mercredi 6 mai 2009
Le Paradis... à portée.
El Charco negro (la flaque noire).
Comment y aller depuis Pereira ?
Prendre un bus en direction de Armenia au départ du terminal de Pereira. Acheter un billet pour El manzano (départ toutes les dix minutes). Se faire déposer sur le bord de la route à El manzano. Traverser la deux fois deux voies. Entrer dans le chemin caillouteux au niveau du hameau (petite montée). Quand on arrive au trois chemins, prendre à droite (à gauche ça va vers la Florida). Suivre ce chemin jusqu'au bout (cul de sac sur des maisons). Traverser le terrain de la maison entourée de poteaux verts et blancs et de grillage : le passage dans la clôture barbelée est sur la droite du terrain de cette maison, il donne accès à un champ de broutage pour les vaches, bien trempé et défoncé (trous, flaques, etc...), tout droit en face après une ou deux grosses bosses, à gauche du terrain, un petit bois. Longer le lisière du bois jusqu'à trouver sur la gauche, un escalier en ciment qui descend. Le descendre. Durée du trajet : bus jusqu'au Manzano, 30 min + marche depuis la via Armenia jusqu'à la flaque, 40 min maxi, et si on prend la destapada en voiture, la traversée du champ de vache pour atteindre la flaque prend à peine 10 minutes. Et voilà, vous êtes descendu au paradis !
Voili, voilou.
mardi 31 mars 2009
Pereira : Prométhée.
Le Monument aux Fondateurs, sculpture de Rodrigo Arenas Betancourt, Pereira.
La statue représente un homme enflammé, Prométhée, un des sept titans
de la mythologie grecque, connu pour avoir fondé la race humaine. Elle
a été léguée à la ville par la maître sculpteur Rodrigo Arenas
Betancourt, comme celle de « Bolivar Nu » se trouvant sur la Place du
même nom. « El Prometeo » comme l'appellent communément les habitants
de Pereira, est un point de repère incontournable sur l'avenue
Circunvalar, avenue très animée étant donné le nombre important de bars
et de restaurants qu'elle comporte.
Photos de Charlotte Aristide (dans le sens de lecture : 2, 4 et 6) et David E. Gomez A (1, 3, 5 et 7).
lundi 30 mars 2009
La fête de la Créolo-phonie à l'Alliance Française.
Pour vous raconter en bref, j'ai mené deux projets pour la fête de la Francophonie à l'Alliance Française.
L'idée étant de représenter un pays de la Francophonie, une de mes élèves du soir ayant déjà commencé à préparer des danses folkloriques françaises (de sa propre initiative) pour cette fête, et le chargé culturel souhaitant qu'elle en représente de la Guadeloupe, j'ai décidé de carrément représenter la Guadeloupe dans cette fête : travail de vocabulaire avec les élèves (en français et créole) sur les fruits, légumes, fleurs, animaux, traditions musicales, danses, mode, mais aussi de civilisation (histoire, géographie, culture, langue...) et d'actualité (LKP), pour faire une grande exposition dans une salle de classe, mais aussi cuisine (j'avais dans mon groupe un pâtissier et une future chef cuistot) et décoration aux couleurs de la Guadeloupe. Les danseuses ont même trouvé un tissu qui ressemble à du madras, et avec un élève guitariste, j'ai chanté deux airs traditionnels que le public a repris en chœur avec nous. On a mis une ambiance du tonnerre de Dieu ce soir-là, pendant que les autres représentaient la Belgique, le Canada et la Suisse... un peu plus austères. Les colombiens ont a-do-ré la biguine, la mazurka, le zouk, le créole... Ils ont tous dansé et chanté. C'était impressionnant comme fusion culturelle. Ils ont adoré aussi le planteur, les acras, le colombo, et les gâteaux... Tout est parti comme des petits pains.
L'autre projet, avec le groupe du samedi, c'était une exposition de photo-carte postales de Pereira, qui valorise une ville dont la réputation est plutôt réduite à son activité commerciale (les centres commerciaux poussent comme des champignons : blanchiment d'argent de la drogue ???...) et à la "facilité" de ses femmes (surnommée "ciudad con las piernas abiertas" : "la ville aux jambes ouvertes", et non pas "puertas abiertas" : "portes ouvertes"), photos supposément faites par les élèves, mais que j'ai du en majorité refaire parce qu'elles n'étaient pas terribles, mais accompagnées de textes et de légendes écrites par eux, sur le thème de la vie culturelle et des loisirs touristiques dans la ville, avec pour pour point de vue de la narration, le regard d'un touriste français qui se balade dans la ville.
Voili, voilou.
Les photos dans le sens de lecture :
- la statue de Bolivar Nu sur la place Bolivar (centre de la ville),
- le viaduc de Pereira* (grande fierté de la ville),
- fleurs du Jardin Botanique (les fleurs sont l'emblème de la ville, son slogan "Pereira, tierra de flores"),
- l'église San José (architecture gothique mais en ciment !),
- la statue de Prométhée (ou Monument aux Fondateurs, sur l'avenue Circunvalar, avenue des bars et retaus chics, point de rendez-vous facile),
- la place du Lago (accueille une piscine-fontaine où se sont tenus des cours de natation fut un temps),
- Sanandresito (centre commercial de produits piratés, de contre-bande, etc... le comble du culte de l'illégalité dans ce pays),
- Centre Culturel de la ville (il ne s'y passe presque jamais rien),
- Musée d'Art (personne n'y va mais pourtant il s'y passe des choses sympa).
* photo prise par un élève.
Bus - Taf - pas de dodo...
Non, au contraire, je croule sous le travail. Car en plus de mes 14h de cours hebdomadaires à l'Alliance Française (mes revenus fixes, environ 1.000.000 de pesos par mois, soit 300€), je suis passée de 15h de cours particuliers à presque 23h par semaine, et comme vous l'imaginez, étant donné que mes élèves sont tous au lycée français, c'est-à-dire qu'ils sortent de l'école à 15h30 du lundi au jeudi et à 11h30 le vendredi, eh bien cela veut dire que je n'ai plus de week-end. Plus du tout. Du lundi au jeudi je donne deux heures de cours particuliers par jour, de 16h à 18h, avant d'aller travailler à l'Alliance Française, de 18h30 à 21h. Et les fins de semaines je suis full de cours particuliers : vendredi 12h - 20h30 non stop, samedi 14h - 18h non stop (le matin je suis à l'Alliance Française de 9h à 13h), et le dimanche, 7h - 13h30. Pas mal non ?
Le côté positif c'est que je gagne plein de sous. Je suis passée de 350.000 pesos par semaine à presque 600.000 (182€), dans un pays où le salaire minimum est de 495.000 pesos mensuels (150€), et où il faut bien compter 1.500.000 pesos mensuel pour vivre seul et dignement (460€ pour un loyer entier dans un petit logement, les charges d'eau, électricité, gaz, internet, téléphone, déplacement en bus et pas en taxi, courses...etc...), ce qui n'est même pas mon cas, puisque je vis en collocation et que nous partageons les frais de locations, les charges, l'abonnement à internet, au téléphone, les courses, etc... (budget mensuel commun, environ 450.000 pesos). J'atteins presque en semaine de classe (moins de disponibilité horaire des élèves), le record que j'avais établi en semaine de vacances au mois de mars dernier : 700.000 pesos en une semaine de vacances.
En plus je suis devenue une pro du bus urbain à Pereira : il faut dire qu'il n'y a pas de carte du réseau, pas d'horaires, pas d'indications aux arrêts, juste des noms de quartier sur les bus, en vitrine derrière le pare-brise, que quand le bus passe à toute vitesse, le temps de lire ce qui est écrit, de l'analyser pour vérifier que le bus en question nous convient, et faire un signe de la main pour l'arrêter... généralement il est déjà loin quand on comprend que c'était le bon. Je ne prends plus le taxi (qui pourtant reste un moyen de transport tout à fait accessible et très utilisé à Pereira) que quand je n'ai pas le temps d'attendre un bus pour aller à un endroit, c'est à dire entre deux cours particuliers quand ils ne sont pas dans le même quartier (ce qui est rare) et pour aller d'un cours particuliers qui finit à 18h10 à l'Alliance Française où j'embauche à 18h30 (et à 20 minutes de marche minimum de mon cours d'avant, mais bon, pas envie d'arriver en speed et en sueur au travail).
Sinon eh bien je fais des économies aussi sur le téléphone portable. Il est vrai que j'en ai deux, depuis que je suis revenue à Pereira en octobre, et que ce sont des "prepago" (téléphone à recharger avec une carte, sans abonnement), et la minute est chère, elles défilent vite... mais, j'ai découvert qu'il y a un système qui permet de gagner des minutes, et j'ai divisé par trois mon budget téléphone. Sans compter que je ne téléphone presque plus que pour des raisons professionnelles : les gens qui veulent me parler m'appellent, et ceux à qui je voudrais parler, je n'ai pas le temps de le faire au téléphone (trop de travail), alors tout va bien !
Du coup j'économise, ou plutôt je rembourse mes dettes. Virginie m'avait prêté un million de pesos pour payer mon retour Buenos Aires-Pereira en bus : ce mois-ci je liquide la dette. Guillaume aussi m'avait prêté des sous : c'est réglé. Je vais pouvoir renflouer mon compte en France pour honorer les prélèvements qui y courent toujours. Je vais même pouvoir prendre une semaine de vacances, une vraie, à ne rien faire, ce que je n'ai pas pu depuis la mi-janvier, ce qui se ressent fortement sur mon état de fatigue avancé, physiquement et psychologiquement. Le moral est bon, mais je suis très clairement à bout, à cran, surmenée.
Parce qu'en plus de la routine de mes 14 + 23 heures de cours hebdomadaire, qui à priori sont censées, étant donné leur organisation, me permettre des journées presque libres (du lundi au jeudi jusqu'à 15h30 et le vendredi jusqu'à midi), à faire autre chose (soit-disant, écrire, m'occuper de mes photos pour en faire une expo, et patati et patata...), ou même en profiter pour dormir, faire des grasses matinées, écrire sur mon blog, répondre à mes mails... eh bien non, je n'ai rien trouvé de mieux à faire que de me lancer avec mes élèves de l'Alliance Française dans des projets artistico-culturo-pédagogique pour la semaine de la Francophonie qui a été fêtée à Pereira jeudi 26 mars dernier. Conclusion, j'ai eu pendant un mois, des nuits très courtes, des journées très remplies, à rédiger les projets, monter des budgets, organiser et planifier des tâches, puis organiser chez moi des ateliers pour préparer expositions et spectacles (heures sup = cadeau ! = bénévolat !).
Finalement, le spectacle a eu beaucoup de succès, l'exposition est très réussie, mais bon, je dis ouf! que ce soit enfin terminé. Je respire. Ce week-end je n'ai rien foutu en dehors du travail, et c'est franchement trop bon. Et ce matin j'ai traîné au lit jusqu'à 9h, me voilà qui vous écrit des nouvelles sur mon blog... Hier soir je me suis même connectée à MSN pour discuter avec des amis, chose que je ne faisais que très rarement (juste avec la famille de temps en temps), et ouaw... ça fait vraiment du bien.
Voili, voilou.
jeudi 21 août 2008
Ecrivez sur les murs !!!
Partout où je vais, je photographie des tags, des garfs, des pochoirs, des affiches... toutes les formes d'expression murales urbaines, et généralement ayant des messages anti-quelque chose. Celui là c'est à Brazilia, et c'est pas loin d'être mon préféré, après celui-ci (ci-dessous) que j'ai photographié à Pereira, à l'UTP, en mai dernier, et que j'ai revu à l'identique à Bogota.
Voili, voilou.
mercredi 13 août 2008
Décryptage.
Photo prise à Bogota dans un hotel du quartier de la Candelaria, c'est-à-dire le joli quartier historique et touristique où on trouve les musées et deux églises par paté de maison.
Comment se fait-il que même en vivant en Colombie depuis sa naissance on ne sache pas que ce genre de choses existent (c'est la question de certains de mes jeunes lecteurs), et qu'on puisse refuser consciemment ou insconsciemment d'y croire ?
Á mon avis cette pancarte date... Vous remarquerez le papier jauni par le temps et les caractères d'impression fortement datés. D'autre part, les faux policiers, sont déguisés en policiers, par définition, pour qu'on ne reconnaisse pas que ce sont des voleurs, et ils ne vont pas s'amuser à faire la circulation en centre ville, et c'est d'ailleurs sans doute pour ça qu'on ne les voit pas (ils sont habillés en policiers, et ne travaillent pas comme des poiliciers). De plus ils s'interessent aux riches et aux touristes, pas à Monsieur Tout Le Monde... Ceci explique qu'il ne soit pas impossible qu'il se passe en Colombie des choses dont on ne sois pas au courant ou dont on ne se rende pas compte, non ?
D'autre part, une affiche, en direction de touristes, exagère forcément la situation sécuritaire, c'est le principe, et enfin, les affiches en général, qu'elles soient informatives ou publicitaires, servent aussi par leur caractère officiel, á diffamer, n'est-ce pas ? C'est justement ce qu'il y a de drôle dans cette affiche, et c'est la raison pour laquelle je l'ai photographiée.
Vous remarquerez également qu'en bas de la pancarte quelqu'un (certainement un touriste et pas un employé de l'hotel) a ajouté : "Be careful with the real police too!". Ce qui est un peu plus d'actualité, non ? Quand on voit comment les manifestants de l'UTP (Université Technologique de Pereira), en mai 2008, ont été durement et sanguinairement réprimés par les robocops, ninjas, rambos,... appellez-les comme vous voulez (brigades anti-émeutes colombiennes, en espagnol "Escuadrón Móvil Antidisturbios", techniquement "ESMAD", ci-dessous sur les photos), sans aucun recours possible, quand ils ont voulu protester contre l'annulation des élections dans leur université, et la supposée fraude lors de ces dernières, et la privatisation de leurs formations... Je ne crois pas que leurs blessés aient été dénoncés par les médias...
Personnellement je suis bien contente de ne jamais avoir eu affaire directement à eux, et le peu de leur méthodes dont j'ai été témoin m'a replongé douloureusement dans le souvenir désagréable de mes rencontres passées avec les CRS (brigades anti-emuetes à la française) autrement plus doux que la version colombienne...
Ci-dessus, quelques photos des tags et pochoirs effectués par les étudiants sur les murs de l'Université Technologique de Pereira, surnommée "la U". De haut en bas : "pour nos blessés du 7 mai... pas même une minute de silence" (date d'afrrontement avec les Robocops), " pour une U démocratique", "dans une société de mensonges, les cérités sont terroristes", "n'oublies pas ton sac à dos quand tu portes la cravate".
Voili, voilou.






























