mardi 5 mai 2009
Coup de gueule par blog interposé : arrested development*.
Réflexion et informations : Décroissance et détravail : posologies à la crise ?
A lire sur le blog de Laurent Dupin, journaliste web (Serial Worker), sur le thème de la décroissance, du détravail, du rôle des médias dans tout ça, du rapport travail-économie-environnement-humanité. Très intéressant. Beaucoup de points de vues : un interview radio d'un lutteur de croissance Vincent Cheynet, interview vidéo du Pr Serge Latouche qui définit la croissance, et des dizaines de liens, de lectures, de références pour en lire plus sur ce sujet.
Voili, voilou.
* Arrested development : rappellez-vous ce groupe de hip hop des années 90... textes engagés, prônant
le retour à la nature et à la simplicité, ils créent un véritable mouvement
musical à cheval entre le funk, le rap et les rythmes tribaux africains.
Ecoutez sur Deezer : People everyday.
Vivre libre... ou l'évidence.
Extrait d'un message écrit à une amie, en réponse à son mail où elle s'interroge sur ses choix, son chemin, comparés à ce qu'elle pense comprendre des miens (choix, chemin). En italique ce sont des citations de son mail.
Que dire ? "Je ne sais pas [non plus] quoi faire de mes 10 doigts... j' [ai toujours été] écœurée par les jobs pseudo-intellectuels de bureau... [je crois avoir] des talents artistiques particuliers", mais
je suis incapable d'aller jusqu'au bout de moi-même, de les transformer
en œuvre, d'y croire vraiment, et la plupart du temps je me dis
d'ailleurs que c'est une illusion totale, que je m'invente cette
croyance pour exister, et que dans le fond ce que je fais ne vaut rien,
et qu'un jour, comme Arthur Rimbaud, mais sans même avoir laissé le
tiers du quart de quelque chose qui ait l'authenticité, la sincérité,
la beauté, la profondeur de son œuvre, je me réveillerai brutalement
et irai vendre des armes en Afrique, comme lui... "Je n'ai pas de vocation" : ça c'est sur !
"Simplicité volontaire" : l'expression me plait. J'aime. C'est exactement ça que je veux : la simplicité, aller à l'essentiel, me consacrer à l'essentiel. Mais quoi ? Il y a tant de choses que j'aime, laquelle est mienne ? Il y a tant de choses qui s'agitent, en moi, et autour de moi : comment canaliser ce tumulte dans une direction, dans un projet qui soit mien, clair, évident, et aussi efficace, utile, important. Peut-être ce désir de grandeur qui se trahit encore dans le choix du mot "important" est ce qui m'empêche de "faire" simplement... Me détacher de mon égo : c'est sans doute ma prochaine bataille à mener pour me libérer de ce qui m'empêche encore de me réaliser.
Tu sais : je donne l'impression de
faire des choix, mais dans le fond je n'ai pas tellement le choix.
J'accepte si peu les compromis avec le système que je suis bien obligée
d'imaginer des modes de vie, des façons de faire autres, une voie
alternative... Et figure-toi qu'à chaque fois que je dévie de cette
exigence personnelle qui s'impose à moi : suivre ma propre route, être
cohérente avec moi-même, poursuivre l'essentiel, exprimer, respecter et
réaliser mes désirs profonds, eh bien la vie me fout des claques, et se
charge de me mettre dans une situation tellement inconfortable que je
suis obligée de me recentrer sur moi-même, mon identité, ma quête
d'absolu, de liberté, de bien-être. Ce n'est pas un choix, c'est une
nécessité.
"La précarité, les sacrifices pour être libre...", c'est pas tant de pression que ça. Et certainement moins de pression que de se laisser malmener par toutes les celles sociologico-économico-psychologico-conformistes des sociétés dans lesquelles nous vivons : have a good job, a powerfull car, suck your boss to get a big raise, buy a nice house, find a nice wife (le cliché est nécessairement destiné aux hommes, la femme n'étant qu'un satellite dans l'univers du héros macho), make her two beautiful children, a boy and a girl,... and then, wake up at 40, 50 or 60 years-old... avec l'étrange sensation d'avoir tout raté, de vouloir tout changer, de pouvoir commencer enfin à vivre.
La seule façon de vivre qui soit facile, c'est d'être conforme aux normes, aux attentes de la société, c'est-à-dire, être un mort-vivant, un zombie, dont l'âme a été dévorée par la peur de faire face à soi-même. Et surtout ne pas penser, jamais. Parce que penser c'est le début de la fin. Je comprends très bien ta situation actuelle (enfin, je crois) : tu nages entre deux eaux. D'ailleurs, je corrige : je comprends très bien ce que tu exprimes dans ce mail que tu m'as écrit le 3 avril, car sans doute, depuis, les choses ont-elles changé, peut-être même radicalement, peut-être as-tu fait un choix pour trancher, une fois pour toute, et t'engager dans une voie ou une autre (accepter de s'oublier pour répondre aux attentes de la société, ou be yourself, no matter what they say, comme dirait mon ami Sting), ou alors as-tu coupé la poire en deux, et alors, la question, quelle voie vais-je suivre, ressurgira nécessairement, un jour où l'autre. Parce que la question, notre question, ressurgit toujours, elle nous poursuit, jusqu'à ce qu'on y fasse face, jusqu'à ce qu'on l'affronte, jusqu'à ce qu'on accepte de faire face à soi-même.
Alors oui, j'ai choisi, entre lutter et crier et me plaindre et pleurer et me battre et fermer les yeux... dans un système plus fort que moi qui de toute façon va me broyer, m'aliéner, me compromettre, me confondre, me désintégrer, m'obligeant à mentir, haïr, trahir, gagner, dominer, mépriser, abuser, voler, violer, blesser, tuer pour survivre (sans pour autant pouvoir rester digne et moi-même), et la stratégie de l'esquive (et non pas de la fuite), qui consiste à laisser passer les énergies négatives qui animent ce monde, surfer sur les positives, pour se laisser porter au-delà de soi-même.
Oui, j'ai fait un choix, mais crois-moi, il ne requiert pas de force particulière, c'est un choix par défaut, quand on sait ce qu'on ne veut pas, qu'on a des valeurs un tantinet humanistes... il n'y a pas de choix : juste Soi, l'Autre et le Monde. Non, je n'ai pas de volonté. Je ne veux rien. C'est "rechigner à participer à ce système" dont je sais bien qu'il ne me respecte pas, qui m'oblige à faire ce choix. La révolution, qui construit nos rêves dans la réalité, est intérieure. Et la vie est comme une toile d'araignée, qui émane de notre cœur, et que nous tissons en lien avec les toiles des autres, et qui rayonne autour de nous quand nous savons reconnaître qui nous sommes. Se reconnaître soi est le premier pas. La source. Là où tout commence.
Que dire ? On dirait bien que j'avais des choses à dire...
Voili, voilou.
vendredi 3 avril 2009
Conflit social en Guadeloupe : je ne sais pas.
En réaction au mail d'une de mes plus fidèles lectrices sur ce blog :
"Comme beaucoup de gens je suis bien contente que tu recommences à
écrire sur ton blog, j'étais persuadée que tu avais finalement mis à
exécution tes menaces de te couper complètement du monde
informatico-webien! Au moment même du conflit social en Guadeloupe où
tu aurais eu tellement de chose à expliquer, partager, protester!
J'étais un peu blasée de ne pas te lire à ce sujet..." (Caroline, par email, vendredi 3 avril 2009)
Le conflit social en Guadeloupe ? C'est, je l'ai déjà expliquée, l'une des raisons de mon envie de retour au pays natal... mais, surtout, cela a été la raison principale de mon silence sur le blog. Oui, j'ai été très occupée par mes cours particuliers et mes projets à l'Alliance, mais surtout je me suis sentie frustrée de ne pas être en Guadeloupe pour vivre ces événements avec elle, sa population, de ne pas partager cette action, ces changements,... et par dessus tout, de me sentir tellement bien intégrée à une réalité toute autre et si différente en apparence, si lointaine, que je n'arrivais même pas à lire et m'intéresser à tous les articles et autres réactions que tout le monde m'envoyait alors sur ma boîte email pour précisément partager avec moi cet événement. Je les ai tous stockés dans un dossier, j'en ai lu un dixième, et je n'ai pris connaissance de la plateforme du LKP* que quand un élève de ma classe à l'Alliance Française m'a interrogé sur le conflit social en Guadeloupe, dont il avait entendu parler sur TV5, et qu'il voulait que je lui explique : il en savait plus que moi et j'ai été incapable de lui dire quoique ce soit. J'avais sciemment ignoré ce qui se passait, alors que Maman et Julie m'en parlaient tous les jours sur le chat de Gmail : Julie qui crevait la dalle parce que son atelier de lutherie n'a pas tourné pendant tout ce temps, et Maman qui devait gérer les tensions dans le personnel de l'institution dont elle est chef de service et dont le directeur a trop longtemps hésité à assumé la situation pour finalement décider du chômage technique afin d'effacer les dissencions entre grévistes et non-grévistes, l'institution ne pouvant plus fonctionner normalement de toute façon. Alors je me suis forcée à me documenter, j'ai replongé dans la floppée de mail reçus et classés sans être lus, et j'en ai acquis une compréhension superficielle, factuelle, pour pouvoir au moins comprendre ce que d'autres en disaient. J'ai même organisé un de mes cours de conversation avec un de mes élèves du lycée français sur ce thème et à partir d'articles trouvés dans le NouvelObs.com (ils ont fait tout un dossier sur le conflit), j'ai même donné les documents récupérés aux personnes qui me questionnaient, et s'adressaient à moi légitimement parce que je suis guadeloupéenne, et c'est en partie ce qui m'a poussé à organiser le projet sur la Guadeloupe à l'Alliance Française pour la fête de la Francophonie, utilisant l'activité comme prétexte à partager et vivre par procuration tout ce qui me manque : la Guadeloupe et ses multiples facettes culturelles, historiques, environnementales, etc... Car sur le conflit je n'avais et je n'ai toujours rien à dire. Que dire quand on a pas vécu les choses, quand on ne sait pas ? Parler du conflit israelo-palestinien sans savoir (sans avoir vu ou vécu, c'est-à-dire sur la base des points de vues et informations diffusés par la presse), quand on est ni israelien, ni palestinien, cela reste un exercice intellectuel facile et auquel la plupart des gens succombent. Mais allez parler dune part de vous-même dont vous ignorez tout ? Croyez moi, cela déchire intérieurement, cela blesse, que de réaliser qu'on ne sait pas, et que tout ce qu'on peut dire c'est ce qu'on a lu dans un article, ou ce que untel nous a dit. Que du descriptif, et encore, récolté par les médias et les témoignages des proches qui l'ont vécu. Moi je n'y étais pas. Je ne sais pas. Et ça me fait mal. En fait je me suis sentie complètement déconnectée d'une partie de moi même à ce moment là : comme si j'avais raté quelque chose, comme si je n'étais pas là où je devais, incapable de me sentir concernée, incapable de m'impliquer à distance, incapable de prendre position, de porter un avis... Moi qui avait toujours imaginé ce type de mouvement pour la Guadeloupe : analyse en profondeur d'une situation économique et sociale, mais aussi politique, réflexion sur une histoire, remise en question profonde, revendications déterminées et justifiées, action radicale et efficace. Mais là encore, j'ai l'impression d'être à côté de la plaque : je fantasme sans doute une mobilisation quasi révolutionnaire et idéale, qui a pu ou aurait pu être le lieu de débat, d'éducation, de transmission culturelle... alors que si ça se trouve, cela a juste été une grève comme toute les autres, où les profiteurs sont ceux qui protestent contre la "profitation"... En fait je n'en sais rien. Et il faut que je sache. Je veux savoir. Un cyclone social est passé sur la Guadeloupe, une vague rumeur m'en a apporté l'information, il faut que je sache, que je vois de mes yeux, que j'aille voir moi-même ce qu'il en est.
Voili, voilou.
mardi 31 mars 2009
Partir ?
Depuis quelques temps, j'ai une envie irrésistible d'aller en Guadeloupe : en vacances, y vivre, y travailler... je ne sais pas. Depuis Noël, période à laquelle j'ai eu des difficultés financière et où je me suis retrouvée un peu seule en ville, tout le monde étant parti en vacances (ici ce sont les grandes vacances annuelles dans les entreprises, les écoles, les universités), puis sachant que mon frère, Patrick, y est parti s'y installer depuis maintenant un mois et demi avec sa petite amie, Karine, et ajouté à ça le fait que j'aurai vraiment aimé être en Guadeloupe au moment de la grève et des mobilisations politiques et culturelles qui ont eu lieu, ayant toujours souhaité pour la Guadeloupe ce genre de mouvement politique, presque révolutionnaire, de remise en question argumentée de la situation économique de la Guadeloupe, avec force et détermination, etc... eh bien, ces trois choses ont produit en moi une envie de retourner en Guadeloupe, d'y être, tout simplement. Peut-être que je me sens enfin mûre pour le retour au pays natal... Peut-être que la Guadeloupe est enfin mûre pour les changements que j'ai envie d'y mettre en œuvre... Je ne sais pas... Advienne que pourra.
Voili, voilou.
Réflexion : l'Amour et l'Imagination par défaut.
Extrait d'une lettre écrite à un ami. Dans la suite du concept de sphère, et d'amour moteur de transcendement personnel, d'apprentissage spirituel.
Pour ce qui est de l'amitié, je crois que les liens sont parfois
surnaturels, et bien au-delà des différences culturelles, ce qui permet
de les transcender, et précisément de s'ouvrir à d'autres sphères que
celles que nous nous construisons par l'expérience, l'éducation, les
valeurs, le milieu, la religion, les pratiques socio-culturelles, dans
lesquelles nous grandissons. C'est la plus grande force de l'homme,
avoir le désir et la capacité de se dépasser sans cesse, d'aller
au-delà des frontières de sa perception, de sa douleur, de son
jugement. Ce n'est pas toujours possible, mais il y a en chacun une
étincelle de ce mouvement positif vers autrui, qui heureusement parfois
suffisant pour compenser le rejet, la peur, le dégoût d'autrui, qui
n'est autre que le rejet, la peur, le dégoût de ce que nous
reconnaissons de nous-même en autrui, soit le rejet, la peur, le dégoût
de nous-même. Et cette énergie positive vers autrui, qu'il nous faut
apprendre à exprimer et cultiver, repose ni plus ni moins que sur
l'amour et l'imagination :
- l'amour infini et divin que nous avons chacun en nous, mais qui
demande une telle confiance pour être exprimée dans la juste mesure, au
moment exact, dans les circonstances adéquates, et vers la personne
désignée, sur le support requis... que la plupart du temps il
s'éparpille, se gaspille et se répand comme une plaie, n'importe où,
n'importe comment, dans l'excès ou l'abus, sans toucher la cible, et
blessant plus que ne réconfortant, affectant même sa source, son émetteur,
- et l'imagination qui nous permet d'enrichir notre sphère personnelle dans une interaction avec autrui...
Voili, voilou.
Réflexion : quand le bourreau est la victime.
Extrait d'une lettre écrite à un ami.
J'ai toujours pensé qu'il était plus facile pour l'opprimé de se
libérer de sa situation de victime en refusant que soient répétés les
abus, en se positionnant hors de prise de tout bourreau, et en
pardonnant à celui qui l'a offensé, qu'il ne l'est pour l'oppresseur
d'assumer ses erreurs, reconnaitre la douleur de celui qu'il a offensé,
se remettre en question, mettre fin à sa position confortable de
domination, et se pardonner à lui-même pour sortir du rapport de force
et d'exploitation dans lequel il a trop longtemps grandi. C'est la
force de l'esclave sur la maître, si bien expliqué par la théorie de la
dialectique du maître et de l'esclave de Hegel.
Mais c'est aussi la conclusion que je tire de ma douloureuse expérience
de viol, programmée depuis longtemps pour être victime, dans mon
rapport sans limite à autrui, et vulnérable au désir de l'autre plus
que sensible au respect de moi-même, à ma dignité la plus intime. La
violence de l'agression permet à la victime de changer, comprendre,
grandir (même si elle peut aussi rester sur le trauma et ne jamais le
dépasser, le reproduire et le transmettre), alors que l'agresseur peut
ne jamais se rendre compte du mal qu'il a fait, parce qu'il n'en
souffre pas... au contraire, sa violence est souvent l'expression
défensive des traumas qu'il a lui-même subit et n'a pas su dépasser.
Mais là je m'éloigne un peu du point de départ qui était la
colonisation. Ceci-dit, je pense que ce genre de comparaison entre
l'échelle socio-historique (le comportement inconscient du collectif)
avec l'échelle psychologique humaine de l'individu, est presque
toujours valable pour comprendre les mécanismes de l'humanité, ou
plutôt ses dysfonctionnement.
Voili, voilou.
mardi 6 janvier 2009
A bas le travail ! Vive le travail !
Le paradoxe ultime des sociétés occidentalisées, ou plutôt, vu qu'il est de plus en plus difficile de situer les choses géographiquement pour catégoriser ou classifier les pays où le mode de vie et les valeurs se cristallisent peu à peu autour du système ultra-libéral... disons, des sociétés "ultra-libéralisées"; le paradoxe de ces sociétés, c'est que la plupart d'entre nous avons au fond de notre douce et pure nature humaine, encline à la paix et au bonheur, le germe de l'idée qu'il y a un binz, un truc qui ne tourne pas rond, et comme ont osé l'énoncer les situationnistes, nous savons tous que dans le fond nous aimerions obéir à leur mot d'ordre : "Ne travaillez jamais !", afin d'accomplir l'idéal naturel « Vivre sans temps mort et jouir sans entrave ». Au lieu de cela, nous acceptons la violence qui est faite à notre nature, parce que de cet enjeu économique et social dépend notre survie biologique, et que notre apprentissage spirituel n'est pas encore suffisamment accompli pour que nous puissions nous libérer de cette mécanique mercantiliste implacable et coercitive (j'ai appris un nouveau mot). Alors voilà. Je passe 13 jours complets à me faire chier, m'ennuyer,... quand le travail et des occupations obligatoires m'auraient permis d'oublier ma solitude, et la frustration que je ressentais de ne pas pouvoir vivre mon idéal pour l'instant : rester vivre là-haut dans la montagne à 3800 mètres d'altitude et en totale autarcie. Je me morfonds dans cet état tout en regardant des films anarchistes (Pierre Carles, Attention Danger Travail) et anti-impérialisme-états-uniens qui dénoncent le contrôle de la pensée et des désirs des citoyens dans les sociétés "dites" démocratiques au moyen des médias (film documentaire de 3h30 sur Noam Chomsky, La Fabrication du Consentement). Mon esprit s'éveille, trouve du réconfort à travers le discours de ces hommes qui me touche, me concerne et auquel j'adhère... Et paradoxalement, inéluctablement, lundi 5 janvier 2009, je reprends le travail : je passe ma journée à donner des cours particuliers... et putain ! c'est trop bon ! j'aime ça !!! Quelle libération d'avoir enfin quelque chose à faire plutôt que de penser ! Quel plaisir de travailler sans en avoir l'air ! Quel soulagement de faire enfin entrer des sous dans les caisses après ces deux semaines de disette !!! Je trouve même l'énergie pour faire et finir le ménage de la maison que j'avais un peu négligé ces derniers temps, déprime obligé, et je nettoie de fond en comble le moindre recoin du frigo, du four, de la salle de bain... même la poubelle est passée à la javel ! Le carrelage brille, la vaisselle est faite et rangée, le frigo est vide mais au moins il est blanc ! Et cette odeur de javel dans l'air... Hmmmm... qu'est-ce qu'on est con quand on a été, malgré soi, et malgré tous les efforts de nos parents pour nous préserver des facteurs majeurs de conditionnement (à commencer par l'école publique et de masse), malgré tout bien conditionné à réagir en parfaite ménagère, ou en parfaite travailleuse, contente d'aller à la mine pour ramener des sous-sous, et qui prétend y prendre du plaisir... alors que les seules véritables raisons à cette satisfaction apparente et temporaire sont, d'une part la nécessité de rapports et de liens sociaux (mettre fin à l'insupportable solitude), illusoirement compensé par une activité sociale, le travail... et d'autre part, l'encore plus illusoire sensation d'avoir accompli quelque chose en faisant le ménage (donner un sens à une existence ordinaire), l'ordre et la propreté de l'environnement tentant de se refléter dans notre état intérieur par un jeu de mauvaise foi de notre inconscient. Maintenant, la viabilité de ces illusions ne repose que sur une explication : la dépendance irréversible de tout individu à l'argent pour assurer sa survie dans ce monde, où la survie n'est plus tout à fait quelque chose de naturel, mais a été détournée à des fins moralement inavouables, l'exploitation e la plupart par certains, sans même que ces derniers, tout simplement nés dans des circonstances favorables, aient eu besoin d'y mettre une intention de dominer. Alors voilà, je travaille pour oublier... Et je me réjouis même, quand l'Alliance Française me téléphone pour me demander de reprendre les cours une semaine plus tôt que la réouverture normale de l'Alliance, et qu'ils me demandent mes disponibilités pour ouvrir un nouveau groupe...
Voili, voilou.
mardi 16 décembre 2008
La Parole en Soi / La Palabra por si misma.
PALABRA
En francés, significa al mismo tiempo :
- "mot" : unidad
léxica y semántica que representa un objeto o un concepto de manera
lingüística, escrita o oral. En semiología : el significante (relativo
al significado).
- "parole" : facultad de hablar, aptitud oratoria,
empeño que hace alguien de su fe y probidad en testimonio de lo que
afirma, promesa u oferta, derecho, turno para hablar en las asambleas
políticas y otras corporaciones... (Dico de la Aca. Real Española).
La palabra "palabra" está íntimamente relacionada con una concepción moral definida a través de las expresiones siguientes :
- Faltar a su palabra ("Manquer à sa parole"),
- Palabra de honor ("Parole d'honneur"),
- Ser o no un hombre de palabra ("Être un homme de parole"),
Evoca
un uso negativo de la palabra, la posibilidad del ser humano de usar de
la palabra de una mala forma : "Las palabras son mentiras" (que se
traducirá en francés por "La parole est mensonge"). El error es
inherente a la palabra : por el aspecto finito de su definicion, a
diferencia con el pensamiento, la polisemia de la palabra, sus
conotacciones, su interpretacion por el destinatario del mensaje,... y
todos los factores paralinguisticos que interfieren en el mensaje. La
retorica (ciencia del discurso) es la dimensión de la palabra que la
aleja de su verdad, del concepto filosófico de Verdad en lo absoluto.
Por el contrario, la palabra, en psicología, es revelador del inconsciente, como en las expresiones siguientes :
- No encontrar palabras para expresar algo,
- Ser un hombre de muy pocas palabras,
- Cuando las palabras rebasan el pensamiento...
Lo
que uno dice, o no dice, las palabras que elige instintivamente para
expresarse, revelan su estado psicológico, un lado de su identidad que
a veces uno mismo no conoce. Es el fenómeno del "lapsus". En este caso,
la palabra le permite al individuo llegar mas allá de su verdad. Si
esta abierto a recibir esos signos significantes, tal vez, puede llegar
a la Verdad en lo absoluto.
Igual, elegir las palabras adecuadas (el uso retorico de la palabra), tomando en cuenta su función simbólica en el inconsciente (el uso psicológico), puede permitir tomas de conciencia relevantes ! La lingüistica tiene su aplicación en psicología.
[Source : texte originellement publié dans le groupe La Palabra del Dia, sur Facebook]
jeudi 20 novembre 2008
Lettres à un ami qui est au séminaire.
Vendredi 26 septembre 2008, de Buenos Aires.
<< Tu dis que tu es un "rejeton" de Dieu... mais ne crois-tu pas qu'il vaut mieux venir à Dieu tardivement après avoir expérimenté d'autres réalités, pour mieux les comprendre, pour mieux comprendre les Hommes, et être conscient de ce que Dieu peut apporter aux Hommes, et du pourquoi on s'engage dans une telle voie, que de s'engoufrer prématurément dans un chemin que le manque de maturité ne permet pas d'apprécier à sa juste valeur ? Il me semble qu'une conversion comme la tienne est bien plus forte et plus profonde : en tout cas elle a du sens à mes yeux. Tu ne verras jamais surgir dans ton chemin éclésiastique des frustrations charnelles ou matérielles, parce que tu as vécu ses excès et que tu sais ce qu'elles peuvent apporter d'auto-destruction, tu sais qu'elles ne sont pas essentielles, ces tentations auxquelles nous succombons tous (même s'il se peut que ton choix puisse être aussi une façon de te choisir des garde-fou extérieurs pour ne plus retourner à ces excès qui t'ont blessés)... De plus tu sais ce que peut et ne peut pas l'Eglise : tu l'as observé de l'extérieur. Tu connais ses limites. Tu auras toujours plus de recul, et ton engagement de ce fait me semble plus mesuré et plus durable. Mais bon... ce ne sont que des projections, des hypothèses,... tu me diras si je me trompe ou non.
Pour ce qui est du Vatican et de ses richesses, je pense quand même que cela a été très longtemps un instrument de pouvoir au service de quelques hommes qui n'avaient pas grand chose à voir avec Dieu : le massacre au nom de Dieu et la conversion de force des peuples d'Amérique, les Croisades, l'Inquisition, les guerres de pouvoir entre la Papauté et les Rois d'Europe, l'hypocrisie du pardon des péchés à ceux qui payent, le refus d'éducation même religieuse aux pauvres, en professant la messe dans une langue qu'ils ne connaissaient pas, pour mieux manipuler les foules, l'usage du jugement dernier et de la mythologie chrétienne pour terrorriser les masses ignorantes, fabriquer des générations de "coupables", coupable d'avoir été tentés, d'avoir péché... et cette, excuse du mot, "putain" de culpabilité judéo-chrétienne qui nous tire tous vers le fond parce que les sociétés dans lesquelles nous vivons sont toutes imprégnées de ce conditionnement moral sans même savoir d'oú il vient...
Enfin, la religion reste un bel instrument d'éveil, et la parole du Christ est à mes yeux un des jalons culturels et spirituel des plus importants de l'histoire de l'humanité, si seulement il n'avait pas été autant perverti par les Hommes.
J'espère que l'Eglise Catholique d'aujourd'hui sait se repentir de ses erreurs passées pour ne pas les reproduire, qu'elle sait lire librement et spirituellement ce texte si précieux qu'est la Bible, sans l'interpréter de façon interessée, qu'elle sait remettre en question ses mécamismes moraux et socio-culturels dans l'intérêt des croyants qu'elle guide, qu'elle va évoluer vers plus de spiritualité...
Sinon, pour ma part, je lui pardonne tout, à elle et aux Hommes qui l'ont utilisées, à bon ou à mauvais escient. Je me dis que Jésus, s'il avait pu voir tout ce qui a été fait ensuite de sa parole, tournerait sept fois sa langue dans sa bouche... mais il n'y a pas de regrets à avoir : il fallait que l'Humanité vive ces épreuves pour prendre conscience profondément de sa voie et de ses limites. Les erreurs sont nécessaires pour se construire, pour les hommes, comme pour une institution comme l'Eglise Catholique. Très sincèrement, je pardonne à l'Eglise et à ses hommes toutes leurs erreurs.
Et comme ce sont les hommes qui font l'Eglise, et non l'inverse, je suis fière de savoir qu'il y en a au moins de bon à l'intérieur pour sauver les autres... Je suis fière de ton engagement.>>
Jeudi 20 novembre 2008, de Pereira.
<< L'image de ton professeur, "Le bocal à Jésus", c'est joli... mais il ne s'agirait pas d'être des "Jésus en bocal", enfermés à l'étroit dans des principes moraux à regarder le monde à travers une fenêtre en verre panoramique sans pouvoir y participer... n'est-ce pas ?
J'adorerai de savoir plus de tes nouvelles découvertes : raconte moi, si tu as le temps. J'ai du mal à t'imaginer comme Julien Sorel au séminaire de Besançon qui découvre les conflits de pouvoir dans le clergé (Le Rouge et le Noir de Stendhal)... On est plus on 19ème siècle ! Ca ressemble à quoi l'Eglise catholique vue de l'intérieur eu 21ème siècle ? Stratégies publicitaires pour recruter des nouvelles brebies ? Audit par une société de communication pour restructurer l'image de Dieu ? Politique de transparence des comptes de la société pour fidéliser le client et le mettre en confiance ? Ou bourrage de crâne à coup de développement personnel pour intégrer au chemin religieux les bénéfices des nouvelles techniques de la plus grande découverte du 20ème siècle, qui a priori aurait dû provoquer la mort de Dieu : la psychanalyse !??? Je suis très ironique dans ma formulation, mais tu sais que je suis sincèrement curieuse de tout ça...
Tous les chemins mènent... non pas à Rome (ou au Vatican)... mais à Soi, et à l'Autre à travers Soi, ou inversement, c'est au choix, et donc à l'Homme en soi, son essence divine (pléonasme ?), et donc, symboliquement, à Dieu, non ?
Je t'embrasse comme je t'aime, toi, mon prochain, malgré nos différences, ou plutôt grâce à nos différences... >>
Voili, voilou.
jeudi 6 novembre 2008
Séquelle : leçon de physique des solides (la Sphère et le Cube en question).
La suite de la "séquelle" précédente, "la Mémoire nécessaire", elle même suite de Revoyez King Of The World, mais aussi séquelle de "Nous ne vivons pas dans un Cube mais dans une Sphère", lui même extrait des commentaires suivis de "Obama, noir à l'extérieur...". Comme quoi les associations d'idées, cela peut mener loin... comme dans une pièce de Samuel Becket. Vive le Pouvoir de l'Imagination !! Ou plutôt, l'Imagination au Pouvoir !!!
... La révolution est perpétuelle, et elle est circulaire.
Et elle n'est possible que si nous acceptons le fait que nous vivons dans une sphère : essayez de tourner autour d'un Cube (faire une révolution), vous allez vous tapez aux angles... essayez de faire tourner un Cube, il finira par tomber sur une de ses faces, quand il perdra la force centrifuge que vous lui avez impulsé, et il la perdra inéluctablement parce que ses angles et ses arrêtes vont s'opposer à l'air qui s'appuie naturellement sur ses faces... forces de frottement, ralentissement, chute.
Et la force centrifuge, impulsée à une sphère (qui tendra à être parfaite à la surface, parce que nous élarissons notre regard... donc subissant une force de frottement minimale en réaction à son mouvement), peut très bien faire voler cette sphère, si elle est légère (si nous cessons de nous attacher à des images fixes, mais acceptons le mouvement perpétuel). De sa révolution sur elle-même et vers le monde, elle sera portée par la force centrifuge et la force centripète de notre regard sur le Monde, dans une spirale d'évolution... Elle s'élèvera, dans un mouvement naturel. Elle décolera de cette lourde réalité à laquelle nous nous attachons en vain, par peur de voler, de nous jeter dans le Vide, vers le Plein que nous sommes, ici et maintenant.
Certainement, à suivre... vu que le mouvement est perpétuel...
Voili, voilou.



