Qui m'aime me suive...

Carnet de route.

mardi 17 novembre 2009

Je reviens d'où jamais personne ne revient...

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Je reviens d'où jamais personne ne revient... et évidemment, vous vous doutez que je ne suis pas vraiment revenue. Mon coeur, mon esprit, mon âme sont restés là-haut, perchés à 3900m d'altitude, quelque par entre les maisons des paysans du Bosquet, et la Laguna del Otun, tant désirée et jamais atteinte. En décembre dernier, j'étais montée jusqu'au Bosquet alto avec un ami : quatre jours de marche sous la pluie et dans la boue, trois nuits sous la tente et dans le froid, un après-midi à errer sur le plateau du Bosquet à chercher la sortie (ou l'entrée) vers la Laguna del Otun, en vain, découvrant au passage des étangs couverts de lentilles d'eau dans la brume et les barbelés... paysages mystiques et expérience déterminante qui devait à jamais rester gravée dans ma mémoire. Eh bien j'y suis retournée, à la montagne, sans mon guide attitré, mais avec un autre guide, d'un autre genre, très différent, que j'aime aussi énormément. Nous étions huit femmes dans la montagne, cette fois. Les sept autres s'étaient déjà réunies et organisées, et l'une d'elle, mon guide, m'a proposé de me joindre à elles, alors que je débarquait à peine chez moi, à Pereira. Samedi matin, je me retrouvais à 6h30 à la gare routière des Chivas (gros camion 4x4 de fabrication locale et aux décorations très colorées), à deux quadras du parque La Libertad oú tout est encore fermé, mon sac à dos posé à mes pieds, buvant un tinto, en attendant Céline, celle qui m'avait embarqué dans cette aventure. Départ à 7h, 1h30 de chivas jusqu'au Cedral, 2h20 de marche jusqu'au refuge de la Pastora où nous laissons la plupart de nos affaires pour que des mules les porte là-haut, puis encore 5h de marche tranquille jusqu'à la maison des paysans qui ont monté nos sacs avec leurs mules et qui nous attendent pour dîner, coucher et petit-déjeuner, au Bosquet du bas. Il a fait beau toute la journée : juste une petite averse au moment du déjeuner sur l'herbe (un sandwich et une pomme vite avalés, chassées de la clairière par la pluie). Vers 17h, nous arrivons après nous être un peu égarées : à faire des photos, à discuter, nous sommes montées trop haut sur le chemin principal et avons raté l'entrée qui mène chez nos hôtes. Je rencontre là les autres : trois que je connais, trois que je découvre. Nous dînons ensemble en face du coucher de soleil droit devant nous au fond de la vallée : patacon, riz, pomme-de-terre, oeufs brouillés, fromage et aguapanela pour se réchauffer. Nous partageons deux pièces pour la nuit : cinq dorment au sol sur des matelas, trois potentiellement ronfleuses dorment dans une autre pièce, deux sur un lit, l'autre sur des tapis de sol. Le deuxième jour, réveil matinal, brossage de dent, remballage des affaires dans les sacs (qui vont redescendre à dos de mule le jour même d'où ils sont partis la veille), petit-déjeuner qui tient au corps (beignets de farine sucrés, riz, oeuf brouillé, fromage et café avec panela), puis 8h, c'est reparti pour un tour. El Bosquet bajo - El Bosquet alto : la pente est raide à travers champs, mais quel ravissement de retrouver l'école, la chapelle où nous avions déjeuner le deuxième jour lors de ma première expédition jusqu'ici, cette fois-ci dans le soleil, et non cachée dans la brume, laissant voir les collines environnantes, les champs de pomme-de-terre fleuris, les vaches,... et pas seulement le chemin boueux qui l'est toujours. El Bosquet, grâce à nos guides bien expérimentées (Céline et Isabelle) nous allons tout droit vers le portillon du champs où commence le chemin à la Laguna del Otun. Pas d'erreur possible, cette fois. Et là commence la montée sans fin : nous traversons un champs, puis une allée boisée, puis la végétation change, l'oxygène se raréfie, nous atteignons le paramo... et à chaque virage chaque petit col, j'espère voire apparaître la Laguna,... une petite descente, et c'est la Lagune del Mosquito qui apparaît, encore un effort, et à 12h nous sommes assises dans les rochers qui surplombent la Lagune vers le mirador. Pic-nic très bref, séance photo de groupe. Et hop, c'est reparti : la route est longue jusqu'à la Pastora. Pastora-Laguna del Otun, en théorie 7h d'ascension (pour moi 9h, tranquillement), or il reste à peine 5h de soleil pour tout redescendre au milieu des cailloux et des rochers glissants et dans la boue. Les lampes de poche sont restées dans les sacs qui eux sont déjà redescendus à la Pastora. Il faut y arriver avant le coucher du soleil. La montée est une épreuve qui apporte satisfaction quand on atteint son objectif, la descente est une épreuve bien plus ingrate, qui tente de vous retenir tout là-haut... Les filles descendent en courant. Je descends tranquillement, avec Céline qui m'attend de temps en temps dans un virage en prenant des photos d'oiseaux, et en guettant un gros mammifère sauvage des prairies qui ressemble à un fourmilier, la Danta. En repartant de la Laguna, nous croisons une bonne quinzaine de personne, dont une famille qui a dormi comme nous chez les agriculteur du coin et qui y retourne dormir le soir suivant, et un groupe de touriste de Bogota, qui est parti très tôt de la Pastora, et espère y retourner le jour même (en l'occurrence, une folie pure, étant donné leur condition physique très moyenne, le dénivelé de 1000m, les difficultés respiratoires liées à l'altitude, leur peu d'équipement, ne serait-ce qu'en eau et en choses à grignoter pour se donner de l'énergie,...). Céline et moi prenons tout notre temps : nous nous arrêtons même chez une fille du coin qu'elle connaît et qui nous offre une tasse d'aguapanela, puis cette dernière nous indique un raccourci par la forêt, moins caillouteux mais plus boueux, et surtout étroit au milieu des arbres, ce qui me fait penser aux sorcières et aux esprits résidents de ces montagnes. Une petite pause à 18h à Peña Bonita, la dernière étape de la descente après El Bosquet, El Jordan, Peñas Blancas... puis nous terminons la dernière heure à la lumière de la lampe frontale de Céline, que je porte, et qui attire les insecte, mais nous évite bien des chutes et des blessures. Nous retrouvons les autres à la Pastora, le refuge, oú nous attendent matelas, couverture, vêtements secs et chauds dans nos sacs à dos. Elle finissent de dîner : nous ne pouvons avaler qu'une soupe, et au lit ! Le troisième jour est tranquille : réveil sans réveil, brossage de dents, habillage, rangement du sac à dos que nous allons porter cette fois, petit déjeuner toute ensemble, et puis il faut remettre les pieds blessés et endoloris dans les chaussures toutes mouillées... Dernière heures de marche tranquille, à flâner entre les libellules et les chants d'oiseau. La chiva du Cedral repart à 11h. Les filles y sont à 10h. Céline et moi à 10h30. Les bogotanais se font attendrent. petit stress au départ parce que je crois avoir perdu mon opinel. Je le retrouverai quelques heures plus tard en dépliant mon sac à la maison... (shame on me). Deux heures de chiva jusqu'à Pereira. Mes pieds refusent de retourner dans mes chaussures. C'est pieds nus que j'embarque dans la chiva et que je prends la taxi avec Virginie et Aurélie. 14h on est à la maison : douche pour tout le monde, la machine à laver tourne tout l'après-midi, petite partie de Scrabble avec Nicolas qui est resté au chaud et au sec tout le week-end, petits cubes de fromage de vache cuit à El Bosquet là-haut, mais le fromage du Bosquet a meilleur goût quand on le mange à El Bosquet... mangé ici dans la vallée, il a un goût de nostalgie.

Voili, voilou.

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lundi 20 juillet 2009

En mode "vacances".

Bon, je ne vous ai pas raconté grand chose ces derniers temps, mais sachez qu'en dehors de quelques difficultés d'acclimatation culturelle et affective, tout va bien. Le voyage s'est bien passé : Miami, le passage de la douane, en correspondance, ça a été la galère, mais je suis arrivée entière et presque à l'heure, avec dans mon sac à dos, les quelques feuilles de coca que j'y avait mise (les chiens anti-stup, ils flairent la cocaïne, pas les feuilles de coca...).
Dès mon arrivée, je me suis inscrite au chômage par internet. Une semaine plus tard j'ai reçu une invitation à finaliser mon inscription dans les bureau des Assedics. Soit disant tout à été réuni sous l'appellation Pôle Emploi, mais dans le fond, le fonctionnement n'a pas changé. Après examen de mes droits (mon absence du territoire français pendant deux ans), la gentille dame m'a trouvé un reliquat d'allocation de retour à l'emploi, qu'elle a généreusement réactivé. Conclusion je peux percevoir entre 815 et 840 € net de chômage par mois pendant un an si je satisfais à toutes les exigences du docile chercheur d'emploi... Y'a tout un livret qui explique comment ça fonctionne maintenant, que je n'ai pas encore lu, mais ce n'est que mercredi (après-demain) que j'ai mon premier entretien à l'ANPE pour définir mon Projet Personnalisé de Retour à l'Emploi. Enfin.
Ces ressources inattendues (je pensais devoir pointer au RMI, si tant est que cela existe encore) vont me permettre de me retourner, et je dirais même plus, de retourner plus tôt que prévu, en Colombie.
A part ça, les journées se suivent toutes identiques, ou presque. A part une excursion à Pointe-à-Pitre pour déjeuner à midi avec Julie ma soeur, Nelly et Elisabeth, quelques amies, et Patrick, mon chauffeur attitré de frère. A part un samedi après-midi à la plage avec Julie et Clément, un ami à elle. A part un déjeuner en famille un dimanche (des cousins, germains et pas germains, des petits-cousins, arrières-cousins, oncles et tantes...). A part l'anniversaire le lendemain de ma cousine Laurence, suivi d'une nuit blanche à boire et à discuter, avec les quelques survivants (Laurence, Christian un cousin, Patrick, Julie et moi). A part une journée tranquille passée avec Sylvia, une amie, venue ici à Vieux-Fort, déjeuner et se baigner avec moi.
A part ces quelques journées festives et amicales, il y a eu deux journées peinture des murs chez une tante qui a séparé sa maison en deux apparts pour en louer une partie : je me suis spécialisée dans la lazure, vive le bois ! Et puis rien : pas mal de journées à ne rien faire. Internet, télé, siestes prolongées,...
DSC_1598Ou juste le quotidien : laver la vaisselle, ranger la vaisselle, mettre le linge à laver, étendre le linge, ramasser le linge, plier le linge,... Et même un samedi de grand ménage avec maman : elle fait le grand tri et je passe la serpillère derrière elle. Et ce même samedi, un atelier fabrication de sorbet au coco traditionnel sous la direction du chef Philippe-papa : Patrick retire la parche des cocos secs (le plus chiant), papa les casse, Patrick et moi on les épluche (la cosse la moins épaisse), puis Papa et moi on passe tout à la centrifugeuse, puis on mouille d'eau bouillante le coco rappé sorti de la centrifugeuse. Total presque 4,5 litres de lait de coco, avec zeste de citron, noix de muscade, essence de vanille, lait concentré sucré et lait condensé... la mixture idéale pour la sorbetière le lendemain.
parcours_natationAh oui, il y a eu quand même quelques parcours sportifs, de natation, entre l'Anse Dupuis, le Phare et la pointe Mazarin : environ 1,600 kms, parcours que je pense rallonger, c'est que c'est franchement pas difficile.
Bref, voilà. Les premières semaines ont été très dures : la Colombie me manque beaucoup. Je n'arrête pas de me demander pourquoi je suis partie. Et puis quand je me rappelle les raisons (le visa expiré, l'envie de faire le point sur moi-même, mes projets, le besoin de me ressourcer, retrouver mes repères, me plonger dans la Mer Caraïbe, trouver le réconfort de la famille...), je me dis que j'ai bien fait pour venir, ne serait-ce que pour me rendre compte qu'un certain nombre des éléments de cette liste étaient des illusions complètes. Et puis je me rends compte aussi que j'ai beaucoup changé, dans ma façon de m'exprimer, de réagir aux situations, aux relations sociales et amicales, dans ma façon de penser, de construire ma réflexion. Je ne supporte plus un certain nombre de composantes de la culture française et guadeloupéenne : les gens qui se plaignent, qui ne sont jamais contents, qui critiquent sans rien proposer, et n'acceptent pas la contradiction, ne savent pas discuter sans se sentir agressé par une idée contraire à la leur, qui parlent des heures et n'agissent pas en accord avec leurs belles paroles, qui jugent les autres et ne se remettent pas en question l'ombre d'un instant, ceux qui se moquent facilement, pleins d'ironie et de sarcasmes, mais ne supportent pas qu'on leur renvoie la pareille, susceptibles comme des poux... bon, tout ça, c'est pas une spécificité culturelle locale, mais je ne sais pas pourquoi, je ne le vivais pas à ce point en Colombie, et ici, grrrrrrr.... ça m'énerve ! Cela me fait l'effet d'une régression, quand j'ai l'impression d'avoir abandonné en deux ans, quelques uns de ces comportements que je retrouve ici, exacerbés.
Enfin, voilà. Je suis ici, je n'ai rien écrit, pas trié une seule photo, contrairement à mes intentions. J'ai bronzé, perdu du poids, coupé mes cheveux, et réussi à me détendre... Et déjà, dans cinq jours, je pars, en France métropolitaine, avec mes parents... On verra en septembre, à mon retour en Guadeloupe, comment ça se passera.
Voili, voilou.

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dimanche 12 avril 2009

L'Homme et la Mer.

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Homme libre, toujours tu chériras la mer!
La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais a plonger au sein de ton image;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets;
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, O frères implacables!

 

L'Homme et la Mer, de Charles Baudelaire

Merci Daniel, du compliment (avoir dit que ma photo te faisait penser à ce poème que je ne connaissais pas et qu'à la découverte j'aime beaucoup...)

La photo a été prise vendredi soir dernier, entre 22h et minuit, sur la plage de San Juan del Cabo, dans le Parc National Tayrona (sur la côte Caraïbe, près de Santa Marta, en Colombie)... petit paradis terrestre où j'ai passé quelques jours de vacances, trop courts mais bien mérités, à dormir dans un hamac, bercée par le vent, sous les caresses des rayons de la Pleine Lune sur mon visage, la peau salée de mes journées passées à me baigner, et à sécher au Soleil, comme un iguane, qui à chaque fois que la température de son corps augmente trop, se replonge dans l'eau fraîche, avant de se remettre à faire la sieste sur un rocher... J'ai aussi lu (oh!)... lu un livre, je veux dire (oh!)(une pièce de théâtre, précisément : Les Mains Sales, de J.P. Sartre)..., et puis j'ai marché trois heures dans la jungle, pieds nus, sur la terre de mes ancêtres amérindiens... Tous les jours je mangeais du poisson ou des crevettes... un vrai régal... Je ne me suis presque pas rendue compte que la plage principale où la plupart des gens restaient, était noire de monde, pour cause de Semaine Sainte (parmi les rares semaines de vacances des Colombiens, alors ils vont tous sur la côte prendre le Soleil !), tant j'étais dans mon monde.

Voili, voilou.

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lundi 30 mars 2009

Retour en Colombie.

Petit extrait d'un email que j'ai reçu et que j'ai beaucoup aimé, d'un français ayant voyagé récemment en Colombie, après ne pas y être venu pendant 40 ans.

" Je suis arrivé à Barranquilla le samedi 21 Mars un peu avant minuit, j'ai pris un taxi. Persuadé que le chauffeur me truciderait après m'avoir délesté de tout mon argent et de ma Carte Bleue. J'ai décidé de parler avec l'assassin et de mettre en pratique ce qu'il me reste d'espagnol. Apprenant que je venais de Montpellier, le meurtrier m'a demandé si je connaissais Valderrama le joueur de foot Colombien qui a joué à Montpellier. J'ai dit oui bien sur, même si je ne suis pas très calé en football. Cet espèce de bandit m'a ensuite confié qu'il appréciait beaucoup les philosophes français, de Descartes à Henri Poincaré et qu'il les relisait souvent. La, j'ai trouvé que ça démarrait fort. Finalement il m'a laissé la vie sauve devant l'hôtel et ne m' a réclamé que le prix de la course."

(Serge, un lecteur de mon blog)

Voili, voilou.

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samedi 3 janvier 2009

La montagne... Après.

DSC_4587__1024x768_Le vide : rien à faire, parce que pas de travail en ce moment, période de vacances scolaire, donc pas d'argent, l'ennuie me gagne, tout le monde est parti en vacances, la solitude, la déprime, envie de ne rien faire, juste envie d'être là-haut dans la montagne, monter, et monter, marcher, et marcher,... des instants de plénitude et d'extase qui me manquent déjà. La chute. Le non sens de cette vie misérable ici bas, de ce quotidien médiocre. Dur, dur le retour à la réalité. Plus dur qu'il n'a jamais été.

Voili, voilou.

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La montagne. Pendant : le bonheur indiscible, indescriptible.

DSC_4477__1024x768_L'objectif envisagé (rallier le Nevado Ruiz en montant depuis Le Cédral et en passant pas la Laguna del Otun) est loin d'avoir été atteint car nous sommes restés coincés (et perdus) à un ou deux kilomètres de la Laguna del Otun, au lieu dit La Peña, à cause du brouillard et de la pluie qui ne nous ont laissés de répit que la dernière nuit alors que nous étions déjà redescendus à la Pastora (mis-à-part une jolie éclaircie en fin d'après-midi le deuxième jour, alors que nous campions justement à la Peña, dernière halte avant la Laguna...). Et si nous n'avons pas atteint cet objectif c'est principalement en raison des conditions météo déplorables, très loin des belles nuits froides et étoilées qu'a eu son frère parti trois jours plus tôt sur le même parcours et qui lui est rentré par Manizales. Nous on a du renoncer faute d'indications suffisantes pour trouver la Laguna, à cause du brouillard qui nous empêchait toute visibilité, du terrain impraticable après trois jours de pluie, et ceci à environ une heure de marche de l'objectif, mais ce n'est que partie remise !

DSC_4497__1024x768_Le premier jour de marche a été dur pour moi, et David a vraiment un sacré rythme de marche (diviser par deux toutes les durées de parcours normales). Il m'a beaucoup attendu (multiplier les miennes par 1,5... si on fait le calcul, ça fait une belle différence...)... Mais il a été très patient, et très attentionné pendant toute l'expédition. Le premier jour de marche a été vraiment dur pour moi. Mes muscles tiennent le coup sans problème, mes poumons aussi, mais mon cœur est encrassé. Une heure de natation par semaine cela ne suffit pas. Le deuxième jour, qui pourtant grimpait beaucoup plus a été franchement bien : il faut dire que la beauté des paysages, la magie des instants suffisent largement à compenser l'effort foruni. Le troisième jour, que de la descente : beaucoup de concentration pour ne pas se faire mal... et puis quand la fatigue arrive, je commence à me taper les pieds dans les cailloux.

DSC_4571__1024x768_La cohabitation sous la tente et dans les tâches quotidiennes s'est faite sans y penser : synchronisation totale, pas de heurts, rien de superflu, aucune discussion désagréable ou tendue, aucune négociation, juste le bon sens. Pas de heurts non plus sur les envies ou les objectifs : tout semblait couler de source. Même les décisions : on a toujours été du même avis... encore le bon sens qui prime (quand on décide de renoncer à la Laguna par exemple). Même dans la gestion des "petits" problèmes (comme de se perdre : on avait juste pris la direction de Salento au lieu de celle de la Laguna quand on est arrivé au Bosquet le deuxième jour...). Mêmes coups de cœurs aussi sur certains paysages. Pas mal de fous rires et quelques confessions (oh! il parlerait ce garçon ???).

DSC_4634__1024x768_Pluie tous les jours. Les pieds tout le temps mouillés. Les fringues aussi. Heureusement j'avais un change sec que j'enfilais la nuit pour dormir au sec, mais quand le sac de couchage est trempé, malgré ses qualités imperméables... Mais les pieds surtout. En état de décomposition totale à l'arrivée, surtout vue mes chaussures de randonnée de merde qui avaient déjà rendu l'âme en juillet dernier lors de notre séjour en Amazonie brésilienne.

Froid la nuit. Très froid la nuit. Heureusement on a claqué des dents en alternance. Jamais froid en même temps. Moi la fièvre (carrément) la deuxième nuit. Mal de tête, vertiges, envies de vomir, pas faim, et le front brulant. Il a cru que c'était le mal des montagnes (on était juste à 3800 mètres). C'était en fait un méchant retour de grippe mal soigné à cause des refroidissements des jours précédents : impossible de dormir, mais heureusement, un bien pour un mal, pour une fois, c'est moi qui ai servi de radiateur pour réchauffer l'ambiance de la tente (la nuit précédente c'était plutôt lui le radiateur).

DSC_4642__1024x768_Nous perdre nous a permis de découvrir des paysages magnifiques en direction de Salento. La vue sur la vallée du Bosquet depuis La Peña nous a tous les deux charmés au point de se dire que c'était là, à côté de cette cascade où on s'est brossé les dents et où on a fait la vaisselle, à deux pas de la tente, l'endroit idéal pour construire la maison idéale... à 3800 mètres d'altitude. La végétation là haut, c'est splendide. Et le brouillard... un délice : magique.

Je suis revenue avec des photos pas mal, même si moins bien que ce que j'espérais. Pas facile de faire la mise au point dans le brouillard... Et d'ailleurs, point de vue humidité, mon appareil a morflé. Et surtout, je suis revenue avec une envie terrible de remonter dès que possible (dès que j'aurai de nouvelles chaussures de rando, et que mes orteils blessés seront guéris).

Voili, voilou.

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La montagne ? Avant : l'incertitude jusqu'au dernier moment.

, mCela faisait longtemps que j'avais le projet de partir marcher dans la montagne avec un ami. Il l'avait proposé et je l'avais pris au mot. Les vacances scolaire approchant avec la bonne période pour partir marcher dans les environs (en fait c'est plutôt janvier que décembre, mais bon avec de la chance...), nous avons décidé de partir. C'était un peu inespéré parce que la plupart du temps, des événements ou des humeurs de dernières minutes annulent toutes les occasions que nous avons de nous voir, avec cet ami, alors partir quatre jours dans la montagne ! Je n'osai pas y croire.

Pourtant, le mercredi qui précédait le vendredi de notre départ, nous nous sommes donnés rende-vous pour organiser (ou du moins discuter) concrètement le départ : mieux vaut tard que jamais. Le vendredi avait été choisi en fonction de mon peu de disponibilité à ce moment là étant donné que je travaillais encore (je donnais des cours particuliers de façon plus intensive pendant les vacances). J'ai même dû déplacer un cours du lundi pour assurer notre randonnée de quatre jours. Le mercredi en question, nous avions rendez-vous devant une église située sur un grand boulevard et en face d'un centre commercial. J'étais tellement persuadée qu'il ne viendrait pas, ou du moins serait en retard, que je ne l'ai pas vu. J'ai analysé la foule présente en arrivant à pied au lieu du rendez-vous, j'ai enregistré l'image des personnes présentes, et je ne l'ai pas vu. Puis après dix minutes, je lui ai envoyé un message pour savoir où il était. Il me répond qu'il est là. Je l'appelle. Il m'explique où il est. Je regarde. Je ne le vois pas. Je décide de me déplacer pour chercher, et là je le vois, là où j'avais regardé en arrivant (et où je l'avais vu mais sans l'identifier), et là où je l'avais déjà cherché du regard... Bref.

Le lendemain, jeudi, nous prenons rende-vous pour aller faire des courses. Nous devons nous voir vers 15h au centre ville. Il arrivera vers 18h30 après que j'ai pris le parti de l'attendre tout l'après-midi assise sur la place où nous avions rende-vous, prenant mon mal en patience et plaisir à regarder passer la faune... Petite explication à son arrivée, mais on fait les courses et on fixe les derniers détails. Rende-vous le lendemain à 8h30 au terminal des chivas qui partent pour la Florida : celui qui va au Cédral, notre point de départ, ne part qu'à 9h. Après tout notre historique de rendez-vous manqués... je dois dire que, malgré des actes concrets comme les courses, ou la liste de matériel à emporter chacun, je n'y croyais pas...

Vendredi matin, 8h25, je suis au terminal des chivas. Je lui envoie un message pour le lui dire. Je bois un café en attendant. 8h50 il n'est pas là. Je dépense mes dernières minutes sur mon portable pour savoir où il est : il arrive. 9h, la chiva part pour le Cédral, nous sommes tous les eux dedans. Pince moi si je rêve !

Voili, voilou.

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mardi 16 septembre 2008

Ouf ! Je respire...

Depuis hier, fin d'après-midi, je suis temporairement riche. Alléluia ! Enfin.... riche, c'est relatif... en Argentine, et pour le moment. Ça ne va pas durer non plus. En fait j'ai enfin récupéré des sous que me devait le lycée où je travaillais en Colombie suite à la production du court métrage qu'on a fait avec les élèves. J'ai donc retiré des sous, fais des courses, et même acheté un pot de Nutella pour soigner mon cœur.

En effet, je plane complètement depuis trois jours. Physiquement j'ai un rhume des foins qui m'a empêche de dormir cette nuit... Je me suis endormie à 5h du matin, et je me suis mouchée toute la nuit. Ah moins que ce soit la pleine lune, ou le fait de planer autant depuis quelques temps... J'ai essayé de me détendre, de méditer. J'avais des questions à poser à mon ange gardien : la nuit porte conseil. Je n'ai pas réussi à calmer mon excitation, et je n'ai pas fermé l'œil de la nuit... j'ai rêvé éveillée, et curieusement je ne me suis pas levée plus tard que d'habitude... même pas fatiguée !

Sinon la question est : que faire maintenant ? Avec cet argent. Comment le gérer ? Rentrer illico en Colombie ? Persévérer ici ? Le cœur et la raison bataillent de nouveau. Dilemme. Si j'arrive à méditer et dormir ce soir, je saurai peut-être demain quoi faire.

Voili, voilou.

dimanche 14 septembre 2008

Travailleuse clandestine 1h30 par semaine.

Enfin. Toujours pas de sous. Toujours pas de travail. Toujours un peu froid (10ºC). Mais bon. L'air circule dans mes poumons, le sang dans mes veines, je fais un repas par jour : des pâtes ou du riz. Je bois beaucoup de thé pour me donner l'impression d'avaler quelque chose, et pour me réchauffer. Asi es la vida.

Je n'ai pas grand chose d'autre à raconter en fait. Mon humeur est un peu maussade. Je ne fous rien de mes journées. Rien de productif et satisfaisant. Ou pas grand chose. Enfin si, je cherche du travail, je passe des entretiens qui ne servent à rien, j'attends que le ciel me tombe sur la tête.

En fait je me suis renseignée sur les sites du gouvernement argentin. Tous les employeurs que j'ai rencontré (3 en entretien) ou que j'ai eu au téléphone (5 pour me proposer un poste), m'ont tous demandé si j'avais un numéro de "CUIL". C'est un numéro du type registre de Chambre de Commerce qui permet de recevoir des factures pour paiement et de travailler en indépendant. Or pour avoir ce numéro il faut avoir une "carte d'identité" argentine, ou une "carte de séjour", que je n'ai pas, et que je ne pourrais pas avoir, car pour obtenir un visa de résidence (permanente ou temporaire) en Argentine, comme dans la plupart des pays de la planète, il faut soit avoir un contrat de travail dans une entreprise argentine, soit être marié avec un argentin, soit être né dans un autre pays mais de parents argentins, soit vivre en Argentine depuis des années, soit être réfugié politique (quoique, avec Sarko j'aurai peut être des arguments, non ?)... Ce qui n'est pas mon cas. Le serpent qui se mord la queue. Logique. Typique. Même pas étonnant. Normal quoi !

Si les citoyens des pays pauvres galèrent pour travailler et vivre légalement en occident, il n'y a pas de raison que dans l'autre sens ce soit plus facile : personnellement, j'approuve, sur le principe de protection des frontières et du marché de l'emploi (œil pour œil, dent pour dent).

Et même si je trouvais quelqu'un qui accepte de m'embaucher avec contrat de travail et tout et tout, les démarches pour l'obtention d'un visa de travail (qui donne lui à un visa de résidence), se font, comme dans la plupart des pays de la planète, dans un consulat d'Argentine à l'étranger.

Et c'est des démarches du genre : extrait de casier judiciaire vierge récent, extrait d'acte de naissance, passeport, bien sure, et le tout traduit en espagnol, et apostillé... Sinon en plus des frais de traduction et d'apostillation, cela coûte 200 pesos argentins. Voilà.

Autant dire que je n'ai aucune envie de me lancer dans ce genre de galère si c'est pour rester ici deux mois de plus ici, voire moins, si j'arrive à réunir les sous plus tôt. D'ailleurs, je me disais que quand j'aurai récupérer les sous du lycée, je rentrerai bien directement avec cet argent.

Maintenant, les difficultés que je rencontre ici pour travailler légalement me font dire que je devrais peut-être prendre mes devants et m'organiser pour rentrer en Colombie directement avec un visa de travail et de résidence temporaire (c'est-à-dire avec un emploi), alors je vais écrire à l'Alliance Française de Pereira, et on verra ce que ça donne.

En tout cas, cela donne à réfléchir de se retrouver dans la situation d'un travailleur clandestin (ce que je suis quand tous les vendredis je donne 1h30 heures de cours de français par semaine à Paulina, la cousine de Mélina, l'amie qui m'héberge ici) : nous ne sommes définitivement pas libres sur cette planète, et c'est bien dommage. Enfin, tout ça, tout ça.

Dans ces circonstances : il y a les jours avec, et les jours sans. Heureusement il y a les illusions dont on arrive à se convaincre qui nous permettent de garder l'espoir, et parfois même procurent un certain plaisir... réel celui-ci. Les rêves sont parfois si réconfortants, qu'on s'y identifie au point de les vivre, que ce soit par procuration, et la réalité est parfois tellement surréaliste, que la frontière entre le rêve et la réalité est souvent vraiment si mince, confuse, floue... qu'elle n'existerait presque pas.

Sinon du côté des petites additions (enfin, des soustractions devrais-je dire), vendredi matin c'est Liliana qui m'a prêté quelques pesos pour payer le bus et le métro afin que j'aille donner mon cours de français à Pauli chez elle. A la fin du cours elle m'a payée (1h30 = 37,50 pesos).

Cette fois encore (deuxième cours), elle m'a invité à déjeuner avec elle, et on a discuté une bonne heure et demi, en espagnol, de sociologie (elle est sociologue), de cinéma (elle s'intéresse à la sociologie visuelle), de philosophie (Descartes, Sartre, Leibnitz), de linguistique (ser, estar, existir)... bref, le genre d'élève que tout le monde voudrait avoir et qui pourrait bien devenir une amie.

En rentrant j'ai remboursé mes dettes aux pensionnaires (les bières bues dans la semaine, et la soirée pizza qu'on s'était faite le dimanche précédent et pour laquelle l'un d'eux m'avait avancé les sous), j'ai payé la moitié des légumes que Liliana et moi avions convenu d'acheter et de cuisiner ensemble pour le week-end, et il ne me restait déjà plus que 12 pesos. Après avoir acheté 1kg de pates, et 1kg de riz... il me reste exactement 5,35 pesos... que je garde pour prendre le bus et le métro afin d'aller donner mon cours de français vendredi prochain... La semaine va être longue ! J'espère qu'il y aura de bon films à la télé !!!

Voili, voilou.

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mercredi 10 septembre 2008

0,05 pesos, qui dit mieux ?

Vous vous souvenez que je vous avais dit qu'il me restait 3,85 pesos et que je les gardais pour aller donner mon cours vendredi prochain ? Eh bien hier j'ai reçu un appel : une offre d'emploi, suite à une candidature que j'ai fais par internet, pour donner des cours de français. L'annonce était en anglais, mais bon.

Ce Monsieur, Georges, me propose donc un entretien d'embauche le lendemain matin. Je ne peux pas ne pas y aller. Ce serait stupide. Mais bon. J'y suis allée, ce matin : comme celle de la semaine dernière, mon profil est excellent mais il garde mon CV sous le coude, pas de besoins en ce moment... Lui par contre il fait des traductions parfois, ce que je préfère au cours particuliers. Bref, cela m'a coûté 3,80 pesos aññer/retour. 0,90 pesos fois deux pour l'aller retour en Subté (métro de Bs As), et 1 pesos fois deux pour aller prendre le Subté, en collectivo (bus urbain de Bs As), car la station est quand même sacrément loin de la maison (plus d'une demi-heure de marche).

Résultat de la soustraction : 0,05 pesos, la plus petite monnaie qui existe en Argentine, et qui en plus est rare (Ironie du sort ?), comme les pièces de 10 centavos, car elles sont détournées du système monétaire pour être fondue, étant donné que leur valeur en métal est supérieure à leur valeur monétaire. Ce qui d'ailleurs provoque des queue et des problèmes aux caisses, des grosses difficultés aux usagers des bus dont les caisses automatiques de paiement des billets ne fonctionnent qu'avec de la monnaie, et des queue interminables dans les endroits oú on vous change vos billets contre de la monnaie.

Cela oblige tout le monde à s'améliorer en calcul mental, car vous n'avez pas l'appoint et que la caisse n'a pas de monnaie il faut ruser pour trouver une façon d'accomplir la transaction monétaire (exemple : le billet de train coûte 0,85 pesos, vous avez des pièces de 0,50 et de 0,25, aucune de 0,50 et de 0,10, le caissier n'a pas de 0,05... vous donnez 1,25 et il vous rend 0,40 en pièces de 0,10 (les pièces de 0,20 n'existent pas))...

Je devrais peut être la faire fondre, cette dernière pièce, et la revendre sous forme de métal, non ? Qu'en pensez-vous ?

Le cours de vendredi, je ne sais pas comment j'irai, vu que la prochaine fois que je gagne de l'argent, c'est en donnant ce cours, vendredi. À chaque jour suffit sa peine.

Voili, voilou.

Posté par siempreCHA à 14:46:00 - 08- Au bon air de Buenos Aires. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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