lundi 18 mai 2009
La petite dissertation de philo du lundi matin.
Je sais : j'ai tout raté, j'aurai dû étudier la philo. Non pas que je sois capable de faire de vraies dissertation de philo comme on l'attend des lycéens au baccalauréat, parce que d'un point de vue méthodologique le texte qui suit manque à plusieurs des critères exigés (aucune référence à des philosophes, aucune citation, peu d'exemples), mais juste parce que j'aime ça, me prendre la tête avec des questions qui n'ont ni queue ni tête, qui n'ont bien sûre pas de réponse absolue, comme la plupart des questions importantes, heureusement, et que j'ai une certaine facilité à tartiner des pages de baratin qui ne servent à rien et ne changeront pas le monde. Est-ce que je ne viens pas de définir la philosophie ?
AVERTISSEMENT AUX ÉLÈVES : tout élève de terminale de France ou de n'importe où dans le monde qui lirait ce travail peut naturellement s'en inspirer (piquer des idées qu'il n'aurait pas déjà eu), mais je déconseille vivement d'en reproduire des extraits (si votre prof trouve comme vous mon article sur internet, vous êtes cuits, pris en flagrant délit de plagiat), et je ne recommande même pas d'en utiliser le plan parce que je ne suis même pas sûre qu'il réponde à la question (je ne suis pas prof de philo et je n'ai pas étudié la philo, pas officiellement).
AVIS AUX PROFS : Par contre, si quelque prof de philo ou philosophe qui trainerait sur mon blog avait le courage de lire cette pseudo-dissertation, j'attends impatiemment vos notes et commentaires ci-dessous, avec plaisir !
SUJET : Existe-t-il un besoin de religion ? (Voilà un sujet qu'il est intéressant !)
PROBLÉMATIQUE : Le besoin consiste-t-il vraiment en la religion ?
La religion est-elle un besoin ou répond-t-elle à des besoins ? La religion n'est-elle pas plutôt un outil de pouvoir qui détourne les hommes des réponses qu'ils pourraient trouver en eux en ayant une vie spirituelle plus qu'une vie religieuse ? Le réel besoin n'est-il pas plus spirituel ?
PLAN (soit-disant détaillé et que je n'ai pas pu m'empêcher de rédiger !!!) :
I - Tout d'abord, les religions répondent à un besoin (le besoin de réponses sur l'essence et le devenir de l'humanité) et sont donc l'expression d'un besoin inhérent à l'Homme (Qui suis-je ? d'où viens-je ? où vais-je ?... dans quel état j'erre ? (dans quelle étagère ? hahaha!)
a) La religion exprime a priori le besoin qu'ont les hommes de trouver des réponses à des questions angoissantes : l'origine du monde, de l'homme,... mais surtout, l'angoisse suprême, l'angoisse de mort : qu'en est-il de la vie après la mort ? et pourquoi vivre si c'est pour mourir ?... Question qui a des répercussion directe sur un autre principe fondamental, la Vie : quel est le sens de la vie ? à quoi sert-elle ?... Et sur la façon de mener cette vie : comportements sociaux, valeurs morales... et comment atteindre ce qui préoccupe le plus l'individu conscient de toutes ces questions existentielles : comment mettre fin à cette angoisse et vivre heureux ? (quête du bonheur) La religion, comme une solution fortuite, apporte les réponses à toutes ces questions, et anéantie d'entrée ce questionnement pourtant nécessaire à la construction d'un individu. Elle est un besoin parce qu'elle répond à de très nombreux besoins, à commencer par la dimension philosophique de l'être (ses questions sur lui-même et le monde).
b) Mais elle répond aussi à un autre besoin inhérent à l'Homme : le lien social, tel qu'il permet sa survie. La religion fournit tout un appareil de valeurs morales, de pratiques cultuelles, culturelles, sociales, et parfois même économiques, qui rassurent l'individu, le relie aux autres, lui donne le sentiment d'appartenir à une communauté, de ne pas être seul, d'exister, d'avoir des repères, des principes sur lesquels s'appuyer pour orienter et justifier ses choix. La religion est un ciment entre les hommes, et répond à leur besoin de se reconnaître en autrui, de trouver des proches, ou des semblables, avec qui partager des intérêts culturels. La religion a donc une fonction sociale et culturelle qui opère suivant le mode de l'identification, de la reconnaissance, et génère une certaine paix, une certaine harmonie entre les hommes, jusqu'à un certain point...
c) Et surtout, elle canalise les comportements individuels dans un cadre collectif uniforme. Elle est un vecteur moral primordial. Peu de religions échappent aux concepts de Bien et de Mal. Elles définissent presque toutes des limites du comportement moral, social, culturel acceptable, des normes. cf. les 10 commandements. Certains de ces principes reposent sur le bon sens, et le respect du principe de vie : "tu ne tueras point", et permettent à l'individu de se structurer psychologiquement, affectivement, de trouver des repères qui conduisent au respect, par chaque individu croyant, de la vie, de lui-même, des autres. La religion c'est donc la loi suprême, la loi divine, celle qui ne fournit pas d'explication, mais qui permet à l'individu qui a peu de ressources intellectuelles ou culturelles de s'intégrer aux normes d'une société, et de ne pas franchir les limites qui l'exclurait de la communauté des hommes. Elle est un vecteur de conditionnement moral nécessaire pour les hommes qui ont peu d'éducation. Elle leur permet de censurer leurs pulsions de mort, leurs pulsions violentes, par de simples principes acceptés par la majorité et véhiculés par la religion et assénés à coup de sermons le dimanche à la messe.
Cependant beaucoup des principes moraux de la religion sont très connotés culturellement et aboutissent à des dérives, qui font qu'au lieu de permettre la paix et l'harmonie entre les hommes, la religion génère directement des discriminations, des violences, de l'intolérance et des guerres.
II - Plus qu'un besoin de chacun, la Religion est un outil de pouvoir, dont seuls les puissants ont besoin, pour mieux dominer les hommes, en s'appuyant sur leurs faiblesses : avoir besoin de réponses, de lien social, de limites morales, de repères... et ce, parce que trop d'hommes sont ignorants et crédules.
a) La religion c'est la loi autoritaire dans sa dimension la moins humaniste et la moins humaine. La fonction morale de la Religion est relative à un lieu, une époque, une culture. Ses écrits doivent être contextualisés pour être relativisés, or ils sont trop peu étudiés, trop peu expliqués, et comme le principe de la religion est d'offrir des croyances, elle opère comme un cortège de lois que les hommes suivent aveuglément, et qui servent souvent des intérêts complètement politiques, et une minorité éduquée et dominante. Exemple : les hommes, pour mieux écarter les femmes du pouvoir et de leurs fonctions essentielles dans la société, pour les isoler dans le foyer, la maison, et les réduire à des fonctions reproductives, éducatives, utilisant la culpabilité de leur probable sensualité pour les rendre responsables de la tentation, du péché (le sexe), anciennement dans la religion chrétienne (de cela il ne reste plus que le machisme et des sociétés en majorité patriarcales), et toujours de nos jours, dans l'islam fondamentaliste des talibans par exemple. La religion hiérarchise les rapports entre catégories et sous-catégories de la société, elle exclue et divise plus qu'elle ne réunit et relie. Et ce au profit des puissants et des savants (ceux qui ont le pouvoir et le savoir, et qui sont moins dupes des croyances religieuses, n'utilisant la religion que comme un instrument de pouvoir). C'est principalement à eux que bénéficie la religion, et ce sont eux qui en ont besoin, pour dominer. Et les exemples sont nombreux dans l'Histoire chrétienne : inquisition, croisades, missions d'évangélisation, esclavage, colonisation, etc...
b) Et puis il faut être crédule pour croire. Le religion, non pas comme outil de pouvoir, mais comme religion en soi, c'est-à-dire "vérité de la parole de Dieu révélée", comme croyances, choses sainte, sentiment religieux, pratiques, ne répond aux besoins que des plus démunis (intellectuellement, culturellement) et des plus nécessiteux (socialement, économiquement). Car pour qu'elle soit l'outil efficace de pouvoir des puissants, des savants, des dominants, mal intentionnés qui plus est, encore faut-il que les gens croient, ou veuillent croire, et c'est bel et bien le principe de la religion. La religion ne fonctionnerait pas, ni à apaiser les angoisses d'un individu, ni à relier les membres d'une communauté, ni à réfréner certains des instincts nuisibles de l'homme à l'égard de la vie, si elle ne profitait pas de l'ignorance des hommes, et n'allait pas jusqu'à entretenir l'obscurantisme en diffusant des dogmes, pour mieux contrôler les individus. Et d'ailleurs, dans ce cas, ne peut-on pas dire que parfois, la religion exprime le besoin des individus de ne pas se poser de question, de rester dans l'ignorance pour garantir un faux bonheur, une illusion de bonheur, sans risque ??? Comme une sorte de soumission volontaire à Dieu ?
c) Mais si l'un des besoin de l'homme est indéniablement le bonheur, et qu'il semble que la religion parvienne du moins superficiellement à y répondre, qu'un autre est la vérité, et qu'à ce besoin-ci, la religion prétend la détenir (la vérité), satisfaisant ainsi à quelques unes des quêtes les plus essentielles de l'Homme, il en est une qui lui échappe : la liberté. La religion, opérant comme la loi et comme autorité, est un ensemble de contraintes morales, de limites, un cadre bien défini, proposant des réponses toutes faites, et peu justifiées, des dogmes, et qui ce faisant, ne permettent pas à l'individu conscient d'exercer son activité favorite : penser par lui-même, comprendre, décider, juger, exercer son libe-arbritre, se construire, se positionner, dicerner ce qui lui est favorable ou pas suivant ses propres critères, exercer son esprit critique sur ce que propose son environnement, ou autrui, au sujet des questions qu'il se pose, faire face seul, et comme un être unique, entier et autonome, aux émotions, aux peurs, aux doutes, aux pensées, aux opinions qui l'animent et le traverse... Bref, si la religion est un besoin, ce dernier est d'ordre primitif et instinctif, car l'homme en pleine possession de ses facultés intellectuelles et psychologiques, éveillé à ses dimensions sociales, politiques et même spirituelles (mystiques), ne peut pas se contenter de croire. La religion est incompatible avec un des instinct inhérent à l'Homme : la liberté.
Et la Religion sans limitation de liberté, ce n'est plus la religion, mais la Spiritualité.
III
- Finalement, il ne faut pas confondre Religion et Spiritualité :
dépouiller la religion de ses lourdeurs morales, de ses connotations
culturelles, de sa récupération par le pouvoir, de ses
superstitions,... et autres abus, reviendrait à en garder l'essentiel,
la spiritualité, et peut conduire à une nouvelle posture, éveillée et
mystique : la liberté de croire.
a) L'humanisme et les Lumières ayant fait leur œuvre pour critiquer, dénoncer les abus des Religion, lutter contre l'obscurantisme, réfléchir sur la nature de l'Homme, ses droits, ses devoirs, les sociétés contemporaines, informer, éduquer les hommes dans leur plus grand nombre, désormais il pense, il réfléchit, et parfois même, il adopte des pratiques, des valeurs, des conceptions qui pourraient être assimilées à la religion, ou qui sont empruntées à la religion, mais il fait ce choix en toute liberté, l'assume, et peut le remettre en question à tout moment, parce que son besoin ultime, fondamental, c'est d'être cohérent avec lui-même, digne, et de se sentir libre de construire son bonheur. Tout n'est pas mauvais dans la religion, et l'intention première, dans le recours à la religion, était d'exprimer un besoin qui demeure, mais qui ne peut pas se définir par le mot "religion" avec tout ce que cela implique de nos jours, après des siècles d'extrémismes religieux de toutes sortes, et qu'il serait plus prudent de dénommer "spiritualité". La danger de l'athéisme total (dont je ne pense pas qu'il puisse exister), est de réduire la vie à sa matérialité, et d'enfermer ses principes de fonctionnement et d'évolution dans des explications trop cartésiennes, bien trop rigides et limitées, pour exprimer la complexité, la subtilité, le mystère de la vie. Aussi est-il possible d'exercer une réflexion spirituelle, plus que intellectuelle ou scientifique, basée sur l'expérience matérielle et émotionnelle d'un individu, enrichi préalablement par tout un environnement culturel, intellectuel et artistique (un individu éduqué de façon humaniste), et acceptant le pendant trop souvent nié de la Raison, l'intuition. C'est ce qu'on pourrait appeler l'exercice libre et critique, de la spiritualité, par un individu conscient et éclairé.
b) Car ce besoin existe bel et bien : l'Homme a besoin de se sentir relier à un Au-delà, appelez-le comme vous voudrez. Il ne peut se limiter de façon durablement satisfaisante à sa dimension matérielle, physique : répondre à des besoins primaires (uriner, s'alimenter, se reproduire, déféquer,...), ou secondaires (cueillir, pécher, chasser, cultiver,... travailler... se marier, avoir des enfants, s'attacher affectivement,...). Il a en lui un instinct supérieur, qui le pousse à dominer (s'enrichir, accumuler, soumettre, voler, mentir, tuer...), mais aussi à se dépasser (transmettre, perpétuer, partager, créer, inventer, découvrir, comprendre...), et ce mouvement irréversible, qui complexifie les rapports entre les hommes et son mode de vie (la plus évidente preuve matérielle de cette réduction de nos sociétés à sa dimension matérielle étant l'argent, indexant la valeur de toutes choses), le conduisent aussi irrémédiablement, à transcender toutes choses : l'Art en est l'expression la plus vérifiable, l'Amour aussi d'une certaine manière en est une résultante, et sa dimension spirituelle s'exprime tout naturellement dans son imaginaire, ses rêves, ses désirs... Les formuler le conduit simplement à accepter sa dimension irrationnelle, à assumer sa dimension spirituelle, à investir pleinement toutes ses dimensions, n'en niant aucune, à trouver un équilibre entre matière et esprit.
c) De plus, la désaffection des religions dans les sociétés occidentales a entrainé de façon indéniable une perte de valeurs et de repères, qui montrent bien qu'il y a un besoin. Alors, bien sure, il s'agit avant tout d'un besoin d'éducation, de diffusion des savoirs, et surtout d'apprentissage des outils critiques et de constructions personnelles, ambitions très coûteuses et inégalement réparties dans les sociétés contemporaines, mais les institutions qui sont censées assurer cette formation critique défaillent tout autant que ne l'a pu la religion, préférant la facilité d'un conditionnement rapide, efficace et dès le plus jeune âge, par l'école par exemple, au risque pourtant nécessaire pour la construction d'un individu et de sociétés pacifiques, d'un apprentissage libre et volontaire des éléments culturels, historiques, politiques, sociaux, ou moraux qui permettront à tout individu de savoir qui il est, pourquoi il est, et quel sens il peut donner à son existence, c'est-à-dire répondre aux questions qui agitent et angoissent toute esprit humain et que nous posions déjà en préambule de cette réflexion : qui suis-je, où vais-je, d'où viens-je... dans quel état j'erre ? C'est l'objet de la philosophie, trop peu ou trop tardivement présente dans l'éducation institutionnalisée par l'école, mais c'est aussi le propos de la spiritualité, une spiritualité libre de religion.
Conclusion ?
En fin de compte, si, indéniablement il
existe un besoin de religion, y répondre par la religion, n'est pas le
choix le plus approprié, car dans le fond, ce besoin de religion,
révèle un besoin plus profond, plus complexe, plus subtil : le besoin
de repères, de valeurs, de réponses à des questions existentielles
angoissantes et inévitables. C'est un peu le propre de l'homme que de se poser des questions sur l'essence de toutes choses, et lui offrir la
religion comme remède à ces maux, est un cadeau empoisonné, qui
finalement le prive de liberté, et l'éloigne du bonheur, et de la
vérité dont il a avant tout besoin. Sans compter que la religion est
instrumentalisée au profit de minorités averties ou en position de
force et qu'au bout du compte, la religion en pratique aboutit à
l'inverse de la conception du monde qu'elle décrit, prône et promet :
elle fait couler le sang pour elle et ceux qui l'utilise. Alors il
semble qu'il faille débarrasser la religion de ses lourdeurs, de ses
implications matérielles, morales, sociales, économiques, politiques...
pour n'en garder que la dimension la plus strictement spirituelle, qui
elle peut véritablement être un guide pour l'individu, et non pas un
guide pour le rassurer dans une monde plein de vérités et de
certitudes, mais au contraire lui permettre d'accepter l'incertitude,
l'impermanence, le méconnaissance qu'il a de lui-même et du monde, tout
en lui permettant de croire en une chose, une seule : lui-même. Car
tout individu est libre et capable de se construire lui-même, de se
construire un réel heureux et satisfaisant s'il le décide, de
construire le monde à son échelle, de le changer, de lui donner un
sens, et même de partager, communiquer et transmettre cette dimension
spirituelle de son être, la plus précieuse, à autrui, et ce parce qu'il
aura su s'ouvrir à toutes ses dimensions : matérielle, émotionnelle,
intellectuelle et spirituelle, qu'il aura su respecter tous les besoins inhérents à l'Homme. En effet, l'idéal pour que l'Homme
réussisse à se défaire de tout ce qui le conduit à la destruction et
l'auto-destruction, et donc qui l'enferme dans l'angoisse
existentielle, est sans doute qu'il se libère de tout besoin, à
commencer par celui de religion. Et la question ne serait plus alors
"existe-t-il un besoin de religion ?" mais "existe-t-il un réel besoin
d'exister ?", et exister n'implique-t-il pas, d'emblée, une négation de
l'être, quand être, tout simplement, permet de vivre libre de toutes nécessités, et donc de toutes choses qui puissent nous éloigner du
bonheur ? Mais peut-être la question est-elle plus spirituelle que
philosophique.
Voili, voilou.
La Palabra del Dia, origine des mots : RELIGION.
Je me rappelle des mots de mon père, dans la voiture, alors que nous revenions de la première communion de la fille d'une cousine à moi, il y a quelques années, suite à mes critiques sur la superficialité de ce rite, où la plupart des jeunes ne voient qu'une occasion de recevoir des cadeaux, les parents une façon de montrer qu'ils ont les moyens de recevoir tout le monde chez eux, et d'entretenir une image respectable (mes enfants suivent la religion), festivités dont la spiritualité est presque absolument absente... Mon père m'avait dit que l'origine latine de "Religion" était "relier", mais il semble que cette question de l'origine étymologique du mot "religion" soit un sujet polémique et qu'il y ait bien des hypothèses possibles, et des dizaines de significations associées, pour beaucoup assez impressionnantes de vérité et pourtant souvent contradictoires entre elles !
Il me semble que beaucoup de ces sens connotés par étymologie se justifient (dans l'ordre qui m'arrange) :
1) une définition presque neutre de la religion par son étymologie :
- religion = croyances > évidemment ! Avoir une religion, c'est croire en quelque chose, par définition (dimension spirituelle).
- religion = pratiques religieuses > dimension matérielle de l'adhésion à une religion, dimension rituelle, sociale, culturelle, cultuelle.
- religion = sentiment religieux > la Foi ?! Indissociable de la religion.
- religion = chose ou signe saints, sacrés, de culte > c'est le principe.
2) la connotation positive ou bénéfiques de la religion par son étymologie :
- religion = engagement > choix, acte volontaire, social, philosophique ou spirituel, vis-à-vis de soi et d'une communauté.
- religion = conscience > dimension morale positive, cerner
les limites du Bien et du Mal, pour soi et pour autrui, permet la vie
en société, et aussi à chacun de trouver sa place, non seulement dans
la communauté à laquelle il appartient, mais aussi dans son existence :
conscience de soi et du monde (la religion apporte les réponses qui
permettent d'évacuer l'angoisse de mort)
3) les connotations négatives ou nuisibles de la religion par son étymologie :
- religion = obligation >
quand il adhère à une religion, l'Homme se soumet à des règles, des
pratiques, des valeurs morales; parfois même, ses choix sont
conditionnés par ce cadre, il n'est pas libre, et ne le sait même pas,
parce qu'il a été éduqué et formé par ce contexte religieux prégnant,
qui plus que spirituel, a des implications culturelles, sociales,
politiques, morales lourdes, qui permettent au puissants (ceux qui ont
le pouvoir, parmi lesquels la hiérarchie cléricale et papale) et aux
savants (ceux qui savent la vérité et surtout les incertitudes) de
contrôler les individus ignorants et asservis que constituent la masse,
le peuple, en leur donnant l'illusion de la paix et du bonheur.
- religion = crainte des dieux > outil de pouvoir le plus
puissant pour humilier, manipuler et asservir celui qui croit; concept
indissociable de la fameuse "culpabilité judéo-chrétienne" et des
concept moraux très orientés politiquement et culturelles de "Bien et
de Mal" dans les religions monothéistes dont nous sommes même sans le
vouloir ou sans le savoir (cf. le jugement dernier et la menace de la
colère de Dieu et de l'errance éternelle au purgatoire et aux Enfers).
- religion = superstitions > le must de la crédulité
nécessaire pour croire. La religion n'est utile et ne fonctionne que
quand l'individu est crédule (parce que s'il est un tantinet critique
il se rend bien compte qu'il y a anguille sous roche) et/ou qu'il
manque d'éducation (pour avoir cet esprit critique). "La Religion est l'opium du peuple" (Karl MARX), n'est-ce pas ?
Mais heureusement l'humanisme et les Lumières sont passées par là
(enfin, pas partout) et les Hommes vont enfin pourvoir adopter non pas
des religions, mais avoir une vie spirituelle.
4) les acceptions les plus fortes symboliquement :
- religion = relier > même si cette explication étymologique
est erronée, et bien qu'elle constitue une sorte d'idéalisation de la
religion, c'est celle que je préfère : la religion consisterait à
relier l'Homme à Dieu, et relier les hommes entre eux (fonctions
véritablement spirituelle, et fonction sociale indéniable).
- religion = relire, reprendre...> c'est bien l'explication
qui me convainc le moins, mais bon, elle fait sens : la religion ne
fait-elle pas une synthèse morale, culturelle et sociale des mœurs
établies par des sociétés pour les uniformiser, n'agit-elle pas comme
une Loi qui fixe les limites aux individus ? "Tue ne tueras point, tu ne voleras point, etc..." (les 10 commandements)
C'est la Loi, sans justification empirique, sans réflexion
philosophique, sans recourir ou faire confiance en l'Homme, son bon
sens, son libre arbitre, sa conscience, son esprit critique. Elle se
veut universelle, alors que sa source est particulière, spécifique à
une culture, une époque, un lieu. Il doit lire le texte, l'appliquer à
la lettre, le reprendre comme modèle pour sa vie. C'est l'apprentissage
par imitation, sans comprendre, qui s'appuie sur l'ignorance, le
désespoir et le besoin irrémédiable de bonheur des hommes, et qui
s'impose par une autorité (celle de Dieu) qui terrorise plus qu'elle ne
réussit à se faire respecter pour sa compétence, son expérience, ses
savoirs. Et puisqu'en plus cette autorité est abtraite, pas de risque
qu'elle soit renversée, contestée, assassinée, remplacée... Dieu...
c'est qui celui-là ? Pourtant : "Dieu est mort" (Friedrich NIETZSCHHE).
Qui avait dit que le 21ème siècle serait spirituel ou ne serait pas ? Ou bien avait-il dit "religieux, mystiques" ???...
cf.
la polémique sur cette citation controversée de MALRAUX : une réponse
complète, contradictoire et qui ne tranche pourtant pas, sur le site Le Guichet du Savoir.
SOURCES : l'article "Religion" sur Wikipedia à la rubrique étymologie :
http://fr.wikipedia.org/wiki/
(punaise ! même Wikipedia deviendrait intéressant ???!!!
Voili, voilou.
mardi 5 mai 2009
Coup de gueule par blog interposé : arrested development*.
Réflexion et informations : Décroissance et détravail : posologies à la crise ?
A lire sur le blog de Laurent Dupin, journaliste web (Serial Worker), sur le thème de la décroissance, du détravail, du rôle des médias dans tout ça, du rapport travail-économie-environnement-humanité. Très intéressant. Beaucoup de points de vues : un interview radio d'un lutteur de croissance Vincent Cheynet, interview vidéo du Pr Serge Latouche qui définit la croissance, et des dizaines de liens, de lectures, de références pour en lire plus sur ce sujet.
Voili, voilou.
* Arrested development : rappellez-vous ce groupe de hip hop des années 90... textes engagés, prônant
le retour à la nature et à la simplicité, ils créent un véritable mouvement
musical à cheval entre le funk, le rap et les rythmes tribaux africains.
Ecoutez sur Deezer : People everyday.
Vivre libre... ou l'évidence.
Extrait d'un message écrit à une amie, en réponse à son mail où elle s'interroge sur ses choix, son chemin, comparés à ce qu'elle pense comprendre des miens (choix, chemin). En italique ce sont des citations de son mail.
Que dire ? "Je ne sais pas [non plus] quoi faire de mes 10 doigts... j' [ai toujours été] écœurée par les jobs pseudo-intellectuels de bureau... [je crois avoir] des talents artistiques particuliers", mais
je suis incapable d'aller jusqu'au bout de moi-même, de les transformer
en œuvre, d'y croire vraiment, et la plupart du temps je me dis
d'ailleurs que c'est une illusion totale, que je m'invente cette
croyance pour exister, et que dans le fond ce que je fais ne vaut rien,
et qu'un jour, comme Arthur Rimbaud, mais sans même avoir laissé le
tiers du quart de quelque chose qui ait l'authenticité, la sincérité,
la beauté, la profondeur de son œuvre, je me réveillerai brutalement
et irai vendre des armes en Afrique, comme lui... "Je n'ai pas de vocation" : ça c'est sur !
"Simplicité volontaire" : l'expression me plait. J'aime. C'est exactement ça que je veux : la simplicité, aller à l'essentiel, me consacrer à l'essentiel. Mais quoi ? Il y a tant de choses que j'aime, laquelle est mienne ? Il y a tant de choses qui s'agitent, en moi, et autour de moi : comment canaliser ce tumulte dans une direction, dans un projet qui soit mien, clair, évident, et aussi efficace, utile, important. Peut-être ce désir de grandeur qui se trahit encore dans le choix du mot "important" est ce qui m'empêche de "faire" simplement... Me détacher de mon égo : c'est sans doute ma prochaine bataille à mener pour me libérer de ce qui m'empêche encore de me réaliser.
Tu sais : je donne l'impression de
faire des choix, mais dans le fond je n'ai pas tellement le choix.
J'accepte si peu les compromis avec le système que je suis bien obligée
d'imaginer des modes de vie, des façons de faire autres, une voie
alternative... Et figure-toi qu'à chaque fois que je dévie de cette
exigence personnelle qui s'impose à moi : suivre ma propre route, être
cohérente avec moi-même, poursuivre l'essentiel, exprimer, respecter et
réaliser mes désirs profonds, eh bien la vie me fout des claques, et se
charge de me mettre dans une situation tellement inconfortable que je
suis obligée de me recentrer sur moi-même, mon identité, ma quête
d'absolu, de liberté, de bien-être. Ce n'est pas un choix, c'est une
nécessité.
"La précarité, les sacrifices pour être libre...", c'est pas tant de pression que ça. Et certainement moins de pression que de se laisser malmener par toutes les celles sociologico-économico-psychologico-conformistes des sociétés dans lesquelles nous vivons : have a good job, a powerfull car, suck your boss to get a big raise, buy a nice house, find a nice wife (le cliché est nécessairement destiné aux hommes, la femme n'étant qu'un satellite dans l'univers du héros macho), make her two beautiful children, a boy and a girl,... and then, wake up at 40, 50 or 60 years-old... avec l'étrange sensation d'avoir tout raté, de vouloir tout changer, de pouvoir commencer enfin à vivre.
La seule façon de vivre qui soit facile, c'est d'être conforme aux normes, aux attentes de la société, c'est-à-dire, être un mort-vivant, un zombie, dont l'âme a été dévorée par la peur de faire face à soi-même. Et surtout ne pas penser, jamais. Parce que penser c'est le début de la fin. Je comprends très bien ta situation actuelle (enfin, je crois) : tu nages entre deux eaux. D'ailleurs, je corrige : je comprends très bien ce que tu exprimes dans ce mail que tu m'as écrit le 3 avril, car sans doute, depuis, les choses ont-elles changé, peut-être même radicalement, peut-être as-tu fait un choix pour trancher, une fois pour toute, et t'engager dans une voie ou une autre (accepter de s'oublier pour répondre aux attentes de la société, ou be yourself, no matter what they say, comme dirait mon ami Sting), ou alors as-tu coupé la poire en deux, et alors, la question, quelle voie vais-je suivre, ressurgira nécessairement, un jour où l'autre. Parce que la question, notre question, ressurgit toujours, elle nous poursuit, jusqu'à ce qu'on y fasse face, jusqu'à ce qu'on l'affronte, jusqu'à ce qu'on accepte de faire face à soi-même.
Alors oui, j'ai choisi, entre lutter et crier et me plaindre et pleurer et me battre et fermer les yeux... dans un système plus fort que moi qui de toute façon va me broyer, m'aliéner, me compromettre, me confondre, me désintégrer, m'obligeant à mentir, haïr, trahir, gagner, dominer, mépriser, abuser, voler, violer, blesser, tuer pour survivre (sans pour autant pouvoir rester digne et moi-même), et la stratégie de l'esquive (et non pas de la fuite), qui consiste à laisser passer les énergies négatives qui animent ce monde, surfer sur les positives, pour se laisser porter au-delà de soi-même.
Oui, j'ai fait un choix, mais crois-moi, il ne requiert pas de force particulière, c'est un choix par défaut, quand on sait ce qu'on ne veut pas, qu'on a des valeurs un tantinet humanistes... il n'y a pas de choix : juste Soi, l'Autre et le Monde. Non, je n'ai pas de volonté. Je ne veux rien. C'est "rechigner à participer à ce système" dont je sais bien qu'il ne me respecte pas, qui m'oblige à faire ce choix. La révolution, qui construit nos rêves dans la réalité, est intérieure. Et la vie est comme une toile d'araignée, qui émane de notre cœur, et que nous tissons en lien avec les toiles des autres, et qui rayonne autour de nous quand nous savons reconnaître qui nous sommes. Se reconnaître soi est le premier pas. La source. Là où tout commence.
Que dire ? On dirait bien que j'avais des choses à dire...
Voili, voilou.
mardi 31 mars 2009
Réflexion : l'Amour et l'Imagination par défaut.
Extrait d'une lettre écrite à un ami. Dans la suite du concept de sphère, et d'amour moteur de transcendement personnel, d'apprentissage spirituel.
Pour ce qui est de l'amitié, je crois que les liens sont parfois
surnaturels, et bien au-delà des différences culturelles, ce qui permet
de les transcender, et précisément de s'ouvrir à d'autres sphères que
celles que nous nous construisons par l'expérience, l'éducation, les
valeurs, le milieu, la religion, les pratiques socio-culturelles, dans
lesquelles nous grandissons. C'est la plus grande force de l'homme,
avoir le désir et la capacité de se dépasser sans cesse, d'aller
au-delà des frontières de sa perception, de sa douleur, de son
jugement. Ce n'est pas toujours possible, mais il y a en chacun une
étincelle de ce mouvement positif vers autrui, qui heureusement parfois
suffisant pour compenser le rejet, la peur, le dégoût d'autrui, qui
n'est autre que le rejet, la peur, le dégoût de ce que nous
reconnaissons de nous-même en autrui, soit le rejet, la peur, le dégoût
de nous-même. Et cette énergie positive vers autrui, qu'il nous faut
apprendre à exprimer et cultiver, repose ni plus ni moins que sur
l'amour et l'imagination :
- l'amour infini et divin que nous avons chacun en nous, mais qui
demande une telle confiance pour être exprimée dans la juste mesure, au
moment exact, dans les circonstances adéquates, et vers la personne
désignée, sur le support requis... que la plupart du temps il
s'éparpille, se gaspille et se répand comme une plaie, n'importe où,
n'importe comment, dans l'excès ou l'abus, sans toucher la cible, et
blessant plus que ne réconfortant, affectant même sa source, son émetteur,
- et l'imagination qui nous permet d'enrichir notre sphère personnelle dans une interaction avec autrui...
Voili, voilou.
Réflexion : quand le bourreau est la victime.
Extrait d'une lettre écrite à un ami.
J'ai toujours pensé qu'il était plus facile pour l'opprimé de se
libérer de sa situation de victime en refusant que soient répétés les
abus, en se positionnant hors de prise de tout bourreau, et en
pardonnant à celui qui l'a offensé, qu'il ne l'est pour l'oppresseur
d'assumer ses erreurs, reconnaitre la douleur de celui qu'il a offensé,
se remettre en question, mettre fin à sa position confortable de
domination, et se pardonner à lui-même pour sortir du rapport de force
et d'exploitation dans lequel il a trop longtemps grandi. C'est la
force de l'esclave sur la maître, si bien expliqué par la théorie de la
dialectique du maître et de l'esclave de Hegel.
Mais c'est aussi la conclusion que je tire de ma douloureuse expérience
de viol, programmée depuis longtemps pour être victime, dans mon
rapport sans limite à autrui, et vulnérable au désir de l'autre plus
que sensible au respect de moi-même, à ma dignité la plus intime. La
violence de l'agression permet à la victime de changer, comprendre,
grandir (même si elle peut aussi rester sur le trauma et ne jamais le
dépasser, le reproduire et le transmettre), alors que l'agresseur peut
ne jamais se rendre compte du mal qu'il a fait, parce qu'il n'en
souffre pas... au contraire, sa violence est souvent l'expression
défensive des traumas qu'il a lui-même subit et n'a pas su dépasser.
Mais là je m'éloigne un peu du point de départ qui était la
colonisation. Ceci-dit, je pense que ce genre de comparaison entre
l'échelle socio-historique (le comportement inconscient du collectif)
avec l'échelle psychologique humaine de l'individu, est presque
toujours valable pour comprendre les mécanismes de l'humanité, ou
plutôt ses dysfonctionnement.
Voili, voilou.
jeudi 15 janvier 2009
Pour une réforme de l' "Occident"... dans les termes !
Je suis d'accord avec la réponse d'une amie à mon article La Révélation du jour : je suis occidentale, et elle m'inspire cette suite à la réflexion initiée sur l'Occident.
Pour ce qui est des modes de vie
occident/orient, il n'y a pas forcément de différence, et même sans aller jusqu'au Japon, en allant juste en
Allemagne (discipline, ordre et soumission au programme), il semble évident que nous sommes (du moins avons nous l'air d'être, ou croyons-nous être) plus libre (et plus "zen", si j'osais) en Europe, que plus à l'Est... De plus la
France n'est pas si "occidentale" que ça, si par "occidentale" on entend "réglée, policée, socialement ordonnée, soumise", non pas géographiquement, mais de part sa mixcité culturelle et son goût pour les jérémiades, et par ailleurs, l'orient est plus
occidental que l'occident lui-même, pour ce qui est de cette même notion
d'Ordre social, et de pression sur les individus.
En fait je pensais plutôt à une opposition :
-
pays riches, issus de l'industrialisation, déterminé par une désaffection de la
religion au profit des sciences et des technologies, qui ont développé
et conservé des philosophies très cartésiennes, et une structuration
très carré des choses (même dans l'architecture et l'organisation urbaine), même en France où on est peu plus olé-olé...
- avec le reste du monde (où je suis), qui subit le rythme imposé par
cette machine économique hyper productive, tant il en dépend (de l'Occident), à en oublier l'humain, à s'en alliéner culturellement, tant
le profit est devenu capital (hahaha), et le modèle occidental un emblème du bonheur absolu atteint (confort matériel, stabilité, réussite professionnelle, respect de la loi, paix...).
Cela
me rappelle la lecture d'un petit livre fort sympathique : La fabrique
de l'Homme Occidental, de Pierre Legendre, qui m'avait été d'un grand
secours dans mon travail sur le "Vide" lors de la préparation du
concours d'entrée à la Fémis en 2000. Il explique et je prolonge la réflexion. Il explique comment ces deux univers philosophiques bien distincts peuvent se lirent dans leurs formes d'expressions artistiques, mais aussi l'architecture des villes, les structures sociales, etc... et comment la peur du vide en occident (renvoyant à la peur de la mort, et du jugement dernier, déjà présent dans les religions monothéistes, qui toutes jouent sur cette peur et culpabilité pour établir l'ordre moral et social), régit toutes les dimensions de la vie occidentale.
Cette notion de "vide" incarne
d'ailleurs toute la différence entre les formes de pensée dites
"occidentales" et "orientale", même si de nombreux philosophes
européens et nords-américains se sont intéressés au bouddhisme, on ne
défait pas des millénaires de conditionnement spatio-temporel (et donc énergétique) en
quelques livres que personne n'a lu, sauf des intellos, qui forcément ne peuvent pas comprendre, puisqu'ils sont les mieux conditionnés aux formes de pensées intellectuelels occidentales.
C'est une prise de conscience
profonde qu'il faut. L'existentialiste tente bien de replacer Dieu par le Néant, mais aucune de ces pensées n'est complète. Dieu est l'image fixe qui rassure et crèe une illusion d'absolu accessible dans le Bien (sous peine de périr en Enfer). Et le Néant ne renvoit pas exactement à un "rien neutre", ou un Vide qui serait juste le complément de la Matière, mais plutôt à une négation de la Matière, lourdement connoté négativement. La cartésiannisme lui, aurait pu prendre une dimension plus complexe et irrationnelle, mais des générations entières ont préféré le rattacher aux Sciences par sa méthode, et ce fichu "cartésiannisme mal interprété" est bien ce qui définit le mieux le mode de pensée occidental : athé, matérialiste, dans des boîtes, et angoissé.
Et vu que la tendance serait plutôt à ce que
l'Orient abandonne sa philosophe pour se convertir le plus rapidement
possible à la doctrine libérale qui envahit tous les continents, et qui peut assurer sa survie, il n'y
aura bientôt plus que les physiciens quanticiens (qui depuis le
relativité d'Einstein, savent bien que le temps n'est pas linéaire et
que l'espace n'est pas que matière) pour nous rappeller la nécessité
d'intégrer le vide à notre conception et notre compréhension (ce qui
revient au même) du Monde.
Ici les gens vivent vraiment à un autre rythme (moins de stress), avec
d'autres priorités (plus humaines), d'autres fonctionnements (moins
rigides), peu de principes, ou des principes moins lourds moralement
(mis-à-part la religion catholique et toutes ses superstitions qui ont
une très forte influence dans le quotidien...)... Alors comparée à eux,
les colombiens, diantre que je me sens occidentale (non pas que je le
devienne... je le suis... et j'espère ne pas le rester), au plus
mauvais sens du terme... surtout quand j'exprime des attentes qui sont
en décalage avec leur culture, et qui me renvoient à cette culture
occidentale dans laquelle j'ai gandit, et que fatalement, je souffre de
ce décalage, et que cette attente me semble un piège, une chaîne dont
je dois me libérer.
Mais je me soigne : j'essaye d'arriver en retard, de ne pas dramatiser
quand on me pose des lapins, de ne pas tenir rigueur aux personnes qui
manquent à leur parole,... de laisser faire le temps... de donner du
temps au temps. D'ailleurs, j'y arrive très bien, car de plus en plus
de gens me font la remarque que je me "colombianise", et je ne fais
même plus exprès d'arriver en retard, je suis devenue incapable
d'arriver à l'heure (sauf au travail) !
Par contre il y a une confusion dans ce que j'ai voulu exprimer et elle
est liée au terme "occident" dont j'avais déjà remarqué qu'il était
inexact (presque par essence), et qu'il faut définitivement que je
réforme. Tout comme j'ai bannit le mot "américain" de mon langage pour
parler des "états-uniens" depuis fort longtemps.
Alors, je te le demande, comment désigner lexicalement cet ensemble de
pays dont je veux parler : Europe, Etats-Unis, Canada, et
accessoirement quelques pays riches deci-delà ? D'autant plus que
l'occident, c'est relatif. On est toujours à l'occident ou à l'orient
d'autre chose... Et vu d'ici, en Colombie, la France est loin d'être à
l'occident.
En réalité, c'est un certain mode de vie, une certaine façon de pensée,
un ensemble de systèmes économiques, politiques et sociaux que je
cherche à regrouper sous une étiquette qui renverrait à ce que
j'appelle pour l'instant "occident", car même en occident, il y a des
gens qui ne vivent pas à l'occidentale (qui y arrivent !), et partout
hors d'occident, les gens tendent à se conformer à ce dogme. C'est ce
que certain appellent la "mondialisation"... et que je préfère appeller
l' "uniformisation" des modes de vies, mode de pensée...
Et puis pour conclure sur la relative liberté dont nous jouissons, elle est, me semble-t-il fonction, premièrement, de notre conception culturelle de la liberté, et cette conception ne dépent-elle pas de ce que nous concevons comme des contraintes et des obligations ? Et deuxièmement, être libre, est en soit une contrainte, puisque cela nous interdit de vouloir être libre... C'est comme le bonheure : l'atteindre l'annule. Alors nous pourrons toujours juger le mode de vie des autres, leur degré de soumission et de liberté, leur passivité face aux contraintes qu'ils vivent, leur relative conception de la liberté... ils peuvent en dire autant des nôtres !
Voili, voilou.
Satané inconscient !
Visiblement oui, j'ai perdu du poids. Sans faire exprès. Changement de
rythme de vie, d'alimentation, d'activité physique. Je travaille moins, sans patron,
et donc stresse moins. Même le temps que je passe à ne rien faire je ne
mange pas spécialement plus, comme avant. J'essaye d'aller nager une fois par semaine.
Je marche (presque pas de taxi et juste le bus pour mes déplacements de plus d'une demi-heure à pied). Et je mange différemment, sans spécialement faire attention
à ce que je mange. Mes envies ont changé en fait. Je cuisine plus moi-même. Je n'ai de toute façon pas d'argent pour manger des trucs
déséquilibrés dehors (sandwichs, etc...). Et il m'est même passé par
l'esprit une envie de végétarisme, mais j'aime trop la viande pour ça,
alors cela oriente juste différemment ma façon de manger (+ de
légumineuses, de légumes, de riz (le meilleur des aliments!), presque jamais de sucre, quasiment
aucune graisses, pas de beurre, très peu d'huile...). Et tous ces changements se sont opérés en moi sans que je m'en rende compte... naturellement.
Mais le truc c'est que plusieurs personnes m'ont fait la remarque
récemment, que j'avais changé physiquement, et que cela a fait
ressurgir en moi une angoisse : celle de plaire (et d'être désirée,... mon dieu, quelle horreur, la séduction !!!... le raccourci est très court,
mais dans mon inconscient cela fonctionne comme ça pour moi).
Et hop! ce week-end je me suis
goinfrée (histoire de me défigurer), chose qui ne m'étais pas arrivé depuis des mois, voire des
années... Je souffre
d'une espèce de mini crise de foie depuis deux jours. Il faut dire que
quand on ne mange jamais de sucre et qu'en 48h on mange galettes des
rois (trois ou quatre parts), barres de chocolats (presque une
dizaine), agua panela, sirop batterie, et sans doute des choses que
j'ai oublié... ça fait un choc à l'organisme. Je crois que mon corps a
bien compris le message. Mon inconscient par contre... je ne sais pas...
Et la crise de foie me tortillant le ventre, j'ai réfléchi, compris ce
qui s'était passé en moi, et ne voilà-t-il pas que je culpabilise de
cette crise de boulimie du week-end, la sensation d'avoir tout gaché... Qu'est-ce que je veux ? Continuer à me cacher derrière mon poids ? Ou continuer à assainir mon mode de vie, me sentir mieux dans ma peau, au risque de devoir affronter ce monstre de séduction et de désir de l'autre qui me fait horreur ?
Mais heureusement je m'en suis rendue compte.
Voili, voilou.
La révélation du jour : je suis une occidentale !
Je vis vraiment au jour le jour depuis quelques temps. Ce sont un peu les circonstances qui m'y conduisent (pas d'argent, trop de temps, plus de projets, des sorties de dernière minutes, des envies soudaines, ou pas d'envies du tout...). Même si les circonstances, je les ai choisies et aménagées à mon gré (travailler à mon compte, organiser mon temps, être libre, donner la priorité à l'humain, l'artistique et l'affectif, plutôt que le social, l'économique, le financier ou le politique, dans ma vie). Et puis c'est aussi un choix philosophique et spirituel conscient que j'ai fait depuis plusieurs années (en 2006) et que j'arrive petit à petit à mettre en action dans ma vie : laisser l'essentiel et l'évidence venir à
moi... Mais à chaque fois je me heurte à des obstacles dans cette quête : et je me rends compte, que je suis ni plus ni moins moi même le principal obstacle dans cette quête. Le carpe diem, l'impermanence... c'est pas toujours facile à assumer
quand, malgré soi, on a grandit dans une logique occidentale,
d'existence par le travail, de sécurité par l'argent, de nécessité
affective, de ponctualité obligatoire, d'attachement matériel et affectif, de rendement, même artistique...
Voili, voilou.
La Colombie : la mauvaise réputation ! Info ou intox ?
Plusieurs personnes ces derniers temps on évoqué dans leur correspondance avec moi leur peur de voyager en Colombie étant donné sa mauvaise réputation notoire et son climat supposé instable politiquement et socialement. Certe, tout n'est pas rose en Colombie, mais tout n'est pas noir non plus, et d'autres pays qui ont bonne presse, du moins touristiquement, peuvent être bien plus dangereux, à mon sens...
Je peux dire, maintenant que j'y vis depuis plus d'un an, que la Colombie ne craint vraiment rien touristiquement. La situation politique et diplomatique est plutôt calme. Les villes sont sures (pas moins sures que Lima que je connais, ou que Quito ou Mexico aux dires de mes amis qui ont voyagé dans ces pays). Mon coloc vient de passer trois semaines chez une amie au Mexique, sur la côte pacifique, et bien il affirme qu'il se sent dix fois plus en sécurité ici qu'il ne s'est senti là bas.
Je crois vraiment que les médias et
les gens en Europe fantasment complètement sur la situation de la
Colombie. Il y a eu beaucoup de violence et de graves problèmes, mais
aujourd'hui on peut circuler, voyager et vivre en Colombie en toute
tranquilité.
Le seul danger c'est la pauvreté des gens, quand on est un
touriste européen ou nord-américain, et au même titre que tous les pays
d'Amérique Latine, et du Monde d'ailleurs. En fait, la guerilla et les
paramilitaires ont semé la terreur pendant des années, mais aujourd'hui
les Farcs sont moins nombreux que les forces militaires officielles de
l'état (c'est l'une des armées les plus nombreuse du monde en
proportion avec la population) qui occupent tout le territoire, sauf la
forêt Amazonienne, les Farcs relachent tout le monde petit à petit, et
les paramilitaires (qui ont été créé par Uribe pour lutter contre les
Farcs et dont il dit avoir perdu le contrôle pour se désolidariser des
massacres qu'ils ont commis contre les civils innocents dans les
campagnes et pour dissimuler ses liens (ceux d'Uribe) avec les
narcotrafficants qui sont de sa famille) ont été démobilisés et
réinsérés dans la société civile au même titre que la plupart des
guérillero.
Je n'ai pas entendu parler d'incident causé par la guérilla ou les paramilitaires depuis que je suis arrivée. Juste de négociations et de libérations d'otages, avec des interventions internationales et dans des zones inhabitées et non touristiques du pays (l'Amazonie). Quand je suis arrivée, des gens m'ont raconté des trucs qui seraient arrivés peu de temps avant mon arrivée, mais depuis, ce qui fait parler les gens et les médias colombiens, c'est surtout les Pyramides (une société qui a arnaqué les pauvres en leur prenant toutes les économies et en leur promettant qu'ils allaient gagner beaucoup, pendant qu'Uribe, qui était au courant, ne faisait rien...), la mobilisation des étudiants contre la privatisation des universités et l'augmentation des frais d'inscription, durement réprimée par la brigade de l'Esmad (les CRS d'ici, surnommés Robocop), et aussi les grèves et manifestations des coupeurs de cannes, indigènes et autres travailleurs agricoles spoliés encore une fois, par l'Etat,...
La menace dans ce
pays, elle est sociale, elle est économique, et elle s'exerce contre le
peuple, contre les pauvres, contre les colombiens eux-même, qui
commencent à ouvrir les yeux sur la face caché de leur cher
président... et sa propagande Bushiste pour assimiler toutes les
protestations sociales et économiques légitimes contre son gouvernement
à du terrorisme, au nom duquel aucune loi ne peut s'appliquer (Uribe
a déclaré que quand il s'agit de lutter contre le terrorisme, il n'est
pas nécessaire de respecter la loi : pas de jugement, pas de défense
pour les accusés, pas de respect des procédures, etc...). Bref.
Les
touristes, les étrangers (s'ils viennent de pays riches), ils peuvent
visiter tranquilles la Colombie, conduisent sans permis, et peuvent
même sniffer de la cocaïne dans les bars... tant qu'ils payent ! Enfin.
Il se peut que je t'ai fait encore plus peur avec ce topo, mais si la
crainte que vous avez, c'est la réputation violente de ce pays à cause
de l'existence d'une guérilla active qui pratique des séquestrations
d'étrangers contre rançons... ce n'est pas la Colombie dans laquelle je
vis, et je ne la connais pas celle-là ! Alors si vous vous laissez
tenter par la Colombie, ce sera avec grand plaisir... Je serai votre guide, autant que faire se peut. Je pense vraiment
que ce n'est pas pire que le Pérou, ou le Vénézuela, ou même le
Mexique. Enfin.
Je comprends ceci dit que nous n'ayons pas tous les mêmes attentes ou perceptions des choses, et le fait que vous, pour oser voyager dans un pays, ayez besoin de "calme politique et social apparent" (masquant mieux une certaine violence psychologique dans les moyens de soumission idéologique et économique par le conditionnement à travers le travail, l'éducation, par les médias (comme par exemple : "N'allez pas en Colombie ! Ce pays a une réputation violente !!!"...) est ce qu'attendent la majorité des gens, et est légitime. Cela se respecte. Et c'est une force que d'être conscient de ses limites personnelles... Mais ne nous les fabriquons-nous pas aussi, pour donner un sens à nos peurs ? Ne nous inventons-nous pas de vraies bonnes raisons de ne pas remettre en question nos peurs et nos limites (nos faiblesses) pour ne pas trop chambouler l'ordre intérieur et extérieur des choses, de note vie, notre confort, nos certitudes, et ne pas faire face à des angoisses qui dans le fond sont plus générées par les certitudes que auxquelles nous nous accrochons, et notre incapacité à accepter l'incertitude comme telle...???
Enfin, je sais pas si vous me suivez... Rien n'est jamais certain de toute façon, tout bouge constamment, tout fluctue, tout évolue... et nous sommes pris dans le flot de réalités multiples que nous modelons à loisir en fonction de nos choix de perception, et d'action...
Une chose est certaine, il y a un risque partout : en Colombie, au Pérou, au Brésil, aux Etats-Unis, en France. Et je ne crois pas qu'il soit si facile de faire une hiérarchie des risques... Tout est relatif.
Voili, voilou.
