Qui m'aime me suive...

Carnet de route.

vendredi 11 décembre 2009

Que d'émotions...

Après le fameux dimanche où les colibris m'ont mangé dans la main, je n'ai pas cessé d'accumuler les aventures inoubliables. D'abord, lundi matin, je suis allée chez Guillaume (ex-coloc de l'année 2007-08, prof de maths au lycée français, resté en Colombie après avoir quitté le lycée, vit dans une maison en guadua sur une colline un peu isolée, sur le point de repartir en France). Cela faisait des mois qu'il me parlait d'un endroit qu'il avait découvert pas loin de chez lui : un bulle de verdure et de lumière dans un ravin où coule un ruisseau en contrebas de la colline où il habite, un endroit difficile d'accès, où il s'est rendu au hasard, ouvrant un chemin à la machette, pour dévaler la pente abrupte, puis au fond du ravin très étroit... Sachant qu'il repartait, et que nous ne savons pas quand nous nous reverrons, il a renouvelé son invitation à aller explorer cet endroit qu'il voulait me montrer, et j'ai fini par accepter, et surtout me décider à y aller (car j'avais déjà accepté). Je suis donc montée chez lui bien équipée et avec de quoi déjeuner après notre expédition. Et cela a été tout simplement géantissime, indescriptible. J'ai bien essayé de prendre des photos de la pente abrupte que nous avons dévalé tranquillement sur les fesses, nous agrippant à l'herbe, aux quelques arbustes, aux racines et bananiers pas très bien implantés... mais cela ne rend pas les sensations de cette descende vertigineuse dans cette végétation dense et chaotique. Et une fois en bas, on découvre un petit couloir, dans lequel coule un petit ruisseau, jonché d'arbres, de troncs, de plantes, de racines... eux mêmes peuplés d'araignées, de champignons, de mousses, de lychens... couvert d'un toît de guadua, laissant passer des couloirs de lumière... Alors nous nous sommes assis là, moi sur un rocher, lui sur un tronc de guadua... et quand nous en avons eu assez de contempler le silence délicieux qui s'imposait, nous avons discuter, de nos sensations, de nos impressions, de notre perception, de la vie. Cela a été un moment aboslument divin, hors du temps, et cet endroit restera à jamais gravé dans ma mémoire.

L'après-midi, après m'être décrottée (car nous sommes remontés de sa bulle couverts de boue, je suis remontée personnellement à genoux, en plantant la pointe de mes chaussures et les doigts dans la boue pour m'agripper à la pente presque parallèle à mon corps, presque vertical...), je me suis embarquée dans un bus avec Céline, Natalia et Jonattan à destination de Quimbaya, dans le Quindio, LA ville à voir le jour de l'Alumbrado (paraîtrait-il le plus bel alumbrado de "faroles" (lampions de carton et de papier vitrail coloré), de la région, voire de Colombie). Ceci dit, les deux années précédentes, j'avais passé l'alumbrado aussi à Quimbaya, et les deux fois il avait plu, et les deux fois j'avais été déçue. Cette fois, une fois n'est pas coutume, il a fait beau (primo), secondo j'ai pris quelques photos, tertio il y avait un monde incroyable, et quarto nous ne sommes pas rentrés le soir même à Pereira, ce qui est toute une aventure car généralement tout le monde s'en va en même temps et les derniers bus aussi et cela provoque des embouteillages monstres à la sortie de la ville. Là nous avons passé une bonne partie de la soirée à boire des cafés puis des bières dans le café de la tante de Natalia, qui nous a ensuite hébergé chez elle pour la nuit à Armenia. Cela a été une soirée de lumières, jolie et sympathique, mais rien d'exceptionnel : tous les faroles étaient sur le thème de l'environnement et il n'y en avait pas qui soit vraiment très originaux... En tout cas rien qui nous laisse présumer de la journée suivante que nous allions vivre.

Le lendemain, mardi, en effet, nous sommes repartis de chez la tante de Natalia en bus vers midi, pour nous rendre dans un endroit appellé Oceano, à mi chemin entre Armenia et Pereira, près d'un village nommé Filandia. Cet endroit, un ami m'en avait déjpà parlé, et m'avait proposé de m'y emmené. Il me l'avait décrit comme un lieu de méditation, qui propose des ateliers (yoga, taï chi, reiki, etc...), lequel endroit avait été créé par son oncle (cet ami est le cousin de Natalia, et cet oncle est aussi celui de Natalia). Nous sommes arrivés à l'heure du déjeuner : on nous a offert gratuitement un repas végétarien délicieux. Nous avons fait chacun notre vaisselle (ainsi fonctionne la communauté). Puis les autres personnes présentes sont allées à leurs activités (un atelier de "bougies" et nous, nous sommes allés découvrir le sentier de l'Alchimiste. Déjà, pour comprendre ce qu'est l'Oceano, il faut imaginer un lieu, au milieu de la nature, comme un petit village, autour d'un immense carbet de guadua, constitué d'une série de cabanes de guadua qui servent de logement, de bibliothèque, de cuisine, de salle de bain,... et autour des jardins, et surtout une forêt, avec un ravin, un ruisseau, et un sentier qui permet d'explorer tout cela. Mais avant d'entrer dans la forêt, il faut traverser le jardin, et le jardin est organisé en un itinéraire en zig-zag ponctués de 20 pancartes, présentant un chemin initiatique spirituel. Et ces 20 pancartes, après les avoir lues, on les retrouve dans le même ordre, au fil du parcours dans la forêt, dont la configuration (montée, descente, traversée du pont, grotte, passage souterrain, bassin sur le ruisseau...) correspondent exactement au chemin initiatique décrit par les pancartes. Au point oú il y a un passage difficile, et qu'on se retrouve à douter : est-ce que c'est bien par là ? ce n'est plus tellement une promenade... est-ce que je ne vais pas glisser et me blesser au fond du ravin ? est-ce que j'en suis capable ???... Une expérience tout simplement impressionante, puissante, transcendante, un lieu magique et magnifique.

Alors après toutes ces aventures, le retour à la réalité est difficile. Nous avons repris le bus sur la via Armenia, sommes retournés à Pereira, et voilà...

Le soir, j'ai invité Natalia et Jonattan à manger des crèpes à la maison. Jonattan a ouvert le coffre de ma chaîne Hi-Fi et a nettoyé la lentille laser du lecteur CD. Puis ils sont reparti chez eux.

Mercredi, jeudi... la routine. Quelques cours qui raaportent gros, mais surtout l'attente, et encore de fortes émotions : gros gros stress lié à la perspective de retrouvailles très attendues et qui se font encore attendre... les doutes, les incertitudes. Pas facile á gérer. Est-il déjà à Pereira ? Pourquoi ne m'appelle-t-il pas ? Grosse bouffée de stress jeudi que j'ai calmé en me plongeant dans la piscine vers midi avec Céline. Je n'ai nagé qu'un kilomètre mais ça m'a rafraîchi. Et puis j'ai été plus tranquille dans l'après-midi quand j'ai enfin osé téléphoner au principal intéressé et qu'il m'a confirmé qu'il n'était pas encore à Pereira. Aujourd'hui peut-être. Moi je pars dimanche pour Bogota. Mardi pour la Guadeloupe. Une grosse après-midi de cours m'attend. Je vais y aller d'ailleurs...

Je me demande pourquoi j'ai toujours aussi peur à l'approche du départ de Colombie... pourquoi cela me met une boule dans le ventre... pòurquoi je suis aussi stressée à l'idée de quitter ce pays... pourquoi j'ai peur de ne pas pouvoir y revenir, alors que je sais que si c'est ce que je veux, cela sera...

Il se passe quelque chose qui m'échappe... Même quitter la Guadeloupe cela ne me procure jamais ce genre de sensations.

Voili, voilou.

Posté par siempreCHA à 12:00:35 - 09- Home-sweet-home - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


lundi 8 juin 2009

Bodhisattva dans le métro.

Posté par siempreCHA à 06:58:16 - = Coup de coeur = - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 18 mai 2009

La petite dissertation de philo du lundi matin.

Je sais : j'ai tout raté, j'aurai dû étudier la philo. Non pas que je sois capable de faire de vraies dissertation de philo comme on l'attend des lycéens au baccalauréat, parce que d'un point de vue méthodologique le texte qui suit manque à plusieurs des critères exigés (aucune référence à des philosophes, aucune citation, peu d'exemples), mais juste parce que j'aime ça, me prendre la tête avec des questions qui n'ont ni queue ni tête, qui n'ont bien sûre pas de réponse absolue, comme la plupart des questions importantes, heureusement, et que j'ai une certaine facilité à tartiner des pages de baratin qui ne servent à rien et ne changeront pas le monde. Est-ce que je ne viens pas de définir la philosophie ?

AVERTISSEMENT AUX ÉLÈVES : tout élève de terminale de France ou de n'importe où dans le monde qui lirait ce travail peut naturellement s'en inspirer (piquer des idées qu'il n'aurait pas déjà eu), mais je déconseille vivement d'en reproduire des extraits (si votre prof trouve comme vous mon article sur internet, vous êtes cuits, pris en flagrant délit de plagiat), et je ne recommande même pas d'en utiliser le plan parce que je ne suis même pas sûre qu'il réponde à la question (je ne suis pas prof de philo et je n'ai pas étudié la philo, pas officiellement).

AVIS AUX PROFS : Par contre, si quelque prof de philo ou philosophe qui trainerait sur mon blog avait le courage de lire cette pseudo-dissertation, j'attends impatiemment vos notes et commentaires ci-dessous, avec plaisir !

SUJET :
Existe-t-il un besoin de religion ? (Voilà un sujet qu'il est intéressant !)

PROBLÉMATIQUE : Le besoin consiste-t-il vraiment en la religion ?

La religion est-elle un besoin ou répond-t-elle à des besoins ? La religion n'est-elle pas plutôt un outil de pouvoir qui détourne les hommes des réponses qu'ils pourraient trouver en eux en ayant une vie spirituelle plus qu'une vie religieuse ? Le réel besoin n'est-il pas plus spirituel ?

PLAN (soit-disant détaillé et que je n'ai pas pu m'empêcher de rédiger !!!) :

I - Tout d'abord, les religions répondent à un besoin (le besoin de réponses sur l'essence et le devenir de l'humanité) et sont donc l'expression d'un besoin inhérent à l'Homme (Qui suis-je ? d'où viens-je ? où vais-je ?... dans quel état j'erre ? (dans quelle étagère ? hahaha!)

a) La religion exprime a priori le besoin qu'ont les hommes de trouver des réponses à des questions angoissantes : l'origine du monde, de l'homme,... mais surtout, l'angoisse suprême, l'angoisse de mort : qu'en est-il de la vie après la mort ? et pourquoi vivre si c'est pour mourir ?... Question qui a des répercussion directe sur un autre principe fondamental, la Vie : quel est le sens de la vie ? à quoi sert-elle ?... Et sur la façon de mener cette vie : comportements sociaux, valeurs morales... et comment atteindre ce qui préoccupe le plus l'individu conscient de toutes ces questions existentielles : comment mettre fin à cette angoisse et vivre heureux ? (quête du bonheur) La religion, comme une solution fortuite, apporte les réponses à toutes ces questions, et anéantie d'entrée ce questionnement pourtant nécessaire à la construction d'un individu. Elle est un besoin parce qu'elle répond à de très nombreux besoins, à commencer par la dimension philosophique de l'être (ses questions sur lui-même et le monde).

b) Mais elle répond aussi à un autre besoin inhérent à l'Homme : le lien social, tel qu'il permet sa survie. La religion fournit tout un appareil de valeurs morales, de pratiques cultuelles, culturelles, sociales, et parfois même économiques, qui rassurent l'individu, le relie aux autres, lui donne le sentiment d'appartenir à une communauté, de ne pas être seul, d'exister, d'avoir des repères, des principes sur lesquels s'appuyer pour orienter et justifier ses choix. La religion est un ciment entre les hommes, et répond à leur besoin de se reconnaître en autrui, de trouver des proches, ou des semblables, avec qui partager des intérêts culturels. La religion a donc une fonction sociale et culturelle qui opère suivant le mode de l'identification, de la reconnaissance, et génère une certaine paix, une certaine harmonie entre les hommes, jusqu'à un certain point...

c) Et surtout, elle canalise les comportements individuels dans un cadre collectif uniforme. Elle est un vecteur moral primordial. Peu de religions échappent aux concepts de Bien et de Mal. Elles définissent presque toutes des limites du comportement moral, social, culturel acceptable, des normes. cf. les 10 commandements. Certains de ces principes reposent sur le bon sens, et le respect du principe de vie : "tu ne tueras point", et permettent à l'individu de se structurer psychologiquement, affectivement, de trouver des repères qui conduisent au respect, par chaque individu croyant, de la vie, de lui-même, des autres. La religion c'est donc la loi suprême, la loi divine, celle qui ne fournit pas d'explication, mais qui permet à l'individu qui a peu de ressources intellectuelles ou culturelles de s'intégrer aux normes d'une société, et de ne pas franchir les limites qui l'exclurait de la communauté des hommes. Elle est un vecteur de conditionnement moral nécessaire pour les hommes qui ont peu d'éducation. Elle leur permet de censurer leurs pulsions de mort, leurs pulsions violentes, par de simples principes acceptés par la majorité et véhiculés par la religion et assénés à coup de sermons le dimanche à la messe.

Cependant beaucoup des principes moraux de la religion sont très connotés culturellement et aboutissent à des dérives, qui font qu'au lieu de permettre la paix et l'harmonie entre les hommes, la religion génère directement des discriminations, des violences, de l'intolérance et des guerres.

II - Plus qu'un besoin de chacun, la Religion est un outil de pouvoir, dont seuls les puissants ont besoin, pour mieux dominer les hommes, en s'appuyant sur leurs faiblesses : avoir besoin de réponses, de lien social, de limites morales, de repères... et ce, parce que trop d'hommes sont ignorants et crédules.

a) La religion c'est la loi autoritaire dans sa dimension la moins humaniste et la moins humaine. La fonction morale de la Religion est relative à un lieu, une époque, une culture. Ses écrits doivent être contextualisés pour être relativisés, or ils sont trop peu étudiés, trop peu expliqués, et comme le principe de la religion est d'offrir des croyances, elle opère comme un cortège de lois que les hommes suivent aveuglément, et qui servent souvent des intérêts complètement politiques, et une minorité éduquée et dominante. Exemple : les hommes, pour mieux écarter les femmes du pouvoir et de leurs fonctions essentielles dans la société, pour les isoler dans le foyer, la maison, et les réduire à des fonctions reproductives, éducatives, utilisant la culpabilité de leur probable sensualité pour les rendre responsables de la tentation, du péché (le sexe), anciennement dans la religion chrétienne (de cela il ne reste plus que le machisme et des sociétés en majorité patriarcales), et toujours de nos jours, dans l'islam fondamentaliste des talibans par exemple. La religion hiérarchise les rapports entre catégories et sous-catégories de la société, elle exclue et divise plus qu'elle ne réunit et relie. Et ce au profit des puissants et des savants (ceux qui ont le pouvoir et le savoir, et qui sont moins dupes des croyances religieuses, n'utilisant la religion que comme un instrument de pouvoir). C'est principalement à eux que bénéficie la religion, et ce sont eux qui en ont besoin, pour dominer. Et les exemples sont nombreux dans l'Histoire chrétienne : inquisition, croisades, missions d'évangélisation, esclavage, colonisation, etc...

b) Et puis il faut être crédule pour croire. Le religion, non pas comme outil de pouvoir, mais comme religion en soi, c'est-à-dire "vérité de la parole de Dieu révélée", comme croyances, choses sainte, sentiment religieux, pratiques, ne répond aux besoins que des plus démunis (intellectuellement, culturellement) et des plus nécessiteux (socialement, économiquement). Car pour qu'elle soit l'outil efficace de pouvoir des puissants, des savants, des dominants, mal intentionnés qui plus est, encore faut-il que les gens croient, ou veuillent croire, et c'est bel et bien le principe de la religion. La religion ne fonctionnerait pas, ni à apaiser les angoisses d'un individu, ni à relier les membres d'une communauté, ni à réfréner certains des instincts nuisibles de l'homme à l'égard de la vie, si elle ne profitait pas de l'ignorance des hommes, et n'allait pas jusqu'à entretenir l'obscurantisme en diffusant des dogmes, pour mieux contrôler les individus. Et d'ailleurs, dans ce cas, ne peut-on pas dire que parfois, la religion exprime le besoin des individus de ne pas se poser de question, de rester dans l'ignorance pour garantir un faux bonheur, une illusion de bonheur, sans risque ??? Comme une sorte de soumission volontaire à Dieu ?

c) Mais si l'un des besoin de l'homme est indéniablement le bonheur, et qu'il semble que la religion parvienne du moins superficiellement à y répondre, qu'un autre est la vérité, et qu'à ce besoin-ci, la religion prétend la détenir (la vérité), satisfaisant ainsi à quelques unes des quêtes les plus essentielles de l'Homme, il en est une qui lui échappe : la liberté. La religion, opérant comme la loi et comme autorité, est un ensemble de contraintes morales, de limites, un cadre bien défini, proposant des réponses toutes faites, et peu justifiées, des dogmes, et qui ce faisant, ne permettent pas à l'individu conscient d'exercer son activité favorite : penser par lui-même, comprendre, décider, juger, exercer son libe-arbritre, se construire, se positionner, dicerner ce qui lui est favorable ou pas suivant ses propres critères, exercer son esprit critique sur ce que propose son environnement, ou autrui, au sujet des questions qu'il se pose, faire face seul, et comme un être unique, entier et autonome, aux émotions, aux peurs, aux doutes, aux pensées, aux opinions qui l'animent et le traverse... Bref, si la religion est un besoin, ce dernier est d'ordre primitif et instinctif, car l'homme en pleine possession de ses facultés intellectuelles et psychologiques, éveillé à ses dimensions sociales, politiques et même spirituelles (mystiques), ne peut pas se contenter de croire. La religion est incompatible avec un des instinct inhérent à l'Homme : la liberté.

Et la Religion sans limitation de liberté, ce n'est plus la religion, mais la Spiritualité.

III - Finalement, il ne faut pas confondre Religion et Spiritualité : dépouiller la religion de ses lourdeurs morales, de ses connotations culturelles, de sa récupération par le pouvoir, de ses superstitions,... et autres abus, reviendrait à en garder l'essentiel, la spiritualité, et peut conduire à une nouvelle posture, éveillée et mystique : la liberté de croire.

a) L'humanisme et les Lumières ayant fait leur œuvre pour critiquer, dénoncer les abus des Religion, lutter contre l'obscurantisme, réfléchir sur la nature de l'Homme, ses droits, ses devoirs, les sociétés contemporaines, informer, éduquer les hommes dans leur plus grand nombre, désormais il pense, il réfléchit, et parfois même, il adopte des pratiques, des valeurs, des conceptions qui pourraient être assimilées à la religion, ou qui sont empruntées à la religion, mais il fait ce choix en toute liberté, l'assume, et peut le remettre en question à tout moment, parce que son besoin ultime, fondamental, c'est d'être cohérent avec lui-même, digne, et de se sentir libre de construire son bonheur. Tout n'est pas mauvais dans la religion, et l'intention première, dans le recours à la religion, était d'exprimer un besoin qui demeure, mais qui ne peut pas se définir par le mot "religion" avec tout ce que cela implique de nos jours, après des siècles d'extrémismes religieux de toutes sortes, et qu'il serait plus prudent de dénommer "spiritualité". La danger de l'athéisme total (dont je ne pense pas qu'il puisse exister), est de réduire la vie à sa matérialité, et d'enfermer ses principes de fonctionnement et d'évolution dans des explications trop cartésiennes, bien trop rigides et limitées, pour exprimer la complexité, la subtilité, le mystère de la vie. Aussi est-il possible d'exercer une réflexion spirituelle, plus que intellectuelle ou scientifique, basée sur l'expérience matérielle et émotionnelle d'un individu, enrichi préalablement par tout un environnement culturel, intellectuel et artistique (un individu éduqué de façon humaniste), et acceptant le pendant trop souvent nié de la Raison, l'intuition. C'est ce qu'on pourrait appeler l'exercice libre et critique, de la spiritualité, par un individu conscient et éclairé.

b) Car ce besoin existe bel et bien : l'Homme a besoin de se sentir relier à un Au-delà, appelez-le comme vous voudrez. Il ne peut se limiter de façon durablement satisfaisante à sa dimension matérielle, physique : répondre à des besoins primaires (uriner, s'alimenter, se reproduire, déféquer,...), ou secondaires (cueillir, pécher, chasser, cultiver,... travailler... se marier, avoir des enfants, s'attacher affectivement,...). Il a en lui un instinct supérieur, qui le pousse à dominer (s'enrichir, accumuler, soumettre, voler, mentir, tuer...), mais aussi à se dépasser (transmettre, perpétuer, partager, créer, inventer, découvrir, comprendre...), et ce mouvement irréversible, qui complexifie les rapports entre les hommes et son mode de vie (la plus évidente preuve matérielle de cette réduction de nos sociétés à sa dimension matérielle étant l'argent, indexant la valeur de toutes choses), le conduisent aussi irrémédiablement, à transcender toutes choses : l'Art en est l'expression la plus vérifiable, l'Amour aussi d'une certaine manière en est une résultante, et sa dimension spirituelle s'exprime tout naturellement dans son imaginaire, ses rêves, ses désirs... Les formuler le conduit simplement à accepter sa dimension irrationnelle, à assumer sa dimension spirituelle, à investir pleinement toutes ses dimensions, n'en niant aucune, à trouver un équilibre entre matière et esprit.

c) De plus, la désaffection des religions dans les sociétés occidentales a entrainé de façon indéniable une perte de valeurs et de repères, qui montrent bien qu'il y a un besoin. Alors, bien sure, il s'agit avant tout d'un besoin d'éducation, de diffusion des savoirs, et surtout d'apprentissage des outils critiques et de constructions personnelles, ambitions très coûteuses et inégalement réparties dans les sociétés contemporaines, mais les institutions qui sont censées assurer cette formation critique défaillent tout autant que ne l'a pu la religion, préférant la facilité d'un conditionnement rapide, efficace et dès le plus jeune âge, par l'école par exemple, au risque pourtant nécessaire pour la construction d'un individu et de sociétés pacifiques, d'un apprentissage libre et volontaire des éléments culturels, historiques, politiques, sociaux, ou moraux qui permettront à tout individu de savoir qui il est, pourquoi il est, et quel sens il peut donner à son existence, c'est-à-dire répondre aux questions qui agitent et angoissent toute esprit humain et que nous posions déjà en préambule de cette réflexion : qui suis-je, où vais-je, d'où viens-je... dans quel état j'erre ? C'est l'objet de la philosophie, trop peu ou trop tardivement présente dans l'éducation institutionnalisée par l'école, mais c'est aussi le propos de la spiritualité, une spiritualité libre de religion.


Conclusion ?

En fin de compte, si, indéniablement il existe un besoin de religion, y répondre par la religion, n'est pas le choix le plus approprié, car dans le fond, ce besoin de religion, révèle un besoin plus profond, plus complexe, plus subtil : le besoin de repères, de valeurs, de réponses à des questions existentielles angoissantes et inévitables. C'est un peu le propre de l'homme que de se poser des questions sur l'essence de toutes choses, et lui offrir la religion comme remède à ces maux, est un cadeau empoisonné, qui finalement le prive de liberté, et l'éloigne du bonheur, et de la vérité dont il a avant tout besoin. Sans compter que la religion est instrumentalisée au profit de minorités averties ou en position de force et qu'au bout du compte, la religion en pratique aboutit à l'inverse de la conception du monde qu'elle décrit, prône et promet : elle fait couler le sang pour elle et ceux qui l'utilise. Alors il semble qu'il faille débarrasser la religion de ses lourdeurs, de ses implications matérielles, morales, sociales, économiques, politiques... pour n'en garder que la dimension la plus strictement spirituelle, qui elle peut véritablement être un guide pour l'individu, et non pas un guide pour le rassurer dans une monde plein de vérités et de certitudes, mais au contraire lui permettre d'accepter l'incertitude, l'impermanence, le méconnaissance qu'il a de lui-même et du monde, tout en lui permettant de croire en une chose, une seule : lui-même. Car tout individu est libre et capable de se construire lui-même, de se construire un réel heureux et satisfaisant s'il le décide, de construire le monde à son échelle, de le changer, de lui donner un sens, et même de partager, communiquer et transmettre cette dimension spirituelle de son être, la plus précieuse, à autrui, et ce parce qu'il aura su s'ouvrir à toutes ses dimensions : matérielle, émotionnelle, intellectuelle et spirituelle, qu'il aura su respecter tous les besoins inhérents à l'Homme. En effet, l'idéal pour que l'Homme réussisse à se défaire de tout ce qui le conduit à la destruction et l'auto-destruction, et donc qui l'enferme dans l'angoisse existentielle, est sans doute qu'il se libère de tout besoin, à commencer par celui de religion. Et la question ne serait plus alors "existe-t-il un besoin de religion ?" mais "existe-t-il un réel besoin d'exister ?", et exister n'implique-t-il pas, d'emblée, une négation de l'être, quand être, tout simplement, permet de vivre libre de toutes nécessités, et donc de toutes choses qui puissent nous éloigner du bonheur ? Mais peut-être la question est-elle plus spirituelle que philosophique.

Voili, voilou.

Posté par siempreCHA à 14:43:00 - ~ Séquelles en série. ~ - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mardi 5 mai 2009

Vivre libre... ou l'évidence.

Extrait d'un message écrit à une amie, en réponse à son mail où elle s'interroge sur ses choix, son chemin, comparés à ce qu'elle pense comprendre des miens (choix, chemin). En italique ce sont des citations de son mail.

Que dire ? "Je ne sais pas [non plus] quoi faire de mes 10 doigts... j' [ai toujours été] écœurée par les jobs pseudo-intellectuels de bureau... [je crois avoir] des talents artistiques particuliers", mais je suis incapable d'aller jusqu'au bout de moi-même, de les transformer en œuvre, d'y croire vraiment, et la plupart du temps je me dis d'ailleurs que c'est une illusion totale, que je m'invente cette croyance pour exister, et que dans le fond ce que je fais ne vaut rien, et qu'un jour, comme Arthur Rimbaud, mais sans même avoir laissé le tiers du quart de quelque chose qui ait l'authenticité, la sincérité, la beauté, la profondeur de son œuvre, je me réveillerai brutalement et irai vendre des armes en Afrique, comme lui...  "Je n'ai pas de vocation" : ça c'est sur !

"Simplicité volontaire" : l'expression me plait. J'aime. C'est exactement ça que je veux : la simplicité, aller à l'essentiel, me consacrer à l'essentiel. Mais quoi ? Il y a tant de choses que j'aime, laquelle est mienne ? Il y a tant de choses qui s'agitent, en moi, et autour de moi : comment canaliser ce tumulte dans une direction, dans un projet qui soit mien, clair, évident, et aussi efficace, utile, important. Peut-être ce désir de grandeur qui se trahit encore dans le choix du mot "important" est ce qui m'empêche de "faire" simplement... Me détacher de mon égo : c'est sans doute ma prochaine bataille à mener pour me libérer de ce qui m'empêche encore de me réaliser.

Tu sais : je donne l'impression de faire des choix, mais dans le fond je n'ai pas tellement le choix. J'accepte si peu les compromis avec le système que je suis bien obligée d'imaginer des modes de vie, des façons de faire autres, une voie alternative... Et figure-toi qu'à chaque fois que je dévie de cette exigence personnelle qui s'impose à moi : suivre ma propre route, être cohérente avec moi-même, poursuivre l'essentiel, exprimer, respecter et réaliser mes désirs profonds, eh bien la vie me fout des claques, et se charge de me mettre dans une situation tellement inconfortable que je suis obligée de me recentrer sur moi-même, mon identité, ma quête d'absolu, de liberté, de bien-être. Ce n'est pas un choix, c'est une nécessité.

"La précarité, les sacrifices pour être libre...", c'est pas tant de pression que ça. Et certainement moins de pression que de se laisser malmener par toutes les celles sociologico-économico-psychologico-conformistes des sociétés dans lesquelles nous vivons : have a good job, a powerfull car, suck your boss to get a big raise, buy a nice house, find a nice wife (le cliché est nécessairement destiné aux hommes, la femme n'étant qu'un satellite dans l'univers du héros macho), make her two beautiful children, a boy and a girl,... and then, wake up at 40, 50 or 60 years-old... avec l'étrange sensation d'avoir tout raté, de vouloir tout changer, de pouvoir commencer enfin à vivre.

La seule façon de vivre qui soit facile, c'est d'être conforme aux normes, aux attentes de la société, c'est-à-dire, être un mort-vivant, un zombie, dont l'âme a été dévorée par la peur de faire face à soi-même. Et surtout ne pas penser, jamais. Parce que penser c'est le début de la fin. Je comprends très bien ta situation actuelle (enfin, je crois) : tu nages entre deux eaux. D'ailleurs, je corrige : je comprends très bien ce que tu exprimes dans ce mail que tu m'as écrit le 3 avril, car sans doute, depuis, les choses ont-elles changé, peut-être même radicalement, peut-être as-tu fait un choix pour trancher, une fois pour toute, et t'engager dans une voie ou une autre (accepter de s'oublier pour répondre aux attentes de la société, ou be yourself, no matter what they say, comme dirait mon ami Sting), ou alors as-tu coupé la poire en deux, et alors, la question, quelle voie vais-je suivre, ressurgira nécessairement, un jour où l'autre. Parce que la question, notre question, ressurgit toujours, elle nous poursuit, jusqu'à ce qu'on y fasse face, jusqu'à ce qu'on l'affronte, jusqu'à ce qu'on accepte de faire face à soi-même.

Alors oui, j'ai choisi, entre lutter et crier et me plaindre et pleurer et me battre et fermer les yeux... dans un système plus fort que moi qui de toute façon va me broyer, m'aliéner, me compromettre, me confondre, me désintégrer, m'obligeant à mentir, haïr, trahir, gagner, dominer, mépriser, abuser, voler, violer, blesser, tuer pour survivre (sans pour autant pouvoir rester digne et moi-même), et la stratégie de l'esquive (et non pas de la fuite), qui consiste à laisser passer les énergies négatives qui animent ce monde, surfer sur les positives, pour se laisser porter au-delà de soi-même.

Oui, j'ai fait un choix, mais crois-moi, il ne requiert pas de force particulière, c'est un choix par défaut, quand on sait ce qu'on ne veut pas, qu'on a des valeurs un tantinet humanistes... il n'y a pas de choix : juste Soi, l'Autre et le Monde. Non, je n'ai pas de volonté. Je ne veux rien. C'est "rechigner à participer à ce système" dont je sais bien qu'il ne me respecte pas, qui m'oblige à faire ce choix. La révolution, qui construit nos rêves dans la réalité, est intérieure. Et la vie est comme une toile d'araignée, qui émane de notre cœur, et que nous tissons en lien avec les toiles des autres, et qui rayonne autour de nous quand nous savons reconnaître qui nous sommes. Se reconnaître soi est le premier pas. La source. Là où tout commence.

Que dire ? On dirait bien que j'avais des choses à dire...

Voili, voilou.

Posté par siempreCHA à 11:56:00 - 09- Home-sweet-home - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mardi 31 mars 2009

Réflexion : l'Amour et l'Imagination par défaut.

Extrait d'une lettre écrite à un ami. Dans la suite du concept de sphère, et d'amour moteur de transcendement personnel, d'apprentissage spirituel.

Pour ce qui est de l'amitié, je crois que les liens sont parfois surnaturels, et bien au-delà des différences culturelles, ce qui permet de les transcender, et précisément de s'ouvrir à d'autres sphères que celles que nous nous construisons par l'expérience, l'éducation, les valeurs, le milieu, la religion, les pratiques socio-culturelles, dans lesquelles nous grandissons. C'est la plus grande force de l'homme, avoir le désir et la capacité de se dépasser sans cesse, d'aller au-delà des frontières de sa perception, de sa douleur, de son jugement. Ce n'est pas toujours possible, mais il y a en chacun une étincelle de ce mouvement positif vers autrui, qui heureusement parfois suffisant pour compenser le rejet, la peur, le dégoût d'autrui, qui n'est autre que le rejet, la peur, le dégoût de ce que nous reconnaissons de nous-même en autrui, soit le rejet, la peur, le dégoût de nous-même. Et cette énergie positive vers autrui, qu'il nous faut apprendre à exprimer et cultiver, repose ni plus ni moins que sur l'amour et l'imagination :
- l'amour infini et divin que nous avons chacun en nous, mais qui demande une telle confiance pour être exprimée dans la juste mesure, au moment exact, dans les circonstances adéquates, et vers la personne désignée, sur le support requis... que la plupart du temps il s'éparpille, se gaspille et se répand comme une plaie, n'importe où, n'importe comment, dans l'excès ou l'abus, sans toucher la cible, et blessant plus que ne réconfortant, affectant même sa source, son émetteur,
- et l'imagination qui nous permet d'enrichir notre sphère personnelle dans une interaction avec autrui...

Voili, voilou.

mercredi 3 décembre 2008

A s'en brûler les doigts...

Vendredi matin je me suis brûlée tous les doigts de la main gauche. Vous me direz : je suis droitière. Et loin d'être ambidextre... Mais bon. C'est quand on se brûle la main gauche qu'on se rend compte à quel point on l'utilise !

En fait, la veille je m'étais lancée dans une expérience culinaire : faire cuire des haricots de soja après les avoir laissé tremper (gonfler) dans de l'eau toute une nuit. J'avais trouvé la recette sur internet. J'en avais mangé à Buenos Aires chez Liliana et j'avais beaucoup aimé. J'en ai acheté. Ils sont restés dans le placard un mois. Et puis jeudi je me suis lancée. Je les ai mis à cuir. Deux tiers du kilo acheté dans un assaisonnement salé (oignon, ail, girofle, laurier, poivre, sel...), le dernier tiers dans un assaisonnement sucré (girofle, cannelle...). Les petits poids blancs avaient donc déjà bouilli toute la journée de jeudi sans que la cuisson arrive à terme, quand j'ai décidé de les y remettre le vendredi matin. Au bout de deux heures, j'ai entendu l'eau (et son écume) qui débordaient des casseroles sur la gazinière, alors je suis allée voir : j'ai goûté un haricot, il était cuit (attention, le fait que la casserole déborde n'est absolument pas un signe que les haricots de soja sont cuits : elle avait débordé plusieurs fois le jour d'avant, et la durée de cuisson a été telle que j'ai évaporé plusieurs fois toute l'eau de cuisson, devant réalimenter la casserole pour que cela ne carbonise pas... une attention de chaque instant !). Les haricots étant cuits, je me suis donc affairée à nettoyer la cuisine qui portait les traces de mon expérience. J'ai retiré avec une poignée (une manique, un torchon, un truc pour tenir les trucs chauds en cuisine...) la grille de la gazinière pour la poser à côté : mieux vaut nettoyer tant que les choses n'ont pas séché et collé sur le métal. Je nettoie consciencieusement. Tout est propre. Et hop ! Je remets la grille en place... sans la dite poignée sus citée... et ouayayay !!! Pute-borgne ! ça fait mal. Toutes les deuxièmes et troisièmes phalanges de chaque doigts de la main gauche, BRULEES !
DSC_3935J'ai mis ma main sous l'eau froide quelques minutes. Cela m'a apaisée, je suis allée faire ce que j'avais à faire... et puis à peine trois minutes plus tard la brûlure a recommencé. J'ai fait ce petit manège plusieurs fois, et puis je me suis rappellée que j'avais lu que : quand on se brûle, il faut mettre la main dans de l'eau froide voire des glaçon jusqu'à ce que la sensation de brûlure s'arrête car sinon cela indique que, si en apprence la peau va bien, dans les couches inférieure du derme, la brûlure progresse... Alors j'ai sorti les bacs à glaçon, une casserole assez grande pour ma grosse main, et j'y ai plongé la main, dans l'eau, au milieu des glaçon. Eh bien figurez vous que la douleur ne s'est arrêtée qu'au bout de deux heures ! Ensuite, je ne savais plus si la brûlure que je ressentais était celle du froid ou du chaud... j'avais les doigts congelés et un faux mouvement et ils tombaient !

Après je me suis attellée aux soins... Ma mère m'a bien recommandé les remèdes de guérisseur officiels : mille-pertuis, calendula,... Le genre de chose qu'on a jamais chez soi et dont on peut avoir besoin une fois dans sa vie, le jour où on ne les a pas ! Puis elle est passée aux remèdes de grand-mère : pulpe de pomme-de-terre crue, oignon, carotte, un blanc d'oeuf avec de l'huile d'olive... mais bon, ce jour là, c'est tout ce qui restait à la maison pour le repas de midi. Elle m'a suggéré aussi les huiles essentielles de santal et de patchouli (ce avec quoi je me parfume habituellement...), mais comme par hasard j'étais en rade de parfum ! Il ne me restait plus que du musc. Elle m'a proposé aussi d'utiliser quoi que ce soit d'hyper réhydratant, genre à base d'aloe vera... Rien. Même pas de la biafine qui traîne : je l'avais finie cet été au Brésil pendant les vacances au soleil.

Alors j'ai regardé dans ma trousse de secours (dont la majorité du contenu est périmé puisqu'elle date de mon départ en avril 2007 pour la France et le Canada... mais les pansements en général cela se conserve bien. Comme j'ai tendance à distribuer la trousse de secours aux nécéssiteux que je rencontre et que je ne m'en sers jamais pour moi, ou presque, je n'étais pas sure du tout qu'il me reste quelque chose pour les brûlures. Et heureusement, il me restait des pansements anti-brûlure : soulage la douleur, favorise la cicatrisation, préserve le confort du patient... C'est-y pas merveilleux tout ça ? Je les découpe et les enroule autour de mes cinq doigts. Et voilà. J'ai eu l'air con 24h avec ces espèces de ruban adhesifs en colle plastique épaisse qui s'aggripaient sur tout laissant une gomme dégoulinante, et puis la peau en dessous m'a tiré et piqué pendant un bon moment, mais ma main gauche (on ne sait jamais, des fois qu'un jour j'en ai besoin pour autre chose que soulever une grille de gazinière encore incandescente, tenant encore l'éponge de la main droite) était sauvée.

Le lendemain je me suis appliquée à décoller les fameux pansements de ma peau toute gonflée et gondolée sans la déchirée : mais ça va, j'ai la peau épaisse. J'ai semé des boulettes de colle à pansement anti-brûlure partout sur mon chemin : en ville, à la maison. Et j'ai laissé la nature faire le reste. Maintenant, certaines brûlures ressemblent à de grosses ampoules que je laisse sécher, et d'autres à des durillons... C'est pas très joli mais ça fait plus mal. De toute façon, avec les main de boulanger que j'ai... je suis tout juste bonne à faire du pain, ou des massages.

Mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire quand on se brûle les doigts... au-delà du sens figuratif de l'expression bien connue "se brûler les doigts". L'explication de ma sorcière :
" Se brûler : il y a quelque chose qui me brûle à l'intérieur, une profonde douleur, des émotions violentes refoulées (colère, chagrin...) si bien que je retourne tout ceci contre moi, sous forme de culpabilité et d'autopunition. [Je confirme] Se brûler les mains : probablement je me sens coupable d'accomplir quelque chose par rapport à la situation présente. [Je n'aurai pas mieux dit!] Se brûler sur du métal : ce type de brûlure implique une combustion sur le plan mental et spirituel. [Ah bon ? J'y aurai pas pensé... tiens, tiens, tieeeeens... (ironie, bien sûre)] Brûlure au premier degré : contrariété. [C'est le moins qu'on puisse dire !] Deuxième degré : peine par rapport à un ou des aspects de ma vie que je juge important. [C'est possible...] Troisième degré, jusqu'aux tendons :..." Je n'y suis pas arrivée ! Ouf !

Je vous passe les détails sur les remèdes... C'est un peu personnel, mais bon voilà. Il faut savoir tirer les leçons des mauvaises expériences. Je crois que prendre une grille qui vient de chauffer pendant deux heures... on ne m'y reprendra pas.

Voil, voilou !

Posté par siempreCHA à 09:46:00 - 09- Home-sweet-home - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

jeudi 6 novembre 2008

Séquelle : leçon de physique des solides (la Sphère et le Cube en question).

La suite de la "séquelle" précédente, "la Mémoire nécessaire", elle même suite de Revoyez King Of The World, mais aussi séquelle de "Nous ne vivons pas dans un Cube mais dans une Sphère", lui même extrait des commentaires suivis de "Obama, noir à l'extérieur...". Comme quoi les associations d'idées, cela peut mener loin... comme dans une pièce de Samuel Becket. Vive le Pouvoir de l'Imagination !! Ou plutôt, l'Imagination au Pouvoir !!!

... La révolution est perpétuelle, et elle est circulaire.

Et elle n'est possible que si nous acceptons le fait que nous vivons dans une sphère : essayez de tourner autour d'un Cube (faire une révolution), vous allez vous tapez aux angles... essayez de faire tourner un Cube, il finira par tomber sur une de ses faces, quand il perdra la force centrifuge que vous lui avez impulsé, et il la perdra inéluctablement parce que ses angles et ses arrêtes vont s'opposer à l'air qui s'appuie naturellement sur ses faces... forces de frottement, ralentissement, chute.

Et la force centrifuge, impulsée à une sphère (qui tendra à être parfaite à la surface, parce que nous élarissons notre regard... donc subissant une force de frottement minimale en réaction à son mouvement), peut très bien faire voler cette sphère, si elle est légère (si nous cessons de nous attacher à des images fixes, mais acceptons le mouvement perpétuel). De sa révolution sur elle-même et vers le monde, elle sera portée par la force centrifuge et la force centripète de notre regard sur le Monde, dans une spirale d'évolution... Elle s'élèvera, dans un mouvement naturel. Elle décolera de cette lourde réalité à laquelle nous nous attachons en vain, par peur de voler, de nous jeter dans le Vide, vers le Plein que nous sommes, ici et maintenant.

Certainement, à suivre... vu que le mouvement est perpétuel...

Voili, voilou.

Posté par siempreCHA à 11:12:00 - ~ Séquelles en série. ~ - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Nous ne vivons pas dans un Cube mais dans une Sphère.

Extrait d'un commentaire de l'article précédent "Obama, noir à l'extérieur...", qui a sucité moulte réactions. Le débat est là, et au passage, je partage avec vous cette digression pseudo-philosophico-spirituelle qui me tient à coeur.

<< Renverser l'ordre des choses (les changer, les révolutionner) commence par prendre conscience du regard que l'on porte dessus, c'est à dire de l'interprétation qu'on y donne, par mécanisme culturellement conditionné, parce que "c'est comme ça", parce que "tout le monde pense que", parce que le Bien et le Mal doivent être incarnés pour définir un environnement politique, économique, social ultra-rationnel, où enfermés dans un Cube, nous voyons les coins de notre Espace, et nous regardons par le cadre (la fenêtre) que nous voulons bien "choisir" dans la plus fatale des illusions d'avoir des repères spatio-temporels.

Non. Nous ne vivons pas dans un Cube. Non nous ne choissons pas, quand nous regardons par l'une des six fenêtres de ce Cube. Nous répondons juste aux réactions attendues d'un système de pensé ultra-rationnel qui nous rassure, parce qu'il offre des limites à un Monde qui en fait est profondément incertain, illimité, perpétuellement changeant. Nous nous limitons à ce cadre, nous regardons la Vie comme un tableau dans un musée, comme une image fixe, avec un point de vue, une subjectivité donnée, et nous perdons 90% de l'information.

     "Si la Terre était carrée,
     Les enfants auraient des coins pour se cacher,
     Mais comme elle est ronde,
     Nous devons faire face au Monde."

     (poème écrit par ne petite fille dont je ne me souviens plus du nom)

Oui, nous vivons dans une bulle de savon qui peut exploser à tout moment, dans une bulle qui nous transporte dans des sphères magiques, et dans des sphères obscures. Oui, vivre dans cette sphère, dont nous sommes chacun le centre, nous oblige à reconnaître notre subjectivité (chacun sa sphère de perception, la réalité vraie ne nous étant pas accessible). Oui, vivre dans cette sphère, donne le vertige, parce qu'il n'y a pas de frontière, du moins, ne sont-elle pas perceptibles... Oui, vivre das cette sphère, nous oblige à élargir notre vision des choses, parce que si nous regardons droit devant nous, nous sentons bien qu'il y a autre chose autour, dans les limites de notre champs visuel, et en dehors de ce champs, et même derrière nous... Oui, vivre dans cette sphère nous oblige à nous sentir tout petit, pas grand chose, humblement, vivre dans cette sphère nous donne notre place dans le monde... Oui, vivre dans cette sphère, et accepter d'élargir sa vision des choses, nous conduit à accepter l'infini, l'absence de limite, l'absence d'horizon, de perspective, de fenêtre, de cadre... Vivre dans cette sphère nous oblige à accepter l'incertitude, le vide (partout) et le plein (là où nous sommes, ici et maintenant). Vivre dans cette sphère nous oblige à accepter le mouvement perpétuel, et à nous mettre en mouvement. >>

Voili, voilou.

« Accueil  1