'invraissemblance, sauf peut-être quand le grand-père meurt le jour du mariage du fils aîné... c'est peut-être un peu too much pour le même jour : une coïncidence tragique un peu pathétique.
Et puis la musique aide aussi : des anthologies du rock qui marquent la vie des parents comme des enfants, mais aussi quelques morceaux jazzy et de variété, habillements choisis pour ponctuer cet arc-en-ciel d'émotions intenses par lequel passent les cinq personnages, le tout fondu dans la musique originale du film composé par l'exquis Sinclair. Un régal, d'une harmonie rarement atteinte dans le cinéma français (sauf peut-être par -M- dans Ne le Dis à Personne, de Guillaume Cannet, 2006).
Les personnages sont basés sur des clichés, mais ils n'y restent pas collés, ils prennent du relief, du volume, de la personnalité, de la sensibilité, ce qui permet à tout un chacun de s'y reconnaître et d'être touché à la fois. Quant à la réalisation elle-même, avec des séquences accélérées, un montage visuellement impressionant, créant des liens, des parallèles et des transitions forts de sens, une caméra placée où il faut pour respecter l'idée des points de vue qui changent, mais sans jamais que le spectateur ne se sente exclu du coeur de l'événement. Les costumes, la direction photo se font le témoin de toute une époque, la génération new wave (la fin), puis grunge, et ainsi de suite... fin des années 80 jusqu'à 2000. Toute l'adolescence et la vie de jeune adultes des trentenaires d'aujourd'hui.
Le film nous concerne presque tous, puisqu'il s'adresse à la génération des parents soixantes-huitards, leurs parents encore un peu réacs, même quand ils connus la deuxième guerre mondiale et la résistance (le personnage du grand-père), et surtout leurs enfants, nés dans les années 70. Il ne fait pas l'économie de quelques repères historiques : les western de notre enfance à la télévision, l'affaire Clinton-Lewinsky et la tache de sperme sur la robe de Monica aux infos...
Ce film crie, pleure, rit, chante et murmure chaque cri, chaque larme, chaque rire, chaque mélodie, chaque secret de nos vies, de la naissance à la mort, en passant par les rencontres, la maladie, les crises de nos existences. Ce film touche quelque chose en nous, ce film touche une vérité. Et il peut sembler fou d'imaginer que son idée, son scénario, sa structure, son ambiance, son titre... tout puisse être né d'une chanson d'Etienne Daho, Le premier jour du reste de ta vie, qui ferme ce ballet de révolutions personnelles, au générique final.
A voir, si ce n'est pas déjà fait !
Voili, voilou.
Mes 100 films préférés : la liste !
Vendredi 3 avril 2009, en réponse à la demande d'une de mes plus fidèles lectrices :
"D'ailleurs si un jour tu as du temps, et tu ne sais pas quoi écrire sur ton blog (mmmh même si ça ne doit pas arriver souvent), penses à la liste de tes 100 films préférés, tu te souviens de ce défi lancé la dernière fois ?" (Caroline, par email, vendredi 3 avril 2009)
Oups ! J'avais complètement oublié. Alors c'est décidé, je commence la liste, et je la complèterai au fur et à mesure que des titres me viendront :
NB : les numéros d'ordre ne sont pas vraiment pour classer les films mais pour les comptabiliser. Ceci-dit, je vais les écrire comme ils me viennent, et sans doute mes films préférés préférés de chez préférés vont me venir en premier !
1- ? (celui que je n'ai pas encore fait)
2- Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Michel Gondry, 2004)
3- Magnolia (Paul Thomas Anderson, 1999)
4- 21 grammes (Alejandro Gonzales Inarritu, 2003)
5- Into the Wild (Sean Penn, 2007)
6- Fight Club (David Fincher, 1999)
7- Paris Texas (Wim Wenders, 1984)
8- Yellow Submarine (The Beatles, 1968)
9- Vertigo (Alfred Hitchcock, 1958)
10- La Science des rêves (Michel Gondry, 2006)
11- Traffic (Steven Soderbergh, 2000)
12- The Game (David Fincher, 1997)
13- Pulp Fiction (Quentin Tarantino, 1994)
14- Carnet de voyage (Walter Salles, 2003)
15- La Cité des Dieux (Kátia Lund et Fernando Meirelles, 2002)
16- Tigerland (Joel Schumacher, 2000)
17- Inland Empire (David Lynch, 2006)
18- Ouvre les yeux (Alejandro Amenabar, 1997)
19- Jacky Brown (Quentin Tarantino, 1998)
20- Bienvenue à Gattaca (Andrew Niccol, 1997)
21- The Truman Show (Peter Weir, 1998)
22- The Hours (Stephen Daldry, 2002)
23- Pride and Prejudice (Joe wright, 2005)
24- Orange Mécanique (Stanley Kubrick, 1971)
Wouf ! ça fait suer... je continuerai quand je serai plus inspirée... mais voilà un bon début qui devait vous occuper un bon petit mois si vous n'avez pas encore vu ces 23 films là !
Dimanche 12 avril 2009, la suite :
Comme me le rappelle si bien à propos mon amie Seng Chanh, il y a aussi :
25- Bound (frères Wachowski (ceux qui ont fait Matrix, mais avant qu'ils ne fassent Matrix, en 1996),
26- Dark City (Alex Proyas, 1998),
27- Gladiator (Ridley Scott, 2000)
28- Blade Runner (Ridley Scott, 1982)
29- True Romance (Tony Scott, 1993)
30- Inside Man (Spike Lee, 2006)
31- Les Nerfs à Vif (Martin Scorsese, 1991)
32- Les infiltrés (Martin Scorsese, 2006)
33- Aviator (Martin Scorsese, 2003)
34- Taxi Driver (Martin Scorsese, 1976)
35- Le Grand Saut (frères Coen, 1994)
36- Arizona Dream (Emir Kusturitza, 1993)
37- Brazil (Terry Gillian, 1985)
38- O'Brother (frères Coen, 2000)
39- Big Fish (Tim Burton, 2003)
Mardi 5 mai 2009, re-la suite !
Vu récemment :
40- Le premier jour du reste de ta vie (Rémi Bezançon, 2008)
Et qui m'a fait penser à (un bon film français en appelle d'autres...) :
41- Jeux d'Enfants (Yann Samuell, 2003)
42- Ne le dis à Personne (Guillaume Canet, 2006)
43- Irréversible (Gaspar Noe, 2002)
44- La Haine (Mathier Kassovitz, 1995)
45- Sur mes lèvres (Jacques Audiard, 2001)
46- Ceux qui m'aiment prendront le train (Patrice Chéreau, 1998)
47- Roman de Gare (Claude Lelouche, 2001)
48- Le Scaphandre et le Papillon (Jullian Schnabel, 2006)
49- Before night falls (Julian Schnabel, 2000)
50- Le Péril Jeune (Cédric Klapisch, 1995)
51- Peut-être (Cédric Klapisch, 1999)
52- Paris (Cédric Klapisch, 2008)
53- Chacun cherche son chat (Cédric Klapisch, 1996)
Voili, voilou.
(to be continued...)
jeudi 6 novembre 2008
Revoyez King Of The World !

REVOYEZ le film documentaire King Of The World (2007), de ma copine Ana Pitoun et deux de ses amis, un road movie dans l'ouest nord-américain où d'une rencontre à une autre avec des états-uniens de divers bords politiques, ils s'interrogent, ou plutot, interrogent les "rois du monde" sur ce qu'il pensent de l'hégémonie des Etats-Unis dans le Monde...
A VOIR ET A REVOIR !!!
Le MySpace de King Of the World, le film : http://www.myspace.com/kingsoftheworldlefilm
Le sous-titre du film c'est "Nous ne sommes pas ce que nous prétendons être...", et j'ajouterai qu'ils (les états-uniens, l'Autre en général) ne sont ni si différents de nous, ni tout à fait comme nous... ainsi va la diversité culturelle et la richesse humaine...
Et qui sommes-nous d'abord ? pour juger ? pour étiqueter "pire" ou "meilleur", "bien" ou "mal" ? Qui sommes nous, tout court ???
L'Autre n'est qu'un miroir du Soi. Acceptons de le regarder pour réfléchir sur Soi.
A suivre...
Voili, voilou.
samedi 6 septembre 2008
I had a dream... they made it !
Cette semaine j'ai vu un film, une comédie, et par dessus tout, états-unienne... pas un chef d'oeuvre quoi ! Rien de spécial à dire sur la réalisation : le genre, plutot proche de "American Pie". La musique pour ados, style skater. Les acteurs du même acabit.
Mais la thématique, le discours... excellent ! En fait, le héros, et plusieurs de ses amis, à la sortie du lycée, sont refusés dans toutes les facs, alors ils imaginent de faire croire à leurs parents qu'ils sont admis dans une université dont ils inventent le nom, et par laquelle ils se font envoyer une fausse lettre d'admission, avec procédures d'inscription, de paiement, et tout et tout. Ils crèent même un site internet pour que les parents puissent voir le lieu oú leurs enfants vont étudier. Mais voilà que le père du héros veut rendre visite au directeur. C'est l'oncle d'un de ses amis qui se prête au jeu, pour jouer le rôle du directeur. Ils squattent, nettoie et réhabilitent en partie un viel hopital psychiatrique abandonné pour vivre, et surtout, fabriquer un décors de campus où ils reçoivent les parents avec toute une ribambelle d'étudiants-figurants pour faire croire à leur illusion. Tout fonctionne, sauf que sur le site internet, des dizaines d'autres "refusés" croient aussi en cette université de leur dernière chance, et s'inscrivent : en effet, le site est tellement bien fait que les jeunes ont négligé ce détail... c'est le bug total. 300 étudiants débarquent dans leur fausse fac : que faire ? Leur dire que tout ceci est faux et qu'en fait ils n'ont aucun avenir universitaire ?
Le héros, face à tous, n'a pas le courage des avoeux, et se lance à l'aveugle dans une expérience qui peu à peu se transforme en une gigantesque communauté où chacun fait se qu'il veut, choisit ses cours, oú chaque étudiant est un prof... dans un vaste délire d'auto-apprentissage, et d'échange de compétences, d'édonisme à la limite du nihilisme, avec pour seul référent (mais qui en réalité ne sont ni des chefs, ni des profs, ni des directeurs, et pas même des éducateurs au sens où on l'entend) : le héros, qui devient une espèce d'icone de la communauté, mais gère tout sur le mode de la répartition des tâches, des responsabilités, et du respect de la liberté de chacun, et l'oncle-acteur-faux directeur, qui se révèle être un ancien prof de fac, idéaliste, exclu par le système, qui aurait écrit un livre révolutionnairement hippie dans les années 60 avant de sombrer dans l'alcool, et qui sert ses discours de révolutionnaire pragmatique à qui veut les entendre.
La commuanuté arrive à s'autogérer et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si l'université voisine, université à l'américaine (confrérie, bizhutage, humiliations des étudiants, cours vides de contenus,...) ne se posait pas en concurante, jalouse du succès de cette fac-imposteur... et ne dénonçait pas la dite imposture aux autorités compétentes pour la faire fermer. Je ne vous en dit pas plus, parce que le film vaut vraiment la peine d'être vue, mais moi, franchement, cela m'a donné des idée pour l'école que j'ai prévue de créer un de ces quatre matins (l'idée est dans un coin de ma tête depuis quelques années, et elle va bien finir par germer...).
Voili, voilou.
Adaptation : vive la folie !
Je vois des films aussi. Des bons et des moins bons. Un génial, de Spike Jonze (celui qui a fait Dans la Peau de John Malkovitch) : ça s'appelle Adaptation (en anglais), ou Le Voleur d'Orchidées, avec Meryl Streep et Nicolas Cage. Le scénario est incroyable, la narration est très originale : le scénariste s'est inclus lui-même dans le scénario et le récit de son processus d'écriture alterne avec le contenu des scènes qu'il écrit pour adapter un roman à l'écran, d'où le titre original. Et le thème central de la difficulté d'un écrivain à écrire, et encore plus, à adapter le livre d'un autre, m'a énormément plu. Et les personnages sont fous. L'écrivain a un frère jumeau qui est aussi scénariste : il dialogue souvent avec lui. Et ce frère jumeau est en fait une invention… de son esprit fou lorsqu'il écrivait et se perdait dans sa douleur d'écrire, ou juste de son imagination pour agrémenter le film d'un autre élément qui brouille les frontières entre la fiction et la réalité ? Le plus fou c'est que ce frère jumeau écrivain fictif a aussi été candidat aux oscars pour un film lui aussi fictif… Je n'en dis pas plus. Il faut que vous le voyez.
