vendredi 11 décembre 2009
Que d'émotions...
Après le fameux dimanche où les colibris m'ont mangé dans la main, je n'ai pas cessé d'accumuler les aventures inoubliables. D'abord, lundi matin, je suis allée chez Guillaume (ex-coloc de l'année 2007-08, prof de maths au lycée français, resté en Colombie après avoir quitté le lycée, vit dans une maison en guadua sur une colline un peu isolée, sur le point de repartir en France). Cela faisait des mois qu'il me parlait d'un endroit qu'il avait découvert pas loin de chez lui : un bulle de verdure et de lumière dans un ravin où coule un ruisseau en contrebas de la colline où il habite, un endroit difficile d'accès, où il s'est rendu au hasard, ouvrant un chemin à la machette, pour dévaler la pente abrupte, puis au fond du ravin très étroit... Sachant qu'il repartait, et que nous ne savons pas quand nous nous reverrons, il a renouvelé son invitation à aller explorer cet endroit qu'il voulait me montrer, et j'ai fini par accepter, et surtout me décider à y aller (car j'avais déjà accepté). Je suis donc montée chez lui bien équipée et avec de quoi déjeuner après notre expédition. Et cela a été tout simplement géantissime, indescriptible. J'ai bien essayé de prendre des photos de la pente abrupte que nous avons dévalé tranquillement sur les fesses, nous agrippant à l'herbe, aux quelques arbustes, aux racines et bananiers pas très bien implantés... mais cela ne rend pas les sensations de cette descende vertigineuse dans cette végétation dense et chaotique. Et une fois en bas, on découvre un petit couloir, dans lequel coule un petit ruisseau, jonché d'arbres, de troncs, de plantes, de racines... eux mêmes peuplés d'araignées, de champignons, de mousses, de lychens... couvert d'un toît de guadua, laissant passer des couloirs de lumière... Alors nous nous sommes assis là, moi sur un rocher, lui sur un tronc de guadua... et quand nous en avons eu assez de contempler le silence délicieux qui s'imposait, nous avons discuter, de nos sensations, de nos impressions, de notre perception, de la vie. Cela a été un moment aboslument divin, hors du temps, et cet endroit restera à jamais gravé dans ma mémoire.
L'après-midi, après m'être décrottée (car nous sommes remontés de sa bulle couverts de boue, je suis remontée personnellement à genoux, en plantant la pointe de mes chaussures et les doigts dans la boue pour m'agripper à la pente presque parallèle à mon corps, presque vertical...), je me suis embarquée dans un bus avec Céline, Natalia et Jonattan à destination de Quimbaya, dans le Quindio, LA ville à voir le jour de l'Alumbrado (paraîtrait-il le plus bel alumbrado de "faroles" (lampions de carton et de papier vitrail coloré), de la région, voire de Colombie). Ceci dit, les deux années précédentes, j'avais passé l'alumbrado aussi à Quimbaya, et les deux fois il avait plu, et les deux fois j'avais été déçue. Cette fois, une fois n'est pas coutume, il a fait beau (primo), secondo j'ai pris quelques photos, tertio il y avait un monde incroyable, et quarto nous ne sommes pas rentrés le soir même à Pereira, ce qui est toute une aventure car généralement tout le monde s'en va en même temps et les derniers bus aussi et cela provoque des embouteillages monstres à la sortie de la ville. Là nous avons passé une bonne partie de la soirée à boire des cafés puis des bières dans le café de la tante de Natalia, qui nous a ensuite hébergé chez elle pour la nuit à Armenia. Cela a été une soirée de lumières, jolie et sympathique, mais rien d'exceptionnel : tous les faroles étaient sur le thème de l'environnement et il n'y en avait pas qui soit vraiment très originaux... En tout cas rien qui nous laisse présumer de la journée suivante que nous allions vivre.
Le lendemain, mardi, en effet, nous sommes repartis de chez la tante de Natalia en bus vers midi, pour nous rendre dans un endroit appellé Oceano, à mi chemin entre Armenia et Pereira, près d'un village nommé Filandia. Cet endroit, un ami m'en avait déjpà parlé, et m'avait proposé de m'y emmené. Il me l'avait décrit comme un lieu de méditation, qui propose des ateliers (yoga, taï chi, reiki, etc...), lequel endroit avait été créé par son oncle (cet ami est le cousin de Natalia, et cet oncle est aussi celui de Natalia). Nous sommes arrivés à l'heure du déjeuner : on nous a offert gratuitement un repas végétarien délicieux. Nous avons fait chacun notre vaisselle (ainsi fonctionne la communauté). Puis les autres personnes présentes sont allées à leurs activités (un atelier de "bougies" et nous, nous sommes allés découvrir le sentier de l'Alchimiste. Déjà, pour comprendre ce qu'est l'Oceano, il faut imaginer un lieu, au milieu de la nature, comme un petit village, autour d'un immense carbet de guadua, constitué d'une série de cabanes de guadua qui servent de logement, de bibliothèque, de cuisine, de salle de bain,... et autour des jardins, et surtout une forêt, avec un ravin, un ruisseau, et un sentier qui permet d'explorer tout cela. Mais avant d'entrer dans la forêt, il faut traverser le jardin, et le jardin est organisé en un itinéraire en zig-zag ponctués de 20 pancartes, présentant un chemin initiatique spirituel. Et ces 20 pancartes, après les avoir lues, on les retrouve dans le même ordre, au fil du parcours dans la forêt, dont la configuration (montée, descente, traversée du pont, grotte, passage souterrain, bassin sur le ruisseau...) correspondent exactement au chemin initiatique décrit par les pancartes. Au point oú il y a un passage difficile, et qu'on se retrouve à douter : est-ce que c'est bien par là ? ce n'est plus tellement une promenade... est-ce que je ne vais pas glisser et me blesser au fond du ravin ? est-ce que j'en suis capable ???... Une expérience tout simplement impressionante, puissante, transcendante, un lieu magique et magnifique.
Alors après toutes ces aventures, le retour à la réalité est difficile. Nous avons repris le bus sur la via Armenia, sommes retournés à Pereira, et voilà...
Le soir, j'ai invité Natalia et Jonattan à manger des crèpes à la maison. Jonattan a ouvert le coffre de ma chaîne Hi-Fi et a nettoyé la lentille laser du lecteur CD. Puis ils sont reparti chez eux.
Mercredi, jeudi... la routine. Quelques cours qui raaportent gros, mais surtout l'attente, et encore de fortes émotions : gros gros stress lié à la perspective de retrouvailles très attendues et qui se font encore attendre... les doutes, les incertitudes. Pas facile á gérer. Est-il déjà à Pereira ? Pourquoi ne m'appelle-t-il pas ? Grosse bouffée de stress jeudi que j'ai calmé en me plongeant dans la piscine vers midi avec Céline. Je n'ai nagé qu'un kilomètre mais ça m'a rafraîchi. Et puis j'ai été plus tranquille dans l'après-midi quand j'ai enfin osé téléphoner au principal intéressé et qu'il m'a confirmé qu'il n'était pas encore à Pereira. Aujourd'hui peut-être. Moi je pars dimanche pour Bogota. Mardi pour la Guadeloupe. Une grosse après-midi de cours m'attend. Je vais y aller d'ailleurs...
Je me demande pourquoi j'ai toujours aussi peur à l'approche du départ de Colombie... pourquoi cela me met une boule dans le ventre... pòurquoi je suis aussi stressée à l'idée de quitter ce pays... pourquoi j'ai peur de ne pas pouvoir y revenir, alors que je sais que si c'est ce que je veux, cela sera...
Il se passe quelque chose qui m'échappe... Même quitter la Guadeloupe cela ne me procure jamais ce genre de sensations.
Voili, voilou.
lundi 7 décembre 2009
Les colibris me mangent dans la main...
Oh oui ! Je n'aime pas... j'adore les randonnées d'observation ornithologiques, même si on doit partir très tôt le matin. On marche tranquillement, on fait des photos, on écoute, on cherche du regard dans les branchages des êtres multicolores qui toujours se dérobent à nos yeux... on écoute, on touche, on respire, on prend le temps... et le temps passe sans qu'on s'en aperçoive... on déconnecte, on s'extirpe de l'espace-temps... on retrouve notre rythme profond et intrinsèque, l'essentiel. Hier, dimanche, pour ma deuxième sortie d'observation ornithologique (la première c'était le samedi de la semaine dernière au jardin Botanique de l'Université Technologique de Pereira, avec des profs et des élèves du lycée français), nous sommes allées Céline et moi, accompagnée de Monsieur Peña, un passionné d'oiseaux et de photos, au lieu dit "La Suisse", jusqu'à la cascade Los Frailes. Départ pour Céline, Annouck et moi (Annouck est une prof de primaire qui est arrivée cette année), du terminal de chivas à 6h pour la Florida, puis la Florida/La suiza à pied. En chemin M. Peña nous rejoint en voiture accompagné de sa femme et la tante de sa femme.
Puis nous prenons 4h aller/retour pour faire une marche qui normalement aller/retour ne dure pas plus d'1h. Nous n'avons pas vu énormément d'oiseaux, car il a fait rapidement trop beau et chaud pour qu'ils sortent en nombre, mais nous en avons vu quelques uns magnifiques. Alors, personnellement, je ne serai jamais de ceux qui les reconnaissent et connaissent leurs noms vulgaires et scientifiques dans quatorze langues, mais je me laisse transporter avec délice par leurs chants, mais aussi par toutes les autres mélodies, toutes les autres couleurs, toutes les autres sensations de la Nature. La cascade Los Frailes en plus est de toute beauté, et après la marche, rien de tel que de se laisser rafraîchir par les embruns de l'eau qui se jette du haut des 68 mètres de la montagne. Je ne me suis pas baignée à la cascade parce qu'il y avait à peine 30 cm de profondeur et un vent glacial à cause de la paroi très haute... mais au retour, je n'ai pas pu résister de me tremper dans l'eau froide de la rivière que cette même cascade alimente.
A 13h nous étions en voiture (une dans le coffre, à tour de rôle, car nous étions six pour cinq places dans un break), et redescendions vers la civilisation. Une halte sur la route pour déjeuner dans un resto familial très amusant : tout en bois, avec vue sur la vallée, et au sol jonché de copeaux de bois. Puis M. Peña (William) nous a emmené chez lui, voir et photographier les colibris, car derrière sa maison il a installé une dizaine de mangeoire qui distribuent de l'eau sucrée, et après les avoir regardé, appris à reconnaître le mâle et la femelle des cinq espèces qui viennent à cet endroit là, et bien d'autres oiseaux du quartier (pourtant résidentiel), il a proposé à Céline et moi de mettre une mangeoire dans notre main pour voir venir les colibris y manger. Impressionnant : le vent produit par le vol des colibris qui s'approchent par à coup de nos mains et donc de notre visage... le bourdonnement de leur vol, le contact avec leurs pattes sur la paume des mains quand ils se posent pour boire l'eau sucrée... Un souvenir inoubliable. Cela a été difficile de partir, mais vers 18h nous nous sommes décidées.
Céline et moi avons pris le bus à Combia pour Pereira. Quand William nous a déposé à l'intersection d'oú ils partent, il y en avait un qui prenait le départ, alors nous avons couru pour monter dedans (oui, j'ai couru, au moins 150 mètres, voire plus... même pas fatiguée, une vraie surprise pour moi), sans regarder où il allait, pensant qu'ils allaient tous à Pereira, et voilà que le bus nous a fait faire une visite "touristique" de tous les quartiers rives droite de Pereira : des endroits que je ne connaissait pas, relativement pauvres, avec des "alumbrados" (mise en lumière des maisons pour Noël) tous plus magnifiques les uns que les autres... Au bout d'un moment, le bus a fini par arriver à un endroit que nous connaissions : l'entrée de Dos Quebradas, de l'autre côté du Viaduc (fierté de la ville de Pereira, qui est actuellement tout en lumière pour Noël), alors nous sommes descendues là, nous nous sommes fait une petite séance photo de nuit du Viaduc, puis nous l'avons traversé à pied, sommes descendues faire quelques courses au supermarché en contre-bas, et sommes enfin rentrées chacune chez nous, pour ma part en taxi.
Ce fût une journée très riche : se lever très tôt un dimanche matin et partir sans réveiller les colocs (un vrai défi parce que les portes chez nous ne ferment pas, elles claquent ! quelque soit la délicatesse dont on fait preuve), la marche, les oiseaux de toutes les couleurs, les photos, la cascade, le déjeuner dans le resto de copeaux de bois, le trajet en voiture dans le coffre, les colibris qui viennent me manger dans la main, le bus qui nous perd dans les quartiers pauvres, les photos avec un appareil à 600€ (pour moi, plus pour Céline) dans un quartier tout aussi pauvre, la traversée du Viaduc à pied... Wuf ! Que d'émotions !!!
Voili, voilou.
jeudi 3 décembre 2009
La tête comme une pastèque...
La pression monte dans la cocotte minute. Je vais bien, tout va bien (comme dirait Danny Boon), mais je me sens comme anesthésiée par le stress... Enfin, je dirais plutôt le trac.
Je cours tellement à droite et à gauche, entre mes cours, des traductions que je fais pour avoir plus de sous (si je veux aller me balader à droite et à gauche les longs week-end comme celui qui vient... c'est un peu ric-rac), la piscine, les courses (fini le riz et les pains au lait du boulanger en face : j'ai enfin fait de vraies courses pour me nourrir normalement), la cuisine pour les "fêtes à la maison", et surtout, les mille et une démarches pour ma demande de visa afin de trouver des infos, les recouper, les comprendre, me procurer les documents adéquats, les faire traduire officiellement (je pourrai le faire moi-même...), les faire apostiller, oú, quand, comment, combien, avec ou sans rendez-vous... et la demande de visa ? je la dépose oú ? Au Ministère des Relations extérieures à Bogotá ? Ou dans un consulat à l'étranger, et auquel cas il faut que j'envisage une halte à Miami sur le chemin du retour de Guadeloupe en janvier prochain ? Je deviens folle.
Hier soir, pleine lune, gros bug. Je voyais un ami, qui lui aussi a ses préoccupations, ses démarches à faire, ses projets (ou pas), et là, j'étais plus capable de rien, comme diraient les québécois. Pas capable. Je me suis sentie absente, éteinte... je l'écoutais, et réagissais en décalage, ou pas comme j'aurai voulu, alors que j'aurai aimé être là pour lui, pour le soutenir, l'aider. Bref, je suis rentrée chez moi, je me suis couchée, et j'ai essayé de me détendre. Il n'y a pas de problème, que des solutions. J'en ai mis en oeuvre quelques uns ce matin, pour progresser sur le front, mais là, je sens qu'il va me falloir des vacances. Et pas des vacances comme celles qui arrivent : trois semaines en Guadeloupe à jouer les guides pour les deux amis que j'y emmène. Non.
Des vrais vacances : non pas à ne rien foutre (et à tourner en rond comme les presque cinq mois passés en Guadeloupe entre juillet et novembre), mais à m'occuper de ce dont j'ai envie : mon projet d'expo avec Céline, les quatre contes qu'il me reste à écrire pour le projet de méthode d'initiation à la grammaire par la lecture,... prendre le temps, aller nager plus souvent, sortir à la ville pour marcher... bref, souffler, retrouver un rythme naturel, doux, simple... parce que en ce moment, il est plutôt frénétique. Et du coup, j'appréhende des choses qui me semblait simple, agréables, porteuses d'ouverture, d'espoir, évidente... Comme aller à Medellin ce week-end voir un ami. Comme obtenir ce p*****n de visa "temporal especial para oficios o actividades de cáracter independiente". Comme repartir en Guadeloupe quelques semaines à Noël, par plaisir (accompagner des amis avec qui je veux partager mon intérêt pour mon île natale), et aussi par nécessité (les vacances de Noël c'est saison morte pour moi comme prof de français, et puis de toute façon je n'ai qu'un visa de tourisme pour l'instant, il faut absolument que j'obtienne un visa de travail pour rester et vivre ici légalement).
Partir. Pourquoi est-ce que j'ai aussi peur à chaque fois de quitter la Colombie ? Pourquoi est-ce que j'ai si peur de ne pas pouvoir y revenir ? Pourquoi est-ce que cela me fait si mal, rien qu'à l'idée de partir... même si c'est juste pour un mois ???
Bref. La pression monte et je sens que la cocotte minute va exploser. Vivement que je sois soulagée du doute qui subsiste quant à la possibilité de pouvoir vivre libre ici en Colombie. Vivement que j'ai mon chez moi, ma ferme dans les bois, que je m'y retire, pour y vivre tranquillement, loin du tumulte et de l'agitation de la ville, cette ville où les gens courent pour rien dans tous les sens, et où moi-même je me retrouve à courir, pour survivre. Vivement que je passe à la phase "action directe" de mon plan révolutionnaire pour "vivre libre"... parce que déjà, "ça tourne"...
Enfin. Ceci dit, tous les signes sont favorables, les rencontres sont enrichissantes, les idées grandissent, germent, commencent à sortir de terre, les choses se précise, l'action se met en route... pour le mieux, dans le meilleur des mondes.
Voili, voilou.
lundi 30 novembre 2009
Et une semaine de plus !
Les semaines se suivent... et ne se ressemblent pas.
Cette semaine a été marquée par la grippe, tropicale : maux de tête, courbatures, en plus du nez qui coule tout le temps, bouché la nuit, vous obligeant à respirer par la bouche, ce qui vous dessèche le fond de la gorge, et je vous passe les détails digestifs. Mais cela ne m'a pas empêcher d'aller nager deux kilomètres jeudi à la piscine dont l'eau très fraîche le matin avec Céline... ni même de faire toutes les démarches que j'avais à faire, et encore moins d'assurer mes quelques cours particuliers à domicile.
Oui, les affaires reprennent, mais vraiment tout doucement. En semaine j'ai un ou deux cours par jour, le vendredi l'après-midi est presque complète, et les week-end sont encore complètement libres : samedi ET dimanche. Total, 8 élèves différents, 11h de cours, 285.000 pesos par semaine... C'est pas la panacée !
Alors, je vivotte... je n'ai pas encore fait les courses une seule fois. Enfin, non, j'achète des petits pains à la boulangerie en face de la maison, et un week-end j'avais acheté un gros sac de riz que je n'ai pas encore fini. Alors mon alimentation se résume à des petits déjeuners, à toute heure de la journée : pain trempé dans du thé; et de temps en temps du riz avec les restes qui traînent au fond du frigo.
Ceci dit, cette semaine, je vais toucher mes allocations chômage, et je vais enfin pouvoir : rembourser mes dettes (à Nicolas et Virginie surtout), payer mes loyers en retard, participer enfin à la vie de la communauté (factures, courses, etc...), et avancer plus vite dans mes démarches de demande de visa.
Car en effet, cela a été ma principale activité la semaine dernière : lutter sur le front de ma demande de "visa temporal especial para oficios o actividades de caracter independientes". J'avais écrit une lettre le samedi d'avant, je l'ai faite relire par des amis : elle est maintenant formulée et présentée à la colombienne. Une amie, Natalia (la joaillière) m'a donné les coordonnées d'une femme qui travaille dans les consulats colombiens et qui m'a donné des conseils et des informations, très gentillement. J'ai appelé le Ministère des Relations Extérieures à Bogota et j'ai obtenu des réponses à la plupart de mes questions. J'ai laissé quelques documents à l'Alliance Française pour qu'ils en fassent la traduction officielle en espagnol (deux diplômes et l'attestation de travail du lycée français, qui est aussi une lettre de recommandation fort élogieuse) : 135.000 pesos (45€). Ensuite il faudra que je fasse apostiller les documents par le Ministère des R.E. : 45.000 pesos (15€). Ce que je ferai quand je passerai sur Bogota dans quinze jours avant de prendre l'avion pour la Guadeloupe où je vais passer les vacances de Noël et de Nouvel An avec Céline et Nicolas. Je dois aussi faire des photos d'identité, et des photocopies de mon passeport, mais a priori, avec toutes ces pièces, mon dossier sera complet et recevable. Il se peut que j'y ajoute une lettre de recommandation du directeur de l'Alliance Française, et je pense recueillir les signatures des parents de mes élèves qui souhaitent que je puisse donner des cours particuliers à leurs enfants, en toute légalité. Le seul hic, c'est que la demande de visa en elle-même, déposer le dossier et attendre la réponde, ne peut se faire que dans un consulat à l'étranger, quand c'est la première demande. Alors il a fallut que j'imagine un stratagème. Le plus simple je crois, ce sera de faire une halte d'une semaine à Miami quand je reviendrai de Guadeloupe en janvier. Car le délais au consulat de Colombie à Miami pour l'obtention d'un visa est de quatre ou cinq jours ouvrés. Le prix par contre, c'est le même partout et que celui de travail comme employé : 205$US, soir 137€ environ. Au total, cela fait presque 200€ de frais, sans compter l'aller/retour dans un consulat de Colombie à l'étranger... J'espère qu'ils vont m'accorder ce visa pour au moins deux ans. Ceci dit, ensuite, je pourrai faire la demande de renouvellement auprès du Ministère des R.E: à Bogota. Croisons des doigts pour que cela fonctionne !!!
A part ça, avec Céline, on s'est enfin décidée et organisée pour monter une expo de nos photos. Finalement je ne vais pas cuisiner pour 300 personnes pour la fête de fin d'année de l'Alliance Française (mon menu était trop coûteux), mais je n'abandonne pas l'idée de cuisiner un jour pour des groupes, des événements, faire traiteur occasionnel ou table d'hôte sur réservation. Par contre j'ai trouvé un petit boulot de traduction espagnol/français pour une agence de tourisme qui veut publier son site en plusieurs langues et s'adresse essentiellement aux touristes européens. Payé cette fois ! (j'avais déjà fait un travail de traduction en juin dernier pour l'office du tourisme de Pereira et de l'Eje Cafetero, mais c'était bénévole et pour une vidéo dont je devais enregistrer la voix en français, et cela ne s'est jamais fait) Je pense à publier un blog ou un site pour présenter toutes mes activités : cours, traduction, cuisine... histoire de faire un peu de pub.
Pour finir la semaine, j'ai l'espace d'un instant l'espoir de pouvoir partir en vadrouille à Medellin pour le week-end, mais l'ami que je voulais aller y voir est en pleine période de partiels... alors cela attendra le week-end suivant. Finalement, samedi matin très tôt, je suis allée oberver les oiseaux avec un groupe d'élèves et de profs du lycée français au Jardin Botanique de l'Université Technologique de Pereira (un bout de forêt préservé au milieu de la ville parce que inconstructible à cause du dénivelé des collines et d'une rivière qui y coule, et où on ne rentre que sur réservation pour des visites guidées). Puis avec Céline tout l'après-midi on a établit notre stratégie pour monter notre expo. Et le dimanche, nous voulions monter au sommet de l'Alto del Nudo (une colline qui surplombe Pereira), mais au moment de partir, nous l'avons vu couvert de nuages, alors nous sommes allés au sud, à Cerritos, une zone à la sortie de la ville dans la direction de Cartago et Cali, où il y a plein de petites collines, et un carrefour aménagé avec des boutiques de vendeurs d'ananas (fruit entiers, fruits découpés dans des timbales prêts à être consommés, jus d'ananas, alcool d'ananas, etc. ...). Evidement, nous avons mangé... de l'ananas, puis nous sommes montés sur une colline qui visiblement est le rendez-vous des promeneurs, malgré les barbelés qui ferment le terrain, car nous y étions pas moins d'une vingtaine (couples, familles, jeunes venus fumer de l'herbe...). Nous sommes restées là-haut, à faire des photos, discuter, regarder le soleil se coucher, puis nous sommes rentrées chez nous, tranquillou.
Voili, voilou. Encore une semaine super fructueuse, en démarches, en projets, en rencontres, en festivités...
jeudi 12 novembre 2009
Une prophète est née.
Aujourd'hui je suis devenue prophète en mon pays. J'avais dit : "Soon, en un aguacero de loco con Miguelito mio, in the rain with Mister Rain... ♥" (message publié sur le mur facebook de mon Miguelito il y a quelques jours...) Et aujourd'hui la prophétie s'est réalisée. Alors que nous venions de festoyer nos retrouvailles au pied d'un arbre dans le parc en face de mon immeuble, buvant des bières, grignotant des chips, nous racontant nos vies, nos rêves, le soleil disparaissant dans les nuages et derrière les montagnes, mon Miguelito mio et moi fument chassés de notre jardin d'Eden par les premières grosses goutes d'un aguacero de loco, nous poussant à rejoindre l'avenue toute proche, armés de parapluies bien inefficaces, pour nous protéger du déluge... c'est trempés jusqu'à la moelle que, quelques chansons plus tard, nous rejoignîmes l'avenue où après un bon quart d'heure de bras tendus en vain pour arrêter les bus, Mister Rain réussit enfin à monter dans celui qui devait le ramener tout mouillé dans son foyer douillet. Je l'avais écrit sur son mur quelques jours plus tôt, et c'est arrivé, pour notre plus grand bonheur ! I love you Mister Rain, under the rain.
Voili, voilou.
Arrivée à Pereira.
J'informe ceux qui
avaient mes numéros de téléphone en Colombie que plus aucun n'est
valable : le Tigo est périmé (j'ai laissé passer les quatre mois de délais pour le recharger), et le Comcel m'a été volé dans le bus à
mon arrivée à Pereira. FUCK Flotta Magdalena : je suis sûre que c'est
les gars du bus qui l'ont gardé quand ils l'ont trouvé car ils l'ont éteint, technique classique...!!!, en supposant qu'il ait glissé de ma poche, comme cela arrive souvent... Ou peut-être était-ce le mec chelou à côté de moi qui a profité de la seule demi-heure où j'ai dormi sur la fin pour me le voler... en effet, j'ai résisté au sommeil du mieux que j'ai pu (j'avais dans mon sac avec moi deux appareils photos réflex, ma flûte traversière, mes deux disques durs externes, mon Ipod, mes diplômes, tous mes papiers...) et le bus a été ralenti par un embouteillage nocturne sans doute lié à un dérumbe sur la route entre Ibague et Pereira, alors il s'arrêtait et redémarrait toutes les quinze minutes... Conclusion, j'ai perdu tout mon répertoire téléphonique, et je ne suis pas joignable
! Il y a bien mon email, MSN et Facebook pour me joindre, mais comme je
n'ai pas d'ordi... je ne risque pas de me connecter beaucoup. Quelques
uns ont la chance d'avoir mon numéro de téléphone fixe : ils peuvent
essayer, peut-être que je serai à la maison ! Précision : je ne pense
pas me racheter de puce de téléphone portable... j'y réfléchie... on
verra...
Sinon eh bien mes 24 heures express à Bogota m'ont quand même permis de voir trois amis avec qui j'ai passé de très bons moments... et à mon arrivée à Pereira à 6h du matin il faisait 17°C, juste ce qu'il me fallait !
Voili, voilou.
samedi 10 octobre 2009
Bulletin de météo de mon humeur.

Je reste en suspend : soleil, mer, rivière, volcan, forêt
tropicale, et tous ces gens autour de moi qui me sont si étrangers...
je contemple douloureusement le temps qui passe, en attendant de
reprendre le train de ma vie en marche (dans la hâte de mon prochain
retour en Colombie, dans une quinzaine de jours), je profite des
subsides que l'état français réserve aux désintégrés comme moi, je me
laisse bercer par les alizés allongée dans le hamac sur la galerie, la
tête dans les étoiles,... j'inspire, et absorbe en un instant, le
souffle divin venu de l'horizon, j'en gonfle mes poumons, et
m'abandonne aux délices et la chaleur des souvenirs, tendrement mêlés
aux espoirs... une étoile filante passe, et la distance de l'espace et
du temps qui nous sépare, me semble d'un seul coup, dérisoire...
Voili, voilou.
lundi 20 juillet 2009
En mode "vacances".
Bon, je ne vous ai pas raconté grand chose ces derniers temps, mais sachez qu'en dehors de quelques difficultés d'acclimatation culturelle et affective, tout va bien. Le voyage s'est bien passé : Miami, le passage de la douane, en correspondance, ça a été la galère, mais je suis arrivée entière et presque à l'heure, avec dans mon sac à dos, les quelques feuilles de coca que j'y avait mise (les chiens anti-stup, ils flairent la cocaïne, pas les feuilles de coca...).
Dès mon arrivée, je me suis inscrite au chômage par internet. Une semaine plus tard j'ai reçu une invitation à finaliser mon inscription dans les bureau des Assedics. Soit disant tout à été réuni sous l'appellation Pôle Emploi, mais dans le fond, le fonctionnement n'a pas changé. Après examen de mes droits (mon absence du territoire français pendant deux ans), la gentille dame m'a trouvé un reliquat d'allocation de retour à l'emploi, qu'elle a généreusement réactivé. Conclusion je peux percevoir entre 815 et 840 € net de chômage par mois pendant un an si je satisfais à toutes les exigences du docile chercheur d'emploi... Y'a tout un livret qui explique comment ça fonctionne maintenant, que je n'ai pas encore lu, mais ce n'est que mercredi (après-demain) que j'ai mon premier entretien à l'ANPE pour définir mon Projet Personnalisé de Retour à l'Emploi. Enfin.
Ces ressources inattendues (je pensais devoir pointer au RMI, si tant est que cela existe encore) vont me permettre de me retourner, et je dirais même plus, de retourner plus tôt que prévu, en Colombie.
A part ça, les journées se suivent toutes identiques, ou presque. A part une excursion à Pointe-à-Pitre pour déjeuner à midi avec Julie ma soeur, Nelly et Elisabeth, quelques amies, et Patrick, mon chauffeur attitré de frère. A part un samedi après-midi à la plage avec Julie et Clément, un ami à elle. A part un déjeuner en famille un dimanche (des cousins, germains et pas germains, des petits-cousins, arrières-cousins, oncles et tantes...). A part l'anniversaire le lendemain de ma cousine Laurence, suivi d'une nuit blanche à boire et à discuter, avec les quelques survivants (Laurence, Christian un cousin, Patrick, Julie et moi). A part une journée tranquille passée avec Sylvia, une amie, venue ici à Vieux-Fort, déjeuner et se baigner avec moi.
A part ces quelques journées festives et amicales, il y a eu deux journées peinture des murs chez une tante qui a séparé sa maison en deux apparts pour en louer une partie : je me suis spécialisée dans la lazure, vive le bois ! Et puis rien : pas mal de journées à ne rien faire. Internet, télé, siestes prolongées,...
Ou juste le quotidien : laver la vaisselle, ranger la vaisselle, mettre le linge à laver, étendre le linge, ramasser le linge, plier le linge,... Et même un samedi de grand ménage avec maman : elle fait le grand tri et je passe la serpillère derrière elle. Et ce même samedi, un atelier fabrication de sorbet au coco traditionnel sous la direction du chef Philippe-papa : Patrick retire la parche des cocos secs (le plus chiant), papa les casse, Patrick et moi on les épluche (la cosse la moins épaisse), puis Papa et moi on passe tout à la centrifugeuse, puis on mouille d'eau bouillante le coco rappé sorti de la centrifugeuse. Total presque 4,5 litres de lait de coco, avec zeste de citron, noix de muscade, essence de vanille, lait concentré sucré et lait condensé... la mixture idéale pour la sorbetière le lendemain.
Ah oui, il y a eu quand même quelques parcours sportifs, de natation, entre l'Anse Dupuis, le Phare et la pointe Mazarin : environ 1,600 kms, parcours que je pense rallonger, c'est que c'est franchement pas difficile.
Bref, voilà. Les premières semaines ont été très dures : la Colombie me manque beaucoup. Je n'arrête pas de me demander pourquoi je suis partie. Et puis quand je me rappelle les raisons (le visa expiré, l'envie de faire le point sur moi-même, mes projets, le besoin de me ressourcer, retrouver mes repères, me plonger dans la Mer Caraïbe, trouver le réconfort de la famille...), je me dis que j'ai bien fait pour venir, ne serait-ce que pour me rendre compte qu'un certain nombre des éléments de cette liste étaient des illusions complètes. Et puis je me rends compte aussi que j'ai beaucoup changé, dans ma façon de m'exprimer, de réagir aux situations, aux relations sociales et amicales, dans ma façon de penser, de construire ma réflexion. Je ne supporte plus un certain nombre de composantes de la culture française et guadeloupéenne : les gens qui se plaignent, qui ne sont jamais contents, qui critiquent sans rien proposer, et n'acceptent pas la contradiction, ne savent pas discuter sans se sentir agressé par une idée contraire à la leur, qui parlent des heures et n'agissent pas en accord avec leurs belles paroles, qui jugent les autres et ne se remettent pas en question l'ombre d'un instant, ceux qui se moquent facilement, pleins d'ironie et de sarcasmes, mais ne supportent pas qu'on leur renvoie la pareille, susceptibles comme des poux... bon, tout ça, c'est pas une spécificité culturelle locale, mais je ne sais pas pourquoi, je ne le vivais pas à ce point en Colombie, et ici, grrrrrrr.... ça m'énerve ! Cela me fait l'effet d'une régression, quand j'ai l'impression d'avoir abandonné en deux ans, quelques uns de ces comportements que je retrouve ici, exacerbés.
Enfin, voilà. Je suis ici, je n'ai rien écrit, pas trié une seule photo, contrairement à mes intentions. J'ai bronzé, perdu du poids, coupé mes cheveux, et réussi à me détendre... Et déjà, dans cinq jours, je pars, en France métropolitaine, avec mes parents... On verra en septembre, à mon retour en Guadeloupe, comment ça se passera.
Voili, voilou.
samedi 18 juillet 2009
L'indiscible.

J'aime le vent retrouvé. J'aime la mer retrouvée. J'aime la nuit, la lune, les nuages, les étoiles... J'aime la pluie qui sèche mes larmes. J'aime le phare retrouvé, et sa lumière qui tourne et m'étourdie. J'ai besoin de silence pour fuir la solitude au milieu des mien. Je ne supporte pas l'isolement, l'éloignement... Tout le reste me semble étrange. Je ne suis pas moi-même ici. Je ne suis plus chez moi ici. J'ai perdu mes repères. Je ne m'y retrouve plus. Je ne trouve rien à dire. Pleins de comportements, d'attitudes, de réflexions, de propos, de détails m'énervent. Je ne sais pas quoi dire d'autre. J'essaye de comprendre... j'observe... j'attends, rien de spécial, j'attends, que cela se passe. Les images peut-être combleront mon silence.
Voili, voilou.
lundi 15 juin 2009
Le Quotidien : comment gérer de façon optimale les contrainte spatio-temporelles ordinaires.
Voici les données du problèmes :
- une chasse d'eau dont le bras du flotteur ne remonte pas tout seul, ayant pour conséquence que l'eau coule et se gaspille dans le cuvette une fois que le réservoir est plein,
- une bouteille d'eau de un litre et demi que je remplis systématiquement après la vaisselle pour la ranger au réfrigérateur et toujours avoir de l'eau fraiche pendant les repas,
- une vaisselle qui donner envie de pisser parce que l'eau coule et qu'en plus vous avez bu presque toute la bouteille d'eau pendant le repas...
Il faut donc : faire la vaisselle, remplir la bouteille et la ranger dans le réfrigérateur, aller pisser et remonter le bras du flotteur pour que l'eau ne se perde pas, et le tout sans attendre que la bouteille se remplisse, ni que le réservoir des toilettes ne se remplisse, afin de ne pas perdre de temps, car le temps c'est de l'argent.
Allez ! C'est facile !!!
PS : Nicolas connait la solution : tu n'as pas le droit de jouer !!!
Voili, voilou.
