Qui m'aime me suive...

Carnet de route.

lundi 18 mai 2009

La petite dissertation de philo du lundi matin.

Je sais : j'ai tout raté, j'aurai dû étudier la philo. Non pas que je sois capable de faire de vraies dissertation de philo comme on l'attend des lycéens au baccalauréat, parce que d'un point de vue méthodologique le texte qui suit manque à plusieurs des critères exigés (aucune référence à des philosophes, aucune citation, peu d'exemples), mais juste parce que j'aime ça, me prendre la tête avec des questions qui n'ont ni queue ni tête, qui n'ont bien sûre pas de réponse absolue, comme la plupart des questions importantes, heureusement, et que j'ai une certaine facilité à tartiner des pages de baratin qui ne servent à rien et ne changeront pas le monde. Est-ce que je ne viens pas de définir la philosophie ?

AVERTISSEMENT AUX ÉLÈVES : tout élève de terminale de France ou de n'importe où dans le monde qui lirait ce travail peut naturellement s'en inspirer (piquer des idées qu'il n'aurait pas déjà eu), mais je déconseille vivement d'en reproduire des extraits (si votre prof trouve comme vous mon article sur internet, vous êtes cuits, pris en flagrant délit de plagiat), et je ne recommande même pas d'en utiliser le plan parce que je ne suis même pas sûre qu'il réponde à la question (je ne suis pas prof de philo et je n'ai pas étudié la philo, pas officiellement).

AVIS AUX PROFS : Par contre, si quelque prof de philo ou philosophe qui trainerait sur mon blog avait le courage de lire cette pseudo-dissertation, j'attends impatiemment vos notes et commentaires ci-dessous, avec plaisir !

SUJET :
Existe-t-il un besoin de religion ? (Voilà un sujet qu'il est intéressant !)

PROBLÉMATIQUE : Le besoin consiste-t-il vraiment en la religion ?

La religion est-elle un besoin ou répond-t-elle à des besoins ? La religion n'est-elle pas plutôt un outil de pouvoir qui détourne les hommes des réponses qu'ils pourraient trouver en eux en ayant une vie spirituelle plus qu'une vie religieuse ? Le réel besoin n'est-il pas plus spirituel ?

PLAN (soit-disant détaillé et que je n'ai pas pu m'empêcher de rédiger !!!) :

I - Tout d'abord, les religions répondent à un besoin (le besoin de réponses sur l'essence et le devenir de l'humanité) et sont donc l'expression d'un besoin inhérent à l'Homme (Qui suis-je ? d'où viens-je ? où vais-je ?... dans quel état j'erre ? (dans quelle étagère ? hahaha!)

a) La religion exprime a priori le besoin qu'ont les hommes de trouver des réponses à des questions angoissantes : l'origine du monde, de l'homme,... mais surtout, l'angoisse suprême, l'angoisse de mort : qu'en est-il de la vie après la mort ? et pourquoi vivre si c'est pour mourir ?... Question qui a des répercussion directe sur un autre principe fondamental, la Vie : quel est le sens de la vie ? à quoi sert-elle ?... Et sur la façon de mener cette vie : comportements sociaux, valeurs morales... et comment atteindre ce qui préoccupe le plus l'individu conscient de toutes ces questions existentielles : comment mettre fin à cette angoisse et vivre heureux ? (quête du bonheur) La religion, comme une solution fortuite, apporte les réponses à toutes ces questions, et anéantie d'entrée ce questionnement pourtant nécessaire à la construction d'un individu. Elle est un besoin parce qu'elle répond à de très nombreux besoins, à commencer par la dimension philosophique de l'être (ses questions sur lui-même et le monde).

b) Mais elle répond aussi à un autre besoin inhérent à l'Homme : le lien social, tel qu'il permet sa survie. La religion fournit tout un appareil de valeurs morales, de pratiques cultuelles, culturelles, sociales, et parfois même économiques, qui rassurent l'individu, le relie aux autres, lui donne le sentiment d'appartenir à une communauté, de ne pas être seul, d'exister, d'avoir des repères, des principes sur lesquels s'appuyer pour orienter et justifier ses choix. La religion est un ciment entre les hommes, et répond à leur besoin de se reconnaître en autrui, de trouver des proches, ou des semblables, avec qui partager des intérêts culturels. La religion a donc une fonction sociale et culturelle qui opère suivant le mode de l'identification, de la reconnaissance, et génère une certaine paix, une certaine harmonie entre les hommes, jusqu'à un certain point...

c) Et surtout, elle canalise les comportements individuels dans un cadre collectif uniforme. Elle est un vecteur moral primordial. Peu de religions échappent aux concepts de Bien et de Mal. Elles définissent presque toutes des limites du comportement moral, social, culturel acceptable, des normes. cf. les 10 commandements. Certains de ces principes reposent sur le bon sens, et le respect du principe de vie : "tu ne tueras point", et permettent à l'individu de se structurer psychologiquement, affectivement, de trouver des repères qui conduisent au respect, par chaque individu croyant, de la vie, de lui-même, des autres. La religion c'est donc la loi suprême, la loi divine, celle qui ne fournit pas d'explication, mais qui permet à l'individu qui a peu de ressources intellectuelles ou culturelles de s'intégrer aux normes d'une société, et de ne pas franchir les limites qui l'exclurait de la communauté des hommes. Elle est un vecteur de conditionnement moral nécessaire pour les hommes qui ont peu d'éducation. Elle leur permet de censurer leurs pulsions de mort, leurs pulsions violentes, par de simples principes acceptés par la majorité et véhiculés par la religion et assénés à coup de sermons le dimanche à la messe.

Cependant beaucoup des principes moraux de la religion sont très connotés culturellement et aboutissent à des dérives, qui font qu'au lieu de permettre la paix et l'harmonie entre les hommes, la religion génère directement des discriminations, des violences, de l'intolérance et des guerres.

II - Plus qu'un besoin de chacun, la Religion est un outil de pouvoir, dont seuls les puissants ont besoin, pour mieux dominer les hommes, en s'appuyant sur leurs faiblesses : avoir besoin de réponses, de lien social, de limites morales, de repères... et ce, parce que trop d'hommes sont ignorants et crédules.

a) La religion c'est la loi autoritaire dans sa dimension la moins humaniste et la moins humaine. La fonction morale de la Religion est relative à un lieu, une époque, une culture. Ses écrits doivent être contextualisés pour être relativisés, or ils sont trop peu étudiés, trop peu expliqués, et comme le principe de la religion est d'offrir des croyances, elle opère comme un cortège de lois que les hommes suivent aveuglément, et qui servent souvent des intérêts complètement politiques, et une minorité éduquée et dominante. Exemple : les hommes, pour mieux écarter les femmes du pouvoir et de leurs fonctions essentielles dans la société, pour les isoler dans le foyer, la maison, et les réduire à des fonctions reproductives, éducatives, utilisant la culpabilité de leur probable sensualité pour les rendre responsables de la tentation, du péché (le sexe), anciennement dans la religion chrétienne (de cela il ne reste plus que le machisme et des sociétés en majorité patriarcales), et toujours de nos jours, dans l'islam fondamentaliste des talibans par exemple. La religion hiérarchise les rapports entre catégories et sous-catégories de la société, elle exclue et divise plus qu'elle ne réunit et relie. Et ce au profit des puissants et des savants (ceux qui ont le pouvoir et le savoir, et qui sont moins dupes des croyances religieuses, n'utilisant la religion que comme un instrument de pouvoir). C'est principalement à eux que bénéficie la religion, et ce sont eux qui en ont besoin, pour dominer. Et les exemples sont nombreux dans l'Histoire chrétienne : inquisition, croisades, missions d'évangélisation, esclavage, colonisation, etc...

b) Et puis il faut être crédule pour croire. Le religion, non pas comme outil de pouvoir, mais comme religion en soi, c'est-à-dire "vérité de la parole de Dieu révélée", comme croyances, choses sainte, sentiment religieux, pratiques, ne répond aux besoins que des plus démunis (intellectuellement, culturellement) et des plus nécessiteux (socialement, économiquement). Car pour qu'elle soit l'outil efficace de pouvoir des puissants, des savants, des dominants, mal intentionnés qui plus est, encore faut-il que les gens croient, ou veuillent croire, et c'est bel et bien le principe de la religion. La religion ne fonctionnerait pas, ni à apaiser les angoisses d'un individu, ni à relier les membres d'une communauté, ni à réfréner certains des instincts nuisibles de l'homme à l'égard de la vie, si elle ne profitait pas de l'ignorance des hommes, et n'allait pas jusqu'à entretenir l'obscurantisme en diffusant des dogmes, pour mieux contrôler les individus. Et d'ailleurs, dans ce cas, ne peut-on pas dire que parfois, la religion exprime le besoin des individus de ne pas se poser de question, de rester dans l'ignorance pour garantir un faux bonheur, une illusion de bonheur, sans risque ??? Comme une sorte de soumission volontaire à Dieu ?

c) Mais si l'un des besoin de l'homme est indéniablement le bonheur, et qu'il semble que la religion parvienne du moins superficiellement à y répondre, qu'un autre est la vérité, et qu'à ce besoin-ci, la religion prétend la détenir (la vérité), satisfaisant ainsi à quelques unes des quêtes les plus essentielles de l'Homme, il en est une qui lui échappe : la liberté. La religion, opérant comme la loi et comme autorité, est un ensemble de contraintes morales, de limites, un cadre bien défini, proposant des réponses toutes faites, et peu justifiées, des dogmes, et qui ce faisant, ne permettent pas à l'individu conscient d'exercer son activité favorite : penser par lui-même, comprendre, décider, juger, exercer son libe-arbritre, se construire, se positionner, dicerner ce qui lui est favorable ou pas suivant ses propres critères, exercer son esprit critique sur ce que propose son environnement, ou autrui, au sujet des questions qu'il se pose, faire face seul, et comme un être unique, entier et autonome, aux émotions, aux peurs, aux doutes, aux pensées, aux opinions qui l'animent et le traverse... Bref, si la religion est un besoin, ce dernier est d'ordre primitif et instinctif, car l'homme en pleine possession de ses facultés intellectuelles et psychologiques, éveillé à ses dimensions sociales, politiques et même spirituelles (mystiques), ne peut pas se contenter de croire. La religion est incompatible avec un des instinct inhérent à l'Homme : la liberté.

Et la Religion sans limitation de liberté, ce n'est plus la religion, mais la Spiritualité.

III - Finalement, il ne faut pas confondre Religion et Spiritualité : dépouiller la religion de ses lourdeurs morales, de ses connotations culturelles, de sa récupération par le pouvoir, de ses superstitions,... et autres abus, reviendrait à en garder l'essentiel, la spiritualité, et peut conduire à une nouvelle posture, éveillée et mystique : la liberté de croire.

a) L'humanisme et les Lumières ayant fait leur œuvre pour critiquer, dénoncer les abus des Religion, lutter contre l'obscurantisme, réfléchir sur la nature de l'Homme, ses droits, ses devoirs, les sociétés contemporaines, informer, éduquer les hommes dans leur plus grand nombre, désormais il pense, il réfléchit, et parfois même, il adopte des pratiques, des valeurs, des conceptions qui pourraient être assimilées à la religion, ou qui sont empruntées à la religion, mais il fait ce choix en toute liberté, l'assume, et peut le remettre en question à tout moment, parce que son besoin ultime, fondamental, c'est d'être cohérent avec lui-même, digne, et de se sentir libre de construire son bonheur. Tout n'est pas mauvais dans la religion, et l'intention première, dans le recours à la religion, était d'exprimer un besoin qui demeure, mais qui ne peut pas se définir par le mot "religion" avec tout ce que cela implique de nos jours, après des siècles d'extrémismes religieux de toutes sortes, et qu'il serait plus prudent de dénommer "spiritualité". La danger de l'athéisme total (dont je ne pense pas qu'il puisse exister), est de réduire la vie à sa matérialité, et d'enfermer ses principes de fonctionnement et d'évolution dans des explications trop cartésiennes, bien trop rigides et limitées, pour exprimer la complexité, la subtilité, le mystère de la vie. Aussi est-il possible d'exercer une réflexion spirituelle, plus que intellectuelle ou scientifique, basée sur l'expérience matérielle et émotionnelle d'un individu, enrichi préalablement par tout un environnement culturel, intellectuel et artistique (un individu éduqué de façon humaniste), et acceptant le pendant trop souvent nié de la Raison, l'intuition. C'est ce qu'on pourrait appeler l'exercice libre et critique, de la spiritualité, par un individu conscient et éclairé.

b) Car ce besoin existe bel et bien : l'Homme a besoin de se sentir relier à un Au-delà, appelez-le comme vous voudrez. Il ne peut se limiter de façon durablement satisfaisante à sa dimension matérielle, physique : répondre à des besoins primaires (uriner, s'alimenter, se reproduire, déféquer,...), ou secondaires (cueillir, pécher, chasser, cultiver,... travailler... se marier, avoir des enfants, s'attacher affectivement,...). Il a en lui un instinct supérieur, qui le pousse à dominer (s'enrichir, accumuler, soumettre, voler, mentir, tuer...), mais aussi à se dépasser (transmettre, perpétuer, partager, créer, inventer, découvrir, comprendre...), et ce mouvement irréversible, qui complexifie les rapports entre les hommes et son mode de vie (la plus évidente preuve matérielle de cette réduction de nos sociétés à sa dimension matérielle étant l'argent, indexant la valeur de toutes choses), le conduisent aussi irrémédiablement, à transcender toutes choses : l'Art en est l'expression la plus vérifiable, l'Amour aussi d'une certaine manière en est une résultante, et sa dimension spirituelle s'exprime tout naturellement dans son imaginaire, ses rêves, ses désirs... Les formuler le conduit simplement à accepter sa dimension irrationnelle, à assumer sa dimension spirituelle, à investir pleinement toutes ses dimensions, n'en niant aucune, à trouver un équilibre entre matière et esprit.

c) De plus, la désaffection des religions dans les sociétés occidentales a entrainé de façon indéniable une perte de valeurs et de repères, qui montrent bien qu'il y a un besoin. Alors, bien sure, il s'agit avant tout d'un besoin d'éducation, de diffusion des savoirs, et surtout d'apprentissage des outils critiques et de constructions personnelles, ambitions très coûteuses et inégalement réparties dans les sociétés contemporaines, mais les institutions qui sont censées assurer cette formation critique défaillent tout autant que ne l'a pu la religion, préférant la facilité d'un conditionnement rapide, efficace et dès le plus jeune âge, par l'école par exemple, au risque pourtant nécessaire pour la construction d'un individu et de sociétés pacifiques, d'un apprentissage libre et volontaire des éléments culturels, historiques, politiques, sociaux, ou moraux qui permettront à tout individu de savoir qui il est, pourquoi il est, et quel sens il peut donner à son existence, c'est-à-dire répondre aux questions qui agitent et angoissent toute esprit humain et que nous posions déjà en préambule de cette réflexion : qui suis-je, où vais-je, d'où viens-je... dans quel état j'erre ? C'est l'objet de la philosophie, trop peu ou trop tardivement présente dans l'éducation institutionnalisée par l'école, mais c'est aussi le propos de la spiritualité, une spiritualité libre de religion.


Conclusion ?

En fin de compte, si, indéniablement il existe un besoin de religion, y répondre par la religion, n'est pas le choix le plus approprié, car dans le fond, ce besoin de religion, révèle un besoin plus profond, plus complexe, plus subtil : le besoin de repères, de valeurs, de réponses à des questions existentielles angoissantes et inévitables. C'est un peu le propre de l'homme que de se poser des questions sur l'essence de toutes choses, et lui offrir la religion comme remède à ces maux, est un cadeau empoisonné, qui finalement le prive de liberté, et l'éloigne du bonheur, et de la vérité dont il a avant tout besoin. Sans compter que la religion est instrumentalisée au profit de minorités averties ou en position de force et qu'au bout du compte, la religion en pratique aboutit à l'inverse de la conception du monde qu'elle décrit, prône et promet : elle fait couler le sang pour elle et ceux qui l'utilise. Alors il semble qu'il faille débarrasser la religion de ses lourdeurs, de ses implications matérielles, morales, sociales, économiques, politiques... pour n'en garder que la dimension la plus strictement spirituelle, qui elle peut véritablement être un guide pour l'individu, et non pas un guide pour le rassurer dans une monde plein de vérités et de certitudes, mais au contraire lui permettre d'accepter l'incertitude, l'impermanence, le méconnaissance qu'il a de lui-même et du monde, tout en lui permettant de croire en une chose, une seule : lui-même. Car tout individu est libre et capable de se construire lui-même, de se construire un réel heureux et satisfaisant s'il le décide, de construire le monde à son échelle, de le changer, de lui donner un sens, et même de partager, communiquer et transmettre cette dimension spirituelle de son être, la plus précieuse, à autrui, et ce parce qu'il aura su s'ouvrir à toutes ses dimensions : matérielle, émotionnelle, intellectuelle et spirituelle, qu'il aura su respecter tous les besoins inhérents à l'Homme. En effet, l'idéal pour que l'Homme réussisse à se défaire de tout ce qui le conduit à la destruction et l'auto-destruction, et donc qui l'enferme dans l'angoisse existentielle, est sans doute qu'il se libère de tout besoin, à commencer par celui de religion. Et la question ne serait plus alors "existe-t-il un besoin de religion ?" mais "existe-t-il un réel besoin d'exister ?", et exister n'implique-t-il pas, d'emblée, une négation de l'être, quand être, tout simplement, permet de vivre libre de toutes nécessités, et donc de toutes choses qui puissent nous éloigner du bonheur ? Mais peut-être la question est-elle plus spirituelle que philosophique.

Voili, voilou.

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La Palabra del Dia, origine des mots : RELIGION.

Je me rappelle des mots de mon père, dans la voiture, alors que nous revenions de la première communion de la fille d'une cousine à moi, il y a quelques années, suite à mes critiques sur la superficialité de ce rite, où la plupart des jeunes ne voient qu'une occasion de recevoir des cadeaux, les parents une façon de montrer qu'ils ont les moyens de recevoir tout le monde chez eux, et d'entretenir une image respectable (mes enfants suivent la religion), festivités dont la spiritualité est presque absolument absente... Mon père m'avait dit que l'origine latine de "Religion" était "relier", mais il semble que cette question de l'origine étymologique du mot "religion" soit un sujet polémique et qu'il y ait bien des hypothèses possibles, et des dizaines de significations associées, pour beaucoup assez impressionnantes de vérité et pourtant souvent contradictoires entre elles !

Il me semble que beaucoup de ces sens connotés par étymologie se justifient (dans l'ordre qui m'arrange) :
1) une définition presque neutre de la religion par son étymologie :
- religion = croyances > évidemment ! Avoir une religion, c'est croire en quelque chose, par définition (dimension spirituelle).
- religion = pratiques religieuses > dimension matérielle de l'adhésion à une religion, dimension rituelle, sociale, culturelle, cultuelle.
- religion = sentiment religieux > la Foi ?! Indissociable de la religion.
- religion = chose ou signe saints, sacrés, de culte > c'est le principe.
2) la connotation positive ou bénéfiques de la religion par son étymologie :
- religion = engagement > choix, acte volontaire, social, philosophique ou spirituel, vis-à-vis de soi et d'une communauté.
- religion = conscience > dimension morale positive, cerner les limites du Bien et du Mal, pour soi et pour autrui, permet la vie en société, et aussi à chacun de trouver sa place, non seulement dans la communauté à laquelle il appartient, mais aussi dans son existence : conscience de soi et du monde (la religion apporte les réponses qui permettent d'évacuer l'angoisse de mort)
450px_Religious_syms3) les connotations négatives ou nuisibles de la religion par son étymologie :
- religion = obligation > quand il adhère à une religion, l'Homme se soumet à des règles, des pratiques, des valeurs morales; parfois même, ses choix sont conditionnés par ce cadre, il n'est pas libre, et ne le sait même pas, parce qu'il a été éduqué et formé par ce contexte religieux prégnant, qui plus que spirituel, a des implications culturelles, sociales, politiques, morales lourdes, qui permettent au puissants (ceux qui ont le pouvoir, parmi lesquels la hiérarchie cléricale et papale) et aux savants (ceux qui savent la vérité et surtout les incertitudes) de contrôler les individus ignorants et asservis que constituent la masse, le peuple, en leur donnant l'illusion de la paix et du bonheur.
- religion = crainte des dieux > outil de pouvoir le plus puissant pour humilier, manipuler et asservir celui qui croit; concept indissociable de la fameuse "culpabilité judéo-chrétienne" et des concept moraux très orientés politiquement et culturelles de "Bien et de Mal" dans les religions monothéistes dont nous sommes même sans le vouloir ou sans le savoir (cf. le jugement dernier et la menace de la colère de Dieu et de l'errance éternelle au purgatoire et aux Enfers).
- religion = superstitions > le must de la crédulité nécessaire pour croire. La religion n'est utile et ne fonctionne que quand l'individu est crédule (parce que s'il est un tantinet critique il se rend bien compte qu'il y a anguille sous roche) et/ou qu'il manque d'éducation (pour avoir cet esprit critique). "La Religion est l'opium du peuple" (Karl MARX), n'est-ce pas ?
Mais heureusement l'humanisme et les Lumières sont passées par là (enfin, pas partout) et les Hommes vont enfin pourvoir adopter non pas des religions, mais avoir une vie spirituelle.
4) les acceptions les plus fortes symboliquement :
- religion = relier > même si cette explication étymologique est erronée, et bien qu'elle constitue une sorte d'idéalisation de la religion, c'est celle que je préfère : la religion consisterait à relier l'Homme à Dieu, et relier les hommes entre eux (fonctions véritablement spirituelle, et fonction sociale indéniable).
- religion = relire, reprendre...> c'est bien l'explication qui me convainc le moins, mais bon, elle fait sens : la religion ne fait-elle pas une synthèse morale, culturelle et sociale des mœurs établies par des sociétés pour les uniformiser, n'agit-elle pas comme une Loi qui fixe les limites aux individus ? "Tue ne tueras point, tu ne voleras point, etc..." (les 10 commandements) C'est la Loi, sans justification empirique, sans réflexion philosophique, sans recourir ou faire confiance en l'Homme, son bon sens, son libre arbitre, sa conscience, son esprit critique. Elle se veut universelle, alors que sa source est particulière, spécifique à une culture, une époque, un lieu. Il doit lire le texte, l'appliquer à la lettre, le reprendre comme modèle pour sa vie. C'est l'apprentissage par imitation, sans comprendre, qui s'appuie sur l'ignorance, le désespoir et le besoin irrémédiable de bonheur des hommes, et qui s'impose par une autorité (celle de Dieu) qui terrorise plus qu'elle ne réussit à se faire respecter pour sa compétence, son expérience, ses savoirs. Et puisqu'en plus cette autorité est abtraite, pas de risque qu'elle soit renversée, contestée, assassinée, remplacée... Dieu... c'est qui celui-là ? Pourtant : "Dieu est mort" (Friedrich NIETZSCHHE).

Qui avait dit que le 21ème siècle serait spirituel ou ne serait pas ? Ou bien avait-il dit "religieux, mystiques" ???...
cf. la polémique sur cette citation controversée de MALRAUX : une réponse complète, contradictoire et qui ne tranche pourtant pas, sur le site Le Guichet du Savoir.

SOURCES : l'article "Religion" sur Wikipedia à la rubrique étymologie :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Non_religieux#.C3.89tymologie
(punaise ! même Wikipedia deviendrait intéressant ???!!!

Voili, voilou.

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jeudi 15 janvier 2009

La révélation du jour : je suis une occidentale !

Je vis vraiment au jour le jour depuis quelques temps. Ce sont un peu les circonstances qui m'y conduisent (pas d'argent, trop de temps, plus de projets, des sorties de dernière minutes, des envies soudaines, ou pas d'envies du tout...). Même si les circonstances, je les ai choisies et aménagées à mon gré (travailler à mon compte, organiser mon temps, être libre, donner la priorité à l'humain, l'artistique et l'affectif, plutôt que le social, l'économique, le financier ou le politique, dans ma vie). Et puis c'est aussi un choix philosophique et spirituel conscient que j'ai fait depuis plusieurs années (en 2006) et que j'arrive petit à petit à mettre en action dans ma vie : laisser l'essentiel et l'évidence venir à moi... Mais à chaque fois je me heurte à des obstacles dans cette quête : et je me rends compte, que je suis ni plus ni moins moi même le principal obstacle dans cette quête. Le carpe diem, l'impermanence... c'est pas toujours facile à assumer quand, malgré soi, on a grandit dans une logique occidentale, d'existence par le travail, de sécurité par l'argent, de nécessité affective, de ponctualité obligatoire, d'attachement matériel et affectif, de rendement, même artistique...
Voili, voilou.

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jeudi 20 novembre 2008

Lettres à un ami qui est au séminaire.

Vendredi 26 septembre 2008, de Buenos Aires.

envoieteslmessagers<< Tu dis que tu es un "rejeton" de Dieu... mais ne crois-tu pas qu'il vaut mieux venir à Dieu tardivement après avoir expérimenté d'autres réalités, pour mieux les comprendre, pour mieux comprendre les Hommes, et être conscient de ce que Dieu peut apporter aux Hommes, et du pourquoi on s'engage dans une telle voie, que de s'engoufrer prématurément dans un chemin que le manque de maturité ne permet pas d'apprécier à sa juste valeur ? Il me semble qu'une conversion comme la tienne est bien plus forte et plus profonde : en tout cas elle a du sens à mes yeux. Tu ne verras jamais surgir dans ton chemin éclésiastique des frustrations charnelles ou matérielles, parce que tu as vécu ses excès et que tu sais ce qu'elles peuvent apporter d'auto-destruction, tu sais qu'elles ne sont pas essentielles, ces tentations auxquelles nous succombons tous (même s'il se peut que ton choix puisse être aussi une façon de te choisir des garde-fou extérieurs pour ne plus retourner à ces excès qui t'ont blessés)... De plus tu sais ce que peut et ne peut pas l'Eglise : tu l'as observé de l'extérieur. Tu connais ses limites. Tu auras toujours plus de recul, et ton engagement de ce fait me semble plus mesuré et plus durable. Mais bon... ce ne sont que des projections, des hypothèses,... tu me diras si je me trompe ou non.

inquisitionPour ce qui est du Vatican et de ses richesses, je pense quand même que cela a été très longtemps un instrument de pouvoir au service de quelques hommes qui n'avaient pas grand chose à voir avec Dieu : le massacre au nom de Dieu et la conversion de force des peuples d'Amérique, les Croisades, l'Inquisition, les guerres de pouvoir entre la Papauté et les Rois d'Europe, l'hypocrisie du pardon des péchés à ceux qui payent, le refus d'éducation même religieuse aux pauvres, en professant la messe dans une langue qu'ils ne connaissaient pas, pour mieux manipuler les foules, l'usage du jugement dernier et de la mythologie chrétienne pour terrorriser les masses ignorantes, fabriquer des générations de "coupables", coupable d'avoir été tentés, d'avoir péché... et cette, excuse du mot, "putain" de culpabilité judéo-chrétienne qui nous tire tous vers le fond parce que les sociétés dans lesquelles nous vivons sont toutes imprégnées de ce conditionnement moral sans même savoir d'oú il vient...

Enfin, la religion reste un bel instrument d'éveil, et la parole du Christ est à mes yeux un des jalons culturels et spirituel des plus importants de l'histoire de l'humanité, si seulement il n'avait pas été autant perverti par les Hommes.

untitledJ'espère que l'Eglise Catholique d'aujourd'hui sait se repentir de ses erreurs passées pour ne pas les reproduire, qu'elle sait lire librement et spirituellement ce texte si précieux qu'est la Bible, sans l'interpréter de façon interessée, qu'elle sait remettre en question ses mécamismes moraux et socio-culturels dans l'intérêt des croyants qu'elle guide, qu'elle va évoluer vers plus de spiritualité...

Sinon, pour ma part, je lui pardonne tout, à elle et aux Hommes qui l'ont utilisées, à bon ou à mauvais escient. Je me dis que Jésus, s'il avait pu voir tout ce qui a été fait ensuite de sa parole, tournerait sept fois sa langue dans sa bouche... mais il n'y a pas de regrets à avoir : il fallait que l'Humanité vive ces épreuves pour prendre conscience profondément de sa voie et de ses limites. Les erreurs sont nécessaires pour se construire, pour les hommes, comme pour une institution comme l'Eglise Catholique. Très sincèrement, je pardonne à l'Eglise et à ses hommes toutes leurs erreurs.

Et comme ce sont les hommes qui font l'Eglise, et non l'inverse, je suis fière de savoir qu'il y en a au moins de bon à l'intérieur pour sauver les autres... Je suis fière de ton engagement.>>

Jeudi 20 novembre 2008, de Pereira.

<< L'image de ton professeur, "Le bocal à Jésus", c'est joli... mais il ne s'agirait pas d'être des "Jésus en bocal", enfermés à l'étroit dans des principes moraux à regarder le monde à travers une fenêtre en verre panoramique sans pouvoir y participer... n'est-ce pas ?

pechesJ'adorerai de savoir plus de tes nouvelles découvertes : raconte moi, si tu as le temps. J'ai du mal à t'imaginer comme Julien Sorel au séminaire de Besançon qui découvre les conflits de pouvoir dans le clergé (Le Rouge et le Noir de Stendhal)... On est plus on 19ème siècle ! Ca ressemble à quoi l'Eglise catholique vue de l'intérieur eu 21ème siècle ? Stratégies publicitaires pour recruter des nouvelles brebies ? Audit par une société de communication pour restructurer l'image de Dieu ? Politique de transparence des comptes de la société pour fidéliser le client et le mettre en confiance ? Ou bourrage de crâne à coup de développement personnel pour intégrer au chemin religieux les bénéfices des nouvelles techniques de la plus grande découverte du 20ème siècle, qui a priori aurait dû provoquer la mort de Dieu : la psychanalyse !??? Je suis très ironique dans ma formulation, mais tu sais que je suis sincèrement curieuse de tout ça...

Tous les chemins mènent... non pas à Rome (ou au Vatican)... mais à Soi, et à l'Autre à travers Soi, ou inversement, c'est au choix, et donc à l'Homme en soi, son essence divine (pléonasme ?), et donc, symboliquement, à Dieu, non ?

Je t'embrasse comme je t'aime, toi, mon prochain, malgré nos différences, ou plutôt grâce à nos différences... >>

Voili, voilou.

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jeudi 6 novembre 2008

Séquelle : leçon de physique des solides (la Sphère et le Cube en question).

La suite de la "séquelle" précédente, "la Mémoire nécessaire", elle même suite de Revoyez King Of The World, mais aussi séquelle de "Nous ne vivons pas dans un Cube mais dans une Sphère", lui même extrait des commentaires suivis de "Obama, noir à l'extérieur...". Comme quoi les associations d'idées, cela peut mener loin... comme dans une pièce de Samuel Becket. Vive le Pouvoir de l'Imagination !! Ou plutôt, l'Imagination au Pouvoir !!!

... La révolution est perpétuelle, et elle est circulaire.

Et elle n'est possible que si nous acceptons le fait que nous vivons dans une sphère : essayez de tourner autour d'un Cube (faire une révolution), vous allez vous tapez aux angles... essayez de faire tourner un Cube, il finira par tomber sur une de ses faces, quand il perdra la force centrifuge que vous lui avez impulsé, et il la perdra inéluctablement parce que ses angles et ses arrêtes vont s'opposer à l'air qui s'appuie naturellement sur ses faces... forces de frottement, ralentissement, chute.

Et la force centrifuge, impulsée à une sphère (qui tendra à être parfaite à la surface, parce que nous élarissons notre regard... donc subissant une force de frottement minimale en réaction à son mouvement), peut très bien faire voler cette sphère, si elle est légère (si nous cessons de nous attacher à des images fixes, mais acceptons le mouvement perpétuel). De sa révolution sur elle-même et vers le monde, elle sera portée par la force centrifuge et la force centripète de notre regard sur le Monde, dans une spirale d'évolution... Elle s'élèvera, dans un mouvement naturel. Elle décolera de cette lourde réalité à laquelle nous nous attachons en vain, par peur de voler, de nous jeter dans le Vide, vers le Plein que nous sommes, ici et maintenant.

Certainement, à suivre... vu que le mouvement est perpétuel...

Voili, voilou.

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Nous ne vivons pas dans un Cube mais dans une Sphère.

Extrait d'un commentaire de l'article précédent "Obama, noir à l'extérieur...", qui a sucité moulte réactions. Le débat est là, et au passage, je partage avec vous cette digression pseudo-philosophico-spirituelle qui me tient à coeur.

<< Renverser l'ordre des choses (les changer, les révolutionner) commence par prendre conscience du regard que l'on porte dessus, c'est à dire de l'interprétation qu'on y donne, par mécanisme culturellement conditionné, parce que "c'est comme ça", parce que "tout le monde pense que", parce que le Bien et le Mal doivent être incarnés pour définir un environnement politique, économique, social ultra-rationnel, où enfermés dans un Cube, nous voyons les coins de notre Espace, et nous regardons par le cadre (la fenêtre) que nous voulons bien "choisir" dans la plus fatale des illusions d'avoir des repères spatio-temporels.

Non. Nous ne vivons pas dans un Cube. Non nous ne choissons pas, quand nous regardons par l'une des six fenêtres de ce Cube. Nous répondons juste aux réactions attendues d'un système de pensé ultra-rationnel qui nous rassure, parce qu'il offre des limites à un Monde qui en fait est profondément incertain, illimité, perpétuellement changeant. Nous nous limitons à ce cadre, nous regardons la Vie comme un tableau dans un musée, comme une image fixe, avec un point de vue, une subjectivité donnée, et nous perdons 90% de l'information.

     "Si la Terre était carrée,
     Les enfants auraient des coins pour se cacher,
     Mais comme elle est ronde,
     Nous devons faire face au Monde."

     (poème écrit par ne petite fille dont je ne me souviens plus du nom)

Oui, nous vivons dans une bulle de savon qui peut exploser à tout moment, dans une bulle qui nous transporte dans des sphères magiques, et dans des sphères obscures. Oui, vivre dans cette sphère, dont nous sommes chacun le centre, nous oblige à reconnaître notre subjectivité (chacun sa sphère de perception, la réalité vraie ne nous étant pas accessible). Oui, vivre dans cette sphère, donne le vertige, parce qu'il n'y a pas de frontière, du moins, ne sont-elle pas perceptibles... Oui, vivre das cette sphère, nous oblige à élargir notre vision des choses, parce que si nous regardons droit devant nous, nous sentons bien qu'il y a autre chose autour, dans les limites de notre champs visuel, et en dehors de ce champs, et même derrière nous... Oui, vivre dans cette sphère nous oblige à nous sentir tout petit, pas grand chose, humblement, vivre dans cette sphère nous donne notre place dans le monde... Oui, vivre dans cette sphère, et accepter d'élargir sa vision des choses, nous conduit à accepter l'infini, l'absence de limite, l'absence d'horizon, de perspective, de fenêtre, de cadre... Vivre dans cette sphère nous oblige à accepter l'incertitude, le vide (partout) et le plein (là où nous sommes, ici et maintenant). Vivre dans cette sphère nous oblige à accepter le mouvement perpétuel, et à nous mettre en mouvement. >>

Voili, voilou.

samedi 25 octobre 2008

Ridicule face aux signes.

Hier, vendredi matin, je me suis découverte terriblement croyante et superstitieuse. Je m'en doutais déjà, depuis un moment. J'avais bien senti que s'étaient opérés en moi dans changements. Mais cela m'a frappé en plein, comme une claque dans la gueule... Comment ? Une révélation. J'ai perdu toutes mes pierres. Celles que ma mère m'avait donné pour me protéger (un cristal et un quartz rose). Et même le cristal qu'un ami m'avait donné. Plus une petite grenouille brésilienne (dont je vais raconter l'histoire ensuite) et un coquillage trouvé à Salvador (et qui sert dans le candomblé et la magie blanche). Je me suis retrouvée sans protection. Je me suis sentie toute nue, toute vulnérable, toute bizarre...

DSC_3324Et aussi un peu stupidement ridicule, parce que je me suis rendue compte que je suis croyante et superstitieuse, malgré moi... moi qui me targue de ne pas croire, de ne pas me soumettre intellectuellement à des croyances. Je me suis rendue compte de leur disparition jeudi soir vers 22h : j'allais faire ma méditation quotidienne avant de dormir, je les ai cherché où je les mets toujours, et je n'ai plus retrouvé ma petite bourse tibétaine dans laquelle je les gardais pour les avoir toujours avec moi. Je ne les quittais jamais : toujours dans la poche de mon jean, ou dans mon sac quand je portais des jupes sans poches. Je les laissais seulement pour me doucher et aller à la piscine. J'ai retournée tous mes vêtements, toute ma chambre, mes draps... Et en y repensant je ne les avais plus depuis mercredi soir en sortant de mon entrainement de natation : elles avaient du glisser de mon sac où je les avais mises, ou on me les aurait volées pendant que je nageais, ou que je me changeais dans les vestiaires... Je m'habituais déjà à leur absence, mais j'ai eu carrément peur : me protégeaient-elles vraiment ? saurais-je me protéger seule, sans elle ? Serait-ce un signe de ce que je suis capable de me libérer aussi de ce type d'attachements superstitieux ? Ou que la chance m'abandonne ?...

De rage (contre ma superstition et mon attachement à des choses aussi ridicules), j'ai décidé de m'arracher tous mes bracelets porte bonheur : celui qui réprésentait ma promesse à moi-même de revoyager (ce que j'ai fait)(un bracelet offert par un voyageur passé à la maison au tout début où je vivais à Pereira et m'installais dans la sédentarité et le salariat), celui que j'avais acheté à Rioacha, devant la Mer Caraïbe, et qui symbolisait mon attachement à la Mer Caraïbe, et la Guadeloupe,... et puis il y en a un qui a résisté : impossible de défaire le noeud, impossible même de le couper avec des ciseaux, un coupe-ongles, un couteau... rien à faire, il ne voulait pas partir, et devinez quoi ? C'est celui en corde qui est composé de perles aux couleurs du drapeau colombien et qui symbolise mon attachement à la Colombie... Conclusion je l'y ai laissé. Serait-ce un signe ?

Mais le mieux, c'est quand même que ce matin, alors que sur le conseil de Virginie, je m'étais décidée à aller faire un tour à la piscine (qui est à pétaouchenoque) pour demander s'ils n'auraient pas retrouvé mes pierres (parce que, dit Virginie, si je n'étais pas allée voir, je m'en serais voulu toujours de ne pas avoir été voir, même s'il y avait peu de chance pour qu'ils les aient trouvées, et gardées). Alors je me décide, je sors des sous-vêtements pour aller prendre une douche, et qu'est-ce que je trouve ? Ma bourse tibétaine et mes pierres. Eh bien je n'ai même pas ressenti de soulagemet, parce qu'en 36 heures j'avais déjà réussi à me faire à l'idée que je les avais perdues et qu'il faudrait que je fasse sans, et que je pense vraiment être capable de faire sans,... mais j'ai été contente ! Quand même !

En fait, tout ce que je vis, même dans les anecdotes les plus aodines de ce type, semble me conduire à chaque fois à me libérer de ce à quoi je m'entrave parfois volontairement, parfois inconsciemment, pour essayer de me sentir confiante en moi-même, en me rattachant à des détails matériels,... Tout me conduit à me libérer, et à apprendre à avoir confiance en moi sans le support d'éléments extérieurs...

Voili, voilou.

Posté par siempreCHA à 11:14:00 - 09- Home-sweet-home - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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jeudi 21 août 2008

Pardonnez moi si je vous ai offensé.

C'est ce que nous a dit un chauffeur de bus pour conclure son discours d'accueil. Il venait juste de nous souhaiter la bienvenue, puis il nous a expliquer les destinations et horaires du bus, puis fait la liste des services à disposition et des interdictions... Et il a conclue par cette phrase clé : "Pardonnez moi si je vous ai offensé." Du délire ! Il semble que ce soit l'église chrétienne à laquelle il appartient qui lui recommande de parer à toute éventualité, et s'il est vrai que bien souvent les différents dans les relations humaines sont liés à une interprétation du message par le récepteur trop différente de l'intention de l'émetteur et que ce type de formule peut permettre une meilleure communication, le risque serait que cela ne devienne qu'une formule de politesse de plus, une chose qui n'est pas dite de façon consciente et intentionnelle, mais de façon systématiqye et conditionnée... Tout le probleme de la communication et de la politesse en particulier. Elles ne servent à rien si elles ne sont pas conscientes dans l'intention.

Voili, voilou.




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